Nox Aeterna

La guerre est enfin finie. Harry Potter et Lord Voldemort y ont néanmoins laissé la vie. Tout semble être rentré dans l'ordre. Mais est-ce vraiment le cas...?
 

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 Au plus profond des ténèbres. [Rivka]

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MessageSujet: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Mar 18 Nov - 19:14


Au plus profond des ténèbres.
Le 22 février | Avec Rivka de Fiennes.

L'endroit était, il fallait l'avouer, plutôt lugubre. La nuit noire qui venait de s'abattre sur le ciel anglais, dépourvue de la moindre étoile n'arrangeait pas la chose, et James avait malgré lui un ressentis étrange. Une certaine appréhension, de la peur ? Peut-être... Même après tant d'années sur le terrain et sa tumultueuse cavale, chaque fois qu'il se rendait de manière illégale sur un lieu comme celui-ci, l'adrénaline se mêlait à la peur naturelle de se faire pincer. C'était un cocktail plutôt explosif, que James avait expérimenté à plusieurs reprises. Mais cette fois, l'enjeu était de taille. Il ne s'agissait pas d'aller tirer les vers du nez d'un témoin ou de se faufiler au Ministère, mais bien de s'infiltrer sur une scène de crime hautement surveillée. De plus, il y a peu, l'endroit grouillait encore de Mangemorts. Aujourd'hui, ceux que James allait croiser seraient en grande majorité des cadavres, s'il avait visé juste.

Le sol était encore humide de la pluie qui était tombée toute la journée. Les arbres, d'une noirceur effrayante étaient recouverts d'une neige fine qui fondait, goutte après goutte. James fit un pas en avant, faisant face à l'impressionnant portail de fer qui barrait l'accès au parc du manoir. Sur sa droite, enfoncée dans le mur d'enceinte, la loge du concierge, déserte et aux carreaux brisés. Sur le mur de celle-ci était gravé en lettres capitales « Ainsworth » et James eut un léger frisson. Il ne pouvait plus faire demi-tour maintenant. Enfonçant son béret sur son crâne il fit quelques pas de plus avant de se stopper, à un mètre du portail. Il renifla l'air, perplexe. Bien sûr, l'endroit était enchanté. Le Ministère venait à peine de commencer l'enquête et ils ne voulaient pas que n'importe qui ne vienne fouiner. Ils avaient refusés à James le droit d'assister aux fouilles, et le journaliste avait donc décidé de s'octroyer de lui même cette petite visite. Il sortit sa baguette et fit un geste vague dans l'air.


« - Finite incantatem... », dit-il à voix basse.

Étrange, aucun sortilège de protection n'affectait le portail. Était-ce une grossière erreur du Ministère, ou quelqu'un était déjà passé par là ? Dans les deux cas, ce n'était pas une information rassurante. Soit on était gouverné par des incapables – ce dont James commençait de moins en moins à douter – soit... eh bien on était gouverné par des incapables, car quelqu'un avait déjà rompu le cordon de sécurité. Dans un grincement bien trop bruyant au goût de James, le portail en fer s'ouvrit, dévoilant un long chemin de pierres blanches, bordé d'arbres morts, dont les feuilles jonchaient le sol et le sentier, telles d'innombrables victimes. Une longue inspiration en guise de motivation, et James s'engagea sur le chemin, la baguette à la main.

Éprouvait-il des remords ou quoi que ce soit à ce moment précis ? Bien sûr que non. Le nombre de fois où James avait extirpé des informations dans l'illégalité était quelque peu terrifiant, et s'il devait avoir un procès, ce ne serait pas le premier. En général, les victimes de ses séances de légilimancie étaient bien trop préoccupés à fuir le pays après les révélations qu'il publiait. Quant au vol et à sa manie de fouiner partout, il avait acquis une certaine expérience et se faisait rarement attraper. Cette fois cependant l'enjeu était plus important, ce n'était pas n'importe quel règlement de comptes qui avait eu lieu dans ce manoir : des Mangemorts s'étaient littéralement entre tués et c'était les Aurors qui s'étaient accaparés le dossier. Une affaire sensible en somme. Mais c'était le seul moyen d'approcher la scène de crime.

Il ne tarda pas à quitter le sentier pour se déplacer parmi les ombres et les arbres, à l'abri des regards. Il était étrange qu'il ne croise personne. Il aurait pensé que le Ministre aura disposé des sentinelles ça et là. Ce n'était pas n'importe quelle scène de crime.


Alors qu'il avançait parmi la végétation qui semblait mourante, le manoir commença à se dévoiler tandis que le nombre d'arbres diminuait. Une grande et fière bâtisse de pierre, qui avait dû être d'une pierre blanche splendide à une époque. Aujourd'hui l'endroit était lugubre et recouvert de lierres, la pierre avait noircie et les carreaux des fenêtres étaient tous explosés. On aurait dit que l'endroit était abandonné depuis des années, difficile de se dire qu'il y a quelques semaines, une famille vivait encore ici.

Il approcha jusqu'à être au pieds du mur du manoir et entreprit d'en faire le tour, à la recherche d'une porte. Ce qu'il découvrit sur la façade Sud était bien plus facile d'accès. En effet, un trou béant avait remplacé le mur de la cuisine et il y pénétra ainsi, sur le qui vive. Il s'arrêta à un moment, et tendit l'oreille, croyant avoir entendu un bruit subtil. A peine un soupire, ou le bruit imperceptible d'un mouvement. Avait-il rêvé ? Sûrement...


La cuisine était dans un piteuse état, tout était renversé et il avançait avec précaution. Du sang avait aspergé un mur, si bien qu'il était difficile de savoir s'il avait été blanc un jour où s'il avait toujours été pourpre. Répugnant. Plus aucun doute quant à la tuerie qui avait eu lieue ici en tout cas...
Un bruit sourd le fit sursauter, et il entendit qu'on venait. Sans réfléchir, il se rua dans le placard du cellier pour s'y enfermer, haletant, observant la silhouette qui s'aventurait dans la cuisine depuis sa cachette, entre deux conserves.  


Pourquoi rien ne se passait jamais comme prévu ? Il y avait donc bien des gardes dans le manoir. Ou alors c'était un autre intrus. Impossible de distinguer quoi que ce soit au travers de la serrure en tout cas, il se contentait donc de se tenir tranquille en attendant que cette personne s'éloigne. Comment allait-il procéder ? La neutraliser ? L'interroger ? Une chose est sûre, elle ne devait pas le voir, et surtout ne pas alerter le Ministère. S'ils savaient que quelqu'un s'était faufilé dans le manoir ce serait une énorme polémique. Quoiqu'il arrive il ne pouvait pas laisser quelqu'un se mettre en travers de son chemin...
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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Dim 23 Nov - 23:14

Une enquête obscure


Le 22 Février | Avec Jamesie


Le soleil s'était levé depuis quelques secondes, et les premiers rayons n'étaient que pâles reflets, bien loin d'atteindre le fenêtre donnant sur l'immense lit de bois de Rivka. La jeune femme s'étira pourtant, étouffant un bâillement, réveillant au passage l'énorme chat au pelage soyeux qui dormait à ses pieds. Dolce s'étira, lui offrant une magnifique vue sur ses canines tandis qu'il bâillait, puis la gratifia de son regard dédaigneux habituel, un regard qu'elle appréciait de jour en jour. Le chat sauta au pied du lit, attendant patiemment qu'elle pose un pied au sol pour réclamer sa pitance du matin. La jeune femme s'étira encore avec une légère grimace, répugnant tout de même à quitter la chaleur et la douceur de ses draps pour le froid matinal. On était en février mince ! Elle finit par poser avec précaution les pieds sur le tapis, et aussitôt, un concert de miaulement vint perturber la quiétude du matin. La grimace sur le visage de poupée s'accentua, et la jeune noble marmonna. La journée commençait, une de plus.

Tout en préparant un petit déjeuner typiquement anglais, réchauffant thé, lait, et scones, la jeune femme songeait à son nouvel article, qu'elle devait rédiger. Le sujet était funeste et rappelait à la population que tout danger était loin d'être écarté totalement, mais son rédacteur-en-chef lui avait donné pour consigne de tourner les choses à la légère. N'affoler personne était le mot d'ordre. Rivka se fichait bien de dévoiler la vérité au grand public, tant qu'elle la connaissait, cela lui suffisait. Elle avait prévu le soir-même de se rendre sur les lieux du crime, inspecter la maison de fond en comble, à la recherche de détails. Des lettres, des avertissements... Tout ce qui serait utile à sa connaissance personnelle à vrai dire.
Évitant son chat d'un pas dansant, Rivka secoua ses boucles blondes en se rendant au salon, déguster son petit déjeuner, le soleil émergeant enfin au dessus des toits londoniens, réchauffant l'atmosphère et l'appartement confortable qu'elle occupait.

La jeune femme, ses dispositions du matin terminées, habillée et coiffée comme il le fallait, occupa ensuite sa journée à conclure d'autres articles moins importants, grimaçant lorsqu'elle vit qu'on lui demandait de l'aide pour les articles dits, de la Sorcière, cette catégorie réservée aux sorts ménagers et à la mode. C'était bien fini ce temps là, voyons ! Elle aspirait à de l'aventure désormais, de l'action, et du recel d'informations. Ce qui l'intéressait, c'était les événements importants du monde sorcier. Elle venait à peine de reprendre ses marques dans le monde sorcier, et elle manquait pour le moment cruellement de contacts. Il faudrait très vite y remédier, et s'assurer des alliés un peu partout. Les soirées mondaines allaient en être toutes chamboulées, et cela lui tira un sourire narquois. Enfin, le soleil, celui-là me^me qu'elle avait observé se lever, se coucha, après s'être montré particulièrement discret, voilà par de lourds nuages chargés de pluie.

