Nox Aeterna

La guerre est enfin finie. Harry Potter et Lord Voldemort y ont néanmoins laissé la vie. Tout semble être rentré dans l'ordre. Mais est-ce vraiment le cas...?
 

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 Le mystère de la boite (PV Shae)

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MessageSujet: Le mystère de la boite (PV Shae)   Lun 10 Nov - 20:51


Deux jours après l'attaque de la serre ...

Sous les quelques notes de piano qui résonnaient d’outre-tombe, Pedro déambulait dans le dédale du château. Le vent s’engouffrait insidieusement par les arches de l’aile Sud. Dans les alcôves se tenaient des statues immobiles, toutes juste reformées après la terrible bataille de Poudlard. Le professeur de Botanique avançait dans un frottement de tissus, laissant sa lourde cape hivernale flotter derrière lui. Il errait sans but précis, un paquet de parchemins sous le coude, l’air maussade et hagard, comme il était coutume de le voir. Depuis la dernière fois qu’il avait vu Shae, Pedro s’était remis en question. Non pas sur les sentiments qu’il éprouvait pour cette gamine, mais plutôt sur les conséquences de leur relation impossible. Il avait risqué sa vie pour une histoire de plante. Il aurait pu la perdre avec un geste mal assuré, ou tout simplement à cause d’une plainte destinée à renvoyer le scientifique vers sa caverne minable au cœur même de Londres.

Il n’avait rien dit à Damon, ni même à Stigrandr. Il avait trop peur que ses deux nouveaux amis le juge d’un mauvais œil et qu’ils le conduisent vers la voie de la raison. Abandonner Shae tout simplement, pour se concentrer sur sa nouvelle vie. Malheureusement, Pedro ne pouvait pas y renoncer. Il n'avait pas l'intention d'être raisonnable sur ce sujet. C’était une force intérieure bien trop puissante qui le poussait à garder ce lien. Cette petite blonde lui avait redonné le goût de la vie tout simplement. On pouvait bien dire ce qu’on voulait sur elle, Shae était une tempête d’amour, de gaieté, de vie. Elle pétillait à chaque instant, malgré le pauvre vocabulaire qui sortait de sa bouche. Mais les jurons faisaient parti de son charme et Pedro ne pouvait que sourire bêtement, délaissant les armes de côtés.

Oui, il avait grand hâte de la retrouver. Mais cette fois-ci, au calme, à l’abri des plantes carnivores et folles furieuses. Il lui avait promis un rendez-vous plus agréable, moins bruyant et surtout moins suicidaire. Il ouvrit enfin la porte de son bureau, laissa tomber le tas de parchemins sur la table et s’effondra dans un fauteuil moelleux. Une tasse de thé froide siégeait sur une table basse circulaire et la Gazette du sorcier laissait paraitre quelques gros titres insignifiants. Depuis que le calme était revenu sur la Grande Bretagne, lire le journal en devenait presque ennuyant. Si bien que le botaniste n’utilisait que le journal pour allumer le feu de cheminée à la façon d'un moldu. Oui, il aimait entendre les allumettes craquer, voir le papier journal s’embraser et les bûches noircies. C’était toujours un moment fascinant, comme s’il retournait loin dans ses souvenirs d’enfance, les soirs de Noël.

Shae ne devait plus tarder. Il lui avait glissé un bout de parchemin dans la dernière copie de Botanique pour lui donner rendez-vous. 19H30, juste après le souper. Elle n’avait que quelques étages à monter, en espérant que les escaliers ne soient pas trop capricieux. Pedro se releva et ouvrit une vieille commode en bois sombre et richement décorée en dorure. Il en sorti une belle bouteille d’hydromel qu’il gardait généralement pour les soirées poker en compagnie de ses deux vieux acolytes. Mais Shae méritait d’être dorlotée comme une princesse. Il usa de sa baguette magique pour déposer quelques pâtisseries françaises sur la table basse au milieu du salon. Une tarte au citron, quelques éclairs au chocolat et un fraisier miniature. Enfin, la grosse boite dont ils avaient essayé de percer le mystère. Car oui, Pedro n’avait pas simplement convoqué la Serdaigle pour se plonger dans ses beaux yeux bleus, mais parce qu’il aimait résoudre les mystères avec elle.

Enfin, on frappa à la porte. Shae n’était encore jamais venue dans le bureau de Pedro. Il l’avait toujours convié à la serre pour lui montrer les plantes les plus étranges qui soit. Mais cette fois-ci, il était prêt à lui montrer son intimité. D’un simple coup de baguette, le professeur lui ouvrit la lourde porte en chêne qui grinça sur ses gongs. La pièce était vaste et circulaire dont une imposante cheminée dominait l’espace. De lourds rideaux en soie vert pendaient sur des vitraux si hauts que l’on eut dit des portes. En face de l’âtre dans lequel dansaient de grandes flammes rouges, se dressait une table basse ancienne, un canapé et deux fauteuils moelleux à motifs floraux. De nombreux tapis de style Moyen Orient étaient éparpillés sur le sol et un lustre tout fait de bois en forme de Serpent pendait au plafond. De grands tableaux sombres ornaient les murs, donnant à la pièce un côté grave. De nombreuses plantes grimpantes et de toutes origines étaient disposées un peu partout. Une lourde bibliothèque saturée en livres, grimoires et vieux rouleaux de parchemins se tenait près d’une petite ouverture par laquelle on pouvait apercevoir la chambre du professeur. Quelques lucioles s’élevaient dans les coins sombres du bureau, illustrant un côté des plus magiques et des plus reposants. De petits meubles de style renaissances en piteux état soutenaient de nombreux pots en terre cuite, dans lesquels Pedro avait cultivé toutes sortes d’herbes pour ses infusions ou sa consommation de tabac personnelle.

Pedro était vêtu d’une chemise en lin d’un blanc délavé, d’un pantalon vert kaki et de grosses chaussures en cuir usé. Il se passa une main dans ses cheveux sombres, puis sur son visage qui aborda un magnifique sourire. Elle était là, les yeux grands ouverts, observant certainement les moindres détails. Pedro s’avança et lui débarrassa de sa lourde cape, ainsi que de son écharpe aux couleurs à l’effigie de Serdaigle.

« Bienvenue dans l’antre de Mortimez jeune fille ! Alors la déco te plait ? Je me suis donné un mal de chien pour que ça ressemble à quelque chose ! » dit-il sur le ton de la plaisanterie.

En toute réalité, Pedro n’avait jamais pensé à aménager son appartement de façon à rendre les choses harmonieuses. Ca s’était fait tout seul, sans vraiment réfléchir. Le professeur indiqua les fauteuils afin que Shae puisse prendre place près de la cheminée.

« Je t’ai convié pour résoudre le mystère de la fameuse boite ! Tu te rappelles, on n’avait pas trop eu le temps d’y réfléchir avec la mésaventure qui nous est tombée dessus. Enfin, avant toute chose, que veux-tu boire ? Un thé ? J’ai des parfums de toutes sortes ! » dit-il excité comme un enfant qui présente une collection de chocogrenouille.

Pedro réchauffa de l’eau à l’aide d’un sortilège, puis déposa deux tasses de thé typiquement anglaises sur un napperon qui fut jadis blanc. Il s’installa enfin face à la jeune blonde, lui adressa un large sourire et la contempla de ses yeux tristes.
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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Lun 10 Nov - 23:34

Ou l'art de se faire pardonner par Pedro


Le 22 février | Avec Pedro

La vie de Shae était mouvementée, c'était un fait. Mais si mouvementée ? Elle pensait avoir atteint son quota. Deux jours plus tôt, lors de l'attaque de la plante tueuse, elle avait risqué sa vie toute la soirée, tout ça parce que son prof -bien qu'adoré- ait préféré tenter de garder son monstre en vie plutôt que de les garder sains et saufs, eux. Elle lui en avait voulu, un bon moment. Elle avait beaucoup trop de choses à faire, d'expériences à mener et de première année à martyriser pour être tuée bêtement par une plante verte. Shae appréciait l'aventure - les découvertes nouvelles et les expériences, mais là, c'en avait été un peu trop pour la jeune Serdaigle. Après être rentrée dans son dortoir, elle avait dormi comme une souche et passé sa journée de cours dans une sorte de brouillard, plein de réflexion.

Elle avait hésité à écrire un hibou à sa mère, seule source de conseil ; mais au final, elle s'était ravisée. Elle sentait, intrinsèquement, que personne ne serait à même de comprendre l'étrange lien qui la liait au professeur, et le tournant que prenait ladite relation la bouleversait, sans qu'elle ne se l'avoue. Shae Viridian était particulièrement douée pour ne rien s'avouer. Une bouffée de stress et d'angoisse l'avait saisie, et elle avait pesté contre le fait d'avoir laissé son paquet de cigarettes moldues à Londres, planqué sous une latte du parquet de sa chambre. Elle avait fini par grimper les marches de la Tour d'Astronomie en courant et s'était plongée dans une nuit d'étude et de réflexions. Elle faisait tout son possible pour se changer les idées et se concentrer de nouveau sur ses préoccupations premières : l'axe de vol des premières années, la souplesse des chouettes... Et tutti quanti quoi !

Mais visiblement, Pedro n'était pas de l'avis de laisser l'affaire là. Durant le cours de Botanique de la semaine, il lui avait collé un petit mot dans son devoir, lui donnant un rendez vous... Mais dans son bureau ! Shae avait écarquillé les yeux. Wow ! Découvrir une nouvelle pièce du château... Et un bureau de prof, mais sans s'y faire engueuler. D'accord, elle était tentée. Carrément tentée. Mais elle se devait tout de même de garder ses distances avec Pedro, n'est ce pas ? Toute la situation devenait compliquée ; et bien qu'inconsciente, la Serdaigle se rendait bien compte que leur relation paraîtrait suspecte aux yeux de pleins de gens. Et elle ne voulait pas causer de problèmes à Pedro, alors, elle allait devoir lui en parler. Oui, c'était une bonne idée... Et elle devait manger aussi. Manger c'était bien, et étudier les runes, c'était ennuyeux.

Décrochant un bâillement, elle fourra ses cours dans sa besace ultra large. Elle avait travaillée les runes pendant une heure, et il était maintenant l'heure du repas. La Serdaigle alla manger à la table des Serpentards, s'assurant ainsi de pouvoir marmonner en paix toute seule, s'attirant les foudres des autres assis à ses côtés. Enfin, l'heure vint. Elle se leva, époussetant son uniforme et reprenant sa cape et son écharpe pour affronter le froid glacial des immenses escaliers. Il lui fallait grimper plusieurs étages pour arriver au bureau du professeur, et c'est pleine d'entrain qu'elle se mit à grimper les marches, telle une petite pile électrique. Ses longs cheveux blonds formaient une immense crinière autour de son visage, et ses joues étaient roses après l'effort d'éviter les pièges que les escaliers lui réservaient. Enfin, elle parvint à la fameuse porte, et se reprit un instant, sautillant sur place pour évacuer l'excitation.

Elle finit par frapper à la porte et celle-ci s'ouvrit en grinçant, conférant une ambiance mystérieuse à la scène. La jeune femme entra, émerveillée par la pièce qui s'offrait devant ses yeux : une grande pièce circulaire, avec une magnifique cheminée chaleureuse, et tout un fouillis de meubles et de souvenirs entreposés sur des tapis orientaux qui calfeutraient ses pas. La petite en resta bouche bée, un miracle, lâchant tout de même un léger :

- Par le caleçon de Merlin !

Un rapide coup d'oeil à Pedro la troubla légèrement, ça faisait bizarre de le voir aussi, décontracté. Elle lui fit un rapide sourire et avança de quelques pas, quand il prit en charge de lui retirer son écharpe et sa cape. L'étudiante baissa les yeux pour inspecter son uniforme, puis elle continua d'observer toute la pièce avec intérêt. Son regard s'arrêta sur la bibliothèque et elle retint sa respiration. Oh bordel, elle allait lui voler tout plein de livres. Enfin, elle se tourna vers lui, notant qu'avec l'absence de plantes dans la pièce, Pedro lui accordait toute son attention. C'était marrant ça tiens. Elle l'écouta donc l'accueillir chaleureusement, repérant enfin au passage la boite tronant sur la table basse. Tiens ! C'était la boite qu'ils avaient essayé d'ouvrir, deux soirs plus tôt.

« Bienvenue dans l’antre de Mortimez jeune fille ! Alors la déco te plait ? Je me suis donné un mal de chien pour que ça ressemble à quelque chose ! »

Elle eut un rire rauque et secoua la tête.

- On dirait une caverne d'Ali Baba ! T'es sûre que tu t'es donné du mal ? On a l'impression que tu as tout entreposé au pif !

Elle obéit à son indication et prit place dans un fauteuil extrêmement moelleux, s'étirant. La gamine était repue et détendue, l'atmosphère jouant pour la mettre à l'aise. Pedro, de son côté, s'agitait dans tous les sens, et c'était de fait, beaucoup plus perturbant que le reste. Lui d'habitude si calme... Elle sourit d'un air amusé, songeant que les rôles s'étaient drôlement échangés.

« Je t’ai convié pour résoudre le mystère de la fameuse boite ! Tu te rappelles, on n’avait pas trop eu le temps d’y réfléchir avec la mésaventure qui nous est tombée dessus. Enfin, avant toute chose, que veux-tu boire ? Un thé ? J’ai des parfums de toutes sortes ! »

Elle hésita un petit instant.

- Je veux bien une tasse de thé, merci... Un Darjeeling Earl Grey serait parfait ! Ma mère n'achète que celui-là, alors je ne suis pas sûre d'aimer les autres !

Puis enfin, elle se pencha vers la boite, décroisant les chevilles, l'air intéressé. La boite ne lui semblait pas changée depuis les deux jours précédents. Elle fouilla dans son sac, ressortant toutes les notes prises ce soir là, plus des feuillets de rune.

- Alors, j'avais déjà écrit tout cela... Oui, donc on avait déterminé que chaque rune correspondait à un élément, mis à part la cinquième pas vai ?

Elle releva la tête, croisant le regard triste de Pedro. Un frisson la prit et elle lui sourit avec une sorte d'affection, n'aimant pas du tout cette flamme de tristesse qui persistait dans son regard.

- Bah dis donc, t'as une drôle de tête... ça va ?


