Nox Aeterna

La guerre est enfin finie. Harry Potter et Lord Voldemort y ont néanmoins laissé la vie. Tout semble être rentré dans l'ordre. Mais est-ce vraiment le cas...?
 

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 Pris au piège

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MessageSujet: Pris au piège   Lun 24 Nov - 20:43


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr

Il attendait, soucieux, seul dans le petit salon de la demeure où il s'était établit depuis plusieurs mois déjà. La quasi-totalité des équipes qu'il avait su mettre en place était partie pour une opération très importante à Londres, capturer le ministre de la magie, voilà qui n'était pas une mince affaire. Il s’inquiétait, il n'avait plus la moindre nouvelle depuis le lancement, juste avant qu'ils ne commencent l'attaque, cela faisait trop de temps, quelque chose avait dû les retenir. Il était frustrant de ne pas pouvoir être sur le terrain, lui qui aimait tant jouer de la baguette, se détendre un peu au passage au détriment de quelques impurs qui ne méritaient même pas leur titre de sorcier. Mais il fallait qu'il reste une personne pour diriger ces équipes, une personne qui avait une vue d'ensemble, qui savait vers où les diriger. Ce rôle ne lui plaisait pas, sa seule hâte était de retrouver leur Maître, de lui rendre cette place de meneur qu'était la sienne. Rodolphus Lestrange se leva, les yeux fixés sur la marque sombre sur son bras. Elle était toujours là, Elle, la preuve qu'il n'avait pas disparu. Et quand il le retrouverait, il aurait le Monde Magique à lui livrer sur un plateau et enfin les ambitions de son Maître ne trouveraient plus d'entraves. Mais ils en étaient encore loin et le temps que mettaient sa piètre armée à revenir semblaient éloigner un peu plus son doux dessein.

Enfin, les échos de transplanages au-delà des grilles attira son oreille, il se tourna vers les fenêtres pour voir ses hommes parcourir l'allée, chargés des blessés et de corps inconscients. Il camoufla son soulagement sous le masque de l'irritation et sortit du salon pour attendre dans le vestibule. Jugson entra, suivi des autres. "Qu'est ce qui vous a retardés ?" Grogna-il pour toute salutation. "Il y avait des systèmes de sécurités qui bloquaient le passage du Chaudron Baveur, il a fallu le déverrouiller, ça a été assez long, Monsieur le Ministre n'était pas très coopératif." Rodolphus arpenta ses troupes d'un regard critique, beaucoup étaient salement blessés, bien que leur état l'importait peu, il avait besoin de toutes leur efficacité. Efficacité, c'était beaucoup dire, même écartés des aurors ils semblaient s'être bien fait avoir par les civils. "Mais mission accomplie Rodolphus" annonça le vieux mangemort "Avec quelques petits extra..." Lestrange lança un coup d’œil à un mangemort inconscient "Celui-là, vous savez quoi en faire. Les autres, allez-vous reposer, nous verrons la suite plus tard. Des extra ? » Son regard s'arrêta sur deux personnes inconscientes qui n'étaient pas emmenés avec les blessés, un homme et une jeune fille. Il souleva le visage de l'homme pour découvrir un faciès familier. « Lui, prenez-vous-en à nouveau à lui et vous aurez affaire à moi, c'est un ami." Gronda-il, menaçant.

Avant qu'il n'ait le temps d'exprimer sa colère naissante face à son ami captif, il s’intéressa à la jeune fille dont les cheveux sombres lui étaient familier. Toisant son visage, il se fendit d'un large sourire. Voila qui était nettement plus encourageant. Après plusieurs tentatives de mettre la main sur la gamine, il l'avait enfin, même couverte de sang, il aurait reconnu sans peine sa jeune nièce, Rigel. Ce n'était pas de gaîté de cœur qu'il l'avait demandée, cette enfant était prometteuse autrefois, pleine de ressource, très volontaire, pas encore majeure qu'elle parvenait à arracher de rares compliments au seigneur des Ténèbres. Sa seule erreur, mais non des moindres, avait été de croire aux mensonges de ces fous adorateurs de moldu et l'avaient poussée à la trahison. Il allait lui offrir une chance de se racheter tout en servant sa glorieuse cause, elle avait en elle les clefs du chemin pour retrouver leur Maître. "Parfait, installe-la donc dans la cave en attendant de pouvoir lui préparer un espace plus convenable. Laisse-là s'y réveiller, nous nous occuperons d'elle plus tard." Puis se tourna vers Stigandr dont le sort de stupefixion avait été levé et qui revenait donc à lui. "Pardonne-moi mon ami pour ce traitement, tu n'étais pas ciblé, je crains qu'ils ignoraient à qui ils avaient affaire."

***

Je repris conscience attaché. Pardon ? Attachée ? Ma vue encore floue mis un temps avant de découvrir les environs, c'était sombre et j'étais seule. J'étais étendue sur un sol pierreux, froid et légèrement humide, une cave, vue l'odeur. Mes poignets étaient liés par une corde qui me piquait la peau. Mon esprit était embrumé comme si j'étais restée longtemps inconsciente. Un effort de concentration me fit faire le lien avec les effets d'une stupefixion. Je rassemblais mes souvenirs. Il y avait eu l'explosion, les Semper Fidelis qui avaient attaqués... Stigandr Birgerjarl qui m'avait sauvée pendant la bataille, je nous pensais tirés d'affaires. Un vif élancement au niveau de ma tempe me donna envie de me frotter le crane pour remettre de l'ordre dans mes pensées. Il y avait eu Jugson... Oh bons dieux, c'était lui qui m'avait stupefixier. Qui nous avait stupefixiés ! Ça, c'était vraiment la catastrophe, je tachais de ne pas céder à la panique et me redressais pour tenter d’appréhender les environs. "Monsieur Birgerjarl ?" Aucune réponse ni de forme humaine dans la pièce, ma vue s’accommodant à l'obscurité. J'étais seule et rien ne me donnait d'indice sur ce qu'il était advenu du professeur.

Un frisson glacé n'augurant rien de bon parcouru ma colonne vertébrale alors que je donnais une ruade pour essayer de me libérer de mes liens. Je ne fis que me tordre les poignets. Mauvaise idée. Bien évidement je n'avais plus ma baguette, il aurait fallu être stupide pour m'enfermer et me la laisser. Je refermais les yeux, essayant de maîtriser ma respiration dont le rythme tendait à s’accélérer, se saccader alors que la panique montait. J'avais été attrapée par les Semper Fidelis, ce que je craignais le plus depuis des mois. Je me tournais un peu, cherchant à faire appuis sur la poche de ma cape, avant de réaliser que je n'avais plus a cape non plus. Ce qui impliquait plus non plus la montre à gousset que William m'avait confiée pour l'alerter si j'étais en danger. Plus non plus ma sacoche de médicomage, cela allait sans dire. En sommes, je n'avais plus rien. Yeux clos, respiration lente et ample, faire le vide dans mon esprit, retrouver le calme, je devais rester lucide, ne pas céder à la panique. Avec lenteur, je ramenais mes pouces au plus près de leurs paumes respectives, rendant mes mains aussi fines que possible et entrepris des lents mouvements en tournant légèrement les poignets pour desserrer progressivement mes liens. Je me poussais contre le mur, essayant de profiter de l'humidité des parois pour rendre ma peau plus glissante. Fort heureusement, il semblait que je ne les intéressait pas dans l’immédiat, plusieurs minutes passèrent alors que je grappillais millimètres par millimètres, ignorant la rugosité de la corde qui m'entamait la peau. Resserrant au maximum le lien sur mon poignet gauche, je réussis à gagner un peu de mou pour la main droite que je parvins enfin à la délivrer. Osant un soupire, je me chargeais aussitôt du lien qui attachait mes jambes, les mains, désormais libre, ce ne fut plus un problème. Je fis quelques pas peu assurés vers une lourde porte de bois, verrouillé évidement. Me forçant au calme, je passais en revue toutes les runes que je connaissais qui pourraient aboutir à un déverrouillage, c'est alors que le bruit caractéristique de pas descendant un escalier se fit entendre de l'autre côté de l'accès.

***

Rodolphus achevait d'expliquer à son ami et désormais invité la démarche de son action du jour, ils étaient seuls pendant que les autres mangemorts étaient partis se remettre un peu des combats qu'ils avaient essuyés. Alors que Stigandr s'enquit de l’intérêt d'avoir capturé Rigel, Lestrange se leva, ne cherchant pas à cacher la satisfaction d'avoir enfin la fille de Regulus sous la main. "Aaah oui, la gamine, saches, mon ami, que cette enfant recèle bien des connaissances qu'on ne lui soupçonnerait pas. Le Maître l'avait décelé chez elle et elle l'a prouvé il y a trois ans, quand Regulus a refait surface. L'an dernier, lors de leur audition auprès du magenmagot, ils ont prétendu qu'il avait passé tout ce temps captif du Maître pour trahison. Il n'en était rien, nous avions la preuve, il était tout ce qu'il y avait de plus mort. Cette petite, à l'age de 16 ans, en savait suffisamment pour ramener son père de l'Autre Monde. Tu vois à présent toute sa valeur ? Si une personne peut nous mener au Maître, elle est désormais ici, entre ces murs. Jugson doit d'ailleurs être en chemin pour la "motiver", disons, à coopérer. Ce n'est plus qu'une question de temps." Déclama-il.