Rivka avait arrêté d'haïr la pluie quand elle avait appris les divers sortilèges permettant de garder ses cheveux secs et beaux en toutes circonstances, et toutes ses tenues étaient soumises à un impervius puissamment travaillé. Elle se munit néanmoins de son parapluie, noir et sobre, détonnant de sa tenue habituellement colorée, et la sorcière, après un dernier coup d'oeil à sa liasse de parchemins, se munit d'un sac, d'une plume et d'un bloc notes moldu, bougrement plus pratique que ces satanés parchemins pour les prises de notes rapides. Elle transplana, son estomac se nouant d'appréhension, et elle atterrit en pleine campagne, à une centaine de mètres du manoir Ainsworth. Reprenant péniblement son souffle, détestant totalement la sensation du transplanage, la lady s'éventa de la main avant de redresser le buste, baguette en main, parapluie dans l'autre, armée jusqu'aux dents si l'on peut dire. Elle avança jusqu'au manoir, d'un pas mesuré et prudent, se demandant un instant si elle ne ferait pas mieux de se Désillusionner.

Trop tard de toute façon. Elle haussa ses fines épaules, ses boucles suivant le mouvement de ses pas rapides, tandis qu'elle approchait de la sinistre demeure. Sinistre, c'était bien le mot qu'il fallait quand on voyait l'état du lieu. Un beau manoir anglais, sans doute presque aussi beau que celui de ses parents, mais dans un piteux état. Les propriétaires ne s'en étaient guère souciés, vivant dans la décrépitude d'un lieu jadis magnifique. C'était totalement inconvenant, pour une bonne famille, de si peu se préoccuper de l'apparence de la maison familiale. Bon, évidemment, maintenant, ils étaient tous morts, et la jeune femme ressentait une certaine compassion, compassion qui toutefois s'envolait quand elle se rappelait que les adultes de la maison avaient été des  Mangemorts. C'était cela dont on parlait, un règlement de comptes. Trahir, c'était mourir, un peu comme chez les mafieux. Pas des rigolos ces mangemorts. Rivka continua d'avancer, arrivant jusqu'au portail.

Ces idiots du ministère avaient mis en place des protections, mais l'incompétent censé les activer après la nuit semblait avoir failli au poste, car bien qu'elle sente la trace du sortilège, rien n'indiquait qu'il soit actif. Un sourire méprisant naquis au coin de ses lèvres, et elle pénétra dans la maison par la façade Sud, enjambant les gravats de la cuisine ravagée. Intéressant. Elle aurait presque dû prendre des photos, mais il n'y avait ici rien de bien concluant. Elle quitta la cuisine, quand un bruit la fit s'immobiliser. Y avait-il quelqu'un d'autre qu'elle ici ?

La jeune femme se figea et crispa la main sur sa baguette, une vague d'appréhension la saisissant. Des vigiles du ministère ? Des rôdeurs, profiteurs ? Des mangemorts venus effacer les preuves compromettantes ? Ou bien simplement un animal trop curieux pour son bien ? Elle se tourna lentement, se maudissant de n'avoir pensé à lancer un Hominum Revelio. Le comble, quand on était une sorcière et que l'on commettait un acte illégal. Mais à sa décharge, elle avait perdu l'habitude du monde sorcier un long moment et reprenait tout juste les prudences basiques que chaque sorcier se doit de connaître. Elle resta immobile, silencieuse, quand un nouveau bruit, à peine perceptible, léger, la fit se retourner vers la cuisine, sourcils froncés.

Sérieusement. Elle y retourna, silencieuse et adroite, jetant un coup d'oeil inquisiteur à la pièce défoncée. Une respiration. Venait-elle bien d'entendre une respiration, provenant de derrière les boîtes de conserve ? La sorcière pointa droit sa baguette vers l'endroit, se fiant à son instinct, et elle lâcha, d'une voix très basse et rauque, se voulant inquiétante.

- Qui que vous soyez, sortez de là, les mains en l'air, baguette entre les dents. Sinon, je vous change en ver de terre, et je vous écrase sous ma botte !

Elle réfléchissait à toute vitesse. C'était forcément un intrus, tout comme elle l'était. Un mangemort l'aurait déjà tuée, et un agent du ministère l'aurait déjà arrêtée. Cela se tenait. Soulagée, elle releva fièrement le menton, son appréhension farouchement dissimulée derrière un dédain et une assurance surjoués.

- Je ne le répéterais pas deux fois ! Sortez maintenant de derrière vos conserves.

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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Jeu 11 Déc - 20:38


Au plus profond des ténèbres.
Avec Rivka.

Dissimulé dans son placard, James attendait, perplexe. D'aucuns auraient dit qu'il était dans son élément, ce mouchard d'Omeara, la terreur des politiciens et celui qui savait si bien déliait les langues. Lui ne se sentait vraiment pas à l'aise pourtant, coincé entre des boîtes de conserve au contenu douteux, des toiles d'araignées et un assortiment varié de balais de toutes tailles, certains, ridicules, témoignant de la présence d'un elfe de maison au service des Ainsworth. James se demandait s'il vivait encore ici... Ce pourrait être un témoin intéressant...

On ne prenait guère compte de ces êtres chétifs en temps normal, sous-estimés et maltraités dans la société sorcière, encore aujourd'hui malgré les efforts de l'honorable Hermione Granger qui était un véritable porte-étendard à la cause des elfes libres. Mais les vieilles maisons sorcières comme les Ainsworth étaient encore plus conservatrices que la moyenne, ce n'était donc pas forcément surprenant qu'ils aient des elfes à leur service. Fallait-il encore leur mettre la main dessus...


Enfin, ce n'était pas encore le moment de réfléchir à ça, car quelqu'un venait de lui mettre la main dessus et l'interpelait, alors qu'il était inconfortablement blottis dans son luxueux placard moisis. Comment ? Il avait dû se trahir en faisant un bruit, mais cette femme – à en juger par la voix de celle qui lui ordonnait de se montrer – avait dû l'entendre malgré le faible son que devait émettre sa respiration ou le léger mouvement de ses bras contre ses jambes. Cette femme avait des dons de super mutants, c'était carrément de la magie... Oh, attendez... James ricana, se rendant compte de sa logique ridicule. On était dans un monde de foutus sorciers, qu'est-ce qui pouvait l'étonner après tout ? Il fallait s'avouer vaincu. Et puis, avec un peu de chance, ce serait une belle plante. Du genre officière sexy du Ministère. Une Auror ? Elle n'avait pas, vocalement du moins, l'air foncièrement méchante et ses menaces étaient même presque infantiles. Le transformer en ver de terre ? Vraiment ?


Sans donc sans véritable peur que James ouvrit doucement le placard et s'en extirpa, non sans faire un léger grabuge. De toute façon c'était visiblement terminé de la partie discrétion. Il avait tout de même sa baguette à la main, sortant avec précaution. On ne savait jamais.


Il découvrit alors non sans surprise qui était en face de lui. Commençant du bas vers le haut, il tomba sur une pair de chaussure plutôt coquette, effaçant donc définitivement la piste du Mangemort. En remontant, il eut un léger soubresaut. Il connaissait ce visage. Il le connaissait bien, en fait, ce visage angélique, puisqu'il s'agissait de Rivka de Fiennes, une collègue. Collègue était un bien grand mot en fait, Rivka travaillant pour ce torchon qu'était la Gazette, et ils ne partageaient rien si ce n'est leur appartenance au monde journalistique. Son minois bienveillant cachait quelqu'un bien plus pragmatique qu'on ne pouvait le penser, quelqu'un qui savait ce qu'elle faisait et qui ne trempait pas vraiment dans le même journalisme que James. Objectif comme toujours, vous connaissez le Cabot Enragé, James aurait tout de même tendance à qualifier sa branche de "journalisme poubelle" ou de "torchon". Enfin il ne pouvait pas retirer le charme qu'avait la jeune femme, surtout pas lui, assez sensibles à la gente féminine. Il fallait dire qu'au Cabot Enragé, les rares femmes étaient de vieilles sorcières aigries et fripées, pas forcément très appétissantes. La Gazette marquait son seul et unique du point sur son personnel... Il ne connaissait pas bien Rivka de Fiennes en réalité, c'était même la première fois qu'il la voyait en chair et en os, mais avait déjà lu nombre de ses articles, notamment ceux de son début de carrière, assez portés sur les... vulgaires potins. Il ne savait pas si elle le connaissait, mais il était à la fois rassuré de tomber sur elle et légèrement agacé. Elle avait visiblement eu la même idée que lui en venant fouiner, ou alors elle était liée à cette sordide affaire, ce qui était peu probable.

« - En ver de terre, vraiment ? » finit par lâcher James, un léger sourire aux lèvres. « Je peux savoir ce que vous faites ici, miss de Fiennes ? »

Bien évidemment, elle pouvait et allait lui retourner la question. Mais il était arrivé ici le premier ! En fait, non... Bon de toute façon inutile d'utiliser cette rhétorique infantile. Il était assez embarrassé. Qu'allait-il faire d'elle ? La neutraliser et la laisser dans la cuisine ? Non ce ne serait pas galant et en plus elle risquait de se défendre. Ne jamais sous-estimer une journaliste acharnée, qui plus est. Alors quoi ? Ils étaient tous les deux pris en flagrant délit l'un par l'autre d'intrusion totalement illégale sur une scène de crime, bouclée par le gouvernement. Alors qu'allaient-ils faire ?

« La Gazette envoie des reporters sur le terrain maintenant ? » renchérit-il, tout en regardant autour de lui. On entendit alors un léger bruit à l'étage, comme si on traînait quelque chose, ou déplaçait un meuble. Ou tout simplement un objet roulant sur le sol. En tout cas, James se tut et sentit son rythme cardiaque s'accélérer. Soit de Fiennes avait d'autres amis en train de tout fouiller, soit ils n'étaient pas seuls.