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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Dim 16 Nov - 10:12

Elle se tenait devant lui et la frustration le gagnait petit à petit. Comment pouvait-il rester aussi calme face à ce visage pétri de grâce ? Pedro s’ébroua de l’intérieur. Il était professeur, il aurait pu facilement être son père, alors à quoi bon ? Que croyait-il sincèrement. Shae n’éprouvait certainement pas les mêmes sentiments. Non. Et puis, peut-être qu’il s’agissait d’une simple attirance physique, rien de plus. Il avait surmonté des épreuves bien plus terribles, que mettre ses désirs ardents de côtés. Il se contenta de secouer la tête et de verser le thé que Shae lui avait demandé. Il en avait de toutes les sortes et de toutes les marques. Même les thés que l’on pouvait trouver dans les grandes surfaces moldu.

Il savait que mettre de la distance avec Shae était devenue primordiale. Il entendait des rumeurs néfastes s’ébruiter dans les couloirs de l’école. Des murmures qu’il n’appréciait pas et qui pouvaient nuire à sa carrière. Il n’avait pas spécialement peur de quitter Poudlard et de perdre son poste de professeur. Loin de là. Mais retourner à Londres dans son nid miteux, ne lui envisageait pas là un des plus beaux avenirs. Poudlard était une maison chaleureuse, loin d’être ennuyante, où il s’était fait quelques amis sur qui il pouvait compter. Pedro n’était pas le genre d’homme à exprimer le fond de sa pensée. En fait, il préférait tout garder pour lui, au risque de passer pour un gars trop mystérieux pour qu’on lui fasse confiance.

Tout en versant le thé dans les tasses chaudes, il se contenta d’hausser les épaules face à la dernière remarque de son élève favorite.

« Oui ça va, ne t’inquiète pas. Concentrons-nous sur cette boite, j’aimerai savoir quel est le rapport avec cette plante qui a failli nous tuer. » dit-il d’un air détaché.

C’était presque trop attendrissant que Shae puisse s’inquiéter de ce qu’il pouvait ressentir. En général les élèves se fichaient bien de la vie du professeur. Quand il était malade, peut-être que certains venaient vers lui tout en lui demandant si le prochain cours de Botanique serait annulé, mais au-delà de ça, il n’avait jamais pu lire de l’affection dans les yeux de l’un de ses apprentis. Il était cruel le monde qui nous régissait. Il était cruel d’imposer des lois interdisant le rapprochement entre une mineure et un homme de quarante ans. Mais c’était ainsi, et tout l’amour qu’il éprouvait pour sa favorite, pour sa chimère, sa muse imaginaire, en prenait un sacré coup.

Son regard se perdait dans les flammes qui crépitaient dans l’âtre de la cheminée, quand soudain Pedro revint à la réalité en passant une main dans ses cheveux sombres. Il se contenta de jeter un œil en direction de la boite et des cinq runes. Il n’avait pas beaucoup réfléchi sur l’état de la cinquième rune. Elle pouvait tout et ne rien dire. Cette pierre noire qui siégeait juste au-dessus de l’inscription, émanait quelque chose de maléfique. Quelque chose qui tendait à la magie noire. Peut-être que sur le coup, Pedro aurait dû demander à Lucas Garcia. Ce gamin était fasciné par tout ce qui touchait le domaine, sans pour autant pratiquer. Du moins, il l’avait juré à Pedro.

« Peut-être qu’on devrait activer ces runes avec un sortilège. Un aguamenti sur la rune eau, un incendio sur la rune feu, un herbivicus sur la rune terre, etc … » il s’arrêta un instant, posant son triste regard sur Shae, puis reprit. « Il y a peut-être un ordre à respecter, une certaine logique en lien avec la Gardienne des Enfers. Peut-être que la pierre noire représente les forces du mal ? Ca ne m’étonnerai même pas sur le coup. »

Il fronça les sourcils en repensant à tout ce qu’ils avaient vécu. Jamais Pedro n’avait eu autant de mal à domestiquer une plante. Même durant ses années d’études à Oxford, il n’avait vu de pareilles plantes. Il en existait bien des horreurs, mais de ce niveau-là, peut-être pas. Il était revenu sur les lieux, afin de vérifier que la plante était hors d’état de nuire une seconde fois. Mais il n’avait pu que constater les dégats de leurs sortilèges combinés sur la cabane à outils. Aucune trace de la bête. Pedro n’avait vu qu’un tas de lianes enchevêtrés, un liquide verdâtre parsemé sur une neige encore fraiche. En bref, il avait conclu que la créature avait explosée. Mais pourtant, pourtant un doute résignait en lui. Le doute que la plante à l’intelligence malveillante avait survécu et crée un leurre pour s’enfuir droit vers la forêt interdite.

Mais Pedro espérait se tromper sur cette version des faits. Il n’avait pas eu le temps d’étudier la plante avec assez de précision. Il n’avait pas eu le temps de l’examiner correctement, même si cette dernière avait failli le dévorer plus d’une fois en l’espace d’à peine quelques minutes. Il soupira, puis attrapa sa tasse de thé, sans pour autant la porter à ses lèvres.

« En tout cas, j’espère que cette boite n’est pas une farce. Mais à mon avis elle a un lien direct avec la plante. Qui se serait amusé à sceller un tel coffret avec une telle complexité, si ce n’était pas dangereux ? »

Enfin, il but une gorgée qu’il eut du mal à avaler. Il espérait trouver des indices sur le développement de la Gardienne des Enfers. Il priait même pour que cette boite puisse contrôler la bête s’il s’avérait qu’elle soit bel et bien en vie.
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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Dim 16 Nov - 11:17

Entre psychanalyse et Botanique


Comme toujours, Pedro prit son temps pour répondre. Shae avait toujours l'impression qu'il avait de grands choix difficiles à faire avant d'ouvrir la bouche. Tout en cet homme n'était que retenue, et il était aussi fermé qu'une huitre. La petite Serdaigle trouvait cela parfaitement insupportable par moments, elle qui ne pouvait passer une minute sans ouvrir la bouche, même si ce n'était que pour raconter des conneries. Et Pedro était son parfait opposé, toujours dans la mesure, réfléchissant avant de parler, et la plupart du temps, ne parlant pas du tout. Mais cette fois, elle décida de lui laisser tout son temps. Peut-être que dans ce cadre, un peu plus à l'abri de tout, il se sentirait en sécurité, assez pour lui parler - genre, pour de vrai, pas se contenter de débiter des phrases bateaux que tout le monde aurait pu dire.

Elle l'observa servir le thé, les bras croisés, le visage figé en une moue expectative, un poil frustrée tandis que les secondes s'égrenaient. Oh, vraiment ? Il allait éluder la question, une fois de plus ? C'était comme essayer d'attraper de la fumée avec les mains, ou de capturer un strangulot dans un filet à papillons. En somme, ce type était aussi renfermé que le coffre fort d'un radin, et la jeune fille voyait ses nerfs mis à mal par son comportement. Mince, à la fin ! Elle était sa chouchoute, ils passaient du temps ensemble, et il était même pas foutu de lui parler de ses états d'âmes ? A quoi bon, sérieusement ? La solitude devait peser sur ses épaules, comme, je ne sais pas moi, comme la montagne pèserait sur les épaules de n'importe qui ! Oui, cette comparaison est pourrie, oui !

Enfin, il haussa les épaules et prit sa tête de joueur de poker, celui qui est détaché et n'accorde de l'importance à rien, pour répondre.

« Oui ça va, ne t’inquiète pas. Concentrons-nous sur cette boite, j’aimerai savoir quel est le rapport avec cette plante qui a failli nous tuer. »

L'expression de Shae passa d'expectative à blasée. Franchement. Voilà. Il venait de nouveau d'éluder la question. Ah c'était du joli ça. C'est ça ! Concentrons-nous sur la boîte, car tout ce qui nous intéresse, c'est la foutue boîte ! La Serdaigle but une gorgée de thé, ses nerfs s'échauffant. Elle n'avait qu'à lui obéir, vraisemblablement, toute tentative de discussion un peu plus, disons, poussée, serait vaine. Par Merlin, le désappointement qu'elle ressentait alimentait sa colère. Elle avait pensé trouver là quelqu'un avec qui elle pourrait réellement - discuter. Pas hurler, pas crier après, pas monter une combine invraisemblable. Juste... juste discuter en fait. Bien qu'elle n'en souffre pas au quotidien, la Serdaigle prenait peu à peu conscience du fait que ses excentricités la coupait du monde et des rapports sociaux normaux. A proprement parler, elle n'avait pas d'amis. Qui voudrait se confier à elle de toute façon ? Elle était la nana bizarre, dangereuse et un peu cinglée, on pouvait délirer avec elle, mais grands dieux non, on ne se confiait pas. Elle ne semblait pas être ce type de personne, et en son for intérieur, elle avait espéré que pour une fois, ce serait le contraire qui se passerait.

- Bon, et bien tant mieux alors, j'imagine !

Secouant la tête, Shae se débarrassa de ces pensées parasites et les rangea tout au fond de son esprit. Grâce à sa capacité de concentration exceptionnelle, sûrement semblable à celle d'une mouche diabétique, elle fut bientôt de nouveau fixée sur le problème de la boîte, une moue pensive aux lèvres. Approchant la main, elle passa le bout de ses doigts fins sur les runes et finit par ressortir tout son cours lié aux runes. Elle poussa sa tasse de thé pour ne pas la renverser, louchant un instant sur les pâtisseries posées à côté. Wow, ça donnait faim. Mais non, pas pour l'instant, elle devait d'abord se concentrer sur la boîte. Mais bordel, des éclairs au chocolat ! C'était français ça ! Non ! La boîte d'abord. Son conflit intérieur s'interrompit quand Pedro reprit, le plus sérieusement du monde :

« Peut-être qu’on devrait activer ces runes avec un sortilège. Un aguamenti sur la rune eau, un incendio sur la rune feu, un herbivicus sur la rune terre, etc … »

Ce n'était pas une idée idiote. Mais il y avait sûrement un piège. Un ordre à respecter, des conneries du genre. Comme si il avait lu dans ses pensées, Pedro reprit, après l'avoir observée un instant.

« Il y a peut-être un ordre à respecter, une certaine logique en lien avec la Gardienne des Enfers. Peut-être que la pierre noire représente les forces du mal ? Ca ne m’étonnerai même pas sur le coup. »

Shae arqua ses sourcils, croisant les bras un instant. Oui, en y réfléchissant, et vu la gueule de la plante, et son nom, il y avait forcément un rapport avec la magie noire. Peut-être même que cette plante avait été touchée par un sort de magie noire la rendant encore plus dangereuse. Heureusement, ils avaient réussi à la détruire ! Pas vrai ? Elle eut un bref moment de doute puis secoua la tête. Non, Pedro lui aurait dit, si l'horreur avait survécu. Il lui devait bien ça ! Mettant de l'ordre dans ses idées, elle finit par formuler, lentement.

- Donc il faudrait... Il faudrait trouver cette logique, de prime abord. Peut-être est-ce lié à ses besoins ? Dans le sens, où, cette plante avait besoin de chaleur pour survivre, d'eau, de terre.. Mais dans quelle ordre ? Je veux dire, si tu devais choisir le plus important pour une plante pareille, qu'est ce que ce serait ? On pourrait commencer par là. Pour la pierre noire... Bah... J'imagine qu'il faudrait lancer un sort de magie noire pour l'activer. Et à part les Impardonnables qu'on apprends "théoriquement" et ben... J'connais pas ce genre de sorts moi.

Elle leva les yeux vers lui, reprenant une gorgée de thé qui la réchauffa un instant. Non pas qu'elle ait froid, mais l'idée de pratiquer la magie noire, aussi sombrement tentant que ce soit, avait aussi un côté... effrayant. La petite scientifique en herbe n'était pas certaine de vouloir franchir cette limite là, du moins pour l'instant. Exploiter tout ce qu'elle pouvait trouver en la magie habituelle était déjà un bon défi à relever pour une adolescente de seize ans. Croisant les chevilles, elle se renfonça dans son fauteuil, fermant les yeux un instant pour les rouvrir quand Pedro reprit la parole.

« En tout cas, j’espère que cette boite n’est pas une farce. Mais à mon avis elle a un lien direct avec la plante. Qui se serait amusé à sceller un tel coffret avec une telle complexité, si ce n’était pas dangereux ? »

- Oh ben c'est clair que ça doit être dangereux. Quant au lien direct avec la plante, je te fais confiance pour ça. Si tu as obtenu les deux plus ou moins au même moment, c'est clair que c'est pas un hasard ! D'ailleurs euh.. Tu l'as eu comment ?

Elle lui lança un petit regard taquin, parce que la Viridian n'était pas née de la dernière pluie. Elle se doutait que l'obtention de la boîte et de la plante ne devait pas être bien légale, raison pour laquelle le professeur n'avait pas couru alerter McGonagall lors de l'évasion de cette dernière. A bien y réfléchir, Pedro semblait mettre son poste en jeu à peu près toutes les semaines. Elle trouvait ça assez drôle, mais refusait de songer aux conséquences que cela pouvait avoir si l'on finissait par découvrir le pot-au-rose. Hors de question que Pedro quitte Poudlard. Elle n'avait pas à justifier cette pensée, elle était venue naturellement : un Poudlard sans Pedro, ça vaudrait autant le coup que de payer pour regarder. Elle tirait cette phrase d'une série moldue qu'elle regardait à la télévision chez ses grands-parents maternels, et elle l'avait trouvée hilarante.

La blonde finit sa tasse de thé et la reposa, relisant distraitement son cours de runes tout en entortillant une mèche de cheveux autour de son index. Enfin, elle croisa les bras, comme en pleine réflexion.

- Au fait, Pedro. T'avais vraiment besoin d'moi sur ce coup là... ou... J'sais pas, t'as juste pensé que ça m'intéresserait ?

Elle l'observa, tentant de décrypter son visage qui semblait toujours de marbre. Elle allait le psychanalyser, que ça lui plaise ou non ! La petite Serdaigle était bien décidée à percer au moins pour ce soir, un mystère. Que ce soit celui de la boîte mystérieuse, ou un de son professeur. Et si ça ne lui plaisait pas, à monsieur, et bien il n'avait qu'à réfléchir avant de l'inviter. Nah.