***

Le souffle court, je m'étais éloignée de la porte, la terreur engourdissant chacun de mes membres. A aucun moment je n'avais eu le sérieux espoir de pouvoir m'échapper, mais à présent je n'avais même plus la possibilité de gagner un peu de temps. Mon dos cogna contre la paroi, je ne pouvais plus reculer. A nouveau, je fermais les yeux... Je devais me résigner, je ne sortirais probablement pas vivante de cet endroit. Il me fallait l'accepter, ne plus me faire d'illusion, elles ne seraient qu'une faiblesse. Le plus dur était l'image de mes parents, je leurs manquerait, je le savais, aucun parent ne devrait voir mourir leur enfant. Est-ce que Rodolphus aura au moins la grandeur de restituer mon corps à mes parents ? Je l’espérais. La porte s'ouvrit, j'affrontais le regard de celui qui se présenta. Jugson, encore. "Alors, petite Black, nous t'offrons une opportunité. Dès maintenant, tu peux nous rejoindre de ton plein grès, aucun mal ne te sera fait, tu pourras te racheter de ta trahison." "Bien sur, et je vous prépare le thé avec ça ou ça sera tout ?" Répondis-je avec effronterie, ponctuant même de mon sourire le plus poli. Il me mettait là-devant ce que je redoutais, l’échappatoire qu'il me présentait était terriblement tentante, ne pas souffrir, juste renoncer. C'était devant cela que je devais me montrer forte. Il s'approcha de moi avec une expression qui n'augurait rien de bon "Je vais être honnête avec toi fillette, j’espérais que tu répondrais quelque chose dans ce goût là...". Mon courage avait des limite, je fermais les yeux au moment où il leva sa baguette.

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MessageSujet: Re: Pris au piège   Sam 29 Nov - 23:37


Pris au piège
Le 26 février| Avec Rigel & Stigandr

Le tumulte de la bataille, les cris, une vive douleur et puis plus rien. Lorsqu’il ouvrit de nouveau les yeux, c’était pour balayer le lieu où il se trouvait avec empressement. Car oui, il savait très bien ce qui lui était arrivé, ce n’était pas la première fois en trente ans de carrière qu’il se faisait stupéfixer, pourtant la sensation était toujours aussi désagréable… celle d’avoir été un pantin livré gracieusement aux mains de l’ennemi. Par Merlin qu’il s’en voulait d’avoir été si imprudent !

Il serra les dents, la vie revenant à toute hâte dans ses veines et ses muscles. Il devait dès lors être prêt à se dégager de leur emprise et récupérer une arme. Alors ensuite il prendrait la main de la jeune Black et… Qu’avaient-ils fait d’elle ? Quel que soit le lieu où ses yeux se posaient, il ne parvenait pas à distinguer sa silhouette. En revanche, une voix qu’il connaissait bien résonna à son oreille, lui faisant l’effet d’un électrochoc, accaparant totalement son attention. Rodolphus Lestrange. Les sbires de son ami aidèrent l’enseignant à se redresser et ce dernier ne put s’empêcher de se dégager de cette étreinte non désirée d’un mouvement de l’épaule.
"Pardonne-moi mon ami pour ce traitement, tu n'étais pas ciblé, je crains qu'ils ignoraient à qui ils avaient affaire." Rodolphus avait beau être un personnage éduqué, croyez bien qu’il n’en distillait pas moins ses excuses. Si un jour le mot « pardon » s’extirpait d’entre ses lèvres, cela signifiait qu’il était réellement affecté ou bien acculé. Quoi qu’il en soit, Stig n’était certainement pas en colère contre lui et le lui fit comprendre par un léger sourire en coin.

Quelques instants après, les mangemorts laissèrent les deux hommes et leur chef invita le danois à s’installer dans le salon, lui proposant de se reposer sur un fauteuil tout en lui tendant un verre… qu’il accepta en prenant place, étouffant les multiples signaux de douleur que son bras droit lui envoyait sans cesse. Malgré les apparences, Stigandr n’était pas détendu. Cette situation le troublait profondément. Il avait d’abord été mêlé à une bataille, l’adrénaline saturant ses veines battantes, puis en colère d’avoir été battu et maintenant il voyait son plus vieil ami et cela n’était jamais anodin. Lestrange était celui qui l’avait initié aux pouvoirs obscurs de la magie noire et son rapport avec lui était intimement complexe car Rodolphus était le seul à connaître vraiment le professeur, le seul à connaître ses secrets et la noirceur qui l’habitait. D’autant plus que le Mangemort avait toujours exercé sur lui une fascination inexplicable… Si un jour il venait à lui demander de prendre part à une guerre pour lui, il le ferait. Effrayante perspective, même –et surtout- pour le principal intéressé.

Après une gorgée du précieux capiteux dont il savoura les effluves et la brûlure dans sa gorge, il leva les yeux sur le Semper qui s’était assis face à lui. C’est l’anglais de souche qui prit l’initiative d’expliquer sa démarche sur le chemin de Traverse et il rencontra une oreille attentive. Les Semper Fidelis n’avaient pas encore achevé de faire parler d’eux et même s’il n’approuvait pas ce dernier coup d’éclat, il n’émit aucun jugement. Maintenant, le sujet qui l’intéressait était tout autre. « Où est la jeune femme que tes hommes ont capturée et pourquoi aurait-elle de la valeur à tes yeux ? » Ce qu’il entendit lui fit froncer le regard. Si ces informations venaient d’une autre personne, il n’y croirait certainement pas mais Rodolphus, pour autant qu’il fut fanatique n’était pas un affabulateur.

Il finit son verre et observa le cristal d’un air songeur avant de le reposer sur une petite table en bois noir. « Jugson… Je ne le connaissais que de nom et j’ai eu le plaisir de le voir à l’œuvre aujourd’hui… C’est un homme redoutable. Il la fera parler, à n’en point douter. » Le professeur s’enfonça davantage dans son fauteuil en posant sa main droite sur l’accoudoir, ignorant la douleur. Même face à son ami, il ne voulait pas montrer le moindre signe de faiblesse. Oui Egidius la ferait parler et dans quel état allait-il la laisser… ? Stigandr ne pouvait décemment pas laisser cette gamine se faire massacrer par un boucher. Rodolphus, qui s’était levé, jeta une œillade à son ami avant de le resservir. « Je te connais Stig, je sais que cette idée ne te plait pas. Mais tu en conviendras, je n’ai pas le choix. Black ne parlera pas d’elle-même. » Le danois le remercia d’un léger mouvement de tête avant de reprendre son verre. « Et tu n’as pas de temps à perdre. Les Aurors ne sont certainement pas en train de se lamenter à l’heure où nous parlons. Ils sont à votre recherche et je serais étonné qu’ils mettent plus d’une poignée d’heure avant d’arriver ici. » Rodolphus s’assit à nouveau face à l’enseignant, verre à la main. Il était nerveux mais parvenait presque à le lui cacher. Presque. Cette dernière sentence l’avait piqué au vif. « Qu’est-ce que tu proposes ? Parce que je sais que tu as une idée derrière la tête alors vas-y je t’écoute. » « Laisse-moi l’interroger. » Rodolphus esquissa un sourire mordant. « Birgerjarl. Ts-ts-ts-ts. Toujours le preux chevalier que j’ai connu il y a de cela des années. » Stig lui répondit par un bref mais franc sourire. « C’est trop tard pour moi… Je suis bien trop vieux pour changer. » Il perdit son sourire « Je suis bien meilleur que Jugson, tu le sais et tu n’as pas de temps à perdre. » Le regard de Rod se fit plus acéré tandis qu’il serrait la mâchoire. Un nouveau sourire vint ourler ses lèvres mais cette fois, il était glacial. « Personne n’a ton égal pour triturer les esprits. La chose que je me demande c’est si tu es assez… motivé pour obtenir les informations qui m‘intéressent dans le temps qui m’est imparti. » « Je ne te décevrai pas. Tu auras tes informations je te le promets. » Lestrange acquiesça lentement. « Et lorsque ce sera chose faite, elle restera avec moi, sauve. » Le mangemort eut un rire narquois tandis qu’il prit une nouvelle gorgée du fin breuvage. Jamais Stig ne l’avait vu autant à cran. « J’avais oublié ton sens de l’humour. » « Je veux ta parole. » Cette fois, c’était trop. Le leader des Semper se leva d’un bond et jeta son verre à plusieurs mètres dans un élan rageur en se ruant sur Birgerjarl, posant ses mains de part et d’autres de lui sur les accoudoirs, son visage à quelques centimètres du sien et dans un murmure acerbe... « Tu n’as pas le droit de me demander ça. Cette fille a trahi notre Maître. Je veux que son esprit soit détruit. » Le danois n’avait pas bougé. Il avait beau être son ami, Rodolphus était un homme dangereux et plus particulièrement lorsqu’il était ainsi poussé dans ses retranchements. « La résurrection de Voldemort en vaut la peine, non ? Aies confiance en moi. » Il jouait un jeu dangereux et pendant un instant, il craint que son amitié pour lui ne soit pas assez forte mais… « Tu me devras une sacrée faveur. » Il se redressa et poussa de la voix. « Amenez-la ici ! » Stigandr inspira profondément. Il venait de sauver la vie de cette gamine qu’il connaissait à peine, et maintenant, il allait devoir décortiquer sa tête sans endommager son esprit à vie. Il termina son verre d’une traite avant de se redresser pour retrousser les manches poussiéreuses et rougies par le sang.

