Nox Aeterna

La guerre est enfin finie. Harry Potter et Lord Voldemort y ont néanmoins laissé la vie. Tout semble être rentré dans l'ordre. Mais est-ce vraiment le cas...?
 

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 Des pommes et des Blacks [terminé]

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MessageSujet: Des pommes et des Blacks [terminé]   Mar 15 Jan - 17:08

    Samedi 4 Septembre 1999
Le calme régnait sur le village de Brimklow, petite bourgade dont le seul point notable était la présence, assez loin du centre, d'une imposante maison. Celle si se trouvait à la sortie de la ville, bien loin de la place qui faisait office de centre-ville, c'était une grande maison, pas un manoir, mais presque. En grande partie cachée par les arbres, rares étaient les gens qui s'en approchaient, on disait beaucoup de chose sur ceux qui y vivaient. Certains allaient même jusqu'à dire que des sorciers vivaient là, mais ceux qui disaient ça était souvent traités de fous. La seule chose que les gens savaient était que c'était autrefois la maison de la famille Alyse, une famille dont on avait que rarement vu les parents mais que leur fille n'avait jamais quittée, et s'était mariée récemment, devenant maintenant la maison de la famille Black. Un nom qui ne donnait pas vraiment envie d'en savoir plus. En réalité, les villageois ne connaissaient vraiment que le visage de la fille de l'héritière des Alyse, une jeune fille nommée Rigel qui passait parfois au village. Peu bavarde mais polie, il semblait qu'elle avait été faire ses études assez loin, ce n'était que depuis un an qu'on la voyait autant. Quant aux parents, ils devaient sans doute être du genre aristocrate à ne pas trop apprécier leur voisinage plus modeste, sans doute.

Bien évidement, c'était une fois de plus les fous qui avaient raison étant donnée que la famille Black était bel et bien une famille de sorcier. Ce simple fait en faisait douter plus d'un, il était amusant d'imaginer leur réaction s'ils avaient su qu'il s'agissait en prime de trois mangemorts, qui avaient déjà été amenés à tuer, qui avaient pour réputation de haïr les non-sorciers, les moldus. Auraient-ils cru que le père avait été mort durant seize ans et que c'était sa fille qui l'avait ramené à la vie ? D'ailleurs, comment auraient-ils réagit en sachant que Rigel venait juste de finir ses études dans une école de magie ? Auraient-ils penser qu'il s'agirait de vraie magie ou de prestidigitateur armés d'un bâton à étincelles ?

Rigel se posait toutes ces questions quand elle descendit au village ce matin-là. Elle aurait pu envoyer son elfe de maison aller s'occuper de cette course mais ça la faisait sortir un peu, et puis elle aimait bien aller acheter ses fruits directement au cultivateur local, connu aussi bien pour ses fruits que pour sa spécialité de saucisson. La jeune fille était sans doute celle de sa famille, excepté son oncle évidement, qui avait le moins de ressentiment envers les moldu. Ils ignoraient qui elle était et on ne se formalisait pas trop de ses étrangetés, aussi elle pouvait bien pardonner à ces gens de ne pas avoir de pouvoirs, tant qu'ils ne la poursuivaient pas avec des fourches en hurlant « Mécréant ! » ou « Hérétique ! ». En réalité, elle était quasiment sûre qu'au village, on la prenait pour une sorte d'artiste un peu étrange et un peu dans son monde, c'était une version confortable.

Elle rentra chez elle, son sac remplis d'une bonne livre de pommes, des vertes, bien acidulé comme elle les aimait. Elle avait également ramener quelques autres fruits, bien que le choix en matière de fruits locaux était assez limité, c'était le genre de chose qui poussait assez mal en Angleterre. Elle posa ses trouvailles dans un plat dans la cuisine, enleva son manteau, il faisait frais au matin, même en plein été, et commença à se faire une tasse de thé. L'eau commençait à faire de la vapeur, elle la versa dans une tasse avec le sachet de thé, pris une des pommes et alla s'installer au salon. Il était encore assez tôt et elle allait sans doute se faire attraper par Betsy quand celle-ci constaterait que son petit déjeuner ne se composait que de cette malheureuse Grany Smith, soit disant qu'elle devait faire un petit déjeuner plus complet que ça. C'était un comble de devoir se cacher de sa propre elfe de maison. Quand elle était à Poudlard, c'était Samy, son chat, qui s'était donné pour mission de miauler avec insistance pour obliger sa maîtresse à penser à manger, depuis qu'elle était rentrée chez elle, il pouvait retourner l'esprit léger à ses occupations de chat : manger, dormir, réclamer des caresses ou courir après les oiseaux, Besty s'occupait de surveiller Rigel.

De toute façon, la jeune fille estimait pour le moment qu'elle avait mieux à faire que prendre un déjeuner complet, elle voulait terminer son livre sur les soins avancés de lésions diverses dans la matinée, elle tenait à être au point la dessus la prochaine fois qu'elle verrait son professeur. Elle se mit donc à étudier avec application tout en grignotant sa pomme, confortablement assise en tailleurs dans le canapé, et ne leva la tête que bien plus tard, quand des bruits de pas virent troubler le silence matinal.

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Mer 16 Jan - 2:59

Les eaux sombres et profondes dévoraient mon corps qui s’enfonçait peu à peu dans des abysses infernaux. Des visages décomposés, effrayants et hurlants m’entouraient, leurs cris étouffés par l’eau qui s’engouffrait dans ces ouvertures béantes et infâmes qu’étaient leur bouche déchiquetée par le temps qui passait et qui faisait de ces morts-vivants des êtres abominables à qui je ressemblerais bientôt. Je continuais de me débattre, tant et plus, sentant mes poumons s’emplir de ce liquide sombre et verdâtre qui me faisait de plus en plus suffoquer. Je sentais des mains puissantes m’entourer, saisissant mes bras et mes jambes pour m’emmener avec eux dans ces profondeurs dont je savais que je n’en ressortirais jamais. J’allais mourir, je le savais, et pourtant je continuais de lutter comme si j’avais le moindre espoir de m’en échapper. Pourtant, je savais pertinemment que ces semblants de visages que je voyais seraient les derniers. Mais la peur me terrassait, alors que les images de celle que j’aimais et la pensée de l’enfant que nous allions avoir me forçaient à me battre contre ces monstres. Alors je me débattait en vain, tentant de m’arracher à ces horreurs sans nom qui lacéraient ma peau de leurs ongles.

Me réveillant brutalement en sursaut, j’ouvris mes yeux écarquillés par l’angoisse. La bouche entrouverte pour laisser s’échapper d’entre mes lèvres un souffle plus qu’erratique, je passais une main tremblante sur mon visage en sueur. Toujours ce même cauchemar - ou plutôt devrais-je dire souvenir – qui me pourchassait chaque nuit depuis plus de trois ans. Le cœur battant la chamade, mon regard se posa à côté de moi sur le corps immobile d’Evelyne qui continuait de dormir paisiblement. Les yeux clos, son torse se soulevait avec lenteur et quiétude, encore prise dans les mailles d’un profond sommeil certainement réparateur. Dégageant les draps avec douceur, je me levais sans bruit de notre lit pour me diriger vers la salle de bain dans laquelle je pénétrais en silence. Allumant d’un simple geste de la main les bougies placées dans la pièce, le reflet de mon visage apparu sous la lueur des flammes qui dansaient lentement au gré du léger courant d’air presque imperceptible qui passait dans la vaste pièce d’eau. Le teint blafard et maladif, je menais une main tremblante vers mon visage d’où coulaient quelques des gouttes de sueur. Des cernes rougeâtres encadrées mon regard d’un noir profond qui semblait éteint et inanimé, littéralement épuisé par toutes ces horreurs qui m’accablaient jour et nuit.

Allumant le robinet vers lequel je me penchais, je menais mes mains prises en coupe sous l’eau que je projetais sur mon visage, retenant ma respiration avant de lâcher un profond soupir. Les mains posées de chaque côté du rebord, je demeurais ainsi quelques instants, la tête baissée et les yeux fermés, essayant lentement de reprendre mes esprits. Cette époque était révolue, j’étais de retour parmi les miens, mais il fallait croire qu’à jamais mon passé finirait de me hanter. Après tout, qui peut donc affirmer dans la plus absolue et irréfutable certitude que l’on peut revenir indemne du Royaume terrifiant des Morts ? Personne. Et j’étais bien placé pour pouvoir prôner le contraire.
Saisissant la serviette qui reposait à côté du lavabo, j’essuyais mon visage aux traits tirés par cet épuisement étrange qui me tiraillait, sans doute causé par cet éternel rêve qui me hantait. Seulement pourquoi aujourd’hui plus qu’un autre jour me sentais-je aussi mal en point ? Qu’importe, cela finirait par passer, il n’y avait pas le moindre doute.

Saisissant mon rasoir coupe-chou, je passais au blaireau la mousse à raser sur ma peau encore humide, avant de tailler soigneusement comme chaque jour les contours de mon bouc. Autant essayer de sauver les apparences par une tenue présentable... Puis après m’être rincé et essuyé, je passais un coup de peigne dans mes cheveux noirs corbeau avant de lâcher un énième soupir. Ca ferait l’affaire, du moins l’espérais-je.
Retournant dans la chambre à pas de velours pour ne pas réveiller celle qui était enfin devenue ma femme depuis quelques temps, je pris dans notre penderie une chemise noire ainsi qu’un pantalon de la même couleur que j’enfilais avant de me chausser et de sortir de la chambre.

Traversant les longs couloirs du premier et vaste étage de la demeure, je descendis les escaliers pour me diriger vers la cuisine. Sortant du thé de l’un des placards, je pris la théière qui, à ma grande surprise, était encore bouillante. Fronçant légèrement les sourcils, je me dirigeais vers le salon avant de constater que mes suppositions étaient exactes.

« Rigel. Tu es bien matinale aujourd’hui. » Lui dis-je, un léger sourire sur les lèvres.

Soudain, un craquement bien caractéristique retentit derrière moi, avant qu’une voix légèrement chevrotante ne retentisse auprès de moi :

« Laissez mon bon Maître, Betsy va s’occuper de votre petit déjeuner. » Me dit l’elfe en s’inclinant avec respect et dévotion.

« Je t’en remercie Betsy, mais un thé suffira. » Lui répondis-je, avant de me diriger vers ma fille qui se tenait comme toujours en tailleur sur le canapé.

Déposant un baiser sur son front en guise de salut, je jetais ensuite un regard vers la tranche l’ouvrage qu’elle lisait jusqu’à lors avec une grande attention pour en apercevoir le titre.

« Encore et toujours en train de travailler. J’ai l’impression de voir ta mère, aussi appliquée dans sa passion que tu peux l’être. » Lui dis-je avec tendresse, avant de me diriger vers l’une des fenêtres du salon qui offrait une vue imprenable sur les environs boisés qui entouraient la propriété.

Fermant un bref instant les paupières, je pris une légère inspiration tandis que je me sentais quelques peu ailleurs. Sans doute à cause de cette foutue nuit que j’avais passé… Une parmi tant d’autres non moins insupportables.
De légers bruits de pas retentirent alors dans le salon tandis que l’elfe se dirigeait vers moi, portant un plateau de ses petites mains fébriles. Me tournant vers elle, je pris ma tasse et l’en remercia avant de porter le liquide à mes lèvres.

Cependant, un bourdonnement sourd retentit tout à coup à mes oreilles, alors que mon esprit semblait s’embrumer. Me sentant tout à coup partir je ne sais où, pris de nausées, seul le bruit de la tasse que je venais de lâcher et qui avait précipité sa chute vers le sol me parvint dans un écho lointain que je ne réalisais même pas. Posant ma main sur le rebord de la fenêtre pour me retenir, je recouvris la vue qui s’était voilée en un rien de temps. Respirant avec difficulté, je me redressais lentement, réalisant seulement que Rigel se tenait près de moi. Dans un sourire légèrement forcé mais qui se voulait rassurant, je lâchais d’une voix faible que je tentais de maintenir assurée :

« Ce n’est rien. Juste un léger étourdissement. J’ai certainement dû me lever trop vite… »

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Mer 16 Jan - 13:26

Comme elle s'en doutait, c'était son père qui descendait. Il alla directement vers la cuisine sans remarquer que Rigel se trouvait dans le salon, avant de jeter un coup d’œil dans la pièce et constater la présence de sa fille. Celle ci, naturellement, détourna son attention de son livre pour adresser un sourire à son père, qui lui faisait remarquer qu'elle était bien matinale.

-Salut papa. Oh tu sais, je ne dors jamais beaucoup.