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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Dim 16 Nov - 14:53

Le raisonnement de Shae tenait la route. De toute évidence, cette gamine débordait d’intelligence. Les professeurs avaient beau la trouver insupportable et bruyante, elle n’en restait pas moins quelqu’un de très lucide pour son âge. Pedro d’aborder un maigre sourire, comme il avait si bien l’habitude de le faire. Il replongea une seconde fois dans ses pensées. Il tergiversait entre l’idée de lui vouer ses sentiments, de focaliser son attention sur la boite ou encore de dévoiler ses doutes quant à la survie de la créature. Car même s’il s’était rendu sur les lieux du crime, il n’avait vu aucune trace du bourgeon. Il s’imaginait déjà la réaction de Shae, pestiférant un tas d’infamies contre lui, telle une furie sauvage. Mais dans tous les cas, la discussion tournerait au désastre. Mais s’agissait-il vraiment d’une discussion ? Il était particulièrement irritant à mettre son temps pour répondre. Même pousser un simple soupire. Pedro était dans la mesure, comme s’il fallait toujours réfléchir à chaque mot qu’il allait prononcer. En toute réalité, l’homme n’était pas un grand bavard. Ce n’était pas dans sa nature après tout et il avait passé des années trop douloureuses pour se confier ou confesser ses crimes. Non, Pedro préférait garder sa misère pour lui, et se morfondre dans l’alcool quand il était au plus bas.

Elle déballait des hypothèses, des idées, mais vraisemblablement Pedro n’écoutait pas. Il était ailleurs, comme la plupart du temps, quand il se trouvait avec son élève. Shae l’obnubilait, et malgré tous les efforts de concentration qu’il pouvait fournir, le professeur n’arrivait pas à s’en défaire. C’était comme une drogue trop dure, quelque chose de trop encré en lui pour qu’il puisse bouger ne serait-ce que le petit doigt. Il était bien trop mal en point. Mais qu’est-ce qui s’était passé dans la vie de Mortimez pour en arriver à ce point ? Il avait bien trop de chapitres noirs pour essayer de comprendre. Il sirota son thé encore brulant, manquant de s’étouffer à la dernière remarque de la demoiselle.

« Hein ?! Bien sûr que j’ai besoin de toi ! Enfin … je veux dire … c’est un mystère que l’on doit résoudre ensemble. Je n’aurai pas la force et ni le courage de m’avancer tout seul dans cette aventure. J’ai risqué ta vie plus d’une fois et je pense que tu as mérité de savoir ce qui se cache derrière tout ça. Non ? »

Il n’était pas innocent dans ses propos, mais il avait réellement besoin d’elle. A qui pouvait-il se confier réellement ? Il avait bien Damon ou Stingrand, mais c’était une autre histoire. Ce qui se passait avec Shae était bien plus fort, plus prenant. Il ne pouvait pas se contenter de la renvoyer et de faire comme si de rien ne s’était passé. Il la dévorait des yeux à présent. Considérant chaque détail de son visage encore juvénile. Sa chevelure blonde qui descendait en cascade sur ses épaules et ses joues légèrement rosies par la chaleur du thé. Son petit nez parfait, ses yeux en amades douces, dont un bleu profond reflétait les tumultes des vagues d’un océan déchainé. Ses lèvres brulaient d’envies et pourtant Pedro se contentait de rester assis, le regard fixe, les mains bloquées sur sa tasse de thé. Il ne bronchait pas d’un cil, gardant son sang froid, le cœur battant la chamade pourtant.

Son corps n’était plus qu’une bombe à retardement. Il ne suffisait que d’un geste de la part de Shae pour que tout dérape et il priait en son for intérieur que la situation en reste là. Il avait trop peur des conséquences, de sa faiblesse et du misérable personnage dont il ferait l’illustration. Shae ressemblait trop à celle qui avait toujours aimé. Ce n’était qu’une image, rien de plus. Elle ne présentait qu’un spectre dont il ne pourrait plus jamais sentir le parfum. Il devait se reprendre, aller de l’avant et ne plus y songer. Shae était une élève comme les autres, une simple élève dont il devait le respect, comme elle se devait d’en avoir pour lui. Il posa brusquement sa tasse sur la table, puis les mains jointes sur son menton, il laissa échapper un long soupire empli de lassitude.

« Shae je t’apprécie énormément et je voudrais que tu deviennes une sorcière qui mérite vraiment sa place dans la société. Non pas une simple gamine avec un diplôme et des bonnes notes, mais une sorcière qui saura se débrouiller face aux conditions difficiles qui vous attendent dehors. Certes la guerre est finie, mais être un sorcier n’est pas aussi reposant qu’être un moldu, crois moi. Alors concentre toi sur cette boite et ne dévie pas le sujet. »


Son ton était plus ferme à présent, son regard plus sombre. Pedro voulait vraiment que la jeune sorcière sorte du lot. Qu’elle fasse ses preuves et qu’il puisse la conduire vers un avenir plus glorieux que tous ses camarades. Poudlard était une bonne école, mais la vie était parfois cruelle, et celle d’un sorcier d’autant plus que le commun des mortels. Elle devait faire face à des épreuves difficiles, incompréhensibles et Pedro était certainement le plus qualifié pour la mener vers une voie parsemée d’embuches, mais également de succès. Il voulait faire d’elle, une véritable guerrière de la magie, une conquérante du monde nouveau.
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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Dim 16 Nov - 19:32

Chantage et tasse de thé


Shae restait les bras croisés, un air déterminé plaqué sur le visage. Pedro allait devoir se confier, qu'il le veuille ou non. La Serdaigle se trouvait une forte détermination ce soir, et cette détermination la poussait avec force. Ce n'était pas un secret que Pedro était quelqu'un de mystérieux. Shae n'imaginait pas tout le sombre passé qu'il trainait derrière lui, mais ce qu'elle savait, c'était que ne jamais en parler n'aidait pas ; on évacuait rien en gardant tout pour soi. C'était une leçon que sa mère avait gravé au fer en elle, et la Serdaigle l'avait très bien retenue. Alors quand elle voyait quelqu'un d'aussi renfermé et a l'air aussi perdu que Pedro... Sachant qu'ils étaient proches et que le prof l'appréciait, elle se permettait de le pousser. Au fond, elle voulait l'aider, simplement, mais également, plus égoïstement, apprendre à le connaître, parce que l'idée d'être quelqu'un de spécial était tentante. Alors elle eut un léger rire quand il faillait s'étouffer avec son thé, à l'entente de sa question. Apparemment, son audace le perturbait, et la jeune fille trouvait ça plaisant.

« Hein ?! Bien sûr que j’ai besoin de toi ! Enfin … je veux dire … c’est un mystère que l’on doit résoudre ensemble. Je n’aurai pas la force et ni le courage de m’avancer tout seul dans cette aventure. J’ai risqué ta vie plus d’une fois et je pense que tu as mérité de savoir ce qui se cache derrière tout ça. Non ? »

Écoutant ses arguments, la blonde pencha la tête sur le côté, repoussant sa tasse vide et louchant légèrement sur un éclair au chocolat. Secouant la tête, elle se reprit et sourit à Pedro.

- D'accord. C'est gentil de ta part, de penser que je mérite ça. Est-ce que tu sous-entends que j'te donne force et courage ?

L'étudiante rit, se resservant en thé, continuant d'observer la boîte. Pedro semblait de nouveau perdu sans ses pensées, alors Shae en profita pour observer la boite sous toutes ses coutures. Elle devrait peut-être en prendre des clichés. Elle devait bien avoir son polaroid moldu dans sa besace, elle transportait toujours pleins de trucs. Relevant la tête, elle se rendit compte que le prof ne la lâchait pas du regard. Fronçant les sourcils, elle agita lentement la main devant lui, se demandant si elle avait un truc sur le visage. Pedro était toujours étrange, maintenant qu'elle y pensait, quand elle était dans les parages. Elle s'imaginait que c'était son état habituel, mais il semblait toujours plongé dans des dilemmes paraissant importants, et elle se sentait toujours légèrement visée. Il fallait peut-être qu'elle lui en parle. Elle croisa les chevilles, réfléchissant toujours intensément, se renfonçant dans le fauteuil moelleux. Il était cool ce fauteuil. Il était sympathique. Elle avait envie de rester dedans et de s'y endormir. Elle allait l'emporter dans son dortoir tiens. Bordel ! Elle s'égarait encore.

C'était le comble quand on était une Serdaigle, d'avoir une capacité de concentration contenue en tout et pour tout.. dans une cuillère à café. Ne ferait-elle pas mieux de se reconcentrer sur la situation ? Pedro semblait... figé. Bloqué sur sa tasse de thé, le regard fixe, Shae pensait l'avoir perdu pour de bon, quand il posa brutalement sa tasse de thé, la faisant sursauter. Bordel ! Elle avait failli avoir une crise cardiaque ! Il voulait la tuer jeune ou quoi ! Le professeur semblait avoir pris une finale décision, les mains sous le menton, il l'observa d'un air mortellement sérieux. Shae arqua les sourcils, se demandant ce qu'il allait bien pouvoir lui sortir. Un long soupir franchit les lèvres de Pedro avant qu'il ne parle enfin :

« Shae je t’apprécie énormément et je voudrais que tu deviennes une sorcière qui mérite vraiment sa place dans la société. Non pas une simple gamine avec un diplôme et des bonnes notes, mais une sorcière qui saura se débrouiller face aux conditions difficiles qui vous attendent dehors. Certes la guerre est finie, mais être un sorcier n’est pas aussi reposant qu’être un moldu, crois moi. Alors concentre toi sur cette boite et ne dévie pas le sujet. »

- ...

Elle en resta bouche bée une minute entière, ne sachant que répondre. Il venait de lui dire tant de choses, et il semblait pourtant en garder tant sur le coeur. Mais tout dans ces paroles, bien qu'elles aient l'air dures et sérieuses, démontraient en même temps une grande affection pour elle. Non ? Elle avait l'impression qu'il se proposait presque pour être son mentor. Choisissant ses mots avec soin, la petite sorcière blonde finit par l'observer et ouvrir à son tour la bouche, répondant avec une petite moue.

- Euh... Je... Bon. Déjà, merci beaucoup pour toute la partie "je crois en toi". Sérieux, c'est bien la première fois qu'on me croit quand je dis que je suis brillante. Ensuite. Tes attentes sont élevées, mais ça me convient, je veux dire, j'ai déjà des attentes élevées pour moi, donc si tu veux m'aider à réhausser mes objectifs... BEN évidemment je suis d'accord. J'ai beau vivre à Londres, je pense avoir compris la dangerosité d'être une sorcière tu sais, j'étais là lors de l'année où les Carrow étaient à Poudlard. PAR CONTRE !

Et là, elle prit une grande inspiration, croisant les bras avec une moue dédaigneuse.

- Je pense qu'on est tout les deux aptes à faire deux choses en même temps. Et tu es le premier à avoir dévié du sujet. Tu ne m'as pas dis ce que tu pensais de mes hypothèses ; et tu mets sous mon nez des tonnes de distractions, genre les pâtisseries, et j'ai aussi repéré la bouteille d'hydromel, posée là-bas. Je veux bien percer le mystère de la boîte ! Mais je veux aussi qu'on discute, pour de vrai, parc que je sais pas, j'ai envie de discuter ce soir, alors quitte à ce que je re-traverse tout Poudlard dans le noir et le froid glacial, autant que j'en rapporte quelque chose auquel réfléchir. Donc si on arrive à définir le moyen théorique d'ouvrir la boîte, je veux que tu me racontes un souvenir. N'importe quoi, n'importe lequel, joyeux ou trise. Deal ?

Toute fière, la petite Serdaigle tendit la main pour récupérer sa tasse de thé et elle but lentement, le défiant de nouveau du regard. Franchement, il s'attendait à quoi ? Elle n'était pas obéissante, ni gentiment naïve. Elle lui obéirait, certes, mais en échange de contreparties. Et si il ne voulait pas et bien il se débrouillerait tout seul avec sa boite ! Elle recommença à fouiller dans son sac, cherchant son polaroid, et le brandit victorieuse.

- Ahah ! Bon, on va prendre des photos de la boîte. Comme ça, je pourrais continuer à l'étudier sans être tout le temps ici. J'espère qu'il me reste des feuilles...

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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Mer 3 Déc - 11:47

Il s’étonnait toujours autant de supporter Shae. Elle était si … vive d’esprit, si pétillante et si débordante d’énergie. Tandis que lui, se mourrait petit à petit, au gré des années qui défilaient. Il avait beau essayer de percer un rayon de lumière dans cette obscurité, Pedro n’y arrivait pas. Shae était son petit goût sucré, sa petite abeille, mais malgré sa jeunesse révoltante, elle ne parvenait pas à le guérir de sa triste mélancolie. Pedro se perdait dans ses souvenirs, ses mauvaises années. C’était un homme rejeté, qui sombrait doucement dans une pente glissante. Il n’avait jamais parlé de son problème à quiconque, même pas à ses plus proches amis. D’ailleurs, qu’est-ce que cela lui apporterait-il ? Les gens pensent toujours donner de bons conseils, pensent remonter le moral avec des paroles censées, mais au final, ils ne savent rien. Ils se fichent bien de ce que vous pouvez ressentir. C’est juste une forme de politesse, une manière de montrer qu’ils sont présents. Mais en fin de compte, ils s’en fichent car ça ne les atteint pas. Ils ne peuvent comprendre la situation, car ils ne la vie pas.

C’était frustrant de se sentir autant seul dans cette situation. Parler aurait pu être la clé de la guérison. Mais Shae croyait-elle vraiment que Pedro allait lui révéler ses plus sombres secrets ? Si c’était le cas, elle se mettait profondément les doigts dans l’œil. Le professeur de Botanique l’appréciait beaucoup, mais il n’était pas prêt à lui accorder toute sa confiance. Même s’ils avaient passés des moments intimes au plus proche de la mort, elle n’en restait pas moins une adolescente. Et il savait qu’à la moindre déception, la Serdaigle pourrait se servir de l’un de ses secrets contre lui. Or il avait déjà une montagne de problèmes à régler.

Non, Pedro n’allait certainement pas lui parler de son mal être, de sa vie tourmentée, de son exile vers d’autres pays, de son chagrin d’amour, de la perte douloureuse de ses amis. Il n’allait pas non plus lui dévoiler son réel problème d’alcoolémie. Même s’ils n’étaient pas pour l’heure dans les rôles de professeur et d'élève, Pedro savait qu’il ne pouvait pas se le permettre. Sinon, il l’aurait embrassé depuis longtemps. Il aurait joui de ses lèvres et de son corps depuis bien longtemps. Mais tout semblait être dans la retenue, dans la frustration. C’était un calvaire évident pour le professeur et pourtant il revenait dessus sans cesse. Il aurait pu la blesser par des paroles évidentes et mettre un terme à cette mascarade. Mais Pedro se contentait de savourer chaque instant avec elle. C’était comme un challenge, un défi permanent qu’il se mettait. Mais n’était-ce pas un jeu dangereux ? Ne devait-il pas craindre le faux pas ?