Dans la cave…
« Jugson ! » Le vieux mangemort sadique retint son geste à la dernière minute, sans doute préparait-il un doloris parfaitement maîtrisé et dosé, assez pour faire comprendre à cette sale petite garce que la danse ne faisait que commencer et que chaque pas qui suivrait serait moins supportable que le précédent. Mais voilà, on lui retirait ce plaisir et rien que pour cela il eut la soudaine envie de hurler. « Rodolphus la veut à l’étage, tout de suite. » « Surveille le ton que tu emploies Ford. Je déteste qu’on me dérange, tu devrais le savoir. » L’autre ravala son orgueil et sembla bien moins hardi. « Désolé… C’est un ordre. » Le mangemort se retourna sur Rigel et esquissa un sourire venimeux. « On dirait bien qu’on te prépare quelque chose de spécial. » Sans cérémonie, il l’attrapa par la nuque et la tira avec lui sans ménagement. Ils montèrent ainsi les escaliers et lorsqu’il arriva dans le salon où l’attendaient Lestrange et son… ami… il balança l’oiselle sur le parquet dans le but évident de lui faire mal. Si le leader des Semper resta parfaitement de marbre, l’enseignant en revanche fixa le bourreau avec une profonde désaffection. Jugson soutint son regard, affichant même un rictus provocateur. Pour seule réponse, Stigandr tendit sa main gauche sans cesser de le fixer. « Ma baguette. » Oui cela sonnait clairement comme un ordre. Egidius perdit soudain son sourire en lançant un regard interrogateur… non, véritablement atterré à son supérieur. « Rodol… » « Fais ce qu’il te dit. » Le mangemort sortit ladite baguette de la poche de son manteau avant de se diriger vers cet inconnu qui semblait avoir tant d’emprise sur leur guide. Chaque pas était pour lui une véritable humiliation et comme si cela ne suffisait pas, ce putain d’étranger le défiait du regard sans la moindre hésitation. Il ignorait encore son nom mais cela ne saurait tarder.

Birgerjarl saisit la baguette et se détourna définitivement de Jugson qu’il ignorerait dès lors, pour regarder Rigel. Dans ses yeux, elle ne trouva aucun réconfort. Il était aussi glacial qu’impassible et c’était visiblement lui qui lui réservait "quelque chose de spécial " comme l’avait dit plus tôt le mangemort. Rod posa une main sur l’épaule de son ami en arquant ses lèvres d’un sourire cruel. « Cette scène me rappelle vaguement quelque chose… Pas à toi Stig ? J’ai hâte de voir si elle tiendra plus longtemps que lui… Je vais m’asseoir juste à côté pour profiter de chaque seconde... » L’ancien Auror égara subrepticement son regard dans le vide… Rigel pouvait deviner sans mal qu’il se souvenait de ce dont Lestrange lui parlait et cela n’augurait rien de bon. Ses prunelles sombres se posèrent de nouveau sur elle. Il serra les dents. « Ne résistez pas. » Ce n’était pas un ordre… c’était une supplique.

Le sort eut l’effet d’un choc ; un peu comme lorsque l’on tombe et que le cœur semble remonter jusqu’à la gorge. Il traversa ainsi son esprit comme une aguille perce la chair pour trouver une veine bien grâce à aspirer. Quelques bribes d’images… des sons hachés… Rien n’avait de sens. Une occlumens… Stig raffermit son étreinte sur sa baguette et baissa son menton. Cela serait plus difficile qu’il ne l’avait prévu et donc plus long, mais il n’avait pas le choix. Elle céderait ou bien ils mourraient tous les deux.
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MessageSujet: Re: Pris au piège   Dim 30 Nov - 14:23


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr

Silence uniquement troublé par le bruit de ma respiration précipitée. Je ne me targuais pas d'un grand courage, bien loin de là. Les yeux hermétiquement clos, je sentais mon cœur battre à tout rompre sous l’appréhension du sort qui se préparait. Et ce salopard qui prenait son temps, nul doute que de me voir blême et incapable d'affronter la vue de ce qui m'attendait devait le réjouir au plus haut point. Mais qu'il se décide, qu'on en finisse ! Je l'entendis prendre une brève inspiration qui devait précéder l'incantation redoutée, je serrais les dents, tous mes muscles se crispèrent... "Jugson !" Rien ne vint. Je sursautais imperceptiblement, quelqu'un avait appelé le mangemort... Il me fallus une seconde pour assimiler cette information, je rouvris les yeux, hésitante. "Quel dommage, on s'amusait tellement ici." commentais-je. Mais où diable je trouvais la force de faire spontanément ce genre de réflexions et comment je pouvais prendre une voix si paisible et narquoise alors que tout en moi hurlait au danger ? Je me remémorais la grotte où j'avais dû retourner avec mon père, boire de cette fichue potion pour en prélever assez pour en faire un antidote, et parvenir encore malgré ma souffrance à estimer qu'il manquait un petit parasol à cette coupe. Soit j'avais plus de courage que je ne le pensais, soit j'étais juste un peu folle. De mon point de vue, c'était cette deuxième option qui primait.

Cependant, s'il semblait que j'avais gagné quelques instants de répit, cela ne s’annonçait pas bon pour autant... Rodolphus demandait à ce que je sois amenée à lui. Parfait, juste la confrontation que je redoutais le plus, juste derrière le scénario où je me trouvais à nouveau face à Voldemort. "On dirait bien qu’on te prépare quelque chose de spécial." "Probablement une petite fête de retrouvailles, mon oncle a oublié mon précédent anniversaire." Rétorquais-je avec légèreté. Mon humour lui déplut et il me saisit sans ménagement par la nuque, je retins une plainte, le vieillard avait une sacrée poigne. Je retins une protestation expliquant que je pouvais très bien me déplacer sans son aide mais le bon sens, son emprise ou simplement la terreur m’empêcha de le provoquer à nouveau. A l'étage, ce fut le sol qui me réceptionna quand Jugson m'y lança sans ménagement, mes bras ne suffirent pas à amortir le choc et je m'écrasais au sol, faisant s'échapper tout l'air de mes poumons.

Je me redressais avec difficultés, inspirant à fond en cachant une grimace de douleur. Je voulus adresser une petite salutation impertinente à mon oncle mais deux éléments me coupèrent dans mon élan : la première fut le regard de Rodolphus, me rappelant immédiatement pourquoi son seul souvenir me terrorisait et hantait encore mes nuits quand je rêvais de cet instant précis. Ce regard glacé, meurtrier, cette même lueur que j'avais vu dans le regard de Bellatrix. La seconde et non des moindres, ce fut la présence de Stigandr aux côtés de mon oncle... La bonne nouvelle était qu'il était en vie, la moins bonne, c'était que, manifestement, lui et Tonton Lestrange semblaient... Alliés. J'eus la sensation d'être happée dans un gouffre, pourquoi, comment ? Il était auror, enfin l'avait été ! C'était à ce titre qu'il s'était déjà tenu face à moi, pourquoi les rôles étaient échangés ? Il était professeur à Poudlard... Mon regard perdu rencontra le sien et je compris que je m'étais faite avoir en beauté, nulle compassion dans ses yeux, il était bel et bien avec eux. J'aurais pu me réjouir de la déconfiture apparente de Jugson ou m'attarder sur le fait qu'il avait gardé nos baguettes mais rien d'autre n'occupait en cet instant mon esprit qu'un sentiment de trahison le plus total. S'il m'avait protégé pendant la bataille, étais-ce juste pour obtenir ma confiance, me faire baisser ma garde ? Indéniablement, c'était brillant. Le petit commentaire de Rodolphus, en plus d'ajouter à mon état de panique avancée, confirma mes craintes, ils avaient déjà "travaillés" ensemble par le passé.

A genoux sur le sol, cachant tant bien que mal mes tremblements, je lançais un regard perdu vers le professeur qui me fixait en retour. Pourquoi lui plutôt que Jugson ? Il n'avait pourtant pas son pareil pour la torture. Il m'adressa une simple phrase pour me dire de ne pas résister. Résister à quoi ? Je compris une fraction de seconde avant qu'il ne passe à l'action, juste à temps pour me concentrer avec précipitation sur une faible barrière mentale. Le sort me toucha de plein fouet, à peine prête, je repoussais le premier assaut en bénéficiant de l'effet de surprise, il ne devait pas s'attendre à ce que je résiste. Je baissais vivement la tête sous le choc, le regard fixé sur le sol et mes mains crispées, la respiration forcée comme si l'on tentait de m'étouffer. Cette sensation... Ce n'était pas physiquement douloureux, c'était peut-être pire, l'impression que quelqu'un violait mon esprit, une présence qui n'avait rien à faire là, se frayant un passage contre ma volonté, un déchirement mental qui ne devait pas être loin de celui ressenti en créant un... NON ! Avec force, j'éloignais cette pensée dangereuse, repoussant avec forces la présence qui guettait la moindre faille. Cet acte de résistance me valu une douleur bien réelle cette fois qui me vrilla les tempes et m'arracha un gémissement alors que je plaquais une main contre mon crane. Une brèche s'était crée dans ma concentration et tous mes efforts pour retrouver le fil de mes pensées  furent vains, cet infime recul de ma part fut immédiatement exploité, faisant exploser dans mon esprit une foule d'images diverses. Tout ce qu'il me restait était de parvenir à écarter celles qu'il ne fallait surtout pas rendre accessible. Je me perdis dans le flot de mon propre esprit.