En parlant de sommeil, son père avait l'air très fatigué, malgré le soin qu'il avait mis à le masquer elle ne pouvait pas ignorer son teint plus pâle que d'habitude et surtout des certes plutôt inquiétante. En réalité, elle avait l'impression de se voir elle-même au cours de ses dernières années à Poudlard, quand elle était tellement plongée dans ses recherches qu'elle en perdait le sommeil. L'apogée avait été bien évidement quand elle s'était mise en tête de retrouver son père, une fois qu'elle avait compris que c'était possible. Dans tout les cas, ce n'était pas très bon signe.

Betsy était apparue et Rigel se fit oublier derrière son livre. La petite elfe était entrée à son service environ trois ou quatre ans avant, c'était une jeune elfe qui avait mis un certain temps avant de s'habituer et d'accepter la gentillesse avec laquelle Rigel la traitait, au début, elle était en permanence terrifiée de mal faire, s'excusant à chaque minuscule erreur. Heureusement ce temps était passé et l'elfe s'était enfin un peu calmée. Elle se montrait volontaire, travailleuse et très attachante. D'ailleurs, comme toujours, elle voulut se lancer dans la préparation du petit déjeuner et afficha un air déçu quand Regulus ne lui demanda qu'un thé, et encore plus déçu en voyant que Rigel s'était déjà débrouillée. Elle manqua d’éclater de rire en voyant l'elfe partir vers la cuisine, n'en disant rien mais sans doute boudant sur le fait qu'elle n'avait pas assez de travail. Rigel se redressa quand son père vint l'embrasser sur le front et jeter un coup d’œil à ce qu'elle lisait.

-Ce n'est pourtant pas l'ouvrage le plus passionnant que j'ai lu jusque-là, mais il faut bien que je l'étudie aussi, alors plus vite je l'aurais fini, plus vite j'en serais débarrassée. Papa, ça va ? Tu ne m'as pas l'air en forme. Tu aurais peut-être du dormir encore un peu non ?

L'état de son père était une grande source de préoccupation pour elle, après tout, elle n'avait que seize ans quand elle l'avait ramené du monde des morts, liant son âme au corps qu'elle avait dû régénérer elle-même. Elle était alors inexpérimentée et savait qu'elle avait plutôt intérêt à surveiller comment ça se passerait, pour le moment elle n'avait rien noter d'anormal mais elle était toujours sur le qui vive. Elle referma son livre et se leva, allant rapporter à la cuisine son trognon de pomme et sa tasse vide. Enfin, essaya, étant donnée qu'elle n'avait pas fait trois pas que Besty réapparaissait pour donner à son maître le thé demandé, et pris d'autorité ce que Rigel avait voulu débarrasser, elle n'eut même pas le temps de protester que l'elfe avait déjà disparu dans la cuisine.

Le bruit d'une tasse tombant sur le sol la fit sursauter et elle se retourna vivement, pour voir son père visiblement aux prises d'un malaise, la main crispée sur le rebord de la fenêtre. Rigel se précipita à ses côtés, prête à le rattraper, il semblait sur le point de tomber. Cela ne dura heureusement que quelques instants et il se redressa, tout en essayant de lui assurer que ce n'était rien. Et l'hippogriffe met la chocogrenouille dans le parchemin ! L’inquiétude qui se lisait sur le visage de Rigel fut remplacé par un air pleinement septique. Dans n'importe quelle autre circonstance elle ne se serait pas plus inquiétée que ça, effectivement, des malaises du genre pouvaient arriver en cas de fatigue, en se levant trop vite, à elle la première d'ailleurs. Mais elle était bien placée pour savoir que son père n'était pas vraiment un cas commun et que ce qui pouvait être normal chez n'importe qui était très inquiétant pour lui.

-C'est ça, tu vas aller t’asseoir déjà. Et... Bon sang Betsy j'allais le faire !

Elle avait sorti sa baguette pour nettoyer le thé sur le sol, mais l'elfe s'en était déjà chargée avant même qu'elle ait eu le temps de baisser le regard. Elle guida son père vers le canapé, histoire qu'il ne lui vienne pas à l'idée de ne pas l'écouter.

-Et maintenant tu vas me dire exactement ce qui t'es arrivé. Et n'essaye pas de me faire croire que « ce n'est rien ». Dit elle, son ton autoritaire s’efforçant de cacher son inquiétude.

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Dim 27 Jan - 1:44

Non, je n’étais pas en forme, Rigel avait parfaitement raison. Mais comment pouvais-je seulement l’être alors que ces images me hantaient chaque nuit, souvenirs d’une période de non-existence que je n’oublierai jamais ? Les choses semblaient étranges à être présentées de la sorte, pourtant ça n’était rien d’autre que la pure vérité. Ce temps passé à flotter entre le monde des morts et des vivants avait été cauchemardesque, car nulle âme n’est censée vivre recluse dans un objet. Et quant à mon corps, oublié dans les limbes infernales d’un lac peuplés de créatures monstrueuses dont j’avais fait parti, comment pouvais-je sincèrement penser qu’aujourd’hui encore je n’aurai pas la moindre séquelle ? Pourtant tout ce que je vivais chaque jour me donnait encore l’impression de ne toujours pas appartenir à la réalité, à ce monde que j’avais déserté depuis si longtemps. Tout avait tellement changé en dix-sept longues années, à commencer par ma fille que j’avais quittée à l’état de fœtus pour la retrouver aujourd’hui belle, épanouie et devenant une jeune femme aussi brillante que forte. Se doutait-elle de la fierté que j’éprouvais pour elle chaque jour, et encore à cet instant alors que je la voyais travailler avec tant de cœur à ce qui était sa passion ? J’avais beau le lui dire, j’avais l’impression que cela n’était jamais assez. Mais comment récupérer tout ce temps perdu auprès d’elle et d’Evelyne ? C’était impossible, et si j’essayais de passer le maximum de temps auprès d’elles rien ne pourra jamais exaucer ce souhait, aussi cher soit-il à mes yeux. Cependant si la douleur de mon acte suicidaire était omniprésente, jamais je n’avais pu douter de son bienfondé. Après tout, c’était grâce à ma découverte que nous avions pu découvrir quel était le secret pour détruire le Lord Noir. Cependant j’avais dû également en faire payer le prix à ma propre famille, chose qui resterait à jamais l’acte le plus douloureux qui m’eut été donné de faire.

Le regard perdu dans l’immensité boisée qui entourait la propriété, j’observais d’un œil absent ce paysage qui me semblait tout à coup aussi longtemps que ces bruits de pas qui venaient pourtant dans ma direction pour ne s’arrêter qu’à quelques centimètres de moi. Fermant un instant les paupières avant d’inspirer doucement pour reprendre mes esprits, je pris la tasse de thé que Betsy me tendait, la remerciant d’un sourire empreint de douceur malgré qu’aucun mot ne pu sortir de ma bouche qui se nouait de plus en plus sous les sensations de nausées qui me submergeaient. Comme si mon sang s’était soudainement figé dans mes veines, mes paupières devinrent de plus en plus lourdes alors que je ne ressentais plus rien. Pris d’un violent vertige, le bruit de ma tasse qui se brisa au sol m’apparu dans un écho lointain auquel je tentais de me raccrocher vain, tels les sons que l’on perçoit lorsque peu à peu l’on s’enfonce dans des eaux profondes. Mon esprit ne réalisait plus ce qu’il se passait avant que je ne sente mes jambes fléchir, ayant fort heureusement encore assez d’esprit pour pouvoir m’appuyer contre le rebord de la fenêtre que je ne distinguais plus afin de ne pas m’écrouler au sol. Sentant les mains de ma fille qui me soutenaient, je recouvrais peu à peu mes esprits, le souffle saccadé alors que j’avais l’impression d’avoir été écrasé par un géant tant je me sentais brutalement faible et épuisé. Levant le visage vers elle alors que je ne distinguais plus à présent que de maigres contours, je lui dis d’une voix faible :

« Ce n’est rien. Juste un léger étourdissement. J’ai certainement dû me lever trop vite… »

Ne semblant croire qu’à moitié mais paroles, voire même absolument pas, Rigel me pria d’une voix que j’entendais au loin en un écho étrange d’aller m’asseoir. Je n’avais de toute manière malheureusement pas le choix si je voulais être encore conscient pendant quelques minutes. Me dirigeant difficilement vers celui-ci avec son aide fort heureusement, je me laissais tomber doucement dessus, lâchant un soupir tandis que je fermais un bref instant les yeux, tentant de respirer calmement pour reprendre pleinement le contrôle de mon être. Puis à nouveau la voix de ma fille me parvint, cette fois plus nettement qu’il y a quelques instants, alors qu’elle me demandait de lui expliquer ce qui venait de se passer d’une voix qui se voulait stricte, mais dont je pouvais pourtant pressentir l’inquiétude qui vibrait légèrement.

Lâchant un léger soupir, je passais une main sur mon visage las de fatigue, ouvrant mes yeux d’un noir d’ébène que je tournais vers elle pour lui répondre cette fois sans détour.

« Sincèrement, je n’en ai pas la moindre idée. Cela fait des nuits entières que des bribes de souvenirs me reviennent et m’épuisent. Ce n’est sans le moindre doute pas grand-chose, mais j’ai la sensation de revoir chaque nuit les derniers instants de ma vie lorsque j’ai été attiré dans le lac. Ces images et les sensations qui y sont associées semblent vouloir me hanter, à tel point que j’en perds mes repères, ne sachant plus où se trouve la réalité. La fatigue a certainement due faire le reste, donc je vais me reposer, tout simplement. » Lui expliquais-je, avant de poser ma main sur la sienne pour reprendre sur un ton aussi doux que mon regard, lui, était rivé dans ses yeux afin qu’elle m’écoute véritablement lorsque je lui disais ces mots.

« Cesse de te préoccuper à ce point de moi, Rigel. Je vais bien, seulement comme dans tout évènement important d’une vie l’esprit à du mal à oublier et à faire par moment la part des choses. C’est ce qu’il se passe pour ma part, et même si tu n’avais que seize ans lors de ce rituel, tu l’as parfaitement accompli. Il est délicat, mais tu es brillante et si jamais il y avait eu le moindre problème de liaison entre mon âme et mon corps, autant de temps ne se serait pas écoulé sans que je sois en aussi bonne santé. Car c’est le cas, et même si je comprends que tu désires faire attention ou que tu puisses douter, je peux t’en assurer. Tu es sans aucun doute une bien meilleure nécromancienne que je ne l’ai jamais été, et je suis fier de toi. Il me faut seulement du repos, et tout ira pour le mieux. D’accord ? » Lui dis-je sur un ton aussi posé qu’assuré.

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Jeu 7 Fév - 12:02

Rigel avait très souvent passer en revue tous les détails du rituel qu'elle avait accomplis pour que l'âme de son père retrouve son corps. Avant même de le faire, elle avait soigneusement étudier la question, appris par coeur le moindre geste, la moindre petite influence, la moindre impulsion de magie qu'elle aurait à fournir pour que tout se passe aux mieux. Relier une âme à un corps était une opération très délicate, mais elle avait un avantage certain : soit c'est une réussite, soit un échec, il ne pouvait pas y avoir de demi mesure.

Elle repensa donc une énième fois à ce fait établit pendant que son père essayait de la rassurer, affirmant qu'elle ne s'était pas trompée, que son état n'était pas sa faute, qu'il était juste fatigué, hanté par ce qu'il avait "non-vécu". Elle n'était pas convaincue. Il avait raison, seul le temps pourrait éloigner ces souvenirs, il avait avant tout besoin de repos, mais il y avait quelque chose en plus et elle le savait très bien. Oui, ce n'était pas une question d'avoir su raccorder son corps et son esprit, ça, c'était indéniable, elle avait réussit. Le seul fait qu'il soit là, devant elle, physiquement à lui parler, à poser sa main sur la sienne, était une preuve qu'elle avait réussit. Et même si, chose improbable, elle n'aurait pas réussit entièrement, le fait que son état mental affectait directement son état physique était une preuve de plus que son corps et son esprit étaient parfaitement raccordés, comme chez n'importe qui. Sa fatigue était une "simple" somatisation de son traumatisme, car mourir est effectivement un traumatisme.

Non vraiment, elle n'avait pas la moindre inquiétude à ce sujet, si elle avait échouer, le jour du rituel, l’âme de son père aurait simplement été se reloger dans son médaillon et l'inferi serait soit retourné dans l'eau, soit aurait tenter de l'embarquer avec lui, cas plus probable.

-Je sais... Si je n'avais pas réussit cette partie, ça aurait été clair, il n'y a pas de demi-réussite avec ce genre de chose. Et ta fatigue est normale, enfin je connais ça, depuis que je suis toute petite je vis assez régulièrement la morts d'autres âmes errantes qui ont besoin de moi pour trouver leur chemin, je ne suis jamais bien après. Mais pas au point de perdre connaissance. Dit-elle, aussi bien pour lui que pour elle.