Il se savait fort et solide, malgré ce qu’on pouvait dire sur son compte. Un alcoolique n’a rien de fort, n’a rien de rayonnant. Non, bien au contraire. Pourtant Pedro puisait constamment dans ses ressources pour faire preuve de la plus grande des fiertés. Il ne voulait pas ressembler à tous ces ivrognes usés par la vie. Il était trop têtu pour se laisser abattre. Non, le whisky, l’hydromel, toutes ces choses lui permettait simplement de moins souffrir d’une blessure profonde qu’il ne parvenait pas à guérir. Il laissa échapper un soupire après un long moment de silence. Pauvre Shae … elle avait l’habitude maintenant d’attendre, mais n’était-ce pas exaspérant ?

Les mains jointes, un léger sourire aux lèvres, Pedro leva ses yeux fatigués vers la demoiselle.

« On résout cette énigme et peut-être que tu apprendras quelque chose en plus sur moi. Mais je ne te dévoilerais rien de mon passé, ni même de mes secrets. Comme je ne t’ai jamais rien demandé des tiens. »

Voulait-il dire par là qu’il ne lui faisait pas confiance ? Peut-être bien. Si elle avait été un peu plus mature, moins tempétueuse, moins colérique, peut-être qu’il lui aurait dévoilé une part de sa vie. Mais Pedro ne voulait pas marcher sur des œufs. Il aurait bien voulu voir en elle une âme véritable et digne de confiance, mais malheureusement ce n’était pas le cas. Du moins, pour le moment. Il balaya la table d’un simple coup de baguette magique et les pâtisseries ainsi que la bouteille d’hydromel se volatilisèrent dans un nuage de fumée opaque.

« Tout ceci n’était qu’illusion. Je voulais tester ta capacité de concentration. Mais je vois qu’elle n’est pas très élevée .... Qu’importe, concentrons-nous sur cette boite. Des runes en relation avec les éléments naturels et les pierres précieuses dont les couleurs sont similaires aux cinq éléments. Que crois-tu qu’il faudrait faire avec pour ouvrir la boite ? »

Pedro connaissait la réponse, mais il était curieux de voir le raisonnement de la demoiselle.
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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Mer 3 Déc - 17:35

Bitterness


Le silence s'abbattit alors qu'elle prononçait ses dernières paroles, encore inconsciente. Il s'éternisa, et pendant ce temps, la jeune Serdaigle prenait un unique cliché de la boîte, faute de plus de papier. Elle se rassit dans le fauteuil, laissant le professeur reformuler ses pensées en mots ; elle commençait lentement à s'y habituer, mais il ne fallait peut-être pas abuser non-plus. Au fur et à mesure que les minutes s'égrenaient, la jeune fille se rendit compte lentement, insidieusement, qu'elle avait peut-être fait une erreur en se lançant dans un tel chantage. Elle se redressa dans le fauteuil moelleux, l'ambiance de la pièce changeant lentement pour sa perception. Avait-elle été trop puérile ? Indiscrète ? Tandis qu'elle l'observait, il ne bougeait pas, ne cillait pas. Ses pensées semblaient sombres, mais ça, ce n'était pas inhabituel. Peut-être se faisait-elle des idées. Peut-être pas. Avec Pedro Mortimez, on ne savait jamais à vrai dire. L'homme était fermé comme une huître, pire qu'elle coupée du monde dans sa bulle d'excentricité.

Elle compta les secondes. Un Mississippi, deux Mississippi... Non, en fait c'était trop chiant. Elle était désemparée. L'anxiété commençait à la prendre et pour s'en détourner, elle se plongea avec intensité dans son cours de runes, comparant les runes de la boîte à celles tracées sur ses parchemins. Fébrile, elle finit par se trémousser, la situation lui semblant de plus en plus insupportable. Quand allait-il enfin ouvrir sa putain de bouche, planquée sous sa putain de barbe d'ours ? Elle lui jeta un coup d'oeil clairement agacé. Une autre chose que sa mère lui disait souvent, c'est que Shae avait un visage intensément... expressif. Chaque émotion, pensée restant plus de cinq secondes sous cette étrange boîte crânienne apparaissait clairement sur ses traits fins et tout le monde était capable de deviner à quoi elle pensait. Elle ne faisait rien pour le cacher habituellement, préférant clamer haut et fort ses déceptions et ses coups de gueule que de les garder pour elle.

Comment qualifiait-on cela déjà... ? Ah oui. Extravertie à l'extrême. Deux 'x' pour trois mots, histoire de souligner l'importance que représentait le fait de s'épancher pour elle. Mais qu'importe. A l'instant, elle aurait aimé savoir se composer un masque. Avoir cette expression posée et tranquille que les gens civilisés savent mettre en place, au lieu de cette tête de gamine perdue et entre l'inquiétude et l'excitation. Elle si peu focalisée sur le reste du monde d'habitude, elle se rendait bien compte qu'elle accordait trop d'importance à ce que pensait Pedro. Et rien n'allait plus lui confirmer ces pensées que quand il ouvrit la bouche, son drôle de sourire triste toujours aux lèvres, ses yeux posés sans équivoque sur elle. Elle n'y lut rien d'autre que la tranquille assurance d'un professeur qui sait ce qu'il dit et ce qu'il fait, et cela la déstabilisa une poignée de secondes.

« On résout cette énigme et peut-être que tu apprendras quelque chose en plus sur moi. Mais je ne te dévoilerais rien de mon passé, ni même de mes secrets. Comme je ne t’ai jamais rien demandé des tiens. »

Le visage de la jeune Serdaigle se figea en un sourire qui devint faux quelques secondes après. Elle avait l'impression de s'être pris un sale coup dans le plexus, comme quand l'autre trouffion d'Aristide avait réussi à l'atteindre avec un Stupefix. Elle cligna lentement des yeux. Encore une fois, elle sut, naturellement. Elle était immature, une enfant, et il était un professeur, et il venait de la remettre clairement à sa place. Elle qui pensait partager un lien avec lui, quelque chose de plus familial qu'une simple relation de connaissance, Pedro venait, en quelques mots polis, lui rappeler que rien d'autre n'arriverait. Pas de belle amitié pour compenser toutes celles qu'elle ne créeraient sûrement jamais avec ses camarades de classe. Pas d'écoute, ni de confiance à  un niveau autre que celui qui vient naturellement quand on s'entends 'bien' avec quelqu'un. Son sourire se fissura un instant, mais elle parvint à se reprendre, se disant qu'elle devait vraiment faire peur à rester figée ainsi.
Elle se remit en mouvement, détournant rapidement le regard, fuyant plus que tout ce sentiment détestable qu'elle ressentait, à voir ainsi ses espoirs et attentes déçues, et une pointe de colère germa en elle.

Ne sachant que faire, elle se réfugia derrière ses lourds parchemins, faisant mine d'écouter Pedro qui reprenait un monologue sur la boîte. Évidemment, la stupide boîte, elle n'était là pour rien d'autre. La disparition des illusions distractives ne fit que renforcer sa colère, et ce sentiment si particulier qui faisait qu'elle se sentait presque trahie. Mais trahie de quoi ? Elle s'était fait des idées, voilà tout. Pour la première fois qu'elle osait regarder un peu en dehors de sa bulle, on lui renvoyait en plein nez son intérêt. Elle n'était qu'une idiote, voilà tout. Shae Viridian haïssait ce sentiment. Elle n'aimait pas se sentir idiote, elle n'aimait pas sentir son bloc de confiance incassable se fragiliser à cause d'un simple rejet d'amitié. C'était son problème à lui, il y perdait plus qu'elle. Mais était-ce vraiment le cas ? Oui ! ça l'était, assurément !

La jeune femme parvint à se convaincre, assez de temps pour reformer sur son visage une expression qu'elle pensait convaincante et normal. Elle devait penser à autre chose. N'avait-il pas dit lui-même que sa concentration laissait à désirer ? C'était parfait, utile pour les moments de ce genre. Mais la pensée d'être indigne de confiance, décevante, s'accrochait à elle, obsédante et insupportable. Elle voulait agiter les mains et penser à autre chose, mais elle n'y arrivait pas. Il lui fallait un calmant, mais elle savait déjà qu'aucune cigarette ne restaient dans  son sac. Pas plus de bièraubeurre, même au dortoir. Elle se retrouvait livrée à la douloureuse réalité, et elle détestait ça. Shae Viridian n'était pas faite pour vivre dans la réalité, pas seule, pas ainsi. Elle ferma légèrement les yeux et les baissa sur la boite. Voilà sa clé de sortie. Elle s'y accrocha désespérément, se sentant bien éloignée de ses premiers sentiments en arrivant dans le bureau. Autant il lui paraissait chaleureux, autant elle avait l'impression de suffoquer maintenant.

Elle ne supportait pas qu'on lui dise non, et elle ne supportait pas d'avoir à cacher sa déconvenue, mais ça lui semblait brutalement nécessaire. Ne pas montrer à quel point ça l'atteignait. Elle secoua résolument la tête, effleurant une nouvelle fois la boîte des doigts, tentant de focaliser son esprit dessus. Diantre, il la contaminait. Elle mettait trois plombes à formuler une seule phrase désormais.

- Comme je l'ai dis précédemment, Professeur Mortimez, je pense qu'il fallait lancer un sortilège sur chaque pierre, ou rune, en fonction des besoins vitaux de la plante, donc, de son besoin en eau, en terre, en lumière, etc. Peut-être que le mécanisme réagirait, avec un sort de magie noire pour la dernière rune. C'est ce qui me semble le plus probable.

Et durant tout ce temps, elle n'avait plus levé une seule fois les yeux vers lui, préférant se cacher derrière son impressionnante chevelure.
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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Dim 14 Déc - 9:58

Il avait peut-être été un peu dur avec elle, mais il le fallait. Pedro n’avait pas le choix. Même si pour lui-même la situation paraissait impossible, il devait faire comprendre à Shae que leur relation n’était qu’illusion. Il avait l’âge d’être son père et ne pouvait pas se permettre une deuxième fois d’échouer. Il ne souhaitait pas retourner à Londres dans ses appartements miteux, et surtout retrouver une vie misérable de sorcier alcoolique et dépressif. Shae le boudait clairement. Elle l’appréciait pour l’homme qu’il était, mais également pour le professeur et la dynamique dont il avait toujours fait preuve. Bien sûr, elle resterait son élève favorite, bien sûr qu’il la mènerait toujours au sommet par rapport aux autres … mais il devait se contrôler et lui mettre les deux pieds dans la réalité. Ils s’étaient trop rapprochés. Comme deux bons vieux amis depuis toujours, comme la femme qui cherche à séduire son cœur meurtri. Mais Pedro ne pouvait pas seulement se consoler sur l’idée qu’un jour Shae puisse comprendre. Il l’avait blessé. Profondément. Il s’en voulait à voir l’attitude qu’optait la demoiselle. Cheveux en avant, les yeux baissés sur la boite et aucun sourire au coin des lèvres. Rien. Plus un seul signe, plus un seul rire moqueur, plus aucune marque d’affection. Simplement de la déception. Pourtant, elle restait là, face au mystère de la boite. Elle aurait pu se lever dans un bon irréaliste, se retourner vélocement et claquer la porte derrière elle, ne laissant ainsi que les fragrances de son parfum, trôner la pièce.

Mais non. Shae se tenait toujours là, les mains jointes, le regard plaqué sur les runes, marmonnant ses explications les plus lucides possibles. Cet air de Miss parfaite, d’élève modèle, ne lui collait pas à la peau. Pedro s’en mordait la lèvre inférieure et se gratta pensivement la barbe. Qu’avait-il fait ? Transformer sa Shae en élève insipide, morne, ennuyante. Il préférait bien plus qu’en elle se moquait de lui, qu’elle gigotait les bras en l’air et qu’une panoplie de jurons sortait de sa bouche. Bien que son cri de furie le laissait parfois perplexe, la Shae désinvolte et agressive lui manquait
soudainement. Il voyait bien que ses propos l’avaient marqué. Lui ? Il n’avait essayé que de rétablir l’ordre qui devait se faire entre un élève et un professeur. Elle l’avait compris au simple « Monsieur Mortimez ». Ca sonnait d’une manière étrange venant de ses lèvres.

Ses lèvres qu’il contemplait avec tristesse et envie. Des lèvres qu’il sentait brulante de passion dont il n’avait aucune attraction. Il resta droit, stoïque, ne sachant plus comment réagir. La véritable façon de régler le problème aurait été de répondre comme l’aurait fait un professeur. Ainsi, les choses seraient mises au point et tous leurs problèmes seraient enfin résolus. Mais Pedro n’y arrivait pas. Il avait beau s’arracher les cheveux, l’amour dévorant qu’il éprouvait pour cette gamine prenait clairement le dessus. C’était une force d’attraction à elle toute seule. Un rayon de lumière trop puissant dans ce brouillard opaque. Il déboutonna le col de sa chemise pour se mettre plus à l’aise et se pencha un peu plus sur l’objet d’analyse. La boite ne l’intéressait plus que vaguement. C’était plus les pensées qui se bousculaient dans la tête de la jeune blonde qui perturbait le professeur. Il émit un simple soupire, concis et presque inaudible, puis leva ses yeux sombres et tristes vers elle.

Il ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. Il ne savait pas si exprimer ce qu’il ressentait vraiment pour elle était la bonne manière de faire. Après tout, il venait clairement de la rappeler à l’ordre, de la remettre dans sa petite case d’élève. Proclamer haut et fort son amour pour elle, était peut être le point de non retour, le point d’ultime chute. Jouer avec les émotions, surtout avec une fille comme Shae n’était pas saint. Vraiment pas. Après tout, il n’avait aucune idée si la gamine aimait les montagnes russes. C’était une situation complexe et Pedro en prenait presque l’habitude. Sa vie était un livre rempli d’énigmes non résolues. Un livre trop épais et trop complexe pour les petits cerveaux timides et peu enclin à travailler leurs méninges. Il posa ses mains solides de jardinier sur les doigts délicats et fragiles de la Serdaigle. Il sentait bien la surprise de Shae, l’étonnement qu’elle devait ressentir, mais tout dans son attitude, Pedro se montrait serein, calme et aimant. Il ne pourrait définitivement jamais être un amant pour elle. Ni l’élu de son cœur. Elle était trop jeune, il était trop vieux. Le temps finirait par les rattraper à coup sûr et Pedro en serait plus que dévasté. Mais il pouvait très bien être un père pour elle, être un frère ou un oncle. Il pouvait endosser ce rôle, même si l’envie mordante de l’embrasser sauvagement le détruirait de l’intérieur.