Serdaigle ! Dans la surprise générale, je me lève du tabouret et fais un pas en direction de Serpentard avant de réaliser que ça n'est pas là ma destination. Des acclamations montent de la table des bleu et bronze, je suis décontenancée mais fière, le choixpeau vient de me chuchoter que mon intelligence me guiderait. J'ai 11 ans et me demande si d'autres Black ont déjà pris le chemin dans lequel je m'engage. J'aurais peut-être eu moins de problème si je m'étais contentée de suivre la voie qui m'était toute tracée, insister pour notre maison ancestrale, rester une brave petite mangemort. Ce souvenir avait le confort de ne rien livrer d'important, je me concentrai dessus, ça n'était pas à son goût et je sentis mon esprit plier vers autre chose. Seule dans la bibliothèque du manoir Malefoy, il fait nuit, je ne peux pas dormir et étudie un vieil ouvrage, une histoire assez sombre de magie énergétique transformant l'essence d'un être vivant. Je ne sais même plus pourquoi j'étudie ça, mais ça m'occupe. J'aimerais rentrer chez moi mais depuis la défaite de mon oncle Lucius au ministère, je suis assignée ici jusqu'à nouvel ordre. Une nouvelle douleur me traversa le crane, je me raidis et resserra les dents. Je m'en tirais relativement bien jusque-à. Mon bras me fait souffrir le martyr, je me relève, le visage luisant de sueur froide, la main tenant ma baguette tremblant avec violence alors que je la pointe sur Rufus Scrimgeour. "Tu ne veux pas faire cela, petite. Je le vois." Sa voix est calme, il sait qu'il mourra mais s'imagine que ça ne sera pas de ma main. "Oh si elle le fera, n'est-ce pas, Rigel ?" La voix de Rodolphus est glacée et tranchante, si j'échoue, il se chargera probablement de moi avant de me livrer au Maître. Mais il a raison, je ne veux pas, le sort ne partira jamais. Ma main plonge dans le revers de ma cape et en sort une petite fiole. Je parvins à fixer un instant mon regard sur mon oncle, il m'avait félicité pour mon geste quelques minutes plus tard, alors que je me perdais déjà dans les méandres des remords. "C'est donc ton enfant, Evy ?" "Oui, Maître, pardon de mon absence" "La naissance d'une sang-pur vaut bien mon pardon. Quel est son nom ?" "Rigel, Monseigneur." "Puisse-elle racheter les erreurs de son père." La mémoire était tout de même une chose incroyable, j'ignorais que je pouvais avoir des souvenirs qui remontaient à si loin, si ce n'était pas si douloureux, j'aurais aimé en apprendre plus... Mais il se rapprochait trop de mes souvenirs, conscient ou non, concernant Voldemort, je résistais de plus belles. La grotte sombre est silencieuse, pas un bruissement venant de l'eau que je sais toute proche, ni de ce qu'elle recèle. Nerveuse, je trace un symbole à la craie à moins d'un mètre du rebord et y dépose mon pendentif en son centre. Mon regard se bloqua sur Stigandr et tout mon esprit lutta dans un sursaut violent, l'expulsant et mettant fin à cette agression.

C'était juste... Je manquai de m'écrouler, les bras tremblants, comme le reste d'ailleurs, la tête tournant, incapable d'évaluer le temps qui s'était écoulé et aux prises de violentes nausées. Mon sang battait douloureusement dans mes tempes, jamais je n'avais dû résister à des attaques d'une telle violentes. J'avais toujours su jouer finement pour ne jamais attirer l'attention sur moi, aussi le Seigneur des Ténèbres n'avait jamais eu à exercer sa légilimancie directement sur moi et mes entraînements d'occlumencie ne m'avaient jamais placée face à quelqu'un d'aussi expérimenté que Stigandr. Le danois allait finir par obtenir ce qu'il voulait, j'en étais certaine. Si ce n'était pas maintenant, ça serait après m'avoir affaiblie. Mes tremblements reprirent avec force mais je tachais de me redresser, me forçant à garder ma contenance, ma peur me donnait envie de pleurer, d'essayer de les apitoyer, jouer la carte de la fillette craintive. Mais je ne le voulais pas, autant que je pourrais encore résister. Ou fuir. Du coin de l’œil je remarquais la porte de la pièce ouverte, seul sur sa trajectoire, Jugson. Jugson et ma baguette. Qu'avais-je à perdre, au juste ? Si j'attendais trop, Stigandr allait repartir à l'assaut de mon esprit, je devais profiter, maintenant. Mue par une force liée au désespoir, je me levais brusquement et partit en flèche, abattant mon poing fermé de toutes mes forces et mon élan sur la gorge de Jugson qui suffoqua, sous le choc. Je saisis ma baguette et ne m’attardai pas pour courir en direction de la porte. Une douleur intolérable me faucha dans ma course, comme si un couteau venait de se planter dans ma jambe, je trébuchais et m’effondrait sur le sol. Je me retournais, prête à me défendre mais ma baguette m'échappa pour voler dans la main de Rodolphus qui me toisait d'un air meurtrier. J'avais joué, j'avais perdu, et vue la douleur qui irradiait ma jambe, je ne risquais plus de pouvoir saisir une autre ouverture, je tentais de me relever mais ma jambe ne me portait plus, je ne pouvais le vérifier mais je soupçonnait mon tibia d'avoir été brisé, tout au moins fêlé. Un mangemort me ramassa et me traîna sans ménagement à la place qui semblait être la mienne à présent. "Me revoila" Annonçais-je d'un ton faussement enjoué, derrière mon visage crispé. "Je te manquais tant que ça, mon oncle ?" En réalité, j’espérais que mon effronterie provoque sa colère et qu'il m'achève directement sous l'effet de la rage, c'était la seule issue qu'il me restait. "Par contre..." Je toisais Rodolphus et Stigandr en affichant mon plus bel air innocent en dépit de mes dents serrées "Vous êtes bien conscient du fait que personne n'a jugé utile de m'informer de ce que vous attendiez de moi ? Non pas que ça change quoi que ce soit, évidement. Mais pour mon confort, j'aimerais savoir, vous comprenez ?" Il allait sans dire que je savais parfaitement ce qu'ils me voulaient, mais je gagnais un peu de temps et, pure question logique, j'en étais profondément désolée mais non, personne ne m'avait mise au courant. Bon et si ça pouvait attirer des ennuis à Jugson qui n'avait peut-être pas fait son boulot, ce n'était pas plus mal.

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MessageSujet: Re: Pris au piège   Ven 12 Déc - 21:24


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr


« Il n’arrive à rien ! » Rodolphus demeurait muet, enfoncé dans son fauteuil, les mains entrelacées devant sa bouche, son regard d’acier restant figé sur la scène. Il sembla que rien au monde n’aurait pu faire dévier ses prunelles. Egidius se rapprocha de Stigandr, inclinant sa tête blanchie par les années en affichant un sourire qui n’était qu’une grimace matérialisant son ire. « Il se moque de nous… Ce type se moque de nous Rodolphus ! Suis-je donc le seul ici à le voir ?! » « Tais-toi… » Répondit calmement Lestrange sans même le regarder et l’autre s’exécuta, ressentant tout l’agacement dans la froidure du ton qu’il avait emprunté. Cela ne le calma pas pour autant. Il était excédé et de colère, se détourna du professeur pour faire les mille pas, sa main resserrant sa baguette dont la chaleur semblait le brûler.

Il s’insinuait, visitait le contenu d’un esprit comme on lit un livre décousu, un journal intime. Il n’avait rien à faire là et malgré cela, il décortiquait sa psyché avec la précision et la rigueur d’un chirurgien, avide d’y trouver ce qui avait tant de valeur en cet instant, et pourtant, aucune pour lui.
User de Légilimencie sur un individu est loin d’être quelque chose de banal et d’unilatéral. Il ne faut point être timoré ou fragile pour commettre un tel viol. Car entrer dans la tête de quelqu’un ce n’est pas seulement observer un bouquet d’images et de sons, c’est vivre ses épouvantes, ressentir ses désirs, s’émouvoir de ses joies… Certains sorciers trop imprudents se sont vus arracher leur personnalité, finissant par ne plus être capable de dissocier leurs propres souvenirs de ceux de leur victime, ou même leurs sentiments. Savoir qui l’on est est vital lorsque l’on entre dans la tête d’un autre.

Ainsi défilèrent des images, certaines plus importantes que d’autres. Stigandr savait qu’il était improductif de trop forcer les choses. Pour affronter un Occlumens, il faut être persévérant et savoir saisir chaque opportunité qu’il vous tend, parce qu’il finit toujours par le faire, consciemment ou non. Par conséquent, il ne tenta pas d’évincer ce qui ne l’intéressait pas tandis que Rigel chassait avec force ce qu’il ne devait pas voir, lui offrant sans le vouloir un spectacle plus intime encore. Une telle résistance, c’était tout à son honneur, elle se montrait acharnée et combative, des qualités qu’il respectait au plus haut point, mais elle ne faisait que retarder l’inévitable. A la fin de cette séance, l’ancien auror connaitrait Miss Rigel Andromeda Black de la façon la plus viscérale qui soit.

Son entrée à Poudlard… L’oiselle avait déjà commencé à s’écarter du chemin qu’elle était censée suivre depuis avant sa naissance et le choixpeau n’avait fait qu’amorcer le pernicieux phénomène. Ensuite, l’épisode de la bibliothèque parvint à piquer sa curiosité. Etait-ce là un début de réponse ? Il garderait cela en mémoire. Puis il traversa un imbroglio d’échos ineptes pour enfin voir le visage de Rufus Scrimgeour et entendre la voix de Rodolphus qui la contraignait à ressentir une peur presque palpable. Il était étrange pour lui de voir son ami sous ce visage… Il le savait dangereux mais n’avait pourtant jamais eu peur de lui. Quatrième souvenir. Il voyait le visage de Voldemort se pencher sur l’enfant qui venait tout juste de voir le jour et lancer un reproche acerbe à son père, visiblement absent… Consciencieusement, il notait tout dans un coin de son esprit. Ce dernier est comparable à un puzzle et chaque souvenir en est une pièce et aucune d’elle n’est jamais inutile ou dénuée de sens.
Enfin le dernier. Cela ne représentait rien, tout était sombre et pourtant il sentait toute la tension au creux de son ventre. Un symbole tracé par des mains tremblantes et un pendentif… Dans un ultime sursaut, elle rejeta son intrusion et cette fois, il n’insista pas.