« - Vous êtes venue seule, Rivka ? »

James n'avait pas vraiment la tête à se présenter et tout le protocole habituel, en fait il était pressé d'avancer et la journaliste la dérangeait plus qu'autre chose. Pourquoi rien ne se passait jamais comme prévu ? Si ça se trouve elle allait le prendre pour un mangemort et le neutraliser dans la seconde qui suivait, si l'autre personne - au minimum - présente dans l'immense manoir était avec elle. Bon. Qu'allait-elle faire ?
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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Ven 19 Déc - 19:39

Et dans le noir, l'homme noir


Elle attendit, anxieusement, que l'autre se décide à bouger. Peut-être avait-elle halluciné, peut-être qu'en réalité, personne ne se trouvait derrière les boites de conserve. Se dandinant, passant d'une pointe de pied sur l'autre pour tenter de se grandir, la jeune femme gardait la main crispée sur sa baguette, quand un mouvement lui confirma qu'elle avait eu raison. Reculant prudemment, elle leva la baguette, prête à décocher un rayon paralysant si elle se sentait attaquée. Un homme sortit du placard, sans délicatesse, causant un grabuge stressant, laissant l'occasion à la blonde de le détailler. Il était de taille moyenne, ce qui signifiait qu'il dépassait la jeune femme d'une bonne tête et cela malgré ses talons. Sa peau avait la couleur du café et il ne présentait aucun signe particulier, par de chevelure extravagante, pas de barbe de trois mètres... L'homme en lui même était on ne peut plus banal, si ce n'est qu'il venait de sortir d'un placard à provisions et prenait un air dégagé tout en l'examinant avec autant d'attention qu'elle ne le faisait.

Elle décela chez lui toutefois une expression bien reconnaissable, et parvint enfin à mettre un nom sur ce visage qui lui semblait familier. Cet homme était journaliste, elle en était sûre ! Concentrée, la jeune noble parvint enfin à remettre qui était l'homme en face d'elle. James Omeara, détenteur du Cabot Enragé, un papier prônant la vérité, ce qui faisait lever les yeux au ciel à la jeune femme. Tant de bonne volonté et de morale, c'était à vomir. Un peu plus et il dénonçait tout les complots, même ceux qui n'existaient pas. C'était un de ces conspirationnistes qui cherchait toujours la petite bête à des fins toutes gentillettes : exposer la vérité au public, quand bien même le public n'avait pas les capacités pour l'assimiler. C'était très noble, et désespérément utopique, mais la jeune femme lisait toujours ce journal avec une certaine tendresse ironique. Et les voilà, face à face. Il devait la mépriser ; la considérer comme un vautour plutôt qu'une journaliste, mais elle s'en fichait un peu. Apparemment, il l'avait reconnue, lui aussi, car il lâcha d'un ton presque amical - ce qui la décontenança :

« - En ver de terre, vraiment ?  Je peux savoir ce que vous faites ici, miss de Fiennes ? »

Elle piqua un fard en se rappelant la menace qu'elle avait proférer. Autant pour elle, elle passait également pour une parfaite imbécile. Reprenant contenance, elle le regarda droit dans les yeux, son visage arborant le masque parfait de l'indifférence ironiquement amusée, quand il reprit, l'air passablement ennuyé de la trouver ici. Elle en serait presque vexée si cela ne l'avantageait pas. Encore un imbécile qui pensait qu'elle gênerait, libre à lui... Rivka était du genre garce tenace, et elle n'allait certainement pas faire demi-tour maintenant, laissant toutes les découvertes à un rival.

« La Gazette envoie des reporters sur le terrain maintenant ? »

- Probablement la même chose que vous, monsieur Omeara. Ou alors, me permettez-vous de vous appeler James ? A ce niveau là, on est presque collègues...

Elle retint un sourire entendu, cherchant à le titiller pour voir si l'homme était capable de lui être utile ou non. Sois proche de tes amis, mais encore plus de tes ennemis... Cet adage était le préféré de Rivka, qui avança lentement dans la pièce, gardant sa baguette en main pour l'éclairer. Elle allait encore répliquer quand un bruit les interrompit, comme un objet que l'on trainait sur le sol... à l'étage. Se pétrifiant, elle sentit son coeur accélérer tandis qu'elle jetait un coup d'oeil à Omeara qui restait de marbre. Bon sang, il n'était pas seul ? Se raccrochant à cet espoir que le bruit fusse produit par un allié du journaliste indépendant, la jeune femme sentit cependant un frisson glacé lui geler la colonne vetébrale en entendant les mots suivants :

« - Vous êtes venue seule, Rivka ? »

Elle tourna un regard agrandi par la peur vers lui et indiqua simplement de la tête que non. Son souffle s'était légèrement accéléré, et sa main se crispa sur sa baguette. Mais elle devait combattre sa peur et, par la barbe de Merlin, elle devait aller vérifier ce qu'il s'était passé là-bas... Elle nota cependant l'usage de son prénom, ce qui lui tira un haussement de sourcil. L'homme allait vite en familiarité, elle n'allait pas se gêner pour lui rendre la pareille. Pointant de la baguette l'étage, elle se contenta de chuchoter.

- Je propose que nous nous rendions en haut, histoire de voir à qui nous avons affaire... J'espère que vous êtes vif à lancer des sorts James, nous aurons peut-être besoin de nous défendre, et je serais déjà bien occupée à me défendre toute seule, alors, s'il vous plait, ne soyez pas un poids.

Elle lui décocha un petit regard ironique, et sans plus l'attendre, tourna les talons, marchant prudemment vers l'escalier, seul élément en bon état de la maison apparemment. Les marches devaient cependant grincer comme pas possible, alors elle posa son pied le plus prudemment du monde. En haut, le bruit s'était stoppé, et elle arrêta de respirer une minute. La première marche ne grinça pas sous le poids léger de la petite journaliste, et elle avança tout aussi prudemment sur les autres marches, sur la pointe des pieds et sur les côtés des marches, technique ancestrale pour empêcher une marche de grincer, apprise bon gré, mal gré lorsqu'elle sortait sans l'accord de ses parents. Le manoir de Fiennes était semblable à celui des Ainsworth sur au moins ce point-là, et elle parvint à grimper silencieusement jusqu'au premier étage, sur le qui-vive, cherchant la source du bruit. Derrière elle, elle se doutait que James la suivait, et c'était rassurant, en quelque sorte. Un journaliste avec assez de moralité pour vouloir révéler la vérité au grand public ne pouvait pas être le genre de vicieux à vous balancer des sorts pas derrière, pas vrai ?

Elle se retourna néanmoins pour lui lancer un regard suspicieux, l'air de dire "n'essaie même pas" et reprit sa route, baguette toujours pointée droit devant elle. Enfin, elle parvint à la pièce au-dessus de la cuisine, là où le bruit s'était fait entendre. Son courage se fit la malle, et elle attendit, anxieuse, que James la rejoigne, lui jetant un coup d'oeil.

- Je vous laisse l'honneur d'ouvrir la porte, chuchota-t-elle, pas folle.

Au moins, si on leur lançait des sols, la stature de James la protégerait et avec un tel bouclier humain, elle n'aurait qu'à répliquer sans danger.


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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Sam 20 Déc - 2:27


Titre
Avec Rivka.

L'expression de Rivka de Fiennes, figée dans une cuisine ravagée et attendant avec une angoisse palpable de découvrir qui pouvait bien l'observer depuis un placard miteux était mémorable. Encore plus son incompréhension devant l'apparente tranquillité de James Omeara, qu'elle mit visiblement quelques instants à reconnaître. Peut-être que sa culture journalistique faisait défaut ? Lui en tout cas l'avait quasiment immédiatement reconnue. Mais il n'avait pas la prétention d'être une vedette des médias, au contraire, Omeara était d'accoutumée plutôt discret. Cependant ses coups de sang faisaient parler de lui tout comme ses méthodes peu orthodoxes qui lui valaient, à des occasions exceptionnelles, quelques gros titres. Mais lui lisait la plupart des journaux, même ceux qui lui paraissaient les moins intéressants, pour se tenir au courant de ce qui se passait et ce qui se faisait dans le monde comme dans les différents journaux. Observer la concurrence et garder un regard au goût du jour était primordial lorsqu'on travaillait sur l'actualité.

Malgré ce moment visiblement gênant pour la jeune femme – que James n'avait jusqu'ici jamais rencontré – elle finit par se reprendre et répondit non sans malice. Rien d'étonnant venant de part de l'ambitieuse journaliste dont la carrière avait récemment pris un nouveau tournant si James visait juste. En tout cas elle travaillait pour la Gazette, ce qui ne faisait pas forcément d'elle une amie. Cela remémorait à James ses années là-bas, qu'il ne regrettait aucunement. Une des pires périodes de sa vie. Au moins, il eut le mérite de ne pas se plier aux exigences hypocrites de la rédaction et de toujours agir à sa guise avant de quitter le journal de piètre qualité et soumis au gouvernement comme un bon toutou. La Gazette était plus un outil de domination politique que d'information, et ça, beaucoup de gens s'en étaient rendus comptes après les événements liés à Potter et aux Black. Enfin, ce n'était pas le moment de débattre. L'appeler James ? Elle ne manquait pas de toupet celle-là. Enfin, qu'importait. Il se voyait mal lui demander l'appeler monsieur Omeara. Elle était de sa tranche d'âge, était agréable à regarder et la situation dans laquelle ils se trouvaient excusait le non-respect du protocole. Visiblement elle ne se dégonflait pas, et le Cabot aurait bien aimé qu'elle déguerpisse, effrayée, en réalité.

« - Allons pour James. La situation le permet, » dit-il, en réalité amusé par la situation cocasse. Les deux intrus pris en flagrant délit. Il était quasiment persuadé qu'elle allait lui coller aux baskets.

Un bruit suspect vint interrompre leur étrange discussion, leur rappelant la situation dans laquelle ils étaient : deux intrus sur un lieu de crime obscur et ayant visiblement été mal sécurisé, dépourvu de toute surveillance en cette nuit de février. Rien de très rassurant et normal, même pour des sorciers. La mine terrifiée de Rivka après qu'un bruit suspect ait raisonné dans la salle tranchait clairement avec l'assurance qu'elle avait précédemment montrée. Pas de doute, avant même qu'elle ne réponde, James avait compris que l'autre personne qui fouillait le manoir n'était pas une connaissance de la sorcière. Son rythme cardiaque s'accéléra malgré lui, mais il tenta de garder son calme, du moins en apparence, son visage demeurant serein. C'était peut-être l'elfe de maison. Ou alors le meurtrier qui revenait sur son crime... Tout en réfléchissant, James prenait soin de graver chaque détails dans un coin de sa tête. Pas le temps de prendre des notes, mais rien de tout ce qui se passait ne devait lui échapper. Il était plutôt bon en duels pendant ses études, mais pour tout vous avouez, cela faisait quelques temps qu'il n'avait pas eu l'occasion d'exercer ses talents de combattants. Il l'avait fait à plusieurs reprises pendant sa cavale, mais depuis sa vie s'était apaisée, et il n'allait pas s'en plaindre. Mais s'il fallait se battre, il était prêt à le faire. Surtout en compagnie d'une dame, le rôle de chevalier allait lui aller comme un gant.