« Bien … c’est d’accord. Je veux bien te dévoiler une chose sur ma vie, mais tu dois me promettre de ne jamais le répéter. Que ça reste entre nous. »

D’un geste lent, il poussa la boite sur le côté, posa ses doigts sous le menton de Shae et lui remonta la tête. Ses yeux sombres plongèrent dans le bleu azur de la demoiselle. Elle était définitivement triste, même si quelque chose pétillait encore au fond. La Shae impulsive qu’il connaissait était toujours là, toujours présente, prête à agir au dernier moment. Pedro, lui, ne savait pas trop par où commencer.

« J’aurai préféré que le mystère plane autour de mon personnage, mais tu m’aurais demandé un secret un jour ou l’autre. Comme tu le sais, j’ai fait mes études en Botanique à l’institut d’Oxford, dans une des plus prestigieuses universités de sorciers du monde. Je n’étais pas le meilleur des élèves, contrairement à ce qu’on peut le croire. En fait, à ton âge j’étais un brillant élève, mais il était clair que mes professeurs me sur notaient. Enfin bref, j’ai rencontré une jeune femme très appréciable au cours de mes études. Ce fut le grand Amour. Le genre d’événement qui n’arrive qu’une seule fois dans une vie. On aurait pu passer notre vie ensemble, mais les choses se déroulèrent autrement. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai travaillé pour le Ministère de la Magie et profité de mon titre de chercheur pour voyager le plus possible. Mais avec l’arrivée de Voldemort au Pouvoir, j’ai dû tout quitter pour me réfugier en France. Ayant un père moldu, je n’étais pas digne d’exercer des fonctions de sorcier … et l’élue de mon cœur, elle … »

Il s’arrêta un instant, baissant les yeux vers sa tasse de thé vide et sans intérêt.

« Elle avait rejoint les siens … les mangemorts. Elle n’a pas hésité à me traquer, à torturer mes amis les plus proches, à répandre de fausses rumeurs. Je doute qu’elle l’ai fait de plein gré. J’ai toujours pensé qu’elle était sous l’imperium. Enfin, ça me permet de mieux surmonter cette épreuve, cette trahison qui m’a clairement marqué au fer rouge. Alors tu comprends, je préfère garder ça sous silence, car clairement, ce n’est pas une partie de ma vie dont j’aime discuter. »

Cette fois-ci, il détourna son regard de Shae, préférant contempler les carreaux de la fenêtre. Le vent soufflait dehors et quelques flocons s’écrasaient contre la paroi froide du verre. Il se remémorait encore le visage de son bien aimée, même si celui-ci avait grand mal à se dessiner dans les méandres de son passé.
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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Ven 19 Déc - 11:04

The map that leads to you


Toute focalisée sur sa déconvenue et le profond malaise qu'elle ressentait, regarde fixe sur la boite, ses doigts en parcourant les motifs, les pierres et les runes d'un léger mouvement mécanique, elle ne se rendit pas compte que le professeur mettait de nouveau trois cents ans à répondre. Elle se contentait de nager dans son petit brouillard, tentant désespérément de s'éloigner de la situation, de prendre suffisamment de recul pour s'enfermer bien fermement dans sa bulle, sans plus jamais en sortir. Prendre le risque d'être de nouveau rejetée, cela aurait été masochiste, pas vrai ? Alors, elle avait pris sa décision. Plus de rapprochement, en tout cas pas avec Pedro. Peut-être devrait-elle, afin de sortir de cette infâme solitude, tenter de trouver quelqu'un avec qui faire plus que des bêtises, ou s'engueuler. Elle devait trouver une personne à qui parler, et qui lui parlerait. Juste une personne avec qui elle pourrait simplement parler de ses ressentis, se tenter à la psychanalyse quand elle aurait ses moments de faiblesse.

Elle ne demandait pas grand chose en somme. Juste de la confiance, sans jugement d'aucune sorte. Cela existait certainement non ? Malheureusement peut-être pas chez les adolescents ; c'était un âge ingrat et sordide où l'on se focalise d'avantage sur soi que sur les autres, et qu'on est prompt à tout juger. Mais Shae refusait d'être jugée par une personne en qui elle aurait confiance. Donc elle n'avait confiance en personne. Elle avait, brièvement, donné cette confiance à Pedro, certaine qu'il la comprenait et l'acceptait, qu'il savait voir au delà de son caractère extravagant et bruyant : il venait de lui prouver qu'il la jugeait trop immature et sûrement frivole : c'était un coup porté. Elle comprenait l'importance des secrets du passé, et elle avait suffisamment sorti la tête de sa bulle pour percevoir toute la détresse qui émanait de l'homme, mais cela n'avait pas suffit. Peut-être aurait-elle dû mieux s'exprimer ? Lui dire, qu'il pouvait tout lui raconter et qu'elle ne dirait rien, que le rôle de confidente lui convenait : plus que ça, elle le désirait, par le caleçon de Merlin !

Mais rien de tout ça ne s'était produit, et maintenant, Shae regrettait ses paroles, et regrettait surtout d'avoir cru possible une confiance et une amitié réciproque entre eux. Il était professeur et souhaitait conserver ce statut, elle aurait dû réfléchir avec une logique froide et respectueuse des convenances. Mais qui pouvait décemment attendre cela d'elle ? Elle emmerdait les convenances ! La petite Viridian eut un sursaut d'orgueil rebelle et énervé. Pourquoi donc être déprimée ? Oh la pauvre petite, elle était seule et incomprise ! Et après ? C'était là le sort réservé aux génies non! Une moue déterminée se figea sur ses traits, tandis qu'elle reprenait du poil de la bête intérieurement, se jurant qu'on ne l'y reprendrait pas. Elle était prête à se lever d'un bond, à renverser la table en disant au professeur d'aller se faire foutre. Mais soudain... elle sursauta brusquement. Il venait de déposer sa main rugueuse, rude et large, marquée par le temps et le travail, sur la sienne, tâchée d'encre bleue.

Elle attendit, brutalement freinée dans ses élans orgueilleux et énervés, se demandant à quoi pouvait bien penser ce drôle d'homme aux changements d'humeurs presque aussi intenses et rapides que ceux d'un psychotique. Il ouvrit la bouche, sa main toujours posée sur la sienne.

« Bien … c’est d’accord. Je veux bien te dévoiler une chose sur ma vie, mais tu dois me promettre de ne jamais le répéter. Que ça reste entre nous. »

Sentant le bout des doigts masculins et rudes sous son menton, elle l'inclina, obéissante, croisant le regard troublant du professeur qui semblait désolé de l'avoir mise dans pareil état. Elle comprit alors qu'il n'était pas dupe, et qu'il avait saisit toute la déconvenue qu'elle avait ressenti : c'était absolument gênant. Il avait repoussé la boite sur le côté, et cela la réconforta un instant ; mais sérieux, Pedro aurait pu faire au moins semblant de ne pas voir sa tristesse. Au lieu de cela, il semblait compatissant et prêt à se racheter, et c'était particulièrement nouveau pour la demoiselle, habituée à ce que l'on se fiche comme d'une guigne de ses états d'âmes.

Elle ne moufta pas, trop captivée par le secret qu'il allait révéler. Elle ne risquerait pas de gâcher ce moment, pas pour rien au monde. Alors, lorsqu'il commença de sa voix basse et mélancolique à parler de son premier amour, elle sentit sa bulle se fissurer, de toute façon très mal reconstruite. L'empathie l'envahit, et elle écouta avec attention, sentant toute les fêlures de sa voix et toutes les blessures du passé qui ne disparaîtraient jamais vraiment. C'était une expérience nouvelle et déroutante, placée dans la position de celle qui écoute et qui se doit de compatir, la jeune femme ressentait surtout une profonde tristesse à entendre Pedro évoquer ainsi la femme qu'il avait dû aimer plus que tout, après tout, il la qualifiait lui même de « Grand Amour ». Elle se demanda un instant si elle connaîtrait un jour ce sentiment, bien qu'il ne lui inspire que peu d'intérêt pour l'instant... Elle doutait d'être le genre de personne à provoquer ce type de passions, mais à vrai dire, elle s'en foutait. Le fait que ledit Grand Amour se transforme en une cruelle trahison lui fit écarquiller les yeux d'horreur.

Elle comprenait un peu mieux la répugnance de Pedro à parler et à se mêler aux gens. Le pauvre homme avait eu le cœur brisé. Et certainement, il se sentait responsable de la torture et du meurtre de ses proches. Elle pouvait appréhender le concept, elle pouvait ressentir la douleur dans sa voix, et toute la difficulté qu'il avait à comprendre comment celle qu'il avait tant aimé ait pu le trahir ainsi. Elle s'éclaircit la gorge, cherchant ses mots, retirant sa main de sous la sienne pour la poser dessus, lui pressant lentement le dos de la main, en un dérisoire réconfort, avant de la retirer, légèrement mal à l'aise du contact physique – qui bizarrement semblait bien trop intense pour la situation. Enfin, elle articula, lentement...

- Je comprends que tu préfère garder cette partie de ta vie sous silence.. mais.. je veux dire.. en quelque sorte... ça t'as fais du bien de m'en parler.. non ?

Elle leva un regard vers lui, tentant de cacher l'espoir fou d'être un peu utile. Elle voulait penser qu'elle avait raison, et qu'en parler lui permettrait de dépasser ces moments douloureux. Shae lui dédia donc un sourire – plus timide que les éclatants auxquels elle l'avait sûrement habitué, mais elle avait toujours du mal à croire qu'il venait réellement de se confier à elle. Enfin : elle se sentait proche de quelqu'un. Elle voulait croire que cela marcherait, réellement. Elle voulait aider Pedro, et égoïstement, devenir quelqu'un d'important. Parce que cela voudrait dire qu'elle était acceptée ; qu'elle n'était pas juste seule et bizarre. Elle poursuivit, la gorge un peu nouée :

- Je .. Je m'attendais pas à ce que tu me raconte directement ce qui a dû être l'épisode le plus douloureux de ta vie, je veux dire, je sais que j'ai pas la tête de la personne faite pour ça... mais... Merci. De me faire suffisamment confiance pour.. ça.

Elle inclina son visage, pleine de gratitude, et sourit encore, une version moins éclatante de son sourire habituel. L'élève de Serdaigle ignorait quelle heure il était – le temps semblait s'être arrêté et suspendu dans l'instant, douloureux et bien réel. Elle ne sentait pas impuissante : elle savait qu'elle ne pourrait sauver Pedro de ses vieux démons, elle n'était pas à ce point sûre d'elle. Mais elle avait le pouvoir, au moins la capacité, de le soulager, pour quelques heures perdues dans la nuit, de ses secrets sombres et inavouables, de ce genre de secrets qui torturent et qui vous bouffent en silence. Elle finit par avouer à son tour, si gênée que sa voix rauque se cassa légèrement :

- J'étais vraiment au fond y'a dix minutes. Je pensais ne valoir la confiance de personne, et que j'étais de toute façon trop étrange et dans ma bulle pour que l'on puisse vouloir se confier à moi. Tu sais, t'es la première personne à me confier un secret à vrai dire. A part quand j'étais toute petite, je n'ai jamais vraiment eu d'amis à Poudlard. Tu sais, le genre de personnes à qui tu peux tout raconter et qui te jugent pas. Et le genre de personne que tu peux écouter, et réconforter, parce que tu sais qu'ils te font confiance et qu'ils comptent sur toi pour ça. C'est débile et niais comme attente, mais j'sais pas. Je trouvais l'idée sympa... Mais ici.. Je suis la nana trop bizarre, marrante, mais définitivement trop barrée. Et c'est vrai que je suis comme ça. Mais j'reste humaine, enfin, autant que je peux. Je suis pas un exemple de moralité et de normalité, mais honnêtement, les normes m'emmerdent profondément, et la moralité c'est encore pire. Et t'es la première personne à qui je raconte tout ça, alors fais semblant d'être intéressé !

Elle lui décocha un petit sourire malicieux, tentant de faire passer son message dans un ambiance détendue et sereine. Elle venait plus ou moins de lui avouer qu'il était son seul ami : et ça, c'était quand même pas rien. Elle ne se rendait simplement pas compte de combien de pouvoir elle lui donnait sur elle avec ces simples mots, mais comment aurait-elle pu le savoir ? Shae Viridian n'était qu'une adolescente apprenant à se découvrir et à découvrir le monde, et elle n'avait pas conscience des dangers que pouvaient représenter les autres. Pas encore.

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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Mar 23 Déc - 11:03

Un moment bien étrange s’était écoulé depuis que la première chouette avait traversé le ciel noir de son hululement macabre. Le feu continuait à crépiter dans l’antre de la cheminée, silencieusement, impassible face au tourment. Cette ambiance pourtant si chaleureuse qui stagnait autour d’eux tel un spectre bienveillant, semblait n’être plus que le sombre écho d’un doux souvenir. Pedro restait muet, bien qu’il avait un tas de choses à dire. Mais rien, absolument rien ne parvenait à sortir de sa bouche. C’était comme faire face à un mur invisible, une barrière infranchissable, qui grimpait des montagnes pour empêcher tout dialogue entre les deux protagonistes. Shae lui faisait de la peine et étrangement, il se retrouvait en elle.

Il y a bien longtemps, alors qu’il étudiait encore les premières traces de magie dans ses vieux grimoires de l’Académie des Sorciers de Vienne, Pedro espérait trouver un ami. Quelqu’un qui puisse le comprendre. Une personne hors du commun, avec un brin de compassion et de courage. Une personne à qui il pourrait tout avouer. Et il l’avait trouvé. Il en avait trouvé plusieurs même, mais à chaque fois l’histoire avait mal tourné. Il aurait tant souhaité que les choses en soient autrement, mais le destin fut malheureusement des plus cruels. Tous ses confidents se sont retournés contre lui. Tous, même l’élue de son cœur. Celle qui lui avait fait tourner la tête, celle en qui il avait accordé tout l’amour du monde. Elle l’avait brisé à tout jamais, le transformant en l’homme qu’il est maintenant.

Shae lui rappelait cette histoire et la peur qu’elle puisse se répéter une seconde fois le pétrifiait. Il avait beau être un sorcier aguerri, Pedro n’en restait pas moins un homme faible, trouillard et incapable de prononcer les mots qui pourraient sauver son avenir. Il aimait Shae s’en était perceptible. Il ne doutait plus de ses sentiments. Chaque fragrance de son parfum, chaque battement de cil et chaque mouvement de ses longs cheveux blonds, le transcendait d’émois. Elle ne se rendait pas compte de l’arme qu’elle était. Elle ne se rendait tout simplement pas compte de la puissance qu’elle pouvait dégager. Et pour rien au monde, Pedro ne souhaitait la voir souffrir. C’est pourtant avec un malaise profond qu’il écoutait ses paroles, le regard fuyant, ne sachant si il adoptait la bonne attitude.