Non, ce qui la tourmentait c'était ce qui venait avant. Avant de raccorder l’âme et le corps, elle avait du remettre le corps en état, opération au moins aussi complexe que le rituel lui-même. Et ce corps avait été bien malmené, à commencer par la potion qu'il avait ingurgiter avant sa mort, puis seize ans à se décomposer tranquillement dans l'eau. Là, elle avait du faire appel à tout ce qu'elle connaissait en matière de guérison et de régénération, soit pas grand chose, objectivement. Elle n'était qu'une gamine de seize ans, ayant tout appris seule et sans la moindre expérience. C'est vrai, sur le coup, tout avait été très bien, la preuve, son père n'avait pas eu de problèmes jusque là. Mais elle en était convaincue à présent, quelque chose essayait de le détruire, et elle était presque sure de ce qui pouvait le causer. Elle s'installa en tailleurs sur le canapé, un instant perdue dans ses pensées.

-Et sur le coup j'ai aussi réussit à remettre ton corps en état, sinon on s'en serait rendu compte très vite. Mais manifestement quelque chose ne va pas et j'en suis aussi responsable, j'aurais dû y penser. Elle se mordilla un ongle inconsciemment, elle n'aimait pas trop reparler à son père des circonstances de sa mort, mais il le fallait. La potion que tu as du boire pour récupérer l'horcruxe, j'ignore ce que c'était exactement, mais je suis certaine d'une chose, c'est mauvais et, à mon avis, plutôt coriace. Tout me porte à penser qu'il doit en rester dans ton corps qui continue d'agir. Il faut que je sache quelle action ça a exactement et surtout que je parvienne à en faire un antidote.

Sa main se resserra sur celle de son père, elle n'aimait vraiment pas devoir le refaire penser à ce qui lui était arrivé. Mais il avait l'air tellement épuisée, il était impossible pour elle de rester à ne rien faire alors qu'elle pouvait arranger tout ça, détruire enfin tout ce qui restait de poison dans son organisme, qui perdait bien trop d’énergie à essayer de s'en défendre. Par Merlin, elle était une sorcière, une apprentie medicomage et avait toujours montrer un certain talent en potions. D'après Kreattur, en plus de faire souffrir, la potion faisait également revivre les pires souvenirs, à petite dose il était plus que probable que ça affaiblisse et expliquait pourquoi son père continuait à être aussi tourmenté par ses souvenirs. Son simple témoignage ne suffirait sans doute pas à trouver de quelle potion il s'agissait, de toute façon, Voldemort l'avait sans doute créer de toute pièce. Elle était sure d'une autre, chose, si elle voulait soigner son père, elle devrait retourner dans la caverne pour analyser cette foutue potion.

-Je suis vraiment désolée de devoir reparler de tout ça...

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Mer 13 Fév - 20:21

L’inquiétude de Rigel était compréhensible, certes. Après tout j’étais son père, et d’une certaine manière son implication dans ma résurrection lui laissait logiquement appréhender les péripéties que je pouvais rencontrer depuis ce qui était en quelques sortes ma renaissance. Mais pour autant je refusais de la laisser se plonger dans de telles préoccupations, non seulement parce qu’il ne fallait pas oublier que ces tendances à toujours vouloir dissimuler ses faiblesses et à vouloir s’en sortir par sa seule force étaient des traits qui, fallait-il le rappeler, étaient largement hérités de mon propre caractère, mais également parce que si je n’avais jamais pu veiller sur elle depuis sa naissance aujourd’hui je désirais la protéger. Bien entendu elle devenait une adulte, et malgré sa jeunesse il n’en demeurait pas moins que sa maturité et son intelligence étaient telles que je ne remettais nullement en cause ses grandes capacités. Seulement en tant que père, je refusais qu’elle prenne le moindre risque, et qui plus est pour moi. Je lui en avais déjà fait bien trop encourir en lui confiant mon âme protégée dans ce médaillon qu’elle n’avait jamais quitté pour autant. Aujourd’hui, les choses devaient changer. Si j’avais été immatériellement présent continuellement auprès d’elle, je ne désirais pas que les choses changent. Sans être un paternel envahissant, il était tout bonnement hors de question qu’elle se préoccupe à ce point de moi. Question de fierté ou d’orgueil, on peut le qualifier de toutes les manières que nous le désirons. J’étais tout comme elle plus que têtu pour m’imposer malgré ses volontés contraires. Bien qu’elle avait également hérité de mes dons de nécromanciens, il y avait encore bien des choses qu’elle ignorait sur le monde des morts et dont je lui parlerai que bien plus tard. Malgré toutes ses capacités, elle était encore bien trop jeune pour recevoir les clés du monde de l’au-delà dans lequel j’étais plongé depuis ma naissance, et surtout dans lequel j’ai pu « vivre » durant seize longues années. J’avais ressenti et vécu des choses que nul ne pouvait soupçonner, et en aucun cas elle ne devrait l’apprendre. La protéger était mon seul et unique but sur cette Terre.

Alors oui, il était vrai que s’il y avait eu le moindre problème concernant une potentielle faiblesse du lien qui subsistait entre mon âme et mon corps, nous l’aurions vu bien plus rapidement. Qui plus est je me sentais plus ou moins à l’intérieur de celui-ci peut-on dire, et s’il y avait eu le moindre problème j’aurai pu en perdre plus d’une fois l’usage, ou bien ma décomposition aurait continué à se développer. Mais non, mon visage était celui d’un homme tout ce qu’il y avait de plus normal, alors cette hypothèse était nullement valable.
Venant s’assoir comme toujours en tailleur à mes côtés, je contemplais son visage aux traits tendus sous cette lourde réflexion qu’elle menait, les observant avec douceur de mes yeux noirs d’ébène alors que je constatais une nouvelle fois encore ce que l’on m’avait également tant de fois répéter : elle me ressemblait tellement… Et j’en étais incroyablement fier. Ma fille était à mes yeux la seule véritable réussite que j’avais pu avoir. J’avais beau être reconnu comme celui qui avait percé à jour le secret du bien heureusement défunt Lord Voldemort, ça n’était pas dans mes actes et ma bravoure que je puisais cette fierté qui m’animait chaque jour, mais en me levant chaque matin auprès de la femme que j’aimais avant de rejoindre notre fille qui était, avec elle, ma seule et unique raison de vivre. Alors non, je ne pourrais supporter qu’il lui arrive la moindre chose une fois encore. Elle avait déjà bien trop encouru de risques lors de ma résurrection dans cette foutue caverne et lors de la bataille qui avait eue lieu à Poudlard pour que je ne la laisse faire sans agir.

Après tout, même si tant d’années nous avaient éloignés l’un de l’autre, nos ressemblances étaient telles qu’à travers ses phrases et même sans qu’elle n’ait besoin d’exprimer ouvertement ses intentions, je savais parfaitement à quoi elle pensait.
Sentant sa main se resserrer autour de la mienne, je passais doucement ma main sous son menton pour tourner son visage vers moi et croiser son regard, avant de poser ma main sur la sienne.

« Rigel. Ecoute-moi attentivement, je te prie. Je ne suis peut-être pas un médicomage, mais j’ai suffisamment de connaissances pour savoir pertinemment qu’un antidote ne se prépare que d’une et d’une seule manière. Je connais ton obstination et ta volonté, et plus encore je sais combien tu tiens à me venir en aide, ma chérie. Mais sache une chose : je t’ai déjà poussé à prendre d’immenses risques une première fois, et à nouveau j’ai consenti à te laisser mener cette guerre contre le Lord Voldemort il y a trois ans. Cependant je sais aussi que malgré tout tu as plus d’une fois failli y laisser la vie, et si j’ai pu empêcher Bellatrix de te tuer je ne serai pas toujours là pour te protéger. Mais temps que je le peux encore, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour y parvenir. Non pas car je doute de tes capacités qui sont exceptionnelles, entends-le bien, mais parce que je suis ton père, et ta volonté ne pourra rien y changer. Alors si je t’ai laissé faire déjà beaucoup trop de choses plus que risquées, cette fois, et ça n’est en aucun cas négociable, je refuse que tu retournes dans cette grotte. » Lui dis-je, sans perdre une seule fois de vue son regard pour qu’elle comprenne que cette fois il était hors de question qu’elle déroge à ma volonté.

« Certes ça n’est pas la meilleure partie de mon existence que j’ai pu y passer, mais s’il te faut à tout prix cet antidote, j’irai le chercher moi-même. Il est absolument hors de question que je te laisse y retourner seule, tu m’entends ? Alors si jamais tu tiens à y aller, je l’accepterai à la seule et unique condition que je t’y accompagne, et que ce soit moi qui le recueille. Je connais Voldemort et ses secrets plus que quiconque, et je refuse catégoriquement que tu touches à cette saleté de potion. Comme je te l’ai dit, et je le répète une nouvelle fois, je ne changerai pas d’opinion sur ce sujet. Je t’aime Rigel, et je ne supporterai pas de te perdre une seconde fois. Te voir allonger durant tous ces mois à Sainte Mangouste m’a profondément blessé, et je ne veux pas que cela se reproduise. D’accord ? » Lui demandais-je, sans pour autant que ce soit une véritable question.

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Mar 26 Fév - 21:45

Pourtant, ma mère me l'avait dit toute ma vie, je ressemblais énormément à mon père, aussi bien physiquement que sur de nombreux traits de caractères. Encore aujourd'hui, je le vérifiais, s'il y avait une chose que j'avais indéniablement hériter de lui, c'était bien ce besoin de veiller à ceux qui me sont chers. Déjà enfant, quand je voyais maman triste, je m'étais rapidement donnée comme rôle de m'occuper d'elle, de la consoler. Quand Voldemort était réapparu et qu'elle avait repris sa place de mangemort, je craignais pour elle, dès que je l'étais devenue moi-même, je veillais sur elle. A Poudlard, quand un de mes amis était tristes ou avait des problèmes, je n'avais jamais refuser de les aider, même si ça n'allait pas toujours bien pour moi non plus. Et quand j'avais compris que je pouvais retrouver mon père, qu'il était encore « vivant », j'aurais été prête à tout pour le sortir de ce lac.

A présent on se retrouvait dans la situation presque comique ou chacun voulait absolument protéger l'autre. C'est vrai que dans la logique, c'est généralement le parent qui protège l'enfant, mais j'avais pris sur moi de le faire revenir parmi les vivants, je me sentais autant responsable de lui qu'il se sentait pour moi, c'était une véritable impasse et aucun de nous ne risquait de céder, je le savais, il le savait. Et puis de toute façon, c'est moi la medicomage ici ! Et il y avait un fait important qu'il ne semblait pas comprendre : les risques, j'avais choisi seule de les prendre, le peu qu'il m'avait laissé m'avait orienté c'est vrai, mais mes décisions, je les avais prises moi-même. Personne ne m'avait poussé à devenir mangemort, même lui d'ailleurs m'avait dit qu'il espérait que je ne le deviendrais pas. Je me rappelle encore bien son regard quand il avait découvert la marque sur mon bras. Suivre ses traces pour tenter de trouver les horcruxes, c'était mon choix, les risques, je les avais choisi. Il n'avait pas à se sentir coupable de ce fait, alors que j'étais la seule responsable de mes actes.

Il revint sur ce qui m'était arrivé pendant la bataille, mais il y avait une chose importante qui avait changé depuis la guerre contre Voldemort. A ce moment-là, j'étais vraiment prête à tout risquer, l’enjeu était trop gros, objectivement, bien plus important que sa santé. Pour la paix et la liberté du monde sorcier, j'étais prête à combattre, même à y laisser ma vie, j'avais été si près de demander à Bellatrix de m'achever. Aujourd'hui, c'était diffèrent, l'enjeu était très important de mon point de vue, mais j'avais de quoi me montrer largement plus prudente. J'avais mûri également, ça calme de passer des mois sur un lit d’hôpital parce qu'on a décidé de faire du zèle en lançant son masque de mangemort aux pieds de Voldemort, j'aurais pu tout aussi bien me la jouer façon Malefoy et disparaître pendant le combat, mais non. Ce qu'il fallait que mon père comprenne, c'était que je retournerais dans cette grotte, mais pas dans les mêmes conditions que quand j'étais venu l'y chercher. Je croisais les bras dans mon air le plus décidé.

-Mais tu sais que j'y retournerais quand même. Papa, tu n'as pas à t'en faire comme ça, la situation est différente, je sais à quoi m'attendre, je sais comment éviter la plupart des danger et ce n'est pas comme la dernière fois ou je n'avais que deux heures pour accomplir tout un rituel avant qu'on ne se rende compte que je n'étais pas à Près-Au-Lard.