De Fiennes ne perdit pas de temps et proposa d'aller voir. Il était vrai qu'il n'y avait pas grand chose d'autre à faire de toute façon. Il ne sourit pas à son sarcasme, et se contenta de hocher la tête, visiblement peu réceptif à l'humour de la jeune femme sur le moment, qu'il considérait entre l'attaque personnelle et la douce ironie. Il ne savait pas comment se comporter vis-à-vis d'elle. Ils étaient issus de mondes et d'idéologies différentes, et lui qui était obsédé par la vérité et sa transcendance avait l'impression d'avoir en face de lui un véritable caméléon, tantôt fragile et apeuré, tantôt déterminé et manipulateur. Il ne pouvait qu'être prudent devant cette presque inconnue.

Enjambant les boîtes de conserves tombées sur le sol et les divers objets projetés par terre lors du carnage qui avait eu lieu plusieurs jours auparavant, James sortit de la cuisine, suivant les pas de la petite journaliste. La laisser passer devant n'était pas forcément une bonne idée, songea-t-il. Le hall du manoir était plongé dans l'obscurité et l'on ne distinguait que le vieil escalier blanc et usé qui menait à l'étage, ses marches poussiéreuses recouvertes d'une peinture blanche écaillée qui s'envolait sous les pas des visiteurs. Voyant Rivka prendre toutes les peines du monde à être discrète, il esquissa un large sourire. Avec le boucan dans le placard et leur discussion à voix vive, si quelqu'un était là-haut, à moins d'être sourd comme un pot, il devait bien se douter qu'il n'était pas seule. Il n'était pas forcément utile d'en faire autant. Il la suivait ainsi, faisant bien moins de chichi, baguette en main, l'oeil attentif, surveillant leurs arrières en jetant quelques regards inquiets par-dessus son épaule. Il n'aimait guère l'obscurité, qui pouvait dissimuler bien des choses, et préférait la lumière salvatrice qui révélait tout sous son vrai jour.

Une fois arrivé en haut, ils gagnèrent un palier donnant sur un étage qui semblait immense. James releva des traces de sang sur le sol, dont une assez grosse flaque de d'hémoglobine sèche près de rembarres qui avait été défoncées par la chute d'un corps visiblement. Il osait à peine imaginer ce qui s'était passé ici.

Ils s'approchèrent d'une porte dont s'échappait de faibles bruits, témoignant des fouilles de quelqu'un dans la pièce. Sur la poignée de la porte, une marque de sang dessinant sans doute possible l'emprunte d'une main. James frémit avant de se tourner vers sa camarade de fortune qui lui intimait de passer devant. Il ne comptait pas la laisser s'exposer de toute façon, aussi peu précieuse était-elle au monde journalistique.

« - Restez en retrait. Je ne voudrai pas qu'ils abîment votre brushing... » dit-il avant de sourire, réprimant un rire qui ne demandait qu'à sortir devant la mine grave de la journaliste. Il devait reprendre son sérieux. La nervosité accentuait l'humour du journaliste, qui gardait pourtant d'habitude un calme légendaire, mais disons que l'idée de se retrouver dans la même maison qu'un hypothétique meurtrier Mangemort, isolé de tout, n'était pas forcément une perspective rassurante. Tenant fermement sa baguette, James s'empara de la poignée, la tournant aussi lentement que possible, sentant le sang s'imprégner sur sa main moite. Il était frais. Ce n'était vraiment pas rassurant, et James s'abstint d'en faire part à Rivka, se contentant de poursuivre son mouvement, ouvrant la porte dans un grincement strident, dévoilant peu à peu une chambre dévastée, au sol recouvert de plumes et d'un capharnaüm sans nom. Mais... Aucun signe de vie. La porte fut finalement grande ouverte et James pénétra dans la salle. Les plumes de la literie, en suspension dans l'air signifiait que la fouille était récente et que ce lit venait tout juste d'être lacéré. Il n'y avait pas de sang dans la pièce, elle avait simplement été retournée dans tous les sens.

Alors qu'il s'avançait vers le lit, silencieux et sur le qui vive, l'adrénaline affluent dans ses vaisseaux sanguins, un cri strident stoppa son mouvement. Il eut à peine le temps d'écarquiller les yeux qu'une silhouette bondissait, surgissant de sous le lit et sautant directement à son visage, le renversant en arrière. Il tomba presque sans bruit, la respiration bloquée par la forme puante qui lui griffait le crâne avec acharnement. Empoignant les flancs de l'elfe de maison, il tenta en vain de l'arracher de son visage, incapable de parler pour réclamer de l'aide ou essayer de calmer la créature hystérique qui émettait des bruits stridents insupportables entre deux souffles saccadés. Sa crise de panique allait rapidement se transmettre au sorcier, qui se débattait avec de plus en plus de violence, voyant sa capacité à respirer de plus en plus menacée par le haillon sale duquel était vêtu l'elfe, qui venait s'engouffrer dans la bouche de James, plaqué contre le corps chétif de son agresseur, à qui il asséna un violent coup de poing, l'envoyant valser, après une bagarre de quelques secondes qui avait parue une éternité. James se redressa, haletant, mais l'elfe contre-attaquait déjà, lui sautant dans le dos. La baguette du sorcier lui avait échappé dans la cohue et il ne pouvait l'atteindre, à moitié étranglé par la vile créature, il ne put que s'en remettre à sa compère journaliste :


« Riv...ka, enlevez moi ça ! » parvint-il à dire, jetant un regard noir à la femme qu'il trouvait bien passive jusqu'ici.

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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Lun 5 Jan - 17:52

10 façons de calmer un elfe de maison hystérique


Rivka, main crispée sur sa baguette, repassait en tête son comportement depuis sa rencontre avec l'autre journaliste. Il avait semblé peu réceptif à son humour, coincé si l'on puis dire, et la jeune femme se demandait si elle avait bien fait d'être aussi franche dès le départ. Elle avait entendu dire que ses pairs la trouvaient agressive, mais en un sens, c'était mieux. Mais d'un autre côté, il avait accepté qu'elle l'appelle James dès le départ, c'était bon signe non ? Elle manquait d'alliés. Évidemment, ils avaient une vision très - sûrement beaucoup trop - différente du journalisme, mais un contact, qu'il soit positif ou négatif, était toujours mieux que rien. Elle inspira lentement, écoutant la maison, et surtout la pièce d'où s'échappait des bruits étranges, comme quelqu'un fouinant. Un troisième journaliste ? C'était peu probable. Alors qui, quoi ? Sur ses gardes, la jeune femme distingua avec une fascination mêlée d'horreur la marque de la main sanglante sur la porte.

De funestes événements s'étaient produits ici, et plus que funestes, ils semblaient... Sanglants. Elle tressaillit. Heureusement, le ministère avait déplacé les corps, elle se serait sûrement trouvée mal en présence de cadavres mutilés. Suite à son invitation à passer devant, James lui adressa un regard sombre et lâcha une phrase d'une ironie étonnante venant de celui qui avait ignoré sa boutade précédente :

« - Restez en retrait. Je ne voudrai pas qu'ils abîment votre brushing... »

Légèrement vexée par son sourire qu'elle jugea mesquin, la jeune femme répondit d'un haussement de sourcil, redressant le buste pour se grandir le plus possible, histoire de lui démontrer qu'il ne s'adressait pas à la petite paysanne sortie de n'importe où. Ses manières de noble ressortaient constamment en ce moment, et tout dans son maintien, son regard et ses paroles évoquaient son éducation soignée... et moldue. Elle se retint toutefois de répliquer, et finit par détourner le regard sur la porte, résistant à l'impétueuse envie d'écraser son pied sur le sien avec son talon. Non qu'il ne l'ait pas mérité, ce malotru, mais une lady sait choisir ses combats. Et le moment n'était pas venu de se battre avec son seul soutien dans cette maison lugubre et inquiétante. Enfin, James se décida à calmer son semblant d'hilarité, et elle recula d'un pas lorsqu'il posa la main sur la poignée ensanglantée. Elle songea avec dégoût qu'il venait sans doute de se mettre du sang plein la main et chercha un mouchoir immaculé pour lui rendre service, avant de se dire que tout compte fait elle pouvait le garder pour elle.

Il poussa la porte qui produisait un son horriblement grinçant, digne d'un film d'horreur, mettant les nerfs de miss De Fiennes à rude épreuve. Elle se pencha en avant, découvrant en même temps que lui la chambre dévastée, qui avait été retournée dans tous les sens. Étrange. Quelqu'un venait tout juste de chercher quelque chose dans cette pièce, et elle voulait savoir quoi. Sa peur se dissipa tandis que sa curiosité était piquée, mais prudente, elle laissa James avancer avant de s'y risquer. Bien lui en pris, car tandis qu'elle examinait le lit de loin avec appréhension, une petite chose noire poussa un cri strident, et tel un kamikaze, sauta au visage de l'homme. Elle écarquilla les yeux, frôlant la crise cardiaque, sa peur revenant au galop, et porta sa main à sa bouche pour étouffer son propre cri de peur, pitoyable.

Le temps qu'elle parvienne à distinguer la chose qui venait d'attaquer James, celui-ci la repoussait d'un violent coup de poing, et elle comprit enfin qu'ils avaient à faire avec un elfe de maison, sale, décharné et monstrueux. Elle n'appréciait que peu ses créatures serviles, souvent sales et désagréables ; ou alors peut-être n'avait-elle jamais rencontré d'elfe de maison digne de ce nom. Elle grimaça quand la créature attaqua de nouveau James, ignorant comment aider son compère. Après tout, c'était un sorcier talentueux non, il pouvait bien se débrouiller... ? Ah bah... apparemment non. Le cri de détresse qu'il lui asséna, couplé à son regard noir acheva de paniquer la jeune femme qui approcha d'un pas rapide, réfléchissant à un moyen de contrôler la dégoutante créature sans la toucher. Enfin, elle lâcha un doux "Expulso" qui projeta la créature de l'autre côté de la pièce, et James au sol.