Le danois baissa sa baguette, ses prunelles brillantes observant la pauvre créature en souffrance, lui laissant quelques instants de répit, la récompense pour son exceptionnelle volonté, avant qu’il n’écartèle les derniers simulacres de résistance. Mais c’était sans compter sur les mangemorts qui louvoyaient tout autour d’eux, l’un tiraillé par l’impatience, qui plissa un peu plus ses yeux cristallins et l’autre par la fureur... Fâcheux mélange. Une seconde après, Rigel se leva d’un bond pour se ruer sur Jugson et derrière lui, la sortie. Elle n’eut pas l’occasion d’aller bien loin. Le sort la percuta à la jambe, la faisant s’écrouler. Il aurait pu être moins cruel, il aurait pu choisir un sortilège moins douloureux… Mais c’était là un bien moindre mal. « Joli tir… » Que lui souffla l’oncle en saisissant la baguette en bois de roseau. La gamine fut ramenée au point de départ pendant que Jugson toussait comme un poitrinaire.

" …Non pas que ça change quoi que ce soit, évidement. Mais pour mon confort, j'aimerais savoir, vous comprenez ?" « Je vais te faire passer l’envie de te foutre de nous ! » Egidius , qui avait visiblement récupéré, se jeta sur la gamine, baguette à la main « Endolo… !! » « Expulso ! » Le mangemort n’eut pas le temps de lancer son sortilège qu’il dut se protéger de celui que venait de lui lancer Stigandr. Il parvint à l’esquiver de justesse, le sort fracassant le buste d’une statue à quelques mètres. Pris de rage, Jugson leva sa baguette mais se retrouva brusquement soulevé du sol et collé au mur, incapable d’articuler le moindre geste. Rodolphus pesta de rage. « Assez ! Jugson a raison. Black nous fait perdre du temps. » « Ton chien de garde est seulement vexé de s’être fait battre par une gamine. Enfin, j’ai dit que je me chargeais d’elle, je t’ai promis d’obtenir ce que tu voulais à temps mais il est certain que je n’y arriverai pas si tes laquais m’interrompent sans cesse. » « Je crois qu’il a compris. Relâche-le. » Lestrange releva le menton avant de se tourner vers Rigel. Le pas prédateur, il se dirigea vers elle avant de s’accroupir, à quelques centimètres d’elle, tenant toujours dans sa main sa baguette. Son œillade glaciale passait sur le visage à l’angélisme consumé par la douleur. Il leva sa main et passa le bout de ses doigts sur le front opalin, le dégageant de quelques mèches charbonneuses. Un sourire acide arbora ses lèves. « C’est une Occlumens c’est ça Stig ? » Dit-il sans même le regarder et malgré les apparences, cela n’était pas une question, il venait de s’en rendre compte. « Cela explique bien des choses finalement. » Il se pencha sur l’oiselle, son visage manquant de toucher le sien. « J’ai besoin de ce qu’il y a là… -son index tapota sa tempe froide- et cet homme qui se tient derrière moi va le prendre, de la façon la plus douloureuse qui soit. Tu ne me croiras certainement pas si je te dis que je ne te veux aucun mal, je veux juste ramener mon Maître pour qu’il puisse rendre au monde magique la gloire qu’il mérite. » Il passa sa main sur sa joue, celle-ci englobant presque toute une moitié de son visage en déposa un baiser sur son front avant de se relever.

Stigandr échangea un dernier regard avec Rodolphus, celui-ci s’en allant reprendre sa place initiale, le premier levant son poignet, le roulant brièvement en lâchant un seul mot… « Foedus ! »

Lorsque la jeune femme ouvrit les yeux, elle n’était plus dans cette vieille maison sinistre cernée de mangemorts belliqueux et n’était plus la cible de sortilèges infâmes qui fouillaient sa tête. D’ailleurs, plus aucune douleur n’accablait son corps. Sa jambe était comme neuve et son esprit baignait dans une profonde quiétude, comme on peut l’être dans un rêve agréable. Un livre était entre ses mains, un plaid chaud recouvrait ses jambes repliées sous elle, retombant mollement sur les bords du fauteuil dans lequel elle était si confortablement enfoncée. La salle où elle se trouvait n’était autre que la salle commune de sa Maison, Serdaigle. La pièce était baignée dans une douce chaleur que les fenêtres gothiques laissaient passer sans contrainte, des milliers de livres parsemaient les murs, des plantes se tenaient çà et là le silence régnait en maître. Toute trace de péril venait de disparaître mais alors qu’elle aurait pu jurer être loin de Rodolphus et de ses sbires, une silhouette se découpa dans les lueurs solaires face à une fenêtre. C’était celle d’un homme, il était grand, portait un costume qui n’avait plus rien de poussiéreux ou de tâché. Il lui tournait le dos, mains dans les poches jusqu’à ce que sa voix se fasse entendre. « C’est un très bel endroit. Je comprends pourquoi vous l’avez choisi… »  Maintenant il se retourna sur elle, un léger sourire aux lèvres. A l’interrogation de l’oiselle, le sorcier répondit avec nonchalance, se détournant pour arborer les lieux, comme s’il les découvrait. « Vous l’aurez deviné, vous et moi ne sommes pas à Poudlard. Vous êtes toujours sur le plancher grinçant de cette maison, la jambe brisée -d’ailleurs, je m’en excuse platement- moi… je tiens la baguette… et derrière nous se tient une poignée de mages noirs très… déterminés… » Un nouveau rictus sans joie fendit ses lèvres fines, ses yeux devenant deux fentes où transparaissait une indéniable intensité. « Parlons vous et moi. »



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MessageSujet: Re: Pris au piège   Sam 20 Déc - 17:59


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr

Indubitablement, ma jambe était brisée. Je n'en étais pas à ma première fracture, même en dehors de mon broyage en règle sous la baguette de ma tante. Une bonne paire déjà, je les devais au quidditch, n'ayant jamais été bien épaisse, cela avait, au début, fait de moi une cible toute trouvée pour les cognards, je ne comptais pas le nombre de fois où j'avais fini un match avec une ou deux côtes en mauvais état. Je m'étais également brisé cette même jambe en m'essayant à l'escalade près de chez moi avant de comprendre que s'assurer avec une corde n'était pas là pour faire joli. Enfin, je m'étais brisée le bras un jour suite à une petite expérimentation de potion qui avait mal tourné et fait exploser le chaudron, m'envoyant une bonne masse de métal lancé à pleine vitesse. Oui, j'étais plutôt abonnée aux blessures, cela n'était pas moins désagréable pour autant. La jambe était d'autant plus douloureuse que j'avais tenté de courir un pas dessus avant de tomber et que le type qui m'avait ramenée devant mes tortionnaires n'avait pas été très délicat non plus. Malgré mes provocations et mon apparente sérénité, ma blessure altérait sérieusement mes sens, j'étais terrifiée. Il y avait un monde entre tomber d'une falaise, se briser la jambe et être récupéré par sa mère avant d'être conduite immédiatement chez un médicomage, et se trouver blessée en présence de sorciers hostiles et avec pour seul espoir celui de mourir au plus vite pour ne pas trop souffrir. Ma baguette dans la main de Rodolphus avait pour moi un attrait irrésistible, si seulement je pouvais l'avoir juste un instant, deux secondes et cette douleur qui me vrillait le corps ne serait plus qu'un souvenir. Le seul bon côté était que j'en oubliais mon crane qui me brûlait encore des attaques mentales subies.

Rester calme, respirer profondément, faire le vide dans mon esprit... Je lançais une nouvelle provocation envers mes geôliers, leurs indiquant aimablement que pour mon confort, il serait sympa de me dire ce qu'ils voulaient de moi. Si je visais la colère de Rodolphus, ce fut Jugson qui démarra au quart de tour. Instinctivement, je détournais la tête en fermant mes yeux avec force en comprenant son intention, mais une fois de plus il ne parvint pas à me lancer son cher Doloris, je rouvris les yeux, stupéfaite de constater que Birgerjarl s'était interposé. Un frisson d'angoisse me traversa : composer face à des gens clairement hostile, j'y étais préparée, mais le professeur me déstabilisait. Une fois il m'attaquait, une autre il me protégeait. Pourtant, ce que Jugson comptait me faire aurait facilité son travail en suite, je me sentais incapable de résister à la moindre attaque de legilimancie une fois passée par le doloris, je connaissais assez ce sort pour savoir que mon peu de courage se brisait net quand j'y étais confrontée. Mais pour aussi troublée que je puisse être, je me surpris à apprécier au plus haut point le traitement que subit Jugson. Si ça ce n'était pas génial, c'était moi qui les faisait tourner en bourrique et c'est lui qui prenait. Au moins, je tirais un peu de positif de ma fâcheuse posture. De toute façon, je ne sortirais sans doute pas vivante de ces lieux, il me fallait profiter des dernières petites joies qui me resteraient. Joie de courte durée qui s’évapora dès que Rodolphus s'approcha de moi, bien trop près à mon goût, et m'arracha même un frisson de crainte pure quand sa main s'approcha de moi. Le souvenir encore trop présent à l'esprit de la mort de Scrimegour hantais mon esprit et, au contact de la peau de mon oncle contre la mienne, je ressentis comme un écho dans mon bras gauche, fragment de la torture que j'avais subi sous sa supervision quand ma conscience refusait d’abattre cet homme. Je plantais mon regard dans le sien, le défiant à nouveau pour cacher mon effroi. Ce geste, cette douceur en me parlant me rappelait les derniers instants passés avec Bellatrix. Ce simple souvenir faillis me faire plier, me rendre, me soumettre. Pour rien au monde je ne voulais subir à nouveau ce qu'elle m'avait fait subir. Je sentis à peine mes propres larmes couler sur mes joues avant d'aller se perdre sur mes lèvres tremblantes alors qu'il posait les siennes sur mon front. Il s'éloigna enfin, inconscient du fait que s'il avait insisté quelques instants de plus, il aurait pu obtenir tout ce qu'il voulait de moi. A présent qu'une distance plus raisonnable nous séparais, je pus me reprendre et me concentrer sur mon unique objectif : mourir avant de révéler quoi que ce soit.