Y aller lui-même ? Et puis quoi encore, pourquoi pas Lucius qui fait des claquettes ? Mais il avait laissé une faille, il avait dit qu'il ne me laisserait pas y aller seule, et il n'était pas question que moi je le laisse y aller seule, même si je devais le suivre en cachette pour ça. Je n'eus même pas à répliquer que « d'accord, allons-y ensemble alors », qu'il le proposait. Je perdis mon air buté pour me détendre et afficher enfin un léger sourire.

-D'accord, mais personne n'aura à toucher à cette fichue potion de toute façon ! Si je ne peux pas en récupérer des échantillons, je l'analyserais sur place, mais pas question d'entrer en contact avec ce machin. C'est pour ça d'ailleurs qu'il faudrait que je sache quel effet elle fait quand on la boit, et ça il n'y a que toi qui puisses me répondre. J'ai besoin de savoir ça pour orienter mes recherches. Au fait, ça va mieux le malaise ? Tu ne préfère pas retourner au lit ?

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Mer 27 Fév - 2:26

Certes, rien ne serait jamais pareil que ce qu’elle avait dû affronter pour venir me sortir de cet enfer dans lequel j’étais plongé depuis seize longues années, mais pour autant je refusais catégoriquement qu’elle y retourne sans ne rien pouvoir faire pour l’en empêcher. Cette caverne était le lieu-même de tous les dangers, crée par le Seigneur des Ténèbres lui-même. Par ma faute elle avait dû affronter ces démons il y a quatre ans de cela, et si par chance elle avait pu en ressortir sans séquelles, rien ne pouvait laisser augurer dans une certitude des plus absolues que ce serait également le cas la seconde fois. Et à présent que j’étais auprès de ma fille, que je pouvais pleinement la protéger sans être retenu dans ce foutu pendentif, je n’allai pas m’en priver, qu’elle le veuille ou non. Elle était ce que j’avais de plus cher dans ce bas-monde, et jamais je ne pourrais supporter que qui que ce soit ne me la reprenne. Cela pouvait paraître surprotecteur ou que sais-je, mais comment peut-on m’accuser un instant de trop vouloir en faire alors que je voulais simplement interdire à ma fille, à la chair de mon sang de se jeter dans la gueule du loup-garou, là où recelaient par certaines les corps de personnes qui n’étaient plus ?

Alors je ne lui autorisais qu’une et une seule chose. Je savais, à son air buté, borné et têtu qui lui allait si bien et qui la faisait – au grand damne de sa mère – me ressembler trait pour trait malheureusement pour ce point, que je ne pourrais pas la résoudre à abandonner son idée. Rien ne pourrait la faire se détourner de son but, d’autant plus alors qu’il s’agissait de me sauver, j’en avais conscience. Alors non, je ne pourrais pas le lui interdire car je savais que quoiqu’il arrive et même si je mettais des barreaux à ses fenêtres (ce que je ne ferai bien entendu pas le moindre instant), je savais qu’elle ne m’obéirait pas. La seule condition serait donc celle-ci : que je l’y accompagne.

A ces mots, un léger sourire se dessina sur son visage tandis qu’elle acceptait ma proposition, précisant bien entendu que l’on n’aurait pas à boire cette infâme et immonde potion une nouvelle fois, mais « seulement » à faire un prélèvement. Seulement, oui… Comme si cela pouvait être si facile, alors que Voldemort avait prit particulièrement soin à déployer tous les moyens nécessaires pour que nul ne réchappe de son antre !
Lâchant un léger soupir en baissant un bref instant la tête, je lui répondis :

« Très bien. Mais ne crois pas que tout sera si simple. J’ai côtoyé Voldemort suffisamment longtemps pour savoir qu’il ne laisse jamais rien au hasard, et cela même mort, sois-en certaine. » Lui dis-je.

Passant un bref instant ma main dans mes cheveux aussi sombres que l’était mon regard noir tel le plumage luisant d’un corbeau, je pris une légère inspiration avant de lui répondre :

« Non, ça ira. Ne t’en fais pas pour moi. Je me sens mieux. Quant à ce breuvage de malheur, malgré que le temps ait passé, jamais je ne pourrai oublier une expérience pareille. Plus d’une fois j’ai eu à subit un sortilège de Doloris, et je sais que tu as malheureusement eu à le connaître à ton tour. Tu sais la douleur que l’on éprouve, qui nous rend proche de l’aliénation mentale, mais crois-moi : ce poison est incontestablement plus insupportable encore. »

M’arrêtant un instant, je fermai les paupières pour tenter en vain de chasser de mon esprit les images qui s’y succédaient sans cesse et qui me hantaient atrocement chaque nuit durant. Je me revoyais passer la main dans ce liquide impalpable, avant de saisir cette sorte de coquillage que je remplissais avant de le mener à mes lèvres. Je me souvenais encore et toujours de cette sensation immonde de se sentir devenir fou à lier, alors que je savais que je ne devais pas flancher pour ma future femme, notre enfant, et l’avenir même de ce monde. En vain…

Ouvrant les yeux, je croisais son regard, tentant de ne rien laisser paraître de ces milliers de souvenirs qui me hantaient et qui, encore cette nuit, avaient causés ma terreur.


« Je n’oublierai jamais ce moment-là. Kreattur était auprès de moi, essayant de m’implorer de renoncer, mais il n’y est pas parvenu. Rien n’aurait pu me faire abandonner l’idée de vouloir vous protéger toutes les deux en détruisant ce monstre. Alors j’ai bu cette potion, et chaque gorgée a été plus ignoble que la précédente. Tout ce que je savais à ce moment-là, c’est que je ne devais pas m’arrêter, mais par mesure de précaution j’ai ordonné à Kreattur de m’empêcher de m’interrompre. Et j’ai bien fait, car en l’espace de quelques instants plus rien ne me paraissait réel. Je perdais l’esprit, en même temps que la perspective même que l’on tente de m’arracher les entrailles avec des griffes acérées serait bien plus tentante encore que ce que je devais endurer là. Je ne sais pas comment te décrire la chose, car je doute que de simples mots ne suffisent pour que tu puisses imaginer ses effets, mais de toute manière pour être honnête s’ils existaient je ne voudrais pas te le raconter. Je ne souhaite à personne de connaître cela, ni même à mon pire ennemi, crois-moi. Tout ce que tu dois savoir, c’est qu’il te fait plonger dans un état de détresse extrême, autant physiquement que psychologiquement. Alors la seule chose à laquelle tu penses à ce moment-là, c’est à t’enfuir très loin de ce lieu maudit, mais tu ne le peux pas. Alors l’eau du lac se fait terriblement attirante. Quelques gouttes, c’est tout ce que tu demandes pour pouvoir continuer, mais ces quelques gouttes ont eues ma peau… » Lui contais-je, perdu dans mes pensées.

Jamais je ne souhaiterais revivre cela, pour rien au monde, si ce n’est une seule chose : la seule et unique raison qui me pousserait à vouloir le faire serait de protéger Rigel. Et tout à coup, une réalité me sauta brutalement aux yeux.
Resserrant doucement ma main autour de la sienne, je lui dis avec douceur et gravité :

« Rigel. Personne ne peut saisir ce liquide autrement qu’en essayant de vouloir le boire. C’est aussi vain que de tenter de saisir à main nue la lune elle-même. Le seul moyen que l’on a de pouvoir l’étudier, ça n’est autrement qu’en voulant tester ses effets, et toi comme moi nous savons parfaitement qu’il n’existe qu’un et un seul moyen pour ce faire. » Lui dis-je.

Non, personne ne peut se saisir de ce breuvage, autrement qu’en essayant de le boire. Mais boire quelque chose qui nous détruit pour essayer de s’en débarrasser était-il sage ? Non, absolument pas. Sauf si l’on tente d’éradiquer définitivement le mal par le mal, ce que je ne désirais pas.

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Ven 8 Mar - 22:24

Nous avions au moins trouver un accord, aller ensemble dans cette grotte pour trouver une solution à l’empoisonnement qui continuait de faire souffrir mon père. La perspective qu'on y allait à deux me rendait en réalité plus aventureuse qu'inquiète, même si je savais parfaitement que ça n'aurait rien d'une partie de plaisir. Non, ce qui me faisait voir le bon côté de cette histoire, c'était que ce serait la première fois que papa et moi entreprendrons quelque chose ensemble, vraiment à deux. L'histoire des horcruxe, on avait mené la quête en différée, quand il était revenu à la vie, il lui avait fallu un peu de temps pour s'adapter à tout ce qui avait changé en seize ans, la bataille de l'école, on ne s'y était retrouvés que quelques secondes, juste le temps qu'il chasse Bellatrix et que je perde connaissance. Et je ne parle pas de l'année qui avait suivie dont la majeure partie avait été ma convalescence. C'était la toute première fois qu'on se lançait dans un truc aussi important tout les deux.

Aussi, même si la situation était assez grave, il s'agissait de sa santé, il y avait tout de même moyen d'y voir cette chose positive. Enfin, il parvint à me parler de l'effet de la potion, j'en connaissais déjà une partie des effets grâce à Kreattur, mais il s'était montré assez peu loquace. Et aux vues de la description que papa me fit, je compris pourquoi. Oui évidement, comment oublier l'effet d'un Doloris, le premier que j'avais reçu m'avait déjà incroyablement affaiblie, j'avais déjà perdu toute résistance, et pourtant, ce n'était rien comparé aux suivants. Le simple souvenir me faisant encore frissonner, et la potion était pire encore, c'était difficile à imaginer, mais je l'imaginais facilement pour l'avoir vécu moi-même. Je pensais qu'il n'y avait rien de pire qu'un doloris, sauf quand Bellatrix m'avait relancé le sort après m'avoir brisé quelques os, ce n'était pas ajouté, c'était exponentiel.

Il me raconta tout ce qui s'était passé, bien qu'il s’efforçait de rester impassible, je voyais dans son regard comme ces souvenirs le tourmentaient. J'essayais de mettre de côté le fait que c'était mon père qui avait vécu tout ça, je devais me concentrer sur ce que je devais faire, à savoir, identifier exactement l'action de cette potion afin de la contrer. Je devais penser comme une medicomage, pas comme une fille inquiète pour son père. Son récit confirmait ce que je pensais, la potion agissait aussi bien physiquement que psychiquement. La suite, je la connaissais, la dernière action de la potion était de faire ressentir une soif insoutenable qui avait pour unique but de forcer la victime à toucher au lac, réveillant ainsi les centaines d'inferi qui y erraient. La victime finissait noyée et son corps prenaient à son tour part aux inferi déjà présent, pour défendre à son tour ce qui l'avait tué.

-Je vois... En tout cas ça cadre avec ce qui te reste de son effet.

Par contre, je le vis prendre soudain un air plus grave, comme s'il se rappelait d'une chose. Et non des moindres. On ne pouvait saisir la potion si ce n'est en la buvant. J'étouffais un juron, ça, c'était réellement fourbe et bien emmerdant, on pardonnera mon vocabulaire.

-Oh bon sang... Alors ça, c'est vraiment un problème...

En parlant de sang, la solution me sembla assez évidente, bien que peu réjouissante. Si on voulait un échantillon de la potion, il nous faudrait donc la boire, et le seul moyen ensuite de la récupérer assez rapidement, c'était une fois qu'elle était passée dans le sang. Du moins c'est la seule solution qui me venais à l'esprit et, liée au sang, la potion n'aurait plus de raison de s'échapper, vu qu'elle aurait été déjà bue. Dans la théorie, tout cela marchait. Mais franchement, l'idée de devoir boire même une coupe de cette potion m'effrayais assez et j’espérais ne pas avoir à faire ça pour rien. Car oui, il n'était pas question que mon père touche encore à ça, j'essayais de l'en guérir, pas de l'achever ! Je ne voulais pas prendre de risque, il y avait encore de ce poison dans son organisme et qui sait l'effet que ces restes pourraient avoir avec de la potion « neuve ».

-Bon, j'ai peut-être une idée pour contourner le problème. Il faudra que j'en boive un peu, juste assez pour pouvoir l'étudier ensuite, pas besoin de risquer de m’empoisonner durablement moi aussi. Et ce sera moi, point, il faut que je puisse tester son action directe et toi, comme il t'en reste encore, ça pourrait brouiller les résultats, je n'ai pas trop envie de prendre de risques la dessus, on n'aura pas cinquante chances. Et ensuite il suffira d'utiliser la potion qui sera passée dans mon sang pour ensuite faire les test et enfin faire un antidote.

Et bah j'ai du travail...

-Dans la théorie, ça semble cohérent, non ?

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Ven 5 Avr - 20:57

M’enfoncer une nouvelle fois dans ces souvenirs qui hantaient mes jours et mes nuits m’était difficile, je devais l’admettre. Parler de ce passé immonde qui avait fait de moi un zombie infâme au service du Lord, une nouvelle fois, et qui, surtout, m’avait séparé de ma famille pour me plonger dans des ténèbres inextricables avant que Rigel ne me sauve me faisait mal. Malgré que tout était confus dans mon esprit, je ne pouvais pas oublier ce que j’avais enduré. C’était en quelques sortes comme si chaque pore de ma peau et chaque parcelle de mon cerveau pouvait encore ressentir la douleur innommable qui m’avait conduit à la mort.