Elle s'approcha vivement de lui, se mettant à sa hauteur, ramassant au passage sa baguette qu'il avait fait tomber pour lui tendre, se mordant la lèvre de culpabilité.

- Toutes mes excuses pour la brutalité du sauvetage, je n'avais aucune idée de comment vous aider ... ! Vous allez bien, James ?

Elle le détailla avec une certaine inquiétude, ayant après tout de la compassion pour le genre humain, et aucune pour le genre elfique. Elle se tourna d'ailleurs vers la petite chose qui reprenait péniblement ses esprits et lui lança un Stupéfix sans hésiter, une expression crispée au visage. Enfin, elle se tourna de nouveau vers James, s'assurant qu'il allait vraiment bien, se sentant affreusement coupable de l'avoir jeté au sol de façon si cavalière. L'image qu'il allait avoir d'elle... Elle se reprit, se fustigeant mentalement de lui laisser l'occasion de se moquer d'elle et de ses talents en tant que sorcière. C'était encore un inconnu, il fallait qu'elle se montre inflexible, qu'elle ne montre aucune faiblesse. C'était ça, le jeu, non ? Sinon, elle risquait encore de se faire piétiner, et ça, c'était hors de question. Elle se redressa donc, d'un pas décidé, et d'une main de fer - bien qu'enveloppée du mouchoir blanc ramassé précédemment - elle saisit le col de l'elfe et le libéra du Stupéfix. Aussitôt fait, la bestiole se remit à remuer de partout, tentant de la griffer avec hargne. Elle le secoua légèrement.

- Calmez vous nom d'une pipe ! Vous êtes l'elfe des Ainsworth ? Que faites-vous ici ?

Elle jeta un regard circulaire autour d'elle et reprit, de son ton autoritaire.

- Que cherchiez-vous dans cette chambre ? Répondez, ou je vous jure que vous allez passer un sale quart d'heure !

Malgré son caractère doux, miss De Fiennes ne rigolait pas lorsqu'elle enquêtait, et son ton autoritaire avait déjà délié de nombreuses langues. La petite Primadonna fixa donc sans compassion la bestiole qui continuait de se tortiller sous sa poigne, baguette pointée sous la gorge de ladite bestiole, qui pour le coup faisait beaucoup moins la fière.


_________________

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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Sam 10 Jan - 22:35


Memories
Avec Rivka de Fiennes.

Il se passa une éternité avant que Rivka de Fiennes ne daigne bouger son noble fessier et venir aider James en le débarrassant de l'elfe de maison, sortant enfin de sa torpeur. Le souffle court, James jeta un regard à la créature, vautrée dans un coin de la pièce. S'époussetant, il releva son regard et croisa celui de la journaliste, l'air innocente mais surtout apeurée qui venait voir s'il allait bien. Il ressentit la sincérité dans sa parole, tandis que son regard pénétrait le sien. Il n'usait pas de son don, mais il avait toujours de petites intuitions qui venaient agrémenter sa vie, et à ce moment précis. C'était insignifiant mais toujours intéressant à savoir. Un signe d'humanité chez quelqu'un de la Gazette, s'en était presque touchant.

« - Ne vous en faites pas pour moi. » lâcha James en se redressant. Ca sonnait un peu machiste, voir cliché, mais ce n'était l'effet réellement cherché. Il avait connu pire, mais il devait avouer que l'expérience était inédite, un combat de catch avec un elfe de maison, on en vivait rarement. Surtout avec une telle bête enragée. Nul doute qu'il ferait fureur dans le domaine des paris illégaux.

Une fois debout, James finit de retirer la poussière et les plumes qui étaient venues recouvrir ses habits, pris d'une légère quinte de toux à cause de la poussière, qui s'atténua rapidement. Bon, au moins, ils avaient une piste pour le moins intéressante, l'elfe de maison des Ainsworth gardait encore la maison, et avec dévouement visiblement. En tout cas, il avait plus de respect pour sa tâche de gardiennage que pour celle qui consistait à entretenir la maison, vu comment il avait saccagé cette chambre. James se demanda alors quel comportement adoptait le Ministère auprès des elfes de maison dans ce genre de cas où leurs maîtres étaient sauvagement tués et où ils constituaient certainement une pièce maîtresse de l'enquête. Il se complaisait dans l'idée que le Ministère n'avait cure de ces misérables créatures et qu'il allait obtenir un témoignage exclusif qui révélerait au passage que ces êtres étaient moins ignares que certains pouvaient le prétendre. Son expédition allait se révéler payante finalement.

La fin de ce ridicule affrontement avait été quelque peu brutale, mais avait eu le mérite de remettre les idées de James en place. L'elfe était neutralisé, lui simplement déboussolé sur le coup. Maintenant qu'il avait repris ses esprits, il restait en retrait, écoutant d'une oreille critique le début de ce qu'on aurait pu qualifier comme un interrogatoire. Un sourire gagna bientôt les lèvres du sorcier devant le vocabulaire poliment fleuri de sa confrère. « Nom d'une pipe » ? Sérieusement ? Il n'y avait visiblement pas que le look de cette femme qui faisait vieille Angleterre. L'elfe, comme l'attendait James ne prit pas le temps de répondre à la journaliste malgré une forme de « fermeté », montrant qu'elle n'était pas habituée à cet exercice. En fait, James était quasiment convaincu que c'était la première fois qu'elle était sur le terrain, en dehors des critères classiques de ce qu'on entendait par « terrain » dans le journalisme, bien entendu. Il aurait préféré être en compagnie de Skeeter, elle était insupportable mais avait l'avantage d'être efficace. Enfin, il ne pouvait pas en vouloir à de Fiennes. Au moins elle conservait un certains côté honnête presque touchant. Et puis elle n'avait pas le profil d'une aventurière, elle n'était pas à sa place ici. Mais il ne fit aucun commentaire, cachant habilement son amusement lorsqu'il se rapprocha de la scène. Il ramassa une chaise pour enfant, renversée sur le sol et la mit sur pieds. Puis il se rapprocha de Rivka et posa sa main sur son épaule.

« - Laissez-moi faire. » dit-il simplement, abaissant d'une main sûre et calme la baguette de la jeune femme avant d'empoigner l'elfe agité par le cou, l'étranglant à moitié. Il le posa avec force sur la chaise et en l'y maintenant fit un rapide mouvement de baguette. « Incarcerem ! ».

Des liens jaillirent alors de la baguette du journaliste, attachant la créature au dossier de la chaise. L'elfe se débattit pendant quelques instants avant de comprendre que c'était vain et d'enfin se calmer, épuisé et haletant. Il avait l'air plus effrayé qu'agressif, en réalité, et James vint à avoir pitié de lui, oubliant les marques de griffures sur ses joues et son crâne, causées par l'hystérie de l'elfe. James lui laissa quelques minutes, pour qu'il reprenne son souffle. L'elfe leur jetait un regard à la fois haineux et apeuré, figé dans le silence, les dévisageant de ses grands yeux humides.

« - Comment t'appelles-tu ? »

Il y eut un long silence, le regard fuyant de la créature soumise finissant par s'ancrer dans celui de James, qui se voulait bienveillant. Il pouvait aisément imaginer que la situation ne mettait pas en confiance l'elfe, dominé de haut par son interlocuteur, dans une salle plongée dans une obscurité et un désordre inquiétants. Il se passa encore un nouveau silence avant que la créature ne réponde.

« - … T... Turkey... » finit par avouer l'elfe de sa misérable voix cassée, désagréablement aiguë.

Turkey ? Cela signifiait littéralement dinde. James ne s'attarda pas là-dessus, se demandant qui pouvait bien lui avoir donné un tel nom et pourquoi. Il allait parler quand l'elfe se remit à gesticuler dans tous les sens, faisant même tomber la chaise sur le côté, continuant de se débattre, face contre sol.

« - Non ! Non ! Vous ne ferez pas parler Turkey ! Turkey ne dira rien aux Mages noirs ! » s'écriait la misérable créature, vautrée sur une vieille tapisserie. Bon... Tout s'expliquait. Apparemment quelqu'un était déjà passé, ou alors il avait bel et bien été un témoin direct du massacre, ce qui, de toute façon, était quasiment certains.

« - Nous ne sommes pas des mages noirs, Turkey, écoutez... ».

La seule réaction de l'elfe devant les paroles visiblement trop mielleuse pour lui de James furent une série de hurlements et de nouvelles gesticulations inutiles. Bon sang, il allait réveiller toute la région s'il continuait comme ça, cet abrutis.

« - Bloclang. Dommage pour toi, Turkey. Tu ne me laisses pas le choix. »

Il fit un pas en arrière et pointa sa baguette vers l'elfe. Il tourna légèrement la tête, se souvenant soudainement de la présence de sa concurrente. Il hésita à lui demander de sortir, mais nul doute qu'elle refuserait, préférant ne pas rater une miette de tout ce qui pouvait se passer ici. Ainsi il la regarda simplement d'un regard neutre, comme pour voir si elle avait un quelconque commentaire à faire. Puis sans attendre, il revint sur l'elfe désormais muet, qui le fixait dans une attente désespérée.