Il était professeur et sa condition le décontenançait. Il aurait tout donné pour retrouver son insouciance, ses pulsions d’adolescents, ses années de fouges et de courage. Mais malheureusement il devait faire face à une situation qui le dépassait. Est-ce que Shae prendrait le même chemin ? Est-ce qu’elle finira par le trahir et le laisser sur le bas côté de la route ? Il ne le pensait pas. Du moins, il espérait se tromper. Mais elles avaient toutes agi de la même manière. C’est pour cela qu’il avait fini par ne plus s’attacher. Par s’isoler dans l’alcool, dans la solitude. L’amour, l’amitié, la famille … toutes ces choses n’étaient pas faites pour lui. Elles avaient toujours eu tendance à l’affaiblir, le rendre vulnérable et enfin, elles l’avaient détruit.

Il finit par se lever pour attiser le feu d’un mouvement lent. Il lui tournait clairement le dos, ne préférant pas dévoiler les tergiversations qui lui dévoraient le visage. Le doute, la confusion et l’émotion était un mélange qui n’allait pas ensemble. Un mélange qu’il avait hâte de consumer pour le laisser vivement de côté. Il aurait pu s’accorder tous les reproches du monde et les accueillir à bras ouverts. Tout semblait être de sa faute. Il était le seul coupable dans l’histoire. Jamais Shae ne se serait entichée de sa personne s’il ne lui avait pas accordé autant d’intérêt. Elle était clairement placée au sommet de son estime et la jeune Serdaigle le savait. Elle aurait pu en jouer, faciliter son ascension, mais pourtant elle agissait avec parcimonie. Pedro se maudissait. Mais Shae dégageait quelque chose d’incroyable et d’incompréhensible en même temps. Il ne doutait pas de ses sentiments. Vraiment pas. Mais son cœur se resserrait à chacune de ses pensées. Il savait que jamais leur amour ne pourrait voir le jour. Que jamais Shae n’exprimerait le même ressenti en son égard. Elle le voyait comme un maitre, un professeur, un ami, un confident. Alors soit, il agirait de la sorte, même si les jours lui sembleraient difficilement supportables.

Il attrapa un arrosoir et humidifia les feuilles de ses nombreuses plantes, tout en restant dans ses pensées. Il comprenait le sentiment de Shae, mais était-ce la solution ? Ne devait-elle pas trouver une ou un camarade de son âge pour se confier ? A vrai dire, Pedro n’avait pas les mêmes soucis qu’elle, bien que la Serdaigle se montrait plus mature que tous les gamins de son âge. C’est peut-être pour cela qu’il appréciait sa compagnie ? Mais, tiendrait-il encore longtemps ? Peut-être pas. Il finit enfin par se retourner, déposant l’arrosoir sur un tabouret. Les bras croisés, le regard sombre, la lumière chatoyante des flammes se reflétant sur son visage, il toisait la demoiselle dans le moindre détail.
Elle paraissait si jeune, si innocente et pourtant il savait que cette image n’était que tromperie. Shae n’avait rien d’innocent. Il esquissa un faible sourire. Faible, mais pourtant bien réel.

« Je t’écoute. » dit-il presque amusé de voir Shae prendre la mouche pour rien. « C’est juste que tu me fais penser à quelqu’un. Moi pour ainsi dire. Quand j’étais jeune, je me suis confié à un professeur, pensant qu’il pourrait devenir mon ami. Une personne digne de confiance … Mais je te conseille de trouver quelqu’un de ton âge. »

Voyant la tête que tirait Shae sur ces dernières paroles, Pedro secoua vivement les mains en avant, essayant de balayer ce qu’il venait de dire.

« Non, non, je ne rejette pas ton amitié, ni tes confidences ! C’est juste que … je risque d’être un peu dépassé par certaines choses. Tu comprends ? Je veux bien te venir en aide, mais je ne prendrais pas le rôle de confident. »

Il s’arrêta un instant. Ca lui faisait mal de balancer ça comme ça, mais il ne souhaitait pas revivre ce sentiment de trahison, même s’il avait toute confiance en Shae, son esprit émettait toujours une part de doute.

« Je ne peux que te décevoir et je ne veux pas te faire de mal. »

Il se rapprocha un peu plus d’elle, portant sa main au visage.
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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Lun 5 Jan - 18:49

Endless night


Tout le temps où la jeune fille avait parlé, Pedro n'avait fait que de bouger, évitant clairement son regard. C'était carrément déstabilisant et énervant, en fait. S'occuper du feu, des plantes... Lorsqu'enfin, elle se tut, il se tourna vers elle, arrosoir en main, et elle retint un rire nerveux provoqué par cette vision. Dommage qu'elle n'ait pas d'appareil photo en marche sous la main, c'était vraiment comique comme image. Malgré son air sérieux, ses traits fatigués, et la profonde mélancolie qu'il dégageait. Malgré tout ça, elle voyait toujours le positif en lui, le petit truc qui faisait qu'elle arrivait toujours à passer outre ses regards sérieux et sa tristesse qui ne s'en allait jamais. C'était parfois un éclat dans son regard, d'autres, un sourire en coin. La terre qu'il se mettait partout, ses grosses mains caleuses, son petit arrosoir, ou son expression concentrée lorsqu'il s'occupait d'une plante, tout ça la faisait sourire et lui donnait un bon espoir, un optimisme naïf, qu'en réalité il allait bien.

Elle se redressa sur son fauteuil, incapable de garder la même position pendant plus de deux minutes, à croire qu'on mettait du poil à gratter partout dans ses vêtements, tandis qu'il l'observait avant de lâcher d'un ton amusé :

« Je t’écoute. C’est juste que tu me fais penser à quelqu’un. Moi pour ainsi dire. Quand j’étais jeune, je me suis confié à un professeur, pensant qu’il pourrait devenir mon ami. Une personne digne de confiance … Mais je te conseille de trouver quelqu’un de ton âge. »

Elle se figea, une nouvelle fois, le coeur battant, son expression redevenant désespérée. Il allait pas recommencer quand même ! Non mais sérieux, elle venait de lui expliquer quand même, il était intelligent, il pouvait comprendre ?! Shae lui jeta un regard frustré, tandis qu'il se reprenait soudainement, peut-être un peu plus conscient de l'impact qu'avait ses paroles sur l'adolescente, agitant ses mains d'un air un peu paniqué. C'était si drôle qu'elle faillit rire, mais se reprit, écoutant ce qu'il avait à dire pour sa défense :

« Non, non, je ne rejette pas ton amitié, ni tes confidences ! C’est juste que … je risque d’être un peu dépassé par certaines choses. Tu comprends ? Je veux bien te venir en aide, mais je ne prendrais pas le rôle de confident. »


Elle ouvrit la bouche, la referma, et sembla peser ses mots. Bon, il avait pas tort, il pouvait pas tout comprendre. Après tout, elle était une ado de seize ans... Et lui... euh.. Elle imaginait qu'on le qualifierait d'homme dans la fleur de l'âge, bien mature et tout. Elle acquiesça donc avec une légère réticence tout de même, tandis qu'il s'approchait d'elle, se mettant à son niveau pour conclure

« Je ne peux que te décevoir et je ne veux pas te faire de mal. »

Elle ouvrit grand les yeux et hocha de nouveau la tête, sans rien répliquer. Wow, c'était une première, Shae Viridian muette ! Elle se mordit la lèvre et réfléchit un instant à tout ce qu'il venait de dire. Du coup, comment qualifier leur relation ? Y avait-il réellement une nécessité de la qualifier ? Elle se dandina sur son siège encore, et tressaillit bêtement en sentant la main de l'adulte effleurer sa joue. Elle le fixa dans les yeux sans éprouver aucune gêne, et un sourire tout à fait Shaerien fleurit sur ses lèvres.

- D'accord, très bien. Je ne te confierais que ce qui me semble primordial. Je laisserais les trucs propre à l'adolescence - genre ce crétin d'Aristide pariant à la bataille explosive un rendez vous à Pré-Au-Lard avec moi -  pour quelqu'un d'autre... Si j'arrive à créer des liens avec quelqu'un d'autre, bien sûr.

Elle eut un sourire amusé par cette éventualité et jeta un coup d'oeil à la fenêtre. Nuit noire. Elle ne savait pas depuis combien de temps leur entretien durait, mais elle allait galérer à rentrer jusque dans sa Tour sans se faire chopper. Elle se demanda si elle devait le préciser à Pedro, mais au dernier moment, elle se dégonfla. Elle n'avait pas encore envie de repartir et d'aller dormir. A vrai dire, elle ne dormait pas beaucoup habituellement en semaine, alors quelle importance ? Ici, il faisait chaud, elle se sentait confortablement installée, et avec un peu de chance, elle réussirait à faire réapparaître la nourriture délicieuse en jetant des coups d'oeils suppliants à Pedro. Non parce que quitte à faire nuit blanche, il fallait qu'elle mange un peu quand même. Elle tourna de nouveau son regard vers lui, souriante. Quoique... Nuit blanche... Le professeur avait l'air déjà bien fatigué. Sur son visage marqué par la vie, se dessinait de sombres cernes, témoins de sa fatigue, et elle se sentit brutalement coupable de le laisser éveillé.

Elle secoua la tête et désigna lentement la boîte du menton.

- Je, hum... Tu veux qu'on essaie quand même d'ouvrir la boîte ou... ?

Elle se tortilla de nouveau dans son fauteuil indécemment confortable, partagée entre son envie de rester et sa culpabilité de tenir son professeur - non, il était plus que ça, il était son ami maintenant - éveillé. La blonde fronça les sourcils, partagée, et se tortilla encore, avant de l'observer encore quelques instants, achevant sa phrase tout bas.

- Ou tu veux... que je reparte ?

Elle grimaça à cette éventualité, parce qu'elle savait pertinemment qu'elle ne parviendrait jamais à trouver le sommeil, pas après tout ce qu'il venait de se passer en une seule soirée. Elle aurait été une jeune idiote pleine d'hormones, qu'elle aurait sauté partout, surexcitée. Mais quand même, fallait pas abuser, la demoiselle était hystérique et névrosée, mais pas non-plus complètement tarée ; pas encore du moins. Elle attendit donc patiemment une réponse de Pedro, jouant des sourcils, sa main allant machinalement attraper une mèche blonde faisant sa vie à part de la crinière, et la tortillant entre ses doigts. Elle était encore hésitante avec lui, encore sous le choc de l'évolution soudaine de leur relation. Mais elle s'y ferait vite - elle était Shae Viridian, par le caleçon sale de Merlin. Ce que la petite Shae Viridian ne savait toutefois pas, c'est où cette amitié allait-elle bien pouvoir les mener. A vrai dire, elle ne se posait même pas la question, comme quoi, son génie avait de grosses limites. Shae Viridian ne vivait qu'elle l'instant présent, sans s'inquiéter du lendemain, et c'était peut-être bien ça, au fond, le problème.

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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Sam 10 Jan - 19:11

C’est dans les instants les plus étranges que l’on perçoit la personne en face de nous telle qu’elle est vraiment. Cette fille brillante, indisciplinée, bruyante et rayonnante n’était qu’une façade. Derrière se cachait un malaise profond, une détresse et bien plus précisément un abandon. Shae se sentait seule, c’était clair. Toute cette agitation ces derniers temps n’avait fait que rapproché la jeune étudiante du professeur. Mais devaient-ils continuer ainsi ? Même si Pedro s’efforçait de croire que cette relation était mal et qu’elle tournerait à la catastrophe, il ne pouvait soutenir d’avantage ce regard de chien battu qu’elle lui accordait. Elle lui ressemblait comme deux gouttes d’eau. Une jeune fille incomprise par le monde qui l’entoure. Des gens trop bien dans leurs baskets, ne supportant pas la folie singulière d’une extravagante intelligence. C’est souvent les artistes et les plus brillants par l’esprit qui sont incompris, rejeté, mal perçu par la société. L’idéal aurait été qu’elle s’attache à un étudiant de son âge. Il y avait une tonne de garçons à qui elle aurait pu partager des aventures, raconter ses blessures, poser des marques profondes. Alors pourquoi avoir choisi Pedro ? Pourquoi cet individu mystérieux, inconfortable et triste ?

Peut-être qu’ils s’agissaient de ces points ? L’histoire de Pedro n’était pas toute rose. Il avait connu la guerre, la perte d’amis, d’une famille. Il avait connu la souffrance, mais aussi la joie et l’amour. Même si cette période de sa vie fut brève, il en gardait toujours une place dans sa tête et dans son cœur. Car en fin de compte, c’est à ça qu’il se rattachait tous les jours. Le monde ne pouvait pas se peindre de noir à chaque seconde. La violence et la cruauté faisait partie de l’homme, de l’animal qui sommeille en nous, mais la générosité, le partage et l’amour en sont des parts plus belles, qui brillent d’avantage et qui rayonnent avec force et vigueur. Alors c’est à cette attache là que Pedro voulait s’accrocher. Il voyait bien la demande de Shae et la refuser serait un affront même à ses convictions. Il ne pouvait l’envoyer paitre, alors qu’il s’agissait de son devoir. Il ne pouvait pas se montrer aussi dur que Rogue ou sec que McGonagall. Professeur n’était qu’un nom qu’on lui avait assigné lorsqu’il avait posé ses pieds dans cette école. Mais il n’en était pas un. Pas dans son âme et dans sa foi. Avant tout il était un chercheur, un passionné de plantes qui n’avait que pour quête ; l’aventure.

Des amis, il n’en avait pas ici. Plutôt des collègues avec qui il aimait boire et partager de bons moments autour d’un jeu de cartes. Mais quelqu’un sur qui compter, quelqu’un avec qui parler, quelqu’un à qui ne serait pas offensant de dire tout ce qui nous passe par la tête … il n’en avait pas trouvé un seul. Et là, l’opportunité se présentait. Sous ses yeux, une jeune blonde, frêle d’apparence, mais pourtant si forte à l’intérieure. Shae était le rayon qui éclairait ce sombre ciel qui planait lourdement au-dessus de sa tête. Il luttait intérieurement, il luttait pour se convaincre qu’il pourrait finir comme un oncle, un frère, un confident, sans pour autant laisser parler le sentiment fort qui le frappait en plein cœur. Ce n’était pas commun de tomber sous le charme de ces prunelles bleues qui papillonnaient juste sous son menton.