Alors non, je ne pouvais pas lui parler de cela sans lui laisser comprendre ne serait-ce que par l’intonation douloureuse de mon ton malgré que mon regard demeurait perdu vers le sol, afin qu’elle comprenne à quel point la situation était dangereuse. Et elle le comprenait, je n’en doutais pas le moindre instant, mais sa ténacité et son courage étaient tels que je savais pertinemment que rien ne pourrait lui faire faire marche arrière. Et si à l’époque je n’avais pas connaissance de ce qui m’attendait dans cette fichue grotte, je savais que rien n’aurait pu me faire faire demi-tour. Le besoin de les protéger, elle et sa mère, était plus puissante que n’importe quelle crainte. Alors mon frère avait beau avoir pu penser de moi que je n’étais qu’une reproduction exacte de notre père si violent et dévoué aux arts sombres, Sirius aurait certainement dû être étonné de savoir de voir que rien ne comptait en réalité davantage que ma femme et ma fille à mes yeux. Absolument rien, et pour elles je pouvais tout affronter, même cette fontaine de malheur une seconde fois s’il le fallait.

Seulement cette fois la différence était en ce que ça n’était pas pour les sauver elles que je devais y retourner, mais pour me sauver moi. Faire quelque chose pour moi… Le désirais-je seulement ? Non, pas au prix d’un risque aussi grand que Rigel voulait encourir pour que je sois guéri. Mais rien ne saurait la faire changer d’avis, pas même mes ordres, non pas parce que je n’avais pas l’autorité nécessaire face à elle en tant que père absent durant seize années, mais parce qu’elle était aussi butée que je pouvais l’être, au grand damne d’Evelyne qui aurait sans le moindre doute préféré qu’elle n’hérite pas de ce défaut que je possédais.

Cependant, j’avais entièrement confiance en Rigel, et en cela je savais qu’elle n’était pas pour autant une tête-brûlée. A la condition de ma présence que je lui soumettais, elle acceptait à mon plus grand soulagement que je l’accompagne, même si la réalité qu’elle me montra de son intelligence savamment aiguisée mais fit lâcher un long soupir. Non, je ne pouvais pas boire à nouveau cette potion qui coulait vraisemblablement encore dans mes veines. Mais Rigel, elle, possédait le même sang que le mien, à la différence près qu’il était pur. Alors si nous voulions réellement nous débarrasser de ce liquide, il fallait que ce soit elle qui le boive.

« Bien trop cohérent, malheureusement. J’aurais préféré qu’il en soit autrement mais tu as raison, Rigel. » Etais-je obligé de reconnaître à contrecœur.

Silencieux, je réfléchissais longuement avant de passer une main lasse sur mon visage. Me levant du canapé pour me diriger une nouvelle fois vers la fenêtre du manoir qui donnait sur notre parc assombri par les nuages qui peuplaient densément le ciel. Ignorant le nouveau vertige qui me saisissait, je croisais mes mains dans mon dos avant de lui dire en observant d’un air pensif le paysage menaçant :

« Seulement jamais ta mère ne pourrait supporter que l’on y retourne, quand bien même ce serait pour me sauver. Ou bien elle préfèrera cent fois y aller à ma place, ce que je refuse. Alors… » Commençais-je, avant de m’interrompre.

Me mordant un instant la lèvre inférieur avec douleur, je pris cette décision qui me tuait profondément à l’intérieur. Me retournant vers elle, je lui dis :

« Si nous y allons, je ne veux pas qu’elle le sache, et encore moins qu’elle te voit souffrir à cause de ce poison. Alors Rigel, j’accepte mais à la condition que cela reste entre nous. J’ai des connaissances en médecine, du moins quelques unes bien qu’elles soient loin d’être au niveau des tiennes. Donne-moi les instructions qu’il faut pour que je te soigne immédiatement. Il nous faudra beaucoup d’eau, c’est déjà une certitude. Ce sera une première chose pour t’apaiser. Il nous faudra également l’aide de Kreattur afin qu’il nous fasse transplaner dans la grotte. Voldemort avait placé des protections qui empêchent les sorciers de pouvoir y pénétrer de la sorte, mais il n’a pas tenu compte du pouvoir des elfes. »

Me dirigeant à nouveau vers elle lorsqu’elle se fut redressée à son tour, je la pris dans mes bras dans un geste d’amour et de protection paternelle. Fermant un instant les paupières dans un léger soupir à peine audible, je lui dis :

« Il ne t’arrivera rien, je serai là, mais je sais je tiens à te dire combien je suis fier de toi. Trop inquiet, sans aucun doute, mais extrêmement fier. Tu as le courage de ceux qui ont portés ce nom avant toi, avec la noblesse et la bonté des rares qui ont osé se rebeller. » Lui dis-je, déposant mes deux mains sur ses joues pour admirer son visage qui me ressemblait tant, tandis que je lui souriais avec une immense tendresse.

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Mer 10 Avr - 14:37

Je crois que je n'avais jamais aussi angoisser à la perceptive de faire quelque chose. Même juste avant la bataille à Poudlard, je n'avais pas ressenti une telle anxiété. Avant la bataille, j'étais persuadée que j'allais mourir, j'étais en accord avec cette idée, j'étais prête, aussi je n'avais pas eu aussi peur. Mais aujourd'hui, j'avais décidé de faire quelque chose qui pourrait être néfaste pour moi, mais ne j'avais pas l'intention de mourir, loin de là. Mais il le fallait, si je voulais soigner durablement mon père, il fallait que je passe par là. Bon, il était quasi certain que je n'aurais pas à boire toute la potion, mais quand je voyais le regard de mon père, c'était pourtant un souvenir, cela remontait à 16 ans, mais dans son regard je voyais encore une terreur si vive qu'il semblait de la vivre encore.

Au moins, on était d'accord sur ces points, je devais le faire, c'était la seule solution, et surtout, pas un mot à maman. Je n'aimais pas devoir lui cacher des choses mais ce n'était pas la première fois. Quand je m'étais engagée comme mangemort, je n'avais pas pu lui dire mes réelles motivations, il avait fallu attendre la bataille pour lui avouer que je ne me battrais pas comme mangemort. Même si je n'aimais pas mentir, j'étais heureusement plutôt douée en la matière, et ça ne servait à rien de l'affoler avec cette histoire. On allait réussir, j'allais faire un antidote à ce poison et papa irait vite mieux, c'était l'important.

Un lourd silence était tombé entre nous suite à cette décision, j'avais du mal à cacher à quel point j'avais peur mais il n'était pas question de rebrousser chemin maintenant. Papa s'était levé et retourné à la fenêtre et je me mordillais un ongle.

-Je suis d'accord...

Je me levais à mon tour, les instructions, ce n'était pas facile à savoir à l'avance, je ne connaissais pas les effets prévis et physiologiques de cette potion, il m'était impossible de dire comment en apaiser les effets. Je me mordillais la lèvre, nerveusement.

-J'ignore ce qui pourra me soigner, c'est bien pour ça qu'il faut que j'étudie cette potion. De toute façon avant de faire quoi que ce soit il faudra réoccuper un peu de mon sang, assez pour que je puisse étudier la potion qui y sera. Seulement après tu pourras me soigner si on trouve un moyen. Ce pauvre Kreattur ne va pas être enchanté d'y retourner une troisième fois.

Je ne m'étais jamais considérée comme courageuse et à cet instant, je faisais tout pour éloigner de mon esprit l'idée de ce qu'on allait faire. Heureusement, ce fut à ce moment-là que mon père vint me prendre dans ses bras où je me réfugiais immédiatement.

-Courage... Tu parles... Marmonnais-je. J'étais heureuse qu'il soit aussi fier de moi comme ça, mais je ne pensais pas avoir autant de qualité qu'il le disait. Mais je sais que tu seras là, on trouvera un antidote à cette potion, c'est sûr.

Je me serrais contre lui tout en pensant à ce que j'aurais à préparer avant d'y aller, en plus d'une bonne préparation psychologique évidement. Et savoir exactement quelle quantité je devrais boire pour en récupérer assez pour l'étudier. En attendant...

-En attendant, papa, tu vas me faire le plaisir d'aller te reposer ! Et crois-moi, je vérifierais si tu dors bien ! Conclus-je d'un ton autoritaire tout en le poussant vers sa chambre.

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MessageSujet: Pour un père [Rigel]   Dim 14 Avr - 16:57

Mercredi 8 Septembre 1999


La pluie tombait en un torrent inlassable depuis trois jours déjà. Claquant sur la surface incroyablement agitée de la mer prise en pleine tempête, les gouttes d’eau venaient se mêler aux remous violents. Resserrant ma cape autour de mes épaules pour me réchauffer, l’humidité de la grotte et le vent qui soufflait rendaient l’atmosphère réellement glaciale, l’angoisse qui montait en moi ne faisant qu’en ajouter un peu plus à ces ressentis désagréables. Jetant un coup d’œil vers ma fille qui semblait être tout aussi nerveuse que moi, la détermination en plus de faire cet acte de son plein gré alors que je réprouvais l’idée qu’elle ne boive cette potion maléfique, j’avais tout de même dû lui céder cette envie. Après tout, je ne pouvais que la comprendre. Il s’agissait de la vie de son père que je pouvais être enfin, malgré ces seize ans d’absence. Mais accepter de voir ma fille souffrir sous mes yeux m’était intolérable, surtout que nous avions dû cacher cette excursion à Evelyne qui aurait refusée, je le savais d’avance, de nous voir tous deux repartir là-bas. A tous les coups elle aurait désiré prendre ma place, cependant nul autre que moi connaissait aussi bien les effets monstrueux de ce breuvage, pas même Kreattur qui m’avait pourtant vu mourir à petit feu et dans la plus atroce des souffrances.

« Avançons, ne restons pas trop immobile, sait-on jamais. » Leur dis-je, alors que Kreattur nous suivait, l’air terriblement stressé.

« Lumos solem. » Prononçais-je alors, une vive lumière s’échappant alors de la pointe de ma baguette pour venir éclairer les recoins sombres et ténébreux de la vaste grotte.

L’air seulement méfiant alors qu’au plus profond de moi-même une véritable tornade d’émotions m’animait, je m’efforçais de ne pas repenser à cette fois où j’avais mis les pieds ici. Cette fois qui me hantait chaque nuit depuis ma résurrection, et dont je ne pourrais jamais oublier le moindre détail même insignifiant s’il le fallait.

« Mon bon maître, Kreattur ne sent rien qui vaille ici. Kreattur vous conjure de faire demi-tour pour trouver une autre solution pour vous sauver. » Me disait-il tandis que nous avancions, mes yeux d’un noir intense détaillant chaque recoin de la grotte.

« J’aimerais seulement qu’il y en ait une autre, Kreattur. Mais Rigel est suffisamment adulte pour savoir ce qu’elle fait. » Lui dis-je avant de tourner la tête vers elle.

« Suffisamment adulte, mais je veux que tu écoutes chacun de mes ordres. Je ne t’ai jamais rien ordonné, mais cette fois-ci les choses sont différentes. Il n’en va pas de ma vie mais de la tienne, et je l’ai déjà largement mise en péril. Alors j’accepte ce que nous sommes en train de faire même si c’est une vraie mauvaise idée, mais tu dois m’obéir. » Lui dis-je avec douceur mais un certain aplomb cette fois.

Continuant d’avancer, nous arrivâmes à la fin de la galerie d’entrée qui bloquait notre passage dans ce qui était à mes yeux le cœur de l’Enfer. Sans que Rigel n’ait eu le temps de faire ou de dire quoi que ce soit pour réprouver ce que j’allais faire, je sortis un poignard de ma poche et enfonça sa lame dans la chair de la paume de ma main gauche, de laquelle se détacha un filet de sang.
Les mâchoires serrées, je tendis mon poing devant moi. Les perles de sang s’écoulèrent alors de ma blessure, s’écrasant au sol dans un écho lugubre qui brisa le silence mortuaire qui régnait dans ces lieux.

Aussitôt, le mur de pierre s’éleva en un bruit presque insupportable. La poussière et le sable qui s’étaient cumulés au sol se rependirent en un nuage duquel nous dûmes nous protéger par nos capes. Toussotant légèrement, je vérifiais d’un bref coup d’œil que tout était tranquille dans le cœur des abymes dans lesquels nous allions pénétrer. Mais rien ne bougeait à l’horizon.