« - Je vais vous faire souffrir, Turkey. » dit-il d'une voix lente et grave, cherchant à susciter la peur chez l'elfe. Voyant les yeux de l'elfe devenir encore plus grands et humides qu'à l'accoutumée, il comprit qu'il avait eu l'effet attendu. Alors, sans plus attendre, il cria son incantation :

« - Legilimens ! »

La vue de James se troubla un instant avant que tout autour de lui ne se mette en mouvement, la pièce fut projeté avec lui vers l'elfe, tout ne devenant plus qu'un amas de couleurs sombre confus et tourbillonnant. Le sorcier eut froid, terriblement froid, tandis que des flash venaient illuminer la noire tempête qui bouillonnait autour de lui. Il ressentait la peur, le désarroi et un souffle de mort sur sa nuque. Des cris stridents. Des morceaux de vie lui apparaissait, explosant dans son esprit qui se mêlait à celui de la créature qui tentait faiblement de résister. Il ressentait sa colère et sa résistance pitoyable tandis qu'il s'insinuait comme un poison dans les méandres de l'inconscient de Turkey, des images se projetant à une vitesse fulgurante, défilant devant ses yeux, celles d'une vie de servage, monotone et dévouée. Avant un grand drame.

Le sorcier revint à lui subitement, toujours debout, tenant fermement sa baguette, toujours pointée face à une créature en sueur, effondrée et haletante. Lui-même avait le souffle légèrement altéré. Il laissa son bras choir un instant, silencieux. Il se massa le crâne de la main gauche, pensif. L'exercice n'avait pas été très plaisant. Il aurait préféré que l'elfe lui présente plus de résistance, mais peut-être était-ce trop demander à une créature affaiblie et visiblement en état de choc. Il avait vu plus de choses qu'il ne l'aurait voulu. Le silence plana encore un instant avant d'être rompu. Bien entendu, de Fiennes devait être pleine d'interrogations.

« - Il n'a rien à nous apprendre. Rien de plus que ce qui a déjà été dit, dans mon article du moins... Des Mangemorts... Mais il a encore peur... Je ne comprends pas. Il est terrifié. ».

Il parlait presque plus pour soit-même que pour Rivka, mais il tenait tout de même à l'informer un minimum de ce qui se tramait. Il ne savait pas si la Gazette avait déjà publié, en détails du moins, sur l'affaire Ainsworth. Lui connaissait déjà les faits et n'avait aucunement de faire publier les détails qu'il venait d'obtenir. Inutile de traumatiser le public. Il venait déjà de gagner une bonne dose de cauchemars et certainement de nouvelles nausées allaient accompagner les images qui le hanteraient quelques temps. Quelques temps avant qu'il n'use de nouveau sur son don. Cela faisait longtemps, mais avec la tournure des événements, il avait l'étrange pressentiment que lire dans l'esprit des gens allaient redevenir une habitude.


Il se rapprocha de Turkey et usa de nouveau de sa baguette :
« Finite incantatem. ». Un gémissement se fit entendre tandis que l'elfe s'affalait à genoux, délivré des deux sorts de James. Il les regarda un instant, hésitant, avant de disparaître dans un claquement de doigts.
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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Mer 25 Fév - 23:42

Nox Aeterna


Cette satanée créature l'observa de ses grands yeux ronds comme des boules de billard, et resta muette. La jeune femme fut profondément agacée de ce refus de coopérer, persuadée d'avoir pourtant peaufiné sa technique : elle n'était pas sur le terrain depuis longtemps, certes et c'était là sa première véritable enquête en bonne et due forme, mais rien ne justifiait cette mauvaise volonté et tant de mépris. Elle retint un coup d'oeil vers James, refusant de perdre la face et grimaça, son joli minois laissant apparaître une détermination sans faille. Sus à l'ennemi ! Elle plaquait sa baguette sur la gorge de la petite chose, mortellement implacable et sérieuse, prête à lui faire exploser ses ignobles globes oculaires, quand la main du journaliste se déposa sans délicatesse sur son épaule, lui tirant une nouvelle grimace. L'impudent lui abaissa sa baguette avec une phrase contenant un mépris presque caché. Visiblement, il ne la trouvait pas efficace...

Rivka se redressa, conservant sa dignité dans le silence outré, l'observant attraper l'elfe d'une main ferme, sans une once de douceur ou de pitié. La jeune journaliste croisa les bras, inspirant doucement, plissant son petit nez retroussé tant l'odeur était désagréable, autant celle de la pièce que celle de la créature. Elle préférait pour le moment ignorer le mépris de son confrère et se concentrer sur la matière à article. Elle notait néanmoins soigneusement son nom, à ce cher James Omeara. La vengeance se dégustait de bien des manières... Et son mépris avait beau heurter son ego de manière démesurée, la jeune femme ne saurait y répondre qu'aussi démesurément, lors d'une autre occasion...

Pour l'instant, elle se contenta de rester telle une jolie potiche silencieuse tandis que James laissait la bestiole immonde se calmer sur la chaise ; bestiole qui les observait d'un regard inquiétant - perturbant. Rivka pinça ses lèvres peintes de roses tandis que l'autre journaliste prenait un ton raisonnable, ayant certainement pitié de l'apparence de la chose. En son for intérieur, Rivka devait avouer qu'elle n'était pas très emballée à l'idée de blesser de façon permanente la misérable petite chose. Que dire ? Loin d'avoir de la pitié, elle n'aimait tout simplement pas l'idée de violence non-nécessaire, et ça la rassurait en son fort intérieur de voir James suivre le même genre d'idée.

Mais hors de question de le montrer, elle n'était pas partie pour se bâtir une réputation de tueuse, mais autant sauver le minimum d'apparences tout de même ! Quand les choses se corsèrent avec l'elfe, elle recula d'un pas discret et se mordit la lèvre inférieur, la relâchant presque immédiatement. Par Merlin. Elle devait se composer un visage neutre. Observant la scène calmement, elle n'esquissa pas un geste pour aider son confrère à maîtriser de nouveau la bestiole. Elle avait compris qu'il la trouvait gênante, elle n'allait pas se plier en quatre pour lui prouver le contraire.

Il décida soudainement d'utiliser les grands moyens, se donnant un genre de héros tragique en déclarant que la bestiole ne lui laissait pas le choix. Elle apprit donc avec un grand intérêt les pouvoirs de Legilimens du sieur Omeara et un frisson parcourut sur échine. Elle espérait simplement qu'il n'avait déjoué aucun secret de son esprit à son insu. Sorcière peu brillante, elle savait ne pas être à la hauteur si dans toute sa grandeur et son héroïsme, il décidait de lui soutirer des informations de cette manière.

Les secondes s'éternisèrent, cristallisées dans l'air tandis que l'homme restait figé, debout, fouillant l'esprit de la petite chose misérable et recroquevillée sous l'effet de la terreur. La scène était d'une grotesque glauque et peu ragoûtant et Rivka serrait nerveusement sa baguette entre ses doigts fins. Enfin, James sembla revenir à lui, et elle s'approcha, persuadée que l'elfe était désormais hors d'état de nuire. Et elle attendait des révélations de taille...

« - Il n'a rien à nous apprendre. Rien de plus que ce qui a déjà été dit, dans mon article du moins... Des Mangemorts... Mais il a encore peur... Je ne comprends pas. Il est terrifié. ».

Un soupir ténu, déçu, lui échappa avant qu'elle ne se reprenne, constatant sur les traits de son compagnon que la "fouille" avait été sportive... Et peu plaisante. Elle se demanda un instant si elle était jalouse de sa capacité avant de conclure pour elle même que non. Être banale lui allait parfaitement, et lui épargnait sans doute bien des névroses et des traumatismes au quotidien. Elle l'observa encore, restant calme et silencieuse, tandis qu'il libérait l'elfe du sort. Elfe qui en profita pour se faire immédiatement la malle. Tant pis.

Elle tourna sur ses talons, assimilant la peur de la bestiole.

- Il doit rester quelque chose ici. Ou quelqu'un...

Elle prit une courte inspiration, canalisant sa peur, et se tourna vers lui une nouvelle fois.

- Tout va bien ? Vous n'allez pas me faire un malaise pas vrai ? Je suis une piètre infirmière, alors reprenez vous mon vieux.

Elle savait déjà ce qu'il allait penser : elle était déjà une piètre journaliste alors que dire de ses talents d'infirmière, gnagnagna. Sans être Legilimens, elle captait assez bien son dédain, mais c'était sans importance. Elle s'était reformée un solide bouclier et son professionnalisme avait repris le dessus. Elle tourna donc le dos à l'homme, s'élevant sur la pointe des pieds pour inspecter délicatement chaque recoin de la pièce, ses pas se faisant légers comme ceux d'une danseuse, le seul bruit troublant le silence étant le froufrou de sa robe sur ses collants.

Elle se pencha, esquissant une moue de réflexion, se demandant ce que l'elfe pouvait bien être revenu chercher malgré sa terreur. Et elle devait également prendre en compte qu'un mage noir pouvait encore rôder dans la maison. La jeune femme entortilla une mèche blonde autour de son index, sa baguette éclairant les recoins les plus sombres de la pièce, ne dévoilant que meubles déchiquetés et tâches peu ragoûtantes...


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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Sam 7 Mar - 16:20





Des visiteurs, venus d'ailleurs
Avec Rivka

Le soupir de la jeune femme trahit sa déception et James lui lança un regard presque las. L'avidité de « scoop » et de nouveaux sujets à polémique était toujours la ligne éditoriale du journal pour lequel elle travaillait après tout. Mais à quoi s'attendait-elle ? Turkey n'était qu'un simple témoin, d'une scène de barbarie qui ne méritait pas qu'on écrive dessus. Essuyant une goutte de sueur qui perlait sur son front, James reprenait peu à peu des couleurs – si c'était vraiment observable si sa peau brune – et reprenait l'observation minutieuse de la chambre qu'il avait commencé avant d'être agressé par un elfe enragé. Rivka de son côté émettait l'hypothèse d'une autre présence. C'était probable. Cela expliquerait la peur viscérale de Turkey. Il craignait certainement d'être découvert ici, et il craignait pour sa vie. Il y avait-il un rôdeur dans les parages ? Un Auror sensé garder l'endroit ? Des Mangemorts revenant sur le lieu du crime ? Mais pourquoi ? Cette affaire prenait une tournure des plus déroutantes. Il y avait énormément de questions sans réponses et James n'était pas certains de pouvoir les découvrir. Malheureusement il ne comptait pas non plus sur le Ministère. Ou alors il devrait aller une énième fois enquêter dans leurs locaux.