Je tournais distraitement une page de mon livre, me calant plus confortablement dans le fauteuil moelleux, appuyée nonchalamment contre l’accoudoir, mes jambes repliées, bien au chaud sous un épais plaid aux couleurs de Serdaigle. Je laissais échapper un soupire de bien-être, bercée par le bruit du vent sur les pierres de la tour et le crépitement du feu dans l'âtre non loin de moi. J’étirais mes bras au-dessus de moi avant de refermer mon livre. Étrange qu'il n'y ai personne, cependant, ni même... Je baissais les yeux, d’habitude, je ne pouvais jamais m'installer ici sans avoir une boule de poils noir ronronnant avec insistance contre moi, où était donc mon chat ? Je balayais la salle du regard, ressentant comme une sensation de décalage entre ce lieu familier et rassurant et une sensation sourde mais persistance, cette petite sensation qui dit que quelque chose cloche. Maintenant que j'en prenais conscience, elle se mue en une légère angoisse... Comment j'étais arrivée ici ? Je réalisais que je n'étais pas seule, me tournant le dos, un homme se tenait devant la fenêtre. Mon esprit troublé eu bien du mal à comprendre. "Que faites-vous ici ?" Demandais-je en réponse à sa remarque, avant de comprendre : il était la cause de tout cela et ce lieu était le fruit de mon esprit, matérialisé par le sort dont j'avais vague souvenir avant de me retrouver ici. "Rien de tout cela n'est réel, n'est-ce pas ?" Une fois de plus, c'était très difficile de l'admettre, mais c'était brillant. Dans un endroit familier et rassurant, libérée de mes blessures et en tête à tête après s'être à nouveau montré comme mon protecteur, il me plaçait dans de bonnes dispositions pour accepter de dialoguer. C'était vexant de reconnaître que cette stratégie était particulièrement efficace : si j'étais en colère après cette manipulation, la façon dont il venait de fouiller mon esprit et l'angoisse d'être consciente qu'il savait ce qu'il faisait, ces sentiments étaient nettement amoindris par ce décor chaleureux et la sensation de paix qui m'habitait encore. Nerveuse, je me levais de mon fauteuil, surprise de ressentir les choses avec une telle fidélité à la réalité. Les jambes légèrement engourdies comme si j'étais restée longtemps dans ce fauteuil, l'oscillation infime de la tour sous le vent,  l'odeur familière des vieux parchemin et des bûches qui brûlaient. C'était stupéfiant. "J'imagine que je n'ai pas trop le choix. Parlons donc."

A présent proche de Stigandr, je croisais les bras. "Alors autant être claire. Je peux jouer bien des rôles, faire comme si je soutenais toute sortes de causes, me mettre à dos les gens que j'aime, le tout au nom d'un but que je me suis fixée. Mais pour rien au monde je ne contribuerais à faire revenir Voldemort à la vie." Je dis le nom redouté avec une certaine effronterie, cachant de ma voix toute trace de crainte. "Je suis même surprise que des gens aussi intelligent que mon oncle ou vous-même puisse encore être abusés par ses paroles. Des crétins finis dans le modèle de Goyle ou incapable de vivre sans suivre d'ordres comme Jugson, je peux le concevoir, mais pas vous. Il faut être réellement aveugle pour s'imaginer que Voldemort était autre chose qu'un dangereux mégalomane ne poursuivant rien d'autre que sa propre quette du pouvoir, arrosé d'une peur extrême de la mort. Et s'il n'y avait que ça, encore, je ne risquerais pas ma vie à m'y opposer. De toutes façon, quand bien même je le voudrais, c'est une chimère. Il est bel est bien mort, je peux vous l'assurer. Il n'existe aucun moyen d'inverser le processus, on ne peut déjà pas ramener un mort à la vie, tout court, mais avec ce qu'il a fait, encore moins. Même si je cédais, vous vous trouveriez au même point. La clef que vous cherchez n'existe pas, ni dans ma tête, ni ailleurs." Oh, elle pouvait exister, la magie noire permettait bien des choses théoriquement impossibles, mais les horcruxes étaient en eux-même des impossibilités. J'y avais souvent réfléchit, j'avais même fait des recherches là dessus pour m'assurer qu'il n'y avait bien aucun moyen de rétablir une âme morcelée dont les morceaux avaient été détruits. L'observant, tout en essayant de retourner la situation à mon avantage, j'essayais de comprendre ce qu'il faisait là. Non pas là, dans la tour de Serdaigle et à fortiori dans ma tête. Non, là, avec mon oncle, à essayer de me soutirer des informations pouvant retrouver Voldemort. Je ne parvenais pas à imaginer Stigandr Birgerjarl, avec son passé et sa gloire d'auror, se soumettre à Voldemort, craindre ses colères, obéir à ses ordres. Puis il s'était opposé à nos attaques, je ne risquais pas de l'oublier, j'aurais croupi à Azkaban s'il ne m'avait pas laissée filée. La surprise dans son regard quand il avait vu mon visage débarrassé de son masque alors que moi et Drago étions bien connu pour être les plus jeunes mangemorts dans ses rangs. J'avais même conduit certaines attaques, le nom de Rigel Black était connu de tous les mangemorts actifs, sans compter qu'ils étaient normalement tous présents le jour où j'étais entrée dans leurs rangs. Alors pourquoi suivait-il Rodolphus à présent ? "Vous n'avez jamais été mangemort, n'est-ce pas ?" Dis-je en plantant mon regard dans le sien. "Qu'est ce que Rodolphus a bien pu vous dire pour vous convaincre ? J'avoue être très curieuse et déçue, vous étiez pour moi l'exemple d'un auror incorruptible."

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MessageSujet: Re: Pris au piège   Sam 31 Jan - 22:43


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr


Les Black avaient en commun ce trait de caractère bien particulier qui faisait d’eux des gens têtus ou au moins déterminés, qu’ils soient bons ou mauvais. Lorsqu’elle croisa les bras en s’approchant de lui en lui crachant sa diatribe, il demeura attentif. Elle devina très vite que ce qu’elle vivait était une illusion. Un esprit faible n’aurait pas su faire la différence, préférant se complaire dans l’imaginaire en faisant de la réalité un mauvais rêve.

Il demeura stoïque et serein et lorsque la Black eu terminé, il baissa les yeux un instant, semblant ailleurs et releva ses prunelles pour contourner la jeune femme et se diriger, deux pas plus loin, vers une petite table circulaire –elle pouvait jurer qu’elle n’était pas là quelques secondes auparavant- où se tenaient une cruche en cristal et deux verres de même facture. Il versa un liquide d’un rouge profond dans les deux récipients avec l’habileté d’un gourmet. « Me ferez-vous le plaisir de partager un verre de cet excellent vin français ? Bien entendu, la récolte et la fabrication sont exécutées dans la pure tradition magique. Un grand cru rare que j’ai eu l’occasion de goûter il y a de cela… un certain temps. » Dit-il en lui tendant un verre. Malgré le temps d’hésitation qu’elle marqua, l’oiselle accepta. Après avoir partagé un léger signe de tête, il en avala une gorgée qu’il savoura en fermant subrepticement ses paupières. Même si ce n’était qu’un simulacre, les saveurs étaient authentiques.

« Voldemort a infligé de grandes blessures au monde magique et son fanatisme narcissique n’a fait de lui rien de moins qu’un fléau. Je doute que son retour serve la cause du monde magique, du moins pas sur le long terme. » Stig fit quelques pas et observa d’un regard morne le liquide cinabre qui roulait dans le cristal que tenait sa main. « Comme vous l’avez si bien remarqué, votre oncle n’est pas un imbécile. Loin de là. Je doute qu’il s’enjoue sincèrement à l’idée que le Mage Noire revienne à nouveau… Sa défunte épouse, elle, en aurait certainement tiré une jouissance rare, profonde et assurément sadique. » Conclue-t-il en levant un sourcil tout en se repaissant d’une nouvelle gorgée. « Mais permettez-moi de vous poser une question mademoiselle Black. Connaissez-vous le mouvement nommé Ad Extirpanda ? » Devant la réponse négative, le danois continua. « C’est le cas de très peu de gens.
Il s’agit d’une organisation secrète impulsée par des têtes pensantes du Clergé –fer de lance d’une partie des moldus- visant à protéger le monde de la menace sorcière. Son objectif premier est de réunir assez de preuves de l’existence du monde magique pour l’exposer au monde moldu. Cela peut paraître négligeable à première vue sauf que leur but véritable n’est pas aussi bénin que la vulgaire distribution d’informations ou bien la volonté de faire éclater une vérité méritée. Nous avons recensé diverses actions de sabotage, des vols de technologies magiques mais également des rapts. Ils nous testent et nous étudient et développent à leur tour des technologies capables de nous affecter. Le plus inquiétant étant qu’ils trouvent de plus en plus d’oreilles attentives à leur discours, jusque dans les hautes sphères des gouvernements européens.
»