« Allons-y… » Leur dis-je dans un murmure, préférant éviter de réveiller les créatures qui dormaient dans ces bas-lieux. Après tout, j’étais le meilleur placé pour savoir que les Inferi ne reposaient jamais véritablement au fond des eaux.

Le bruit de nos pas retentissait dans la grotte qui s’était soudainement élargie. Je m’arrêtais soudain, déglutissant avec peine avant de me remettre à avancer, ne parvenant pas à quitter la fontaine qui luisait au loin dans une lueur verdâtre inquiétante. Puis mes yeux d’ébène se plongèrent dans l’immensité noire et immobile du lac, dans lequel reposaient des centaines de cadavres en décompositions. Un craquement sous mon pied attira mon attention. M’arrêtant, je remarquais que je venais de marcher sur une craie qui avait dessiné un cercle empli d’inscriptions que je ne connaissais que trop bien. Ce même cercle que Rigel avait tracée quelques années auparavant pour me réveiller d’entre les morts.

« Tu es certaine que c’est ce que tu veux, Rigel ? » Lui demandais-je, le cœur battant alors que je tentais de garder toute ma retenue.
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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Dim 28 Avr - 0:30

C'était mon tour de perdre le sommeil.

Oh, j'y étais plus ou moins habituée, j'étais déjà passée par plus d'une phase de grande angoisse m'amenant à ne plus fermer l’œil, mais généralement, j'avais au moins des recherches en la matière pour m'occuper suffisamment l'esprit. Mais là, j'avais depuis fait le tour de tout ce qu'il était possible d'anticiper. L'expédition que mon père et moi allions tenter avait justement pour but de me donner enfin de quoi étudier ce mal qui le rongeais, et qui serait bientôt mon cas aussi. Quatre jours que je ne dormais que par courts épisodes, sans parvenir à m'enlever cette angoisse. Autant de nuits à me retourner dans mon lit, à essayer de me forcer au sommeil, me disant que j'avais besoin d’énergie, à me dire que tout irait bien, que je ne serais pas seule. Cette nuit, j'avais fini par céder et avaler une potion de sommeil, c'était bien la première fois que j'en arrivais là, j'avais toujours refuser cette potion par principe.

Je savais pourtant que les risques que je prenais ne seraient pas insurmontable et qu'il y avait très peu de chance pour que j'y laisse ma vie. J'avais évalué à seulement quatre coupes de cette potion pour pouvoir l'analyser correctement, c'était trop peu pour que ça me soit fatal, mais bien assez pour me causer une douleur assez intense pour que je le redoute. Mais ce qui m'angoissait le plus, c'était les souvenirs qu'elle me ferait revivre, comme s'ils ne me hantaient pas assez comme ça au naturel. J'imaginais un peu l'effet comme celui des detraqueurs, or leurs effets sur moi était assez important, je ne me rappelais que trop mon audience au ministère, quand la guerre avait fini. Ils étaient pourtant rester à distance, ça ne m'avait pas empêcher de revivre mon entrevue privée avec ma tante pendant la bataille, où j'avais bien faillit y mourir. Essayez donc de plaider votre cause devant le ministère avec des images de vous-même torturé qui vous tournent dans la tête.

Enfin au moins, grâce à la potion que j'avais prise, je me réveillais en forme, angoissée, nerveuse, fébrile, tout ce qu'on veut, mais en forme. Je ne parvins néanmoins pas à prendre de petit déjeuner malgré la persévérance de Betsy et l'air suspicieux de ma mère, en temps normal, mon petit déjeuner était sacré. Je m'en sortis en prétendant être descendue manger plus tôt dans la matinée, ce que Betsy ne chercha pas à démentir, de toute façon ça m'arrivait parfois de déjeuner très tôt et de me débrouiller moi-même, ne voulant pas réveiller les elfes. Je m'en voulais de tenir maman à l'écart de tout ça, mais ni mon père ni moi ne voulions l’inquiéter, jamais elle n'aurait approuvé.

Quand nous arrivâmes sur le rivage où se trouvait la grotte, ce fut une trombe d'eau qui nous accueillit, je refusais d'y voir un mauvais augure. Kreattur avait l'air encore plus angoissé que moi, le pauvre. Dire que la dernière fois je lui avais assuré, autant qu'à moi-même, que ce serait la dernière fois qu'on y mettrait les pieds. Je n'avais pas vraiment prévu cette dernière visite touristique, au programme, mer déchaînée, barque instable, petite île pittoresque, rafraîchissement douteux et charmant voisinage moribond. Fort heureusement que j'avais en tête ce but de la plus haute importance, à savoir de pouvoir soigner mon père, sinon, il était fort probable que je serais rentrée à la maison à la nage immédiatement. Mon père qui, à mes côtés, ne semblait pas beaucoup plus rassuré que moi. Enfin lui il avait une raison de plus, il était mort dans cette grotte. Ça n'aurait dépendu que de moi, j'y serais allée seule, jamais je ne lui aurais imposé de retourner ici. Mais il ne m'avait pas laisser le choix et de toute façon, y aller seul était parfaitement idiot, il y avait peu de chance que je sache rentrer sans aide.

Une fois à l’intérieur, Kreattur tenta une ultime fois de nous faire changer d'avis. Ce petit elfe était plus inquiet pour nous que pour lui-même. Je lui adressais un sourire un peu forcé.

-C'est vrai, tu penses bien que si j'avais trouvé une autre solution, je l'aurais saisis. Venir ici n'enchante personne, mais il faut bien passer par là. J’espère pouvoir affirmer cette fois que c'est bien la dernière fois que nous mettrons les pieds ici.

Papa ajouté, en se tournant vers moi, que cette fois, j'aurais à l'écouter sans rechigner. J'acquiesçais sans hésiter, ce n'était plus le moment de faire ma forte tête et je savais bien que le plus dur pour lui était de me savoir prendre autant de risques. Ce fut lui qui ouvrit le passage qui demandait un sacrifice de sang, je me retins à temps de protester avant de me rappeler que j'allais en voir assez comme ça dans quelques minutes. De toute façon il ne m'aurait pas laisser le choix et je lui avais promis que je l'écouterais. Le passage s'ouvrit alors que je me pressais contre mon père, l'angoisse que je connaissais depuis quelques jours était minime comparé à celui que je ressentais à cet instant.

Aussi silencieusement que possible, nous nous avancions dans le passage maintenant dégagé pour arriver sur le rebord où se trouvait encore les traces des symboles que j'avais tracé, quelques années avant. J'avais même abandonné ma craie là, il faut dire qu'avec la joie d'avoir réussi et mes retrouvailles avec mon père, cette craie m'était parfaitement sortie de l'esprit. La voix de mon père me fit sursauter, j'avais vraiment les nerfs à fleur de peau. Ce que je voulais, c'était un peu plus complexe que ça. Je voulais le soigner et le sauver, assurément, il n'y avait pas le moindre doute la dessus. Par contre, boire une potion qu'il m'avait décrite comme la pire chose qu'il ait connu, honnêtement, non, je n'en avais absolument aucune envie. Je me mordis la lèvre, je préférais ne pas penser à la suite.

-Je veux que tout ça soit une bonne fois pour toute derrière toi, que tu sois soigné pour de bon. Ça oui, c'est ce que je veux. Dis-je d'un ton plus ferme que je ne m'y attendais.

Ma peur ne gâchait en rien ma détermination. Je tendis la main dans le vide et entrait en contact avec la chaîne qui retenait la barque menant à l'île de la potion. Un coup de chance, je n'étais même pas sûre qu'elle était là. La barque remonta de l'eau sans un bruit.

-Vous savez qu'une seule personne peut monter à la fois dedans ? Me demanda Kreattur d'une petite voix tremblante.

Ah non, ça je ne savais pas. Enfin, ce n'était qu'un léger ralentissement, pas un problème majeur.

-Très bien, bon, j'y vais en première, ensuite tu m'y rejoins Papa ? Ne t'en fais pas, je ne touche à rien là-bas tant que tu n'es pas avec moi.

Je montais dans la barque, accompagnée par Kreattur qui allait accompagner les deux trajets du coup. Pour le retour, il nous ferait sûrement transplaner. Le trajet eut beau être assez court, il me laissa amplement le temps d'angoisser encore un peu plus, réalisant au passage que je naviguais sur une eau infestée d'inferi. Enfin, je posais pied sur le bord de l'île et grimpait près de la vasque qui était éclairée par une lumière désincarnée, provenant de nulle part et partout à la fois. Sur le parchemin, ça semble joli, dans la pratique, c'est absolument terrifiant. De même, la potion qui brillait dans la vasque ne semblait pas si terrible, mais j'en appréhendais sérieusement les effets. Je la fixais avec un mélange d'angoisse, de suspicion et de défi quand mon père arriva à son tour sur le bord.

-Des derniers conseils ? Lui demandais-je, un sourire crispé sur les lèvres.

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Lun 6 Mai - 11:46

Voir ma fille avec autant de résolution pour me venir en aide me rendait immensément fier d’elle, même si j’aurais largement préféré qu’elle ne se mette pas en danger pour cela. Mais elle me ressemblait bien trop pour vouloir faire marche arrière et se résoudre à abandonner. Après tout, elle comme moi étions prêts à tout pour accomplir ce qui nous tenait à cœur ou que nous jugions de juste. La preuve, elle était même parvenue à duper Voldemort à un si jeune âge, là où moi-même l’avais-je adoré avant de cruellement déchanter et, à mon tour, de donner ma vie en échange d’une part de la destruction de la sienne.

Nos regards ne se détournant pas un seul instant du récipient de pierre noire contenant ce poison d’un vert phosphorescent, je pris une légère inspiration, tentant tant bien que mal de détourner ma mémoire de tous ses souvenirs qui me hantaient jours et nuits. Mes pas foulaient les inscriptions runiques dessinée à même le sol il y a de cela trois ans, lors de ma ressuscitation, mon regard noir se posant sur la barque qui trônait au loin dans ce lac noir jonché de corps morts en état de décomposition avancée.


Flashback

La main tremblante de Kreattur se resserait d’angoisse pour me retenir autour d'un pan de ma cape noire.

« Continuons. » Lui dis-je, résigné et plus volontaire que jamais je ne l’avais été, et pourtant Merlin sait si je suis un homme têtu et borné quand il le veut.

Seuls le bruit de nos pas et des pierres qui glissaient sur le sol se faisait entendre, lorsqu’une lueur verdâtre au loin attira mon attention, dans la cavité principale de la grotte. Un immense lac noir peuplait l'espace, aussi immobile que du verre. Rien ne bougeait, tout semblait si... calme. Mais les apparences étaient trompeuses, je le savais plus que nul autre. Et dans ce lieu qui plus est, j'avais conscience que cette apparente sérénité n'augurait particulièrement rien de bon.

Parcourant les lieux du regard, je lâchai un soupir pour tenter d'apaiser ces tensions qui s'emparaient de mon corps, puis m'approchai résolument de l'eau qui me renvoyait mon sombre reflet. Ne surtout pas toucher l'eau... Bien. Je cherchai des yeux l'embarcation dont Kreattur m'avait appris l'existence, quittant du regard l'îlot duquel irradiait une inquiétante lueur verdâtre qui se dressait au loin. Apercevant enfin la silhouette de celle-ci qui gisait au fond de l'eau, je m'approchai du bord et pointa ma baguette sur elle. Seul un sorcier majeur pouvait l'attirer à lui... Voilà qui me facilitait grandement la tâche, mais cela me paraissait être maigre. Extrêmement maigre... D'un autre côté ce qui m'attendait sur la berge était sans commune mesure avec cette seconde épreuve.

« Accio barque. » Lançais-je alors, pointant le lac de ma baguette.



***

Lâchant un soupir, je baissai la tête en direction de l’eau, cherchant du regard la barque que j’aperçus enfin, gisant au fond des ténèbres liquides. Silencieux, je regardais ma fille saisir la chaîne qui retenait la barque, celle-ci se mouvant aussitôt par magie, sortant des profondeurs. La voix de Kreattur me sorti de mes pensées cafardeuses, nous répétant qu’un seul sorcier pouvait y monter à la fois. Aussitôt, Rigel se désigna pour monter à bord, me jurant qu’elle ne toucherait à rien temps que je ne serai pas auprès d’elle et que je ne lui en donnerai pas l’ordre.

Acquiesçant d’un hochement silencieux de la tête, me sentant réellement étrange depuis que j’étais dans cette caverne, je la vis monter à bord et arriver enfin de l’autre côté de la berge, avant que Kreattur ne revienne avec la barque pour que je monte à mon tour à l’intérieur. Dissimulant mon angoisse composée d’une part de mes horribles souvenirs et, surtout, de la peur immense qui me possédait à l’égard de ma fille qui n’allait pas tarder à connaître par ma faute une douleur sans nom, je montais à mon tour dans la barque pour la rejoindre. En quelques sortes, j’avais l’impression que c’était moi qui la torturait en lui faisant faire cela pour moi. Mais rien ne pourrait la faire changer d’avis, la preuve. J’avais déjà essayé…

Parvenant enfin sur l’îlot sur lequel siégeait le réceptacle de cette potion inhumainement cruelle. Rigel tourna la tête vers moi, l’inquiétude et la peur luisant dans son regard malgré que sa voix restait assurée et qu’elle tentait de me sourire maladroitement, me demandant si j’avais des dernières recommandations à lui faire.