Tandis qu'il s'approchait du lit à pas de loup, il fut interpellé une nouvelle fois par sa comparse qui venait quérir de ses nouvelles, visiblement inquiète de la fatigue que lui avait causé l'usage de son don. Il était vrai que c'était assez inhabituel. Ce n'était pas sensé être aussi éprouvant pour le legilimens. Plutôt pour la victime de son don, en vérité. Alors pourquoi cette fatigue subite après avoir visité l'esprit de Turkey ? Un manque de pratique ces derniers temps, certainement. En tout cas il avait repris vigueur et sourit légèrement, répondant à la jeune femme sans pour autant se retourner vers elle.

« - Ne vous en faites pas. Je vais bien. Vous n'aurez pas à user de vos talents d'infirmière... » dit-il sur un ton amical, bien que teinté d'ironie.

Il n'appréciait pas cette femme, mais il devait avouer qu'être en duo dans ce genre de situation et d'endroit avait quelque chose de réconfortant.

S'approchant du lit, il remarqua que la fouille de l'elfe n'avait visiblement pas été vaine. Il avait déchiré les draps et saccagé la literie, dénichant un trou dans le matelas même. Au creux de celui-ci résidait une bien étrange boîte noire, de taille réduite. James approcha ses mains de celle-ci, intrigué, avant de se reprendre. Mauvaise idée. L'objet était certainement ensorcelé et protégé par la magie. Il pouvait également supposer qu'une famille de mage noirs n'usait pas de vulgaires sortilèges de protection pour cacher ses secrets.

Il se redressa, songeur.

« - J'ai trouvé quelque chose. » dit-il à l'adresse de la journaliste qui fouinait non loin.

Tandis qu'elle s'approchait, il réfléchissait intensément à la manière la plus sécurisée de désensorceler un objet. Mais il avait l'intuition que la boîte était imprégnée de magie noire et que pour pouvoir espérer l'ouvrir ils allaient devoir déchaîner les forces qui en condamnait l'accès. Hélas il n'avait pas vraiment l'envie de provoquer un cataclysme et préférait donc laisser cette tâche aux agents du Ministère, qui, pour une fois, se révéleraient compétents, du moins il l'espérait.

« - Laissons ça à... »

Un craquement sonore, suivis de bruits de pas précipités l'interrompirent. Les bruits étaient à la fois lointains et terriblement près. James songea à l'autre aile du manoir, restant figé quelques secondes, le regard alerte. Celui-ci se posa sur le visage de Rivka, et son expression traduisit certainement ce qu'il n'avait pas encore dit : il fallait partir.
Turkey ? Il en doutait fortement. L'elfe ne reviendrait certainement pas dans les parages avant un certains temps, et c'était déjà miraculeux qu'il ait échappé aux Aurors vu sa maladresse, il devait s'estimer heureux que les journalistes l'aient relâché. Alors qui ? Aurors, mages noirs ?


Agrippant sa baguette, James murmura un sortilège bien utile :

« - Hominum Revelio ». Déglutissant lentement, il hocha la tête pour lui-même, comme pour confirmer ses craintes. « Nous ne sommes plus seuls ». Le sortilège lui avait révélé la présence de trois êtres humains et cela ne rassurait pas Omeara malgré son côté aventurier. Il avait peur des conséquences qu'aurait le fait d'être découvert ici, que ce soit par l'un des deux camps, si tenté qu'on pouvait les qualifier ainsi. Seul, il aurait peut-être pris le risque de fouiner un peu avant de s'éclipser voir de désorienter les inconnus pour avoir champ libre, mais en compagnie de la jeune femme il ne désirait certainement pas mettre sa vie en danger. Elle était peut-être agaçante, mais une vie humaine valait bien plus que n'importe quelle enquête, encore plus celle d'une jeune femme, en somme des plus charmantes tant qu'elle ne parlait pas trop.

L'endroit n'était plus sûr et James réfléchissait donc à une issue. Sauter par la fenêtre ? Inutilement dangereux et bruyant. Quant aux nouveaux venus, avaient-ils connaissance de la présence des deux journalistes ? James imaginait mal que les Aurors ne vérifiaient pas à chacune de leur visite qu'il n'y ait personne, surtout au vu de l'importance de l'affaire. Cependant, quand ils étaient arrivés, le site n'était pas protégé. Alors peut-être que ces personnes étaient là depuis plus longtemps qu'ils ne le pensaient.

Malheureusement ils n'avaient pas vraiment le temps de tergiverser, et les rares minutes qui leur restaient furent bientôt épuisées. James le comprit quand un éclat de voix vint jusqu'à haut, en provenance du hall, derrière la porte :

« - En haut ! ».

Bien, soit ils savaient qu'ils étaient dans la maison et les cherchaient, soit ils cherchaient autre chose. Dans tous les cas, James s'était une nouvelle fois mis dans le pétrin. Il regarda autour de lui et vit avec un certains soulagement qu'un placard était entrouvert et dont le contenu avait été répandu dans toute la chambre par l'elfe vandale.


« - Rivka, cachez-vous. » dit-il en désignant le placard. Devant l'incompréhension et certainement la panique de la jeune femme il se fit plus pressant. « Vite ! ».

Quant à lui, il restait planté au milieu de la pièce, cherchant une issue à son propre sort. Il allait devoir gagner du temps, trouver une autre cachette ou bien tout simplement en découdre. Les pas se rapprochaient et il comprit que ce n'était pas qu'un seul homme qui montait les escaliers grinçants. Anxieux, il brandit sa baguette en direction de la porte. C'était l'heure de vérité.
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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Dim 15 Mar - 18:10

No way out Mister !


« - Ne vous en faites pas. Je vais bien. Vous n'aurez pas à user de vos talents d'infirmière... »

Tant mieux. Pour lui surtout. Elle n'avait pas menti : elle était incapable de soigner ou de guérir qui que ce soit, et avec le dédain et l'ironie qu'il déclarait à chaque regard et à chaque parole à son égard, elle aurait été très, sûrement trop, tentée de lui créer de nouvelles blessures. Au moins, il ne serait pas un poids. Elle poursuivit sa fouille, examinant une immense armoire, pleine de draps et d'effets personnels sans importance, tandis que son collègue faisait de même de l'autre côté de la pièce. Elle mit la main sur ce qui semblait être la correspondance personnelle du chef de famille dans un petit bureau juste à côté, et les dissimula habilement dans son sac sans piper mot. Elle ne savait pas si il y avait dedans des informations de valeurs, mais elle préférait le vérifier chez elle, tranquillement, sans cet agaçant et méprisant fouineur. Son animosité était presque étonnante - peut-être devrait-elle jouer la carte de la jeune femme apeurée et innocente.

Cela attendrirait-il l'homme aguerri, qui au fond de lui, ne demandait qu'à protéger la veuve et l'orphelin ? Rivka sentit un sourire se dessiner sur ses lèvres tandis qu'elle examinait cette possibilité avec attention. Sans s'en faire un ami, elle pourrait s'assurer un allié. C'était un homme après tout, et sans les sous-estimer aucunement, et si elle ne se trompait par sur l'orientation sexuelle de son confrère... Eh bien cela signifiait qu'il était sensible à ses charmes. Cela valait le coup d'essayer, et si elle se ridiculisait, et bien tant pis. Ce ne serait qu'un insecte de plus, la moquant. Si elle avait donné un gallion à chaque fois qu'on s'était moqué de sa personne... Elle haussa les épaules et se tourna, entrant dans son rôle de jeune femme en besoin d'un protecteur, quand il l'interrompit.

« - J'ai trouvé quelque chose. »

Oubliant momentanément son plan d'attaque affective, elle se rapprocha, curieuse, et découvrit la boite reposant dans les entrailles du lit. Glauque. C'était une petite boite noire, mate, sans fioriture. Mais James ne l'avait pas touchée, ni ouverte, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : il la pensait ensorcelée. Elle grimaça, l'observant et réfléchissant. Pendant ce temps, pris aux mêmes réflexions visiblement, James était parvenu à une conclusion, lançant un « - Laissons ça à... » qui fut brutalement interrompu par un bruit au rez-de-chaussée. Rivka se figea. Sérieusement ? C'était maintenant que les ennuis arrivaient...? Son rythme cardiaque reprit de plus belle, accélérant de façon presque indécente. James la fixa, l'air de dire : Cassons nous de là. Et elle ne pouvait plus être d'accord avec lui. Mais partir, comment ? Par où ?
Elle jeta un regard à la ronde, tandis que son collègue se résignait à jeter un Hominum Revelio, qui confirma bien vite qu'ils n'étaient plus seuls. La jeune femme crispa la main sur sa baguette, cherchant des yeux un endroit où se cacher.

Très vite, elle repéra le placard qu'elle avait inspecté quelques minutes avant, et dont le contenu était répandu au sol. L'espace exigu pourrait l'abriter, et même abriter James si jamais il venait à manquer de cachette... Ce qui serait probablement le cas. Malgré tout, l'idée de s'enfermer en collé-serré contre un homme qu'elle venait de rencontrer et qui était parfaitement désagréable lui déplaisait fortement, et ainsi, quand un éclat de voix leur parvint et qu'il lui intima de rejoindre ladite cachette, elle haussa un sourcil. Son empressement était presque touchant, l'homme avait donc assez d'honneur pour privilégier une femme qu'il trouvait idiote. Soit.

S'approchant de lui, se rendant compte qu'il comptait rester planté comme un abruti devant la porte, Rivka lui saisit le bras avec empressement, papillonnant des yeux, une moue fragile et tremblante aux lèvres, le dévisageant avec une détresse à moitié simulée.

- Ne restez pas là, il y a assez de place pour nous deux en faisant un effort !