Aux vues du regard troublé de la jeune femme, l’enseignant jeta une dernière œillade à son verre avant de le reposer sur la même table qu’il avait quitté. « Vous devez certainement vous demander comment moi je peux savoir ce genre de choses et pourquoi vous n’en avez jamais entendu parler… » Il se reposa contre la table à nouveau, entrelaçant ses doigts devant lui. « Je ne suis pas censé en parler pour être honnête mais le contexte me parait assez particulier pour qu’une entorse soit pardonnée… » Dit-il en inspirant une nouvelle bouffée d’air factice, regardant droit devant lui. « Lorsque j’étais chef du Département des Aurors au Danemark –précisa-t-il-, nos renseignements secrets tentaient d’infiltrer les rangs de cette organisation. Cette division a été dissoute, soit disant dans le but de préserver la paix entre les Ministères modus et sorciers et que cette menace était infondée. » Un sourire glacial ourla ses lèves fines. « Les gouvernements ont cette capacité à valider ou ignorer ou étouffer ce qui les arrange. » Puis ses billes brillantes roulèrent vers elle. « La théorie du complot prend un sens nouveau lorsqu’on vous accuse d’en faire partie. Toutes les recherches sur le sujet ont été détruites. Le monde magique est traumatisé par un Mage qui haïssait les moldus alors l’idée même que ses crimes eurent une raison d’être soutenable leur était inconcevable. »

« Je ne suis pas adepte des dogmes populistes visant à instiguer la terreur dans le cœur des peuples pour les pousser à choisir des leaders extrémistes dont la particularité première est la psychopathie et la soif de pouvoir. Lorsque nos vies et ce qui les composent sont menacés, il est bon de se demander quel mal serait le pire… et… quelle arme serait la meilleure pour éviter le pire. »

« Je sais que cela est difficile à croire, et même à envisager… je le conçois et je ne vous oblige nullement à l’accepter.» Dit-il tout en se rapprochant d'elle doucement. « Quel que soit votre choix ou vos convictions, il vous faudra vous poser la bonne question. » Il était assez proche d'elle pour l'avaler dans son ombre et lorsqu'il eut capté toute son attention, il inclina la tête et malgré l'absence de sourire sur ses lèvres, sa voix était d'une indicible douceur. « Etes-vous prête à blesser ce monde pour lui éviter la ruine ? »





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MessageSujet: Re: Pris au piège   Mar 3 Fév - 19:56


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr

J’en savais assez sur les techniques de manipulation pour savoir en reconnaître. L’une des plus classiques consistait précisément à discuter auprès d’un verre ou une tasse offerte, ouvrant à la conversation et à une baisse de la garde devant des gestes conviviaux. Avec certaines molécules comme la caféine ou la théine, c’était même encore plus fourbe, ces éléments poussaient chimiquement la personne à être plus ouverte à la discussion. J’envisageais un instant de repousser son offre, mais en quoi cela m’aurait avancé d’afficher une franche hostilité ? Le mieux à faire était encore de jouer son jeu tout en restant consciente qu’il essayerait sans doute de m’amener précisément où il voulait. Par ailleurs, son invitation souleva dans mon esprit une paire d’autres questions d’ordre techniques. Le temps écoulé ici était-il le même que dans la réalité ou, comme dans un rêve, des heures passées ici équivaudraient à quelques secondes dans la réalité ? Ce vin était-il issu de mon imagination ou la sienne ? La sienne, manifestement, alors que les lieux étaient indubitablement une projection de mes souvenirs. Je pris le verre et huma le contenu, bien que je sois loin d’être fine œnologue, je savais reconnaître un bon vin et était passée maître dans l’art de faire semblant de m’y connaître. J’y trempais mes lèvres et d’autres questions vient s’ajouter dans mon esprit : je n’avais assurément jamais goûté ce vin précis et mon esprit ne s’était pas contenté de combler avec un goût issu de mon souvenir, je le découvrais. C’était assez prodigieux et troublant, je me demandais si j’avais la même incidence sur ce lieu… Un effort de volonté et j’entendis le discret bruit de patte sur la pierre, non loin de nous. Comme s’il s’était toujours trouvé là, Samy, mon chat, grimpa sur le fauteuil où je me trouvais auparavant, s’étira longuement et se roula en boule dans cette paix à laquelle seul un chat peut accéder. Je l’observais du coin de l’œil en faisant mine de ne pas le remarquer. Cela impliquait donc que je pouvais également agir. En cas de problèmes, cela pourrait m’être utile. “Les français sont lamentable en thé et en quidditch, mais en matière de vin il est vrai qu’ils ne craignent personne.” Commentais-je. Ce petit interlude se termina par un silence ou chacun profita du vin, puis il brisa enfin le silence.

Il commença par reconnaître que Voldemort avait fait beaucoup de mal au monde sorcier. C’était peu dire, j’ignorais qui avait le plus souffert entre ceux qui s’y étaient opposés ou ceux qui avaient voulu le suivre. À commencer par physiquement. Si on m’avait dit, avant de m’engager, qu’il torturait allègrement ses partisans s’ils émettaient la moindre réserve envers ses ordres… Ou parfois juste sur le coup d’une colère dont il n’avait pas le fautif sous la baguette… Les autres sorciers vivaient dans la crainte d’une attaque, mais chez les mangemort, personne n’était certain d’être à l’abri. La torture physique mais n’oublions pas la psychologique, quand il ordonnait à l’un de nous de lancer le doloris sur un autre mangemort. L’une de mes plus grandes craintes durant ses années aurait été de devoir m’en prendre à mon cousin ou à ma mère, Merlin merci, ça n’était jamais arrivé. Si j’avais su tout ça, je ne me serais jamais portée ainsi volontaire. Pas si tôt en tout cas. Comment vouloir revenir à une telle vie ? Reconnaissant tout cela, pourquoi Birgerjarl œuvrait-il pour ceux qui voulaient y revenir ? Je retins un rire ironique en parlant de la “jouissance profonde” de Bellatrix dans sa volonté de voir revenir Voldemort, personne parmi les mangemort n’ignoraient la nature de sa fascination pour lui… Mais il soulevait un point autrement plus sérieux. Pourquoi Rodolphus le voudrait si ce n’est pas sincèrement ? Il m'interrogea sur un mouvement appelé Ad Extirpanda, je haussais un sourcil. “À part un ours noir et blanc, cela ne me dit rien. Mais ça ne semble pas quelque chose de sympathique, a priori.” Le nom ne m’était pas même familier, comme le serait un terme entendu un jour lointain qui aurait encore quelques échos. J’étais presque certaine de ne jamais avoir entendu ce terme.

Au début de son explication, je pensais logiquement à une organisation datant du moyen-âge, époque où les moldus traquaient les sorciers au nom de la foi, s’imaginant que la magie était l’œuvre du Diable. Mais je tiquais, pourquoi, alors, s’exprimait-il au présent ? Au fil de son explication, je sentis bientôt un frisson glacé s'emparer de moi alors que je commençais à comprendre où il voulait en venir. Une organisation moldue qui nous étudiait comme des vulgaires cobayes ? J’avais déjà entendu parler d'expériences menées par les moldus dans le passé, leur peu de cas pour la vie m’avait déjà choqué à plus d’une reprise et leur cruauté semblait faire partie intégrante de leur mode de vie. L’idée que ce ne soit pas juste un groupe d’allumés sans influence était plus alarmante encore, si les plus hauts placés y accordaient du crédit. Je pensais soudain à Lucius me parlant de ses projets de lever un jour le secret magique… Je lui avais répondu d'emblée que leur monde n’était pas encore prêt, pas aussi brusquement. Je n’imaginais pas à quel point j’avais alors raison. Si Birgerjarl avait raison, alors la dernière chose à faire était de se révéler d’un coup au monde moldu. La peur suscitée serait encore plus violente que prévue. Encore fallait-il qu’il ait raison… Moi aussi, je pouvais inventer des histoires terrifiantes de méchants moldus. Quoi qu’il en soit, ses dires m’inquiétaient bien plus que je ne voulais l’admettre et tout en moi refusait leur véracité.

La suite de son explication acheva de me mettre mal à l’aise. Le salopard avait su ménager ses effets en abattant ses cartes peu à peu. Je m’étais souvent demandée ce qui pouvait pousser un auror aux états de service aussi incroyables à quitter son poste et se reconvertir dans l’enseignement. Qu’est ce qui pouvait pousser une personne qui avait toujours combattu pour des nobles causes à s’en détourner un jour et ne même plus y garder un pied… Et même le retrouver ainsi de l’autre côté, auprès de mangemorts notoirement dangereux, du côté même de ceux qu’il combattait. Je m’assis, déstabilisée aussi bien physiquement que mentalement. Rien ne m’assurait qu’il disait vrai, mais de toutes les argumentations auxquelles je m’étais attendue, rien ne m’avait préparée à cela. Il y avait mille scénarios déjà vu et revu pour expliquer la haine des sorciers envers les moldus, étant une Black, je les avais tous déjà entendu. Et toutes ces explications, j’avais appris à faire le tri entre les faits et les mythes, là, j’étais perdue. Soit il disait la vérité, soit il était en train de me monter la plus grandiose faribole de mon existence. Et si tel était le cas, j’étais assurément devant quelqu’un de plus dangereux que tous les mangemorts autour de nous réunis. Oui, il était inconcevable que ce combat soit justifié. Je reposais mon verre avec une certaine brusquerie et me frottais le font avec vigueur. Il m’avait fallu des années pour parvenir à voir clair au travers du brouillard de haine érigé sur des générations de “sang pur”, des années, toute une vie pour admettre que ces combats étaient injustes et que l’époque où les moldus nous persécutaient était révolue depuis des siècles. Et cet homme était en train de mettre un soin méticuleux à détruire ces années de réflexions. Je voulus lui hurler de se taire mais je ne sus rien dire. D'autant plus que, alors qu'il parlait, je me sentais profondément mal, comme si ce dont il avait été témoin, je le vivais à mon tour, accompagné même de bribes furtives, comme si je m'en rappelais. C'était profondément étrange de ressentir des émotions qui n'étaient pas les miennes, mais plus encore, ressentir les émotions de quelqu'un dont je pensais en être dénué. Ne me laissant aucun répit, il asséna le coup final, l’argument du moindre mal. C’était donc là qu’il voulait en venir… Une minorité du monde moldu pouvait faire bien plus de mal sur nous autres sorciers que Voldemort, qui lui, aurait le pouvoir et le manque de scrupules pour agir contre ces moldus… Il s’approchait de moi tel un prédateur sur le point de fondre sur sa proie.