« Le Maître ne doit pas boire la potion, Kreattur doit le faire pour le Maître... » Résonna la voix de Kreattur venue du passé dans mon esprit.

Non, je ne voulais pas qu’elle y touche. Mais nous n’avions plus d’autre choix. La prenant alors dans mes bras, je l’enlaçais et la serrais doucement contre moi, lui murmurant à l’oreille :

« Je t’aime ma fille, et je suis extrêmement fier de toi… »

Nous dégageant l’un de l’autre au bout de quelques instants, je m’approchais de la potion, et lui dis :

« Prends la coupe au fond de la potion. A main nue, tu ne pourras pas la boire. Tu n’en boiras qu’une et une seule fois, et si tu as soif sache que je suis là, nous avons de l’eau sur nous. Je t’interdis de t’approcher du lac. C’est compris ? » Lui demandais-je, ma voix se faisant plus dur en même temps qu’elle était posée tandis que j’essayais d’apaiser ma peur à son égard.

La voyant s’exécuter, de nouveaux flashbacks me revinrent en mémoire à chacun de ses gestes.


Flashback

Rien ni personne n'aurait pu me faire changer d'avis, et encore moins en étant à présent aussi proche du but que je l'étais. Me tournant vers Kreattur, je lui avais dit avec résolution :

« Non. Tu sais ce qu'il va se passer à partir de maintenant, alors je veux que tu fasses exactement ce que je t'ai dit de faire. Force-moi à la boire en entier, quoiqu'il arrive, et lorsque cela sera fait, si je n'y parviens pas moi-même, je veux que tu prennes l'Horcruxe et que tu déposes le médaillon à sa place. Si j'échoue, je veux qu'une fois que tu seras en sécurité tu le détruises sans plus attendre. Est-ce que tu m'as compris ? Une dernière chose : à partir du moment où je prendrai la potion, tu n'écouteras également plus aucun ordre que je te donnerai. »

Malgré lui, l'elfe s'inclina alors que je pris une grande inspiration, sentant mon coeur cogner dans ma poitrine. Et après une dernière hésitation, je saisis résolument la coupe qui était posée au bord, et la plongeai dans la potion. Le visage d'Evelyne ne quittant plus mes pensées, je portai la coupe à mes lèvres, sentant le liquide amer glisser dès lors dans ma gorge qu'il semblait vouloir consumer de l'intérieur. M'efforçant de retenir une grimace de douleur, je la plongeai à nouveau à l'intérieur avant d'en boire une nouvelle fois son contenu. Puis une troisième, et une quatrième. De ma bouche qui me semblait devenir cruellement sèche sortit un grognement de douleur. Mais il fallait que je continue, je n'avais pas le choix... Alors je continuais de boire, encore et encore, avant que mon corps ne soit secoué de tremblements atroces. Jamais je n'avais cru qu'il soit possible de vivre une telle souffrance. J'avais la sensation que chaque parcelle de mon être essayait de se détacher de l'autre, m'écartelant avec fureur tandis que mes pensées elles-mêmes n'étaient plus cohérentes. Tout ce que je savais, c'était qu'il fallait que cela cesse.

« Je ne peux plus... » Lâchais-je dans un nouveau et plus puissant grognement de douleur, alors que mes jambes menaçaient de se dérober sous mon poids.

Des larmes de douleur et de supplication s'échappaient de mes yeux malgré que je sentais que les mains de l'elfe essayaient de me soutenir. Je tournais difficilement la tête, tentant de me dérober à cette nouvelle coupe qu'il menait à présent à mes lèvres, avant de sentir malgré moi le liquide couler une nouvelle fois dans ma gorge. Mourir, je devais mourir... C'était ignoble, atroce, je n'en pouvais plus... Et cela semblait durer encore et encore, n'avoir jamais de fin.

« De l'eau, il me faut de l'eau... » Tentais-je d'articuler, avant qu'un cri de douleur ne me fasse une nouvelle fois flancher.

Mais refusant, Kreattur continuait de me la faire avaler, jusqu'à ce qu'enfin la fontaine devienne vide. Là, je saisis enfin l'objet d'une main pus tremblante que jamais et le remplaçai par sa copie, avant de tomber brutalement au sol. Gémissant et me tordant sous le coup d'une douleur sans pitié que des mots seuls ne pouvaient pas même parvenir à décrire, j'avais la sensation que la vie s'échappait de mon être à travers chacun de mes pores. Tout semblait tourner autour de moi à une vitesse faramineuse, comme si je n'étais plus qu'une feuille emportée dans le tourbillon infernal d'une tempête. De l'eau, il me fallait de l'eau... Alors je mis à ramper doucement vers les abords du lac, oubliant le danger malgré que Kreattur tentait de m'en empêcher. En vain. Plongeant la main dans l'eau noire, je menai celle-ci à mes lèvres, ressentant aussitôt un soulagement intense. Ne prenant garde à aucune des supplications de l'elfe, je continuais de la boire, encore et encore, retrouvant peu à peu mes esprits à l'instar de mon corps qui, à l'inverse, ne répondait plus de rien, anéanti par les effets de la potion.
Et soudain, ce qui devait arriver arriva. Les remous de l'eau naissant furent bientôt rejoints par les hurlements lugubres des voix d'outre-tombe qui résonnaient dans le lieu, se mêlant en un écho funeste tel le glas qui annonçait ma mort.

« Prends-le, Kreattur... Et détruis-le... Ne reste pas, enfuis-toi... » Parvins-je tout juste à lui dire sous les yeux horrifiés de l'elfe qui disparut alors malgré lui.

Seul face à la Mort, je sentais, sans plus pouvoir lutter, des bras aussi glacés que squelettiques se poser sur mon corps. Avais-je peur ? Etrangement non, plus maintenant. Je ne pouvais plus rien faire, absolument rien. Plus la force de me battre, plus celle de lutter dans un dernier espoir illusoire. J'allais mourir, mais j'avais réussi malgré tout à extraire l'Horcruxe de la caverne. Bientôt le Lord Noir perdrait une part de son âme, et d'autres finiront sans le moindre doute ce travail que j'aurai commencé.

L'eau glacée commençait à m'envelopper alors que je glissai lentement vers elle, attiré par les créatures pour qui je n'étais plus qu'une proie facile et sans défense. Il est dit qu'à l'approche de la mort nous revoyions sa vie défiler devant ses yeux... C'était faux. Je n'avais revu aucune image de mon passé, bonne ou mauvaise. Seul le regret et le soulagement accompagnaient mes pensées qui se tournaient à l'inverse vers l'avenir. Je voyais le visage de celle que j'aimais et que je n'aurais pas eu le temps d'épouser. Envolée cette image que je m'étais faite de notre famille, tandis que je tenais notre fille dans mes bras. Ma fille que je ne connaîtrais jamais, mais qui, peut-être, connaîtra un avenir meilleur grâce au sacrifice de son père.

Les larmes qui perlaient sur mes joues se mêlèrent à présent à l'eau du lac noir tandis que mon corps disparaissait dans les profondeurs. Ignorant les visages hurlants et terrifiants de ces infâmes cadavres qui m'entouraient, je fermai doucement les paupières, sentant la vie me quitter alors qu'un léger sourire se dessinait sur mes lèvres, emportant ce qui n'avait été qu'un rêve, dans ce qui était à présent devenu mon ultime demeure...



***

« Fais attention à toi, ma chérie. Je te jure que tout se passera bien, si tu ne bois qu’une gorgée, tu ne souffriras pas trop… »

Comment peut-on ne pas être malade d’être la cause plus ou moins directe de la souffrance de sa propre fille ? Cela m’était impossible.
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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Mar 14 Mai - 20:59

Le regard fixé vers le contenu de la vasque, j'écoutais les dernières recommandations que mon père me donnait et me mordit la lèvre. Je ne lui avais pas encore dit avec précision les résultats de mes recherches et j'allais devoir boire quatre fois plus de cette potion que ce qu'il pensait. Au fond, j'aurais peut-être préféré ne rien savoir de ce qui allait m'arriver, l’appréhension était intenable. Néanmoins je me plaçais juste devant la potion et plongea mes mains pour en sortir la coupe. Il était temps que je l'informe que le nombre de coupe qu'il m'avait indiqué n'était pas exact.

-A vrai dire... D'après mes calculs, c'est quatre coupes que je dois boire. Sinon je ne pourrais pas en récupérer assez pour faire un antidote.

Tout comme lui, je m’efforçais de rester calme, je n'ignorais pas que pour lui ça allait être extrêmement dur de voir ça, sans compter que je faisais ça pour lui, il ne le disait pas mais je savais bien qu'il avait l'impression que c'était de sa faute. Mais je m'étais proposée, je devais aller jusqu'au bout, c'était pour lui mais c'était ma décision à moi seule. Mes mains se raffermirent sur la coupe, elles ne tremblèrent plus, mais je dût faire un effort de volonté encore plus grand pour parvenir à la lever jusqu'à ma bouche et fermais les yeux. J'avais beau me dire que plus vite ça serait fait, plus vite on serait sorti de là, il me fallut encore quelques secondes avant de parvenir à boire la première coupe. Quelle horreur, j'avais l'impression de boire un liquide en ébullition, et particulièrement mauvais en prime. Je serrais les dents, la douleur se diffusais dans mon corps, des tremblements s’emparèrent de moi et presque immédiatement suivi de souvenirs qui refirent surface sans crier garde. Ce n'était pas les pires souvenirs dont je disposais, je vis principalement des souvenirs d'enfance, quand j'essayais de consoler maman, toutes les fois où je l'avais vu triste. J'avais toujours voulu la protéger, déjà toute petite, c'était aussi pour ça que j'avais choisi de devenir mangemort. Une vive brûlure sur mon bras me fit sursauter, en écho à cette association de souvenir, celui du jour où j'étais devenir mangemort refaisait surface.

Je bus une deuxième coupe avant que le souvenir ne prenne entièrement possession de ma conscience, j'avais oublié à quel point la marque avait été douloureuse. Je rouvris brusquement les yeux et étouffait un cri, non, c'était pire que dans mon souvenir, ici s'ajoutait l'effet de la potion, tout mon corps brûlait et j'avais du mal à rester debout. Je lâchais la coupe qui tomba au fond du bassin dans un bruit à discret tendit que ma main gauche allait agripper mon bras droit, je la sentais à nouveau, cette brûlure, cette sensation de feu qui me détruisait la peau, de plus en plus intense, semblant se graver jusqu'à l'os. La potion ravivait mes souvenirs les plus douloureux et me les faisait vivre à nouveau, en pire peut-être, car si le jour où j'avais reçu la marque j'avais réussi à rester absolument silencieuse, ici, je ne parvenais plus à retenir quelques gémissements entre mes dents serrées. Je devais continuer, je n'en avais bu que deux, bon sang, que deux ! Je relevais brièvement le regard vers mon père, il n'était pas question d’abandonner, je parvins à sourire, malgré mon air piteux.

-Ce truc... tout de même... manque un peu de glaçons.

En effet, la soif commençait déjà sérieusement à se faire ressentir. Mais comme je disais toujours, tant que j'arrivais encore à plaisanter, c'est que tout allait bien.

-Et un petit parasol... Ajoutais-je. J'avais repris la coupe, remplie à nouveau, et mimais ledit parasol dedans.

J'avais beau avoir le corps entier de douloureux et la sensation que mon bras irradiais, j'avais au moins les idées claires, deux coupes n'étaient pas encore assez pour me faire perdre la tête. Je fixais le liquide, chaque secondes qui passaient étaient de trop, je sentais la peur me submerger, je décidais donc d'agir stupidement, mais d'agir. Je pris une profonde inspiration et vidais la coupe, la remplit aussitôt et la vu également sans reprendre mon souffle. J'avais bu les quatre coupes, juste ce qu'il fallait pour avoir une chance de trouver son antidote. Ce fut ma dernière pensée cohérente avant de perdre complètement pied. Au sens propre, je crois que deux secondes après que mon sens de la vue ne se soit barré, je me retrouvais au sol, ceci dit, je m'en fichais, je hurlais.