Se souvenant brutalement de la boite, elle admit qu'elle se refusait à la laisser aux intrus, réfléchissant à toute vitesse, elle prononça donc un "Locomotor Barda" qui fit miraculeusement décoller la boîte. Elle la guida de sa baguette et la cacha rapidement et efficacement là où, avec un peu de chance, personne ne la chercherait, collée au plafond dans l'un des recoins sombres, la faisant devenir invisible pour qui ne levait pas la tête avec un Lumos au bout de sa baguette. Tout en maintenant le sort - une goutte de sueur roula sur sa tempe droite, son manque d'exercice et de pratique de la magie lui coûtait cher, elle entraîna ensuite l'autre journaliste dans le placard, l'y poussant, le forçant à rentrer malgré ses protestations, et se colla contre le mur du placard, cherchant à mettre le plus d'espace entre lui et elle malgré l'espace exagérément exigu du placard. C'était évidemment un espace imaginaire, tant ils étaient serrés, mais elle ne souffrait pas de se faire ainsi envahir son espace vital. Des pas résonnèrent devant la porte et elle retint brutalement sa respiration, baguette toujours tendue droit devant-elle, maintenant la boîte au plafond.

La jeune femme ferma les yeux pour mieux se concentrer, entendant les trois hommes se parler entre eux, sans faire preuve de discrétion. Visiblement, ce qu'ils voulaient, c'était bien la boîte, et ils ne semblaient pas avoir compris leur présence : peut-être alors se seraient-ils faits plus discrets afin de les surprendre efficacement. Rivka remercia le ciel que ces imbéciles n'aient pas songé à jeter l'Hominum Revelio. C'était miraculeux et c'était là leur chance. Jetant un coup d'oeil à James, enfoncé dans le placard, l'air sombre comme à son habitude, elle se demanda un instant si la meilleure des défenses ne seraient pas l'attaque...

Elle le regarda fixement, se demandant si il entendrait sa pensée et comprendrait son intention : celle de foncer dans le tas en jouant sur l'effet de surprise. Ce n'était pas une si mauvaise idée après tout... Rivka retint un regard vers le ciel, consciente de sa propre bêtise. Voilà qu'elle se mettait à réfléchir comme une Gryffondor, elle, la Serpentarde trouillarde qui préférerait plus que tout rester planquée dans son placard ? Il fallait qu'elle se ressaisisse. Mais en attendant, qu'en pensait donc James?



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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Jeu 2 Avr - 21:24


Calfeutrés.
Avec Rivka.

La vaillance affichée par James, en réalité teintée de désarroi, ne suffit visiblement pas à convaincre Rivka qui s'entêta à l'attraper par le bras après avoir dissimulé la boîte. Il se laissa traîner dans le placard, comprenant qu'il en avait sous-estimé la capacité. Une fois à l'intérieur, il ne fut pas pour autant rassuré. Et maintenant ? Le problème n'était pas réglé. Ils étaient enfermés dans un endroit confiné, et si le placard était assez grand pour permettre à James de ne pas trop coller la jeune femme, en se tordant le cou, il sentait distinctement son souffle chaud sur sa figure. La manière rapide et irrégulière avec laquelle il venait caresser le visage fermé d'Omeara trahissait l'anxiété de la jeune femme, plus que contagieux et certainement justifié au vue de la situation. James l'aurait presque qualifié de cauchemardesque. Ils distinguaient clairement les voix des nouveaux venus dans la pièce, qui parlaient distinctement de la boîte qu'ils venaient de découvrir. L'un d'eux s'offusqua bruyamment en découvrant la literie lacérée et la boîte absente. Ils savaient où chercher. Turkey devait chercher à dissimuler à ces messieurs l'emplacement de ce mystérieux contenant. Pendant tout ce temps, Rivka, le front légèrement plissé, restait concentrée pour maintenir la boîte dissimulée. James la fixait en silence, songeur.

Il suffisait que les pilleurs ne se mettent à fouiller la chambre pour qu'ils leur tombent dessus, et ils pouvaient rester là longuement. L'attente serait infernale. Et James n'était guère disposé à se terrer ici toute la nuit.

La colocataire partageant temporairement ce coquet placard avec lui leva soudainement les yeux, le regard brillant d'une malice qu'il ne lui avait jusqu'ici pas connu. Malice ou audace soudaine qu'il ne su traduire sur le moment, encore plus lorsqu'elle sembla se raviser, alors même qu'elle l'avait fixé quelques secondes durant, son visage exprimant la volonté de transmettre un message. Voulait-elle sortir en fracas ? Elle avait un plan de secours peut-être ? La première option lui semblait peu probable, elle lui avait paru terrifiée quand elle l'avait sommée de se cacher avec elle dans le placard. Quant à la seconde option... Son silence désormais résigné venait contredire la possibilité d'une issue de secours.


Il ne désirait pas la mettre en danger, cependant, il était en effet possible qu'elle ait voulue attaquer. Après tout ils auraient l'effet de surprise. Mais Rivka maintenait la boîte dissimulée et ne semblait pas disposée à cet affrontement. Si ces hommes étaient bien des Mangemorts, ils n'hésiteraient pas à tuer. Inutile qu'elle risque sa vie. James eut alors l'idée d'agir seul, comme son instinct le lui criait, lui qui avait toujours préféré travailler de manière solitaire. Il sortit sa baguette de sa poche, se penchant légèrement vers Rivka, sans pour autant trop empiéter sur son faible espace vital, avant de murmurer :

« - Restez cachée... »

Il n'eut guère le temps de poursuivre, car la discussion à l'extérieur du placard, où il commençait à faire chaud, s'arrêtait.

« - J'ai entendu chuchoter...
- Tu perds la boule...
- Dans le placard, j'pourrais l'jurer... »


Tant pis. C'était le moment ou jamais. S'ils s'approchaient, l'effet de surprise serait moindre. Ils étaient encore dans le doute. Les pulsations de son cœur s'accéléraient tandis que ses pensées fusaient dans tous les coins de son esprit. Ses doigts étaient engourdis par le stress. Que faire ? Il fallait agir. Tant pis pour les plans, les stratégies stupides. Place à l'action et l'adrénaline. De ses mains moites, il agrippait sa baguette de toute ses forces et fit voler la porte du placard d'un coup de pieds. Il découvrit alors deux hommes vêtus de noirs, les yeux fatigués, qui le fixaient, bouches bées. Un troisième était vissé devant la porte, baguette à la main, vêtements déchirés. Tout se passa très vite. Sans qu'il ne prononça un mot, James lança plusieurs sorts, agitant frénétiquement son poignet. Son premier fit mouche, un des deux pilleurs surpris fut projeté contre le lit à baldaquin dont les rideaux s'effondrèrent sur lui. L'autre fut plus vif et esquiva un éclair bleuté, bousculant celui qui gardait la porte. Ce dernier attaqua à son tour et James eut à se protéger de plusieurs sorts basiques, qui le firent reculer jusqu'à la fenêtre. La chambre étaient un endroit trop exigu pour se battre, et il allait devoir trouver un moyen de les en chasser. Cela lui donnerait plus de libertés de mouvement et permettrait, il l'espérait, à la jeune femme de filer. Quant à lui... Il avait toujours pensé qu'il aurait une mort de ce genre. Anonyme mais héroïque. En réalité, l'idée lui plaisait, bien qu'il n'avait aucunement envie de mourir. Qui allait nourrir Gérald ?


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MessageSujet: Re: Au plus profond des ténèbres. [Rivka]   Mar 9 Juin - 0:04

Témérité insoupçonnée d'une primadonna


Le 22 Février | Avec Jamesie


Après s'être rendue compte de la témérité, et plus encore, de la stupidité de son plan d'attaque, sachant qu'elle devait maintenir la boite hors de portée des intrus, Rivka avait émis un léger soupir, inconsciente que son regard téméraire avait été perçu, et surtout compris, par son compagnon involontaire. Plus petite d'une bonne tête, elle sentait son souffle, plus lent que le sien, venir perturber ses mèches de cheveux blonds parfaitement arrangés. La jeune femme se mordit la lèvre, incapable de trouver une solution à leur situation. Situation qui était bien plus que précaire d'ailleurs... Il suffisait que l'un des hommes ait l'idée d'ouvrir la porte de leur placard... Et c'en était fini d'eux. Elle ne voulait pas mourir. C'était totalement hors de question.

La jeune journaliste plissa le front, sentant un mouvement contre elle. Il sortait sa baguette ? Relevant les yeux, elle croisa un regard déterminé, tandis qu'il approchait d'elle pour lui souffler quelques mots.

« Restez cachée... »

Et ce fut tout. Battant des cils, perturbée, elle lui jeta un regard d'incompréhension tandis qu'il semblait prendre sur lui. L'homme n'allait quand même pas sortir seul affronter trois hommes armés ? Et c'était quoi cette réflexion sexiste ? « «Restez cachée » Et pourquoi pas aller servir le thé et les gâteaux à son enterrement, hein ?! Elle fut trop lente pour le retenir, et il sortit en fracassant la porte du placard, la laissant cachée au fond, bouche bée, tandis qu'il œuvrait sans ouvrir la bouche à démolir les intrus. Se penchant légèrement en avant, elle constata qu'il n'en restait déjà plus que deux, mais James avait été acculé contre la fenêtre, à l'opposé du placard. Serrant les dents, ne voyant désormais que le dos de leurs assaillants, la jeune femme prit une brève inspiration et fit redescendre la boite avec lenteur et silence, la déposant au milieu d'un fatras juste à côté de la porte, toujours dans le dos des deux agressifs.  

Que devait-elle faire maintenant ? Venir en aide, héroiquement et bêtement à James ? Elle n'était pas une très bonne combattante, ni une très bonne sorcière d'ailleurs. Ses sortilèges manquaient d'efficacité et elle avait peur de faire plus de mal que de bien en intervenant. Essuyant les gouttes de sueur perlant sur son front, Rivka secoua la tête. Non. C'en était fini de la fuite, et de la lâcheté. Un homme, en partie par sa faute, se trouvait acculé à une fenêtre par deux sorciers à l'air miteux, et même si son journalisme ne convenait pas aux idéaux de Rivka, elle ne pouvait décemment le laisser périr.  Sortant silencieusement du placard, elle jeta un regard de connivence à James et visa le dos de celui de droite, espérant que James réagisse au même moment pour neutraliser celui de gauche.

Elle leva sa baguette, et d'un air absolument magnifique et ridicule à la fois, sa voix se brisant sur la fin du mot, elle cria

- Stupéfix !

Avant d'abaisser sa baguette, reculant d'un pas, les yeux écartés. Venait-elle de réussir ? Pour de vrai ?

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