C’était une charmeuse, une manipulatrice qui savait parfaitement ce qu’elle voulait. Mais le plus touchant chez elle, s’était sa franchise. Elle n’avait jamais essayé de tourner autour du pot avec lui. Elle n’avait jamais essayé de décorer ses phrases d’un vocabulaire d’antan, pour faire comprendre son désir. Celui d’avoir un ami, un confident. Pedro ne pouvait se résigner à la renvoyer. Elle venait de lâcher quelque chose de lourd qui le chamboulait à l’intérieur. Si bien qu’il n’avait pas prononcé le moindre mot depuis plusieurs secondes. De longues secondes qui paraissaient interminables. Il déglutit péniblement, comme si la blondinette lui avait demandé une chose impensable. Mais à vrai dire, Pedro n’avait jamais pensé que ce rendez-vous prendrait une telle tournure. Il était prêt à assumer ce choix, malgré tout ce qui se dirait derrière. Une amitié entre un élève et un professeur n’était pas une chose bien perçue, que ce soit dans le monde des sorciers ou dans celui des moldus.
Finalement, un sourire en coin se dessina dans sa barbe. Pedro apporta une main calleuse sur les joues chaudes de l’adolescente. Pas un seul son, pas un seul mot. Simplement un regard attendrissant. Là, son cœur se resserrait d’avantage. Il avait quarante ans et aucune famille. Pas de femme, pas d’enfants, plus de parents. Il se sentait seul au monde. Car même si Shae n’arrivait pas à se projeter dans l’avenir, lui y parvenait parfaitement. Elle quitterait Poudlard l’année prochaine et avec elle, tous les bons moments. Il se retrouverait à nouveau seul, sans rien à quoi se rattacher. Cette pensée effroyable le figea. La solitude l’avait accompagnée pendant de nombreuses années sans qu’elle n’en devienne vraiment dérangeante. Mais depuis quelques mois, Shae était apparu dans sa vie, telle un tourbillon d’énergie, d’amour et de passion. Elle avait réveillé un truc en lui qui s’était vraisemblablement endormi. En somme, Pedro revivait grâce à une jeune femme d’à peine 16 ans.

Il se laissa tomber dans son fauteuil, le regard hagard. Ce silence pesant devait sans doute agacer Shae, mais elle devait s’y attendre. Après tout, c’était une véritable bombe qu’elle avait posé quelques minutes plus tôt. La lune était pleine, le ciel bien sombre et le temps s’était égrainé tout au long de cette discussion. Jamais Pedro n’avait cru que le temps aurait pu défiler à une telle vitesse. Jamais il n’avait pensé que la vie pourrait un jour reprendre un sens.

« Non. »

Son cœur battait doucement, ses gestes étaient lents. Il n’avait jamais eu autant de difficulté à trouver ses mots. Il n’avait jamais ressenti autant d’émotions le submerger en aussi peu de temps. Tout semblait partir de son cœur, pour remonter difficilement au creux de sa gorge. Ses yeux brulants, la langue pâteuse et les mains moites, Pedro jeta un regard empli de diverses émotions en direction de Shae. Il avait envie de se lever, de la prendre dans ses bras et de la serrer fort contre lui. Il avait envie de la protéger contre les vents et les marées, il avait envie de lui enseigner tout le savoir du monde afin de la forger aux plus grandes menaces qui se préparaient à l’extérieur.

« Non … ne pars pas. Reste, je t’en prie. »

Sa voix ressemblait à celle d’un petit garçon qu’un père aurait jugé sévèrement. Il se sentait las, épuisé, mais il ne voulait plus perdre une seule minute en sa compagnie. Alors d’un simple geste, il fit revenir les pâtisseries françaises sur la table basse, ainsi qu’un thé chaud dans les tasses en porcelaine. La boite se plaça au beau milieu, comme le symbole du mystère de leur relation. Pedro se sentait frustré. Il aurait voulu prendre son courage à deux mains et l’embrasser, là, maintenant. Mais il venait de gagner son amitié et ne jugeait pas bon de tout détruire par de simples pulsions. Pourtant, la voir se rapprocher avec ce sourire timide sur les lèvres, le détruisait comme un château de cartes mal élaboré.

« On va résoudre ce satané mystère, même s’il faudra passer la nuit dessus. Ne t’inquiète pas, je te trouverai une excuse pour que tu puisses récupérer demain au lieu d’assister à tes cours. »

Un sourire en coin, Pedro se pencha sur un éclair au chocolat qu’il croqua amoureusement. Toutes ces émotions lui avaient donné faim et soif.

« Tu penses qu’il faudrait donc un sortilège noir pour désactiver la dernière rune ? Tu penses à quoi exactement ? Il est assez risqué d’utiliser l’un des sortilèges impardonnables. Je n’ai vraiment pas envie de me retrouver avec toute la brigade des aurors sur le dos. Je sais qu’ils en existent quelques-uns en herbologie. Ca peut paraitre étrange, mais certains sorts noirs sont utilisés en botanique contre des espèces de plantes particulièrement dangereuses. Le souci, c’est que je me rappelle plus exactement du sortilège, ni même s’il s’agit plutôt d’une incantation. »


A l’aide d’un sortilège d’attraction, Pedro fit parvenir un très vieux grimoire poussiéreux qui siégeait sous une pile incroyable de parchemins, de grimoires et de pots rouillés. La reluire du grimoire était fragile et s’effritait à chaque fois que Pedro faisait tourner les pages jaunies et craquantes. Il parcourut du regard les grandes lignes, écrites dans un espagnol approximatif, mais dont la typographie était tout simplement appliquée à la perfection. Ce grimoire aurait pu appartenir à l’un des sorciers d’un roi Maya, tant la richesse des illustrations et des manuscrits était splendide. Mais derrière une telle beauté se cachait de terribles utilisations.

« J’ai toujours été très mal à l’aise de posséder un tel grimoire. A vrai dire, j’ai presque l’impression qu’il ne faut pas trop s’y attarder lorsqu’on le parcourt … à croire qu’il t’envoute ! A voilà, j’ai trouvé quelque chose qui peut être intéressant. »

Il tourna le grimoire face à Shae pour qu’elle puisse voir le sort en question.

« Il s’agit plus d’un rituel. Ce n’est pas un sort à jeter avec une baguette magique comme on vous l’apprend en cours. C’est d’un niveau un peu supérieur en fait. Mais je peux te l’apprendre. Sauf qu’il faut savoir que tu peux encourir quelques risques. Mais ils risquent d'être très primaires et au cas où je te couvrirais. »

Enfin, Pedro retira le grimoire des yeux de la Serdaigle, et tendit ses mains vers elle.

« Tu es partante ? »

Jamais Pedro ne laisserai quoique ce soit arriver à Shae, il était prêt à tout pour la voir progresser et réussir, et ferait en sorte que rien de grave ne lui arrive. Après tout, il l’avait sauvé plus d’une fois dans l’attaque de la plante diabolique. Son regard était intense et grave. Là, ils n’allaient pas rigoler.
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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Mar 13 Jan - 16:16

Survoltage


L'ambiance, c'était quelque chose quand même. Celle qui régnait ici était confuse, titubante, intimidée. Tout paraissait singulier dans cette scène, entre la petite Serdaigle affalée dans son fauteuil, le professeur la regardant avec une tendresse étonnante, et le tout sans qu'on n'y voit le moindre mal. Personne n'était témoin, mais Shae Viridian vivait l'un des moments les plus importants de sa vie, et elle n'en avait même pas conscience. Deux êtres solitaires, incompris, et profondément seuls, venait de lancer la construction d'une relation, un vraie de vraie, pas le genre de relation futile et idiote, qui n'apporte rien. C'était quelque chose de grandiose en soi non ? La Serdaigle se tortilla encore dans son siège, observant le professeur sans moufter, tandis qu'il se laissait retomber dans son fauteuil, l'air hagard, comme dépassé par les événements. Ouf, elle n'était donc pas la seule. C'était surprenant et terrifiant à la fois, de prendre conscience que les adultes ne gèrent pas tout, qu'ils sont absolument aussi malmenés par la vie que les adolescents. Elle croisa les chevilles, puis les décroisa. C'était agaçant mais compréhensible, mais voilà que Pedro était de nouveau enfermé dans son mutisme, comme plongé dans ses pensées.

Elle songeait vaguement à le secouer, se demandant si ça allait vraiment servir à quelque chose. Elle avait passé l'état premier de choc et d'adaptation à la nouvelle situation. Maintenant, plus question de se la jouer timide ou quoi que ce soit. C'était son ami, elle pensait n'avoir rien à craindre de lui. Elle lui jeta donc un regard ennuyé, quand enfin, une réponse franchit les lèvres entourées d'une barbe épaisse, le genre de barbe sur lequel on a envie de tirer, juste pour vérifier si c'est une vraie. Mais encore, elle digressait. Son ventre émit un léger gargouillis et elle eut un rictus, écoutant enfin Pedro :

« Non. »

Il la fixait, comme cherchant ses mots, et elle restait là, assise, à l'écouter, étonnamment inactive. Pedro avait l'air en proie à une lutte intérieure plutôt sérieuse, mais elle ne comprenait pas pourquoi. La situation était claire non ? Ils étaient amis. Point. Bien sûr, elle allait s'abstenir d'aller le crier sur les toits, parce que tous les culs-serrés et autres adultes bien pensants allaient crier à l'erreur. Ce n'est pas parce qu'elle se foutait totalement des conventions qu'elle n'en avait pas conscience... Et elle ne voulait pas mettre le professeur dans l'embarras. Elle voulait juste passer du temps avec lui, et parler, sérieusement, et découvrir encore d'autres mystères à éclaircir, et apprendre des trucs sur les plantes et la Botanique, juste pour voir Pedro sourire parce qu'il était totalement dans son élément. Il était comme elle, un chercheur, passionné par ce qu'il faisait, se fichant des autres dans ces périodes là. Oh comme elle comprenait cet état, transcendant et à la limite de la crise d'hystérie, quand soudainement, une idée lui venait, une théorie qu'elle devait vérifier, une expérience qu'elle réussissait...

La jeune blonde secoua sa crinière, quand le professeur reprit, se tirant de ses pensées. Rester concentrée. Elle devait à tout prix rester concentrée, ancrée dans la réalité. C'était un exercice compliqué pour elle, toujours enfermée dans le donjon qu'était son esprit, tenant tout le monde à l'écart. Mais Pedro répondait enfin d'avantage à sa question qu'avec un seul mot, alors, elle l'observa, l'écoutant, acceptant de quitter son donjon pour le reste de la nuit. Après tout, il méritait bien ça, après toute la souffrance qu'il avait dû ressentir dans sa vie. Il méritait certainement que Shae parvienne à l'écouter sans interruption.

« Non … ne pars pas. Reste, je t’en prie. »

Elle fut décontenancée par son ton, à la limite du suppliant, fragile, bien trop pour un homme de son âge, de sa stature. Elle aurait voulu le voir plein de confiance, de vie, encore fougueux quoi. Elle percevait toute la lassitude et l'épuisement dans sa voix, et elle se demandait si il tenait vraiment à ce qu'elle reste. Si il faisait ça pour lui faire plaisir, elle doutait sincèrement que ce fut une bonne idée, il allait s'écrouler d'un moment à l'autre m'enfin. Mais d'un geste, il fit réapparaître les pâtisseries et les tasses se remplirent de thé brûlant. Lui jetant un regard reconnaissant, Shae arrêta donc de se questionner et saisit vivement la tasse, buvant un bonne gorgée avec un soupir de contentement, un sourire fleurissant sur ses lèvres. La boîte était désormais placée au milieu de la table, à égale distance d'eux deux, et elle fixa de nouveau son attention dessus, pendant que Pedro justifiait :

« On va résoudre ce satané mystère, même s’il faudra passer la nuit dessus. Ne t’inquiète pas, je te trouverai une excuse pour que tu puisses récupérer demain au lieu d’assister à tes cours. »

Un rire la secoua, amusée de la situation, et elle leva les yeux vers lui, le regardant manger l'éclair au chocolat comme si c'était le meilleur truc qu'il ait mangé depuis cinq cents ans, un sourire un peu moqueur et un peu inquiet aux lèvres.

- En réalité, c'est plutôt pour toi qu'il faudrait faire une excuse, histoire que tu rattrape tes heures de sommeil. Sans vouloir être méchante, t'as une tête de déterré... Alors que moi, je fais des nuits blanches souvent, je peux aller en cours, y'a pas de soucis. En plus j'ai des rouleaux de parchemin à rendre, mais bref, on s'en fiche. T'es sûr que ça va aller pour toi ?

Visiblement, ça allait. Elle piocha donc à son tour dans le plateau de pâtisseries, affamée, et se pencha à son tour vers la boite, suivant son exemple, se demandant si tout ce qu'elle avait dit avant était juste ; il avait consciencieusement ignoré chacune de ses théories, et à vrai dire, c'était un peu rude de sa part. Mais à bien y réfléchir, 'rude' était le mot définissant le mieux Pedro. Avec sa tête de bûcheron, ses mains calleuses, et son petit air renfermé, il était la définition même, l'illustration mise dans le dictionnaire quand on imaginait quelque chose de 'rude'. Il était comme l'hiver en fait ! Elle hocha mentalement la tête, s'auto-félicitant de sa propre trouvaille. Ahlala, elle était douée ! Mais déjà, Pedro reprenait, prouvant par la même qu'il l'avait écoutée et qu'il avait réfléchi à ses hypothèses. Shae esquissa un sourire, ravie qu'on prenne en compte son opinion sérieusement. Que c'était gratifiant, d'avoir enfin quelqu'un qui la traitait à sa juste valeur !

« Tu penses qu’il faudrait donc un sortilège noir pour désactiver la dernière rune ? Tu penses à quoi exactement ? Il est assez risqué d’utiliser l’un des sortilèges impardonnables. Je n’ai vraiment pas envie de me retrouver avec toute la brigade des aurors sur le dos. Je sais qu’ils en existent quelques-uns en herbologie. Ca peut paraitre étrange, mais certains sorts noirs sont utilisés en botanique contre des espèces de plantes particulièrement dangereuses. Le souci, c’est que je me rappelle plus exactement du sortilège, ni même s’il s’agit plutôt d’une incantation. »

Elle haussa les sourcils tandis qu'il jetait un Accio pour chopper un énorme grimoire ancien, avec tout pleins de trucs écrits dans une langue qu'elle ne comprenait pas. Son admiration pour le prof s'accrut d'avantage, et elle se mordit la lèvre, essayant de lire à l'envers. Elle ne pigeait pas un traitre mot d'espagnol... mais ça avait l'air plutôt cool, à première vue. Oh, dangereux, c'est sûr. Mais moins qu'une plante géante tueuse en fait, donc c'était toujours ça. Pedro avoua être assez mal à l'aise de posséder un tel livre, et elle répondit par une grimace expectative, tandis qu'il tournait le grimoire afin qu'elle puisse lire les inscriptions espagnoles du rituel qu'il voulait pratique. Fronçant les sourcils, elle se concentra sur les illustrations, peu convaincue. Est-ce que ça allait véritablement ouvrir la boîte ? Elle tenait à éviter de mourir jusqu'à ses, disons, 25 ans minimum... Mais elle se sentait en sécurité avec Pedro. Bizarrement, elle le voyait mal la laisser bêtement se faire tuer par un rituel inconscient... C'était donc qu'il devait savoir ce qu'il faisait.