Je savais que j'allais revivre ça, c'était bien ce que j'avais redouté, mais à nouveau, j'étais face à ma tante, étendue sur le sol en bas de la tour. Elle m'avait coincée, j'étais perdue, moi qui voulais en finir vite, pourquoi est-ce-qu'il fallait que je retombe sur elle ? Pourquoi ça n'avait pas pu être un autre, comme Rodolphus, qui m'avait vu alors que je trahissais ouvertement le maître ? Lui n'aurait pas fait dans la dentelle, un éclair vert et ça aurait été fini, mais non, je gisais au sol, certains de mes membres déjà brisés. Le doloris me frappa, c'était pire, infiniment pire que tout ce que à quoi mon imagination m'avait préparé. Tout n'était que souffrance, jusqu'à mes larmes brûlantes sur mon visage, un autre sort me frappa, brisant mes dernières résistances. Ma main se referma sur quelque chose, une coupe ? Je parvins à reprendre un peu mes esprits, non, je n'étais pas à Poudlard, j'étais dans cette grotte, avec mon père, tout ceci n'était que l'effet de la potion. Tout tournais et j'entendais encore l’écho de mes cris, je serrais les poings et tenta de me redresser, un échec, je retombais sur le sol, essayant de calmer mes cris entre deux sanglots. De l'eau, oui, de l'eau apaiserais la douleur, j'en étais sure, cette idée s'imposait à moi avec la clarté d'un ordre sous impero. De l'eau, il y en avait partout, tout autour, je la voyais, je n'avais qu'à avancer un peu, mais je sentis quelque chose me retenir. Au travers de mes larmes, je reconnus quelqu'un. Oui c'est vrai, je n'étais pas seule, mon père était là, enfin je me rappelais, je ne devais pas toucher à cette eau, je ne savais plus bien pourquoi mais je me raccrochais à cette idée et à sa présence.

-Papa... on... rentre ? Je m'entendis demander d'une voix faible.

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Ven 31 Mai - 9:53

« Non, Rigel il est encore temps de renoncer, tu le sais. Quatre coupes… mais c’est bien trop ! » Lui dis-je, totalement sous le choc de cette nouvelle qu’elle m’avait cachée.

Le calme dont elle faisait preuve malgré les circonstances me rendait immensément fier d’elle, cependant j’aurai dû me douter qu’elle ne se serait pas contentée du strict minimum. Je la connaissais par cœur, elle était la chair de mon sang, et en cela elle me ressemblait beaucoup trop. J’aurais pu m’en enorgueillir, mais pour le coup je me maudissais bien plus intérieurement qu’autre chose. Dire que j’avais été capable du pire pour créer mon horcruxe, et tout cela pour quoi ? Pour mener ma propre fille au bord de la démence mentale et de la torture physique ? Jamais je n’aurais dû faire cela et lui laisser un tel fardeau reposer sur ses épaules. Même si je n’avais pas pu prévoir les effets secondaires qui en suivraient après ma ressuscitation, j’aurais dû tout simplement me laisser crever dans ces eaux marécageuses. J’aurai dû contacter Dumbledore et l’informer de ma découverte plutôt que de mener cette quête seul avec Kreattur. J’aurai dû tout faire, sauf ce que j’avais réellement accomplir. Et dire que j’avais fait cela pour protéger ma fille et sa mère… Aussi brillant que je pouvais être réputé de l’être, je me sentais surtout totalement stupide.

Tout était de ma faute… J’avais laissé Evy élever notre fille seule, j’avais laisser Rigel avec ce lourd fardeau qui avait reposé et reposait encore sur ses épaules, et tout cela pour quoi ? Certes ma découverte avait permis de trouver un moyen de détruire le plus grand mage noir de notre siècle, mais pour autant le prix que j’avais laissé le soin à ma famille de payer était beaucoup trop élevé. Surtout envers Rigel… Elle était trop jeune pour endurer tout cela, et pour pouvoir payer le prix de mes erreurs d’autrefois. A trop vouloir les protéger, j’en étais devenu égoïste et avais voulu me charger de tout, absolument tout seul. A présent, je n’avais plus qu’une seule chose à faire : la regarder se détruire à petit feu en étant parfaitement impuissant. Lui prenant son autre main libre dans la mienne, je caressais doucement le dos de celle-ci de mon pouce pour lui montrer que j’étais présent et combien je serai prêt à tout pour qu’il ne lui arrive rien. Du moins rien de plus que cette horreur qu’elle allait devoir boire et qui allait lui faire éprouver les pires tourments.

Rigel mena alors la première coupe à ses lèvres tremblantes, avant d’en boire le contenu avec difficulté et une appréhension qu’elle ne désirait pas montrer, mais qui était pourtant manifeste. Tout à coup, je sentis sa main se crisper autour de la mienne et son visage se renfermer par la douleur qu’elle commençait déjà à ressentir. Caressant un peu plus sa main, je lui dis d’une voix que je gardais parfaitement calme malgré que je devais tout autant souffrir qu’elle à la voir se détruire.

« Courage ma Rigel, je suis là. Je ne t’abandonnerai pas. Ca va aller… »

Ca va aller ? Tu parles. Je savais mieux que personne ce qu’elle devait ressentir pour y être passé avant elle, au sens propre et figuré. Prenant une seconde coupe, elle but celle-ci avant de se crisper une nouvelle fois de douleur. Lâchant la coupe et se tordant de souffrance, je l’enveloppai de mes bras au cas où afin de la retenir de se précipiter dans le lac et pour lui apporter un minimum de réconfort. Saisissant avec violence son avant-bras gauche où la Marque des Ténèbres était encore marquée et le resterait à jamais sur sa peau pâle, Rigel releva péniblement la tête vers moi et me dit dans une tentative d’humour que le breuvage manquait de glaçons. Esquissant un bref sourire que je lui rendais, elle reprit à nouveau la coupe en ajoutant une nouvelle trace d’humour qui me rassura un tant soit peu. Au moins, elle n’avait pas encore perdu l’esprit…

Puis, dans un ultime soupir, ma fille s’empara une nouvelle fois de la coupe et but en deux traites les deux qui lui manquaient, avant que son hurlement ne fende le silence mortuaire des lieux. La rattrapant alors qu’elle tombait au sol, les yeux fermés et plissés par la souffrance, je l’aidais à s’y asseoir tout en continuant à la maintenir fermement mais doucement hors de portée du lac afin qu’elle ne puisse pas s’y abreuver. Tandis qu’elle gémissait de douleur, je demandais à Kreattur sur un ton qui trahissait sans peine ma douleur et mon inquiétude qui me rongeaient :

« Kreattur, passe-moi la gourde je te prie. »

La retenant d’autant plus tandis que je la voyais fixer l’eau du lac avec avidité, je pris la gourde et la mena à ses lèvres afin de la faire boire autant qu’elle le désirait, lui répétant inlassablement avec douceur :

« C’est terminé ma chérie, c’est terminé… »

Peu à peu, Rigel tourna la tête vers moi, et me demanda d’une voix des plus faibles et à peine audible si l’on pouvait rentrer.

« Oui, allons-y. Tu en as fait assez. » Lui dis-je, avant que Kreattur ne nous saisisse par la main et nous aide à transplaner hors de ces lieux jusque dans la chambre de Rigel.

Atterrissant sur le sol moelleux de sa moquette, je la pris dans mes bras pour la soulever et l’allongea sur son lit, avant de m’assoir au bord de celle-ci et de sortir ma baguette.

« Accio gant de toilette. »

Celui-ci m’apparut alors, avant que, à l’aide d’un nouveau sortilège, je ne l’imprègne pour tamponner délicatement son visage.

« Je suis fier de toi, ma fille. Jamais je ne pourrais assez te remercier pour ce que tu as accompli pour moi. » Lui dis-je dans un murmure empli d’amour et de tendresse.

Tout à coup, la chambre de Rigel s’ouvrit, laissant entrer Evelyne qui la regardait avec une immense inquiétude.

« Que s’est-il passé, Regulus ? »

Me redressant, je passais mon bras autour de sa taille pour l’emmener avec moi, et lança un regard à l’elfe pour qu’il continue à s’occuper d’elle.

« Elle est juste un peu malade. Laissons-la se reposer. » Lui mentis-je aussi bien que je savais le faire, avant de refermer la porte derrière nous, un dernier regard à l’intention de ma fille plein de fierté.

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MessageSujet: Re: Des pommes et des Blacks [terminé]   Mar 13 Aoû - 21:24

Malgré l'eau que j'avais sentis couler dans ma bouche et un apaisement provisoire, j'avais énormément de mal à garder contact avec la réalité. La douleur restait omniprésente et les souvenirs menaçaient de me submerger, toute ma concentration était fixée sur la voix de mon père qui faisait tout pour m'aider. Heureusement Kreattur parvint à nous faire sortir de là, j'aurais été bien incapable de me lever. Le transplanage fut en revanche une expérience très désagréable, bien plus que d'habitude. Je perdis d'ailleurs un instant connaissances et ne repris pieds qu'une fois dans mon lit, je suppose que c'est mon père qui m'y avait porté et qui prenait à présent soins de moi. C'est le gant de toilette frais sur mon front qui m'aida à retrouver un peu conscience de la situation présente. Il me revenait à présent comment j'en étais arrivée là : le malaise de mon père, la recherche d'antidote, ma décision de boire moi-même la potion qui le détruisait afin d'un récupérer assez pour en faire un contre-poison... et la grotte, la douleur, les visions qui se bousculaient dans mon esprit affaiblit.

Je me redressais légèrement pour montrer à mon père que ça allait un peu mieux. Enfin j'avais retrouvé un peu les idées claires. La douleur ne me quittait pas, pas même que les visions qui revenaient chaque fois que mes yeux se fermaient, mais au moins j'avais maintenant conscience que ce n'était que des visions.

-C'est pas encore fini...

Enfin le plus dur était derrière moi, je tentais de m’asseoir sur le lit quand la porte s'ouvrit sur ma mère, l'air manifestement inquiète. Je me mordillais la lèvre, je culpabilisais de ne rien lui dire, je ne voulais pas l’inquiéter, ni sur l'état de papa, encore moins sur le mien. On se ferrait assez engueuler comme ça quand on crachera le morceau une fois que tout sera réglé. Je laissais papa s'en aller avec elle, l'idée de me retrouver seule dans cet état me faisait peur mais il fallait bien rassurer maman. Je remarquais alors Kreattur dans un coin de ma chambre, le pauvre, l'air encore traumatisé. Il en aura vu des choses ce pauvre elfe, et je devais encore lui en demander.

-Kreattur, tu peux m'aider à me lever ? Je vais encore devoir te demander un peu.

Sans se faire prier, il m'aida, ne cachant pas son air scandalisé quand je me coupais au creux du bras pour récupérer une petite fiole de sang. J'avais préparé le matériel avant de partir, mais avec l'effet de la potion qui me faisait souffrir, la coupure sur mon bras sembla décuplé et j'eus tout juste le temps de planter mes dents dans mon autre main, refusant d'alarmer ma mère par le moindre cri. Épuisée et endolorie, je me laissais enfin tomber dans mon lit, laissant l'elfe me soigner le bras. Enfin, je sombrais dans un profond sommeil troublé par les cauchemars.

Le lendemain, j'allais mieux, physiquement parlant. Assez en tout cas pour étudier le poison que j'avais extrait de mon sang. Des heures de travail acharné plus tard, j'avais isolé la composition et envoyais Betsy acheter les ingrédients dont j'avais besoin. Je n'avais pas voulu embêter Kreattur qui était resté à la maison du coup. Résultat il me fit la tête une bonne partie de la journée, ne comprenant pas que je voulais qu'il se repose et qu'il en avait déjà beaucoup fait pour nous. Du coup tout en faisant la figure, il ne me lâcha pas d'une semelle pour s'assurer que j'allais bien, un elfe adorable que ce bon vieux Kreattur. Le soir, j'avais enfin un contre-poison de prêt que je m’empressai de tester.

Quel ne fut pas mon soulagement de passer une nuit calme et reposante, mon esprit libéré de la brume dans laquelle la potion m'avait plongé. Je n'avais passé que 24 heures dans cet état et je ressentais déjà un soulagement évident, aux premières heures donc, le matin, j'allais enfin retrouver mon père dans le salon.

-Bonjour papa ! C'est fait, j'ai l'antidote ! Dis-je, fièrement en lui donnant la seconde fiole. Bon, j'ai rien su faire pour le goût, mais ça fonctionne ! Maman n'a pas été trop suspicieuse ?

Je m'installais à la petite table du salon pour dévorer quelques toasts, avec tout ça j'en avais oublié de manger, malgré l’insistance de Kreattur pour me faire quitter mes recherches. C'était une de mes mauvaises manies que de sauter des repas quand j'avais quelque chose d'important à faire.

-Oh tiens d'ailleurs, on ne proposerait pas à Kreattur de rester ici ? Il sera bien mieux ici que tout seul dans la maison de Londres en tête à tête avec le portrait de Grand-mère non ?

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