Le grimoire fut ôté de sa vue, et elle fut contrainte de regarder de nouveau Pedro, qui tendait les mains vers elle, comme pour l'aider à se redresser.

« Tu es partante ? »

Elle hésita une fraction de seconde, puis haussa les épaules, prenant énergiquement ses mains entre les siennes et se levant du fauteuil qu'elle avait d'ailleurs décidé de baptiser "Le fauteuil de Shae" pour toutes les prochaines fois où elle aurait l'occasion de venir. Lissant les plis de sa jupe, elle s'étira, se massant une épaule avant de lui jeter un regard amusé.

- Apprendre un rituel potentiellement dangereux, dans le but d'ouvrir une boite mystérieuse dont le contenu pourrait nous attaquer ? Évidemment que je suis partante !

Elle soutint son regard intense et grave, le sien se teintant de malice et de la confiance aveugle que les adolescents placent souvent en eux-mêmes. Elle se pencha ensuite pour récupérer le grimoire, l'étudiant avec attention.

- J'imagine que je dois lire l'incantation ici... Il faut qu'on prépare des trucs ? Peut-être placer la boite devant nous, et mettre une main au-dessus, un peu comme dans ses films moldus d'exorcisme ? Tiens, d'ailleurs, t'aimes bien les trucs moldus ? Je trouve ça trop drôle, mes grands-parents maternels me font toujours découvrir pleins de choses super drôles... Euh.. Je m'égare, désolée.

La gamine était survoltée, parlant à un débit effrayant, tenant toujours le grimoire entre ses mains, le regard fixé vaguement dessus, absorbée par la lecture de mots qu'elle ne comprenait même pas, ou avec beaucoup de peine. Elle tentait déjà de marmonner l'incantation pour s'entrainer, sans y mettre aucun pouvoir ni conviction, histoire de ne pas déclencher l'apocalypse.
Elle se tourna vers Pedro en grommelant.

- Je vais avoir un accent terrible, c'est pas dangereux si je lis mal un de ces mots ? Tu m'apprendrais l'espagnol tiens? Parce qu'à part l'anglais, tout ce que je connais, c'est des insultes en français et encore, il paraît que je les dis très mal, mais ça franchement, je trouve que c'est abusé !

Elle le dévisagea, dans l'expectative d'une réponse rapide. Le mystère n'attendait plus, elle voulait le déchiffrer et ouvrir enfin cette boîte, parvenir à trouver une réponse à une question qu'elle n'avait même pas posé. Juste pour le plaisir de jouer à Sherlock et Watson, avec Pedro.

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MessageSujet: Re: Le mystère de la boite (PV Shae)   Dim 8 Fév - 10:59

Ce n’était pas qu’une simple élève qu’il avait sous les yeux. Il s’agissait de Shae Viridian. Une sorcière puissante, aux facultés incroyables et encore insoupçonnés. Elle frémissait dans l’idée d’ouvrir cette boite à l’aide d’un rituel dangereux, dans une langue qu’elle ne maitrisait pas. Pedro lui-même n’aurait pas pu inventer un tel personnage. Il aimait la jeune Serdaigle pour sa manière d’être. Elle n’était pas comme tous ces élèves, insipides, sans conviction et sans ambition. Elle avait l’allure d’une guerrière prête à partir en quête de savoir, de maitrise et de pouvoir. C’était cette onde invisible, mais pourtant si prenante qui faisait vibrer le professeur de Botanique. Une flamme réelle brillait au fond de ses yeux, un émerveillement qu’elle partageait sans crainte et sans risque avec un vieux bonhomme comme lui.

Pedro n’avait jamais songé qu’un jour le destin puisse tourner de la sorte. Il s’était réfugié dans un monde morne, plat et sans rebondissements. Mais depuis que Shae avait posé les pieds dans le plat, le sorcier se voyait renaitre peu à peu. Le battement des ailes d’un papillon lui paraissait tout aussi resplendissant et magique que le mouvement limpide et fantomatique des grains de poussière scintillant sous la lueur d’un rayon de soleil. Il n’avait pas songé un seul instant que la vie pouvait reprendre son cours. Ce n’était ni une idée, ni une option qu’il avait envisagé depuis la trahison de sa bien-aimée. La confiance qu’il avait établi entre elle et lui fut jadis bien trop puissante et trop prenante pour croire à un tel complot. Mais pourtant la déception fut bien plus grande quand il apprit qu’elle avait rejoint les rangs du Lord.

Rien n’avait pu guérir les stigmates de son chagrin. Pas même un sourire, ni même une caresse doucereuse. Il avait tant mis dans cet amour idéaliste, qu’il en avait perdu les notions même de la vie. Son but, sa quête réelle d’existence sur Terre semblait s’être ensevelie sous les vagues tourbillonnantes et perpétuelles du chagrin.

Son visage poupin, son sourire rayonnant encore un brin innocent, lui donnait assez de force et de courage pour affronter les années à venir. Il se contemplait tel un héros maudit que l’on venait de sauver de justesse. Elle était l’iconographie même de la déesse ou de la nymphe appelant le jeune homme valeureux, mais perdu dans ses tergiversations malsaines et destructrices. Il acquiesça simplement de la tête, un sourire sincère sur les lèvres. Son regard triste s’attarda un bref instant sur les pages jaunies du livres, ainsi que sur les diverses enluminures. Elle n’était pas encore prête pour un voyage aussi avancé. Du moins, seule, les conséquences de ce rituel pouvait tourner au désastre et Pedro tenait un minimum à son nouveau bureau fraichement aménagé.

Avant que son disciple puisse prononcer le moindre mot enchanteur, le professeur de Botanique posa une main lourde sur la page d’incantation. Il retira sans explication le manuel des yeux de la Serdaigle, affichant un air perplexe et incertain sur les intentions qui paraissaient l’envahir. Pedro n’aimait pas l’idée de laisser trop de liberté à une étudiante de premier cycle, même s’il s’agissait de son élève préférée. Shae ne devait peut-être pas bien saisir la situation. Un coup Pedro voulait lui laisser la liberté de s’exercer à un rituel complexe et peut-être meurtrier et d’un autre côté, il lui retirait toute possibilité d’affirmer ses prouesses.

Mais Pedro avait bien vu l’estime de soi qu’illustrait clairement Shae. Elle avait assez d’assurance pour se parfaire dans ce nouvel ordre. Il en était ravi.

Le sorcier dû s’éclaircir la voix à maintes reprises avant de prendre la parole, le rituel sous les yeux.

« Je préfère que tu m’accompagnes dans cette démarche qui est nouvelle pour toi. Tu n’auras qu’à répéter après moi. Notre flux énergétique et magique circulera entre nos mains. Il te faudra, tout en prononçant mes paroles, fixer la boite et focaliser toute ton intention sur l’envie de découvrir ce qu’elle renferme. Sinon le rituel ne peut pas fonctionner. Mais avant de commencer, je dois juste faire quelque chose … »

Il s’agissait clairement d’un rituel de magie noir. Or s’exercer dans un tel projet demandait toujours une part de sacrifice. Pedro se leva pour s’éclipser vers le fond de la salle. Dans la pénombre, ses mains se baladèrent entre les étagères et les cages en fer forgé. Après un petit couinement sourd, l’homme déposa sur une table en bois d’acajou, une souris blanche. Son pelage luisait à la lumière argentée d’une lune généreuse. Il marmonna quelques paroles inaudibles et planta d’un coup sec la lame d’un couteau dans la gorge du rongeur. Le rituel commençait enfin. Shae ne pouvait pas bien voir ce qu’il faisait, mais au son des incantations qu’il prononçait, tout portait à croire que le mal envahissait doucement la pièce.

Chaque objet, chaque ombre et même les flammes du feu de cheminée si chatoyante auparavant, agissaient sous le chant étrange et presque démoniaque de Pedro. Les doigts couverts de sang, le chercheur traça un cercle parfait autour de la boite. Il dessina quelques entrelacs et un œil sur le front de Shae. Il passa sa main entière sur son propre visage. Continuant à marmonner, Pedro attrapa les mains frêles de la Serdaigle, légèrement surprise par la scène qui se déroulait sous ses yeux.

Les bras autour de la boite, les deux protagonistes commençaient enfin les choses sérieuses. Il était étrange d’agir de la sorte dans l’enceinte même de Poudlard, mais Pedro savait qu’il maitrisait la situation. Il n’y avait rien de bien méchant à sacrifier une souris innocente, tant qu’il s’agissait d’ouvrir une simple boite …

Enfin, Pedro prononça à haute et intelligible voix les mots espagnols du rituel noir. Shae suivait consciencieusement, dans le plus bel espoir de son professeur. Il  sentait une fusion entre lui et son élève. L’énergie des cercles runiques vibrait dans une sorte de cinquième dimension imperceptible, au-delà des cinq sens. Il sentait son être envahi par une conscience presque divine ou du moins inhumaine. C’était une sensation fort désagréable et presque trop dérangeante pour être décrite. Il se voyait consumé par l’énergie vampirique de la boite. Cette dernière ne bougeait pourtant pas d’un poil. Comme si,  toute l’intention que portaient les deux sorciers sur chaque rune et chaque pierre, n’avait que pour effet de rendre l’objet encore plus curieux et inaccessible.

A la fin du rituel, Pedro lâcha brutalement les mains de Shae et fut projeté en arrière si violemment, que son fauteuil recula de plusieurs bons centimètres. Il s’immobilisa pendant un bref instant, comme si la mort aspirait son dernier souffle de vie. Mais rapidement, avant même que Shae ne puisse émettre le moindre son (quel que soit son émotion du moment), il releva brutalement la tête, reprenant une bouffée d’oxygène bien méritée. La sueur perlait sur son front cramoisi. Ses yeux étaient injectés de sang et sa respiration haletante illustrait clairement le mauvais quart d’heure qu’il avait enduré.

Pedro mit un moment pour se remettre sur pieds. Il n’aimait pas ce rituel, ni même ce bouquin d’ailleurs. C’est en se redressant et en allant boire un verre d’eau, qu’il constata l’étendue de son pouvoir. La boite tournait sur elle-même, à la hauteur des yeux de Shae, en totale gravitation. Elle semblait plus magnifique et plus mystérieuse qu’elle ne l’avait jamais été. Toutes les pierres précieuses se détachaient une par une, gravitant comme de petits satellites tout autour de l’objet principal. Curieux, Pedro se rapprocha de la boite dans l’espoir de le voir s’ouvrir. Son cœur battait la chamade et sa curiosité le poussait presque à crier « ALORS ? ». Mais il se contenta simplement d’un mouvement de tête en direction de Shae.

Hypnotisé par ce mouvement régulier, lent, magique et enchanteur, Pedro se laissa tomber à côté de l’adolescente.

« Tu vois quelque chose de changé ? »

Son regard était focalisé sur la dernière pierre qui venait de se détacher. La pierre noire. Elle était la clé même de cette entreprise. Pedro avança la main, sans vraiment savoir à quoi s’attendre. Il avait peur de commettre l’irréparable, mais il n’avait pas subit tout ce rituel risqué pour simplement contempler une boite volante. Au touché, la pierre émit une vibration forte. Si forte que Pedro la relâcha d’instinct, comme si elle venait de lui brûler le bout des doigts. La pierre se brisa en deux et une pépite d’émeraude en sorti pour s’infiltrer dans les fissures de la boite.

Puis soudain, dans un moment de silence profond, la boite émit une lumière vive et forte. Pedro détourna son regard en plissant les yeux, mais la lumière fut si intense, qu’il finit par se retourner complètement. Un souffle chaud lui caressa les oreilles et balaya tout sur son passage. Quand le calme fut revenu, le professeur se retourna doucement vers la table basse. Le bois était complètement noirci, comme carbonisé par le feu ardent d’un dragon à crête rouge. Seule une graine argentée se tenait là. Pas plus grande qu’un haricot.

« C’est tout ? » lâcha subitement Pedro.

Une graine. Cette boite renfermait une simple graine ? Ce n’était pas possible. Pas tout ce mystère pour quelque chose d’aussi basique …

Il tourna son regard vers Shae, quelque peu déçu et frustré par tout ce qu’il venait d’endurer. Enfin, il haussa les épaules et d’un coup de baguette magique il fit léviter le grain au niveau de leurs yeux.
La graine était légèrement tordue, d’un argent intense et gravé de légers symboles en émeraude. Une simple graine certes, mais Pedro n’en avait jamais vu une de la sorte. Il avait beau fouiller dans sa mémoire, il n’avait jamais vu un tel spécimen dans tous ses grimoires d’herbologie. Il inspira finalement un grand coup, puis enveloppa la graine dans un tissu en satin. Il ne voulait prendre aucun risque, surtout si cette graine avait été protégée par une boite aux propriétés maléfiques.

« Il doit bien y avoir une explication. Je me renseignerai d’avantage sur cette graine en envoyant mes analyses au Ministère de la Magie. Je connais un ami botaniste spécialisé dans les plantes aux usages de la magie noire. Si cette graine a été autant protégée et qu’elle a un rapport direct avec la plante tueuse … je pense qu’elle doit avoir des propriétés très spéciales. »

Pedro releva les yeux vers l’horloge.

« Il est peut-être temps pour toi de rejoindre ton dortoir. Il est tard. Tiens, voilà un mot si jamais tu te fais attraper par le concierge. Tu pourras revenir me voir la semaine prochaine pour qu’on analyse un peu plus cette graine et pour que je t’en apprenne d’avantage. Et pourquoi ne pas, t’apprendre quelques mots d’espagnol ! »

Sans vraiment réfléchir, Pedro lui posa un baiser sur le front et tourna les talons pour disparaitre dans la pièce adjacente, la découverte bien étrange au fond de sa poche.
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