Sauf que je n’étais pas une proie et je relevais le regard pour le planter dans le sien, glace contre glace. “Et toutes preuves détruites. C’est bien pratique. Surtout d’ici où je n’ai rien d’autre pour vous croire que vos paroles. Je ne pourrais pas sortir vérifier par moi-même n’est-ce-pas ? Pour répondre à votre question, oui en effet, j’y serais prête.” Je l’avais déjà fait, après tout, comme en attestait la marque sombre sur mon bras et les blessures de mon esprit causées par les choses que j’avais dû faire pour cette marque. “Encore faudrait-il que tout cela soit vrai. Vous pourriez aussi bien avoir tout inventé, ou pire, être complètement dément et croire sincèrement à cette histoire.”

Je me levais d’un geste nerveux et m’éloigna pour me diriger vers la fenêtre. En réalité, je n'arrivais pas à me convaincre que ce soit faux. Dans ma voix, tout indiquait le doute et mes paroles ne faisaient que tenter de me convaincre qu'il mentait, j'avais besoin de le croire mais j'en étais incapable. En lui tournant le dos, je tentais d'apaiser mon esprit et faire le point sur mes alternatives. Elles étaient cruellement limitées. S'il disait vrai, alors, en effet, nous allions droit à la catastrophe, surtout si les ministères sorciers s'accordaient à fermer les yeux. Et j'avais été témoin de leur facilité à fermer les yeux quand ça les arrangeait. Qui d'autres que des gens comme nous, prêt à se salir les mains, pourraient présenter une réelle résistance si cela arrivait ? Je constatais non sans un certain effroi que je m'étais comprise spontanément dans l'équation, m'associant avec eux... Et s'il me menait en bateau ? Est-ce-que je devais prendre le risque de les suivre pour ne final une fois de plus satisfaire que les délires malades d'un esprit dérangé ? Mais si je m’obstinai à refuser alors qu'il disait vrai ? Dans tous les coups, je mourrais ici si je refusais. Par ailleurs, ce fichu décor rassurant aidant, je n'avais pas du tout envie de mourir et dans ce confort tout mon petit courage était bien loin. Je serrais les poings, si je refusais et mourrais, ce serait mourir pour rien, ce serait mourir tout court.

Alors je devais recommencer à participer à des choses que je ne voulais pas. À commettre des choses dont la simple idée me terrifiait. Et si je permettais de retrouver Voldemort, revivre cette vie de cauchemars, tout ça pour la mince hypothèse que cela pourrait à long terme sauver les sorciers. Je lâchais un profond soupire. "Très bien..." Je me tournais lentement vers lui. "Je n'ai effectivement pas beaucoup d'autres choix. Mais je suis au regret de vous dire qu'il n'y a pas de moyens de le ramener. La technique qu'il a employée n'autorise pas un retour en arrière. Elle aurait pu quand il était encore en vie, il semble que ça soit la seule faille, mais il ne l'est plus. Et ça, jamais Rodolphus ne s'en contentera, alors que je veuille vous aider de mon plein grès ou non n'y changera rien. Je peux essayer de trouver, mais rien n'assure que je trouverais."

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MessageSujet: Re: Pris au piège   Lun 9 Mar - 14:26


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr


L’esprit est capable des plus beaux rêves mais aussi des pires cauchemars. Il recélait autant de merveilles que d’horreurs et lorsque nous en avions besoin, cela pouvait nous préserver de la folie. Rigel se dévoila davantage en se rendant actrice dans ce simulacre, faisant intervenir son chat ; une créature douce et rassurante qui avait la fâcheuse habitude de laisser des poils sur les fauteuils. Un léger rictus fendit les lèvres du sorcier tandis que d’une œillade, il voyait la bête se lover avant de s’endormir paisiblement. Un véritable écran de fumée… Rien ici n’était paisible. Miss Black avait la jambe en sang et une kyrielle de prédateurs lui tournaient autours, prêts à fondre sur la biche blessée dès que l’occasion les y poussera. Il était inutile de perdre du temps car l’heure était à l’urgence.

Ainsi, comme toute personne censée et un tant soit peu réfléchie, elle remettait ses paroles en doute et elle avait raison. Non pas qu’il lui mentait –du moins semblait-il- mais elle devait envisager toutes les alternatives avant de prendre sa décision, celle qui n’appartiendrait qu’à elle. Car le but de Stigandr n’était en rien de contraindre. Lui souhaitait convaincre. La force qui émanerait de son allégeance sincère à leur cause sera bien plus efficace et pérenne qu’une servitude involontaire. C’était de cette manière que l’on créait les traitres. Par conséquent, il appartenait à elle seule de sceller son destin, que cela fusse sous le joug du devoir ou le mépris de l’avenir.

Elle se leva, préférant faire face au soupirail ouvrant sur le monde qu’elle chérissait tant. Le danois la regarda s’éloigner et sans doute qu’une part de lui devait regretter ce qu’il devait la forcer à faire : voir la réalité en face, prendre ses responsabilités et finalement réaliser que le monde n’était ni juste ni paisible et qu’à chaque instant il pouvait sombrer. Bien heureux étaient les ignorants, car il leur suffisait de s’éveiller pour que les cauchemars s’effacent.  

Rigel Black céda. Ce dénouement ne le surprit point et il n’en retira ni bonheur ni peine. L’unique émotion qui le traversa pouvait se traduire par un intérêt. Car elle s’en révélait digne à ses yeux. Et lorsqu’elle lui avoua que Voldemort ne pouvait revenir, une part de lui en ressentit un soulagement… éphémère. « Je vous remercie pour votre sincérité mademoiselle Black. Rodolphus est un homme dur mais doué de raison. Il saura vous écouter. » Le bout de ses doigts effleura la petite table qui portait le vin, le regard baissé, la contournant d’un pas lent. « Quant à mes dires concernant l’enquête étouffée je m’engage à vous fournir la preuve de l’existence d’Ad Extirpanda. Les preuves ont été détruites mais seul ce qui n’existe pas ne laisse pas de traces. » Il passa près du fauteuil où dormait le chat et caressa le crâne de l’animal avec douceur, provoquant une vague de ronronnement sourds. « Pardonnez-moi mais je vais devoir interrompre le sort. Quelques secondes à peine se sont écoulées dans le monde réel et je dois faire une chose que, croyez bien, j’exècre. » Devant le regard de la jeune femme, le sorcier continua. « Il me faut les persuader que je vous force la main. » Les Mangemorts étaient bien trop à fleur de peau pour accepter une simple reddition sans cris ni douleurs. Ainsi avança-t-il vers elle tandis qu’il parlait. « Le sort que je vais lancer sera douloureux. Votre sang semblera prendre feu, irradiant vos veines et vous n’aurez qu’un seul désir : arracher votre peau pour le faire sortir. Evitez tant que cela vous sera possible. Vous vous remettrez de ce supplice mais si vous vous écorchez la peau, vous garderez des cicatrices et aucun sort ni aucune potion ne pourra plus les effacer. » Une fois proche de la jeune femme son regard s’assombrit. Il savait très bien ce qu’elle avait déjà vécu par le passé, il l’avait vu dans les méandres de ses souvenirs. « Vous avez en vous assez de force pour surmonter cette épreuve mais je peux vous promettre que je ferai tout pour la rendre plus supportable. » La scène devait être crédible et pensant que Rodolphus croirait peu en une capitulation rapide, elle devrait faire preuve de patience avant de s’avouer officiellement vaincue.

Stigandr la laissa prendre une ultime inspiration puis le sortilège se rompit. Le décor de la salle commune se froissa pour se diluer puis disparaitre. Immédiatement, elle sentit à nouveau sa jambe. D’abord une sensation de picotement puis une légère douleur allant crescendo pour ensuite s’éveiller brutalement. Elle se retrouva de nouveau sur le plancher de la maison grinçante, faisant face à Stigandr et à la poignée de Mangemorts impatiente, dont son oncle -son regard aiguisé la scrutait avec la précision d’une lame. Aucune réaction n’eut le temps de la saisir que le professeur lança un nouveau sort, silencieux cette fois -pour ne pas éveiller les soupçons- et si la théorie du sort la laissait dans l’expectative, la pratique la ramena brutalement à la réalité. Elle découvrit ce sortilège aux origines nordiques la parcourir.

La douleur était bien différente du Doloris. La sang-pur ressentit d’abord la brûlure monter de ses pieds, comme si elle fondait dans une nappe de lave incandescente. Son premier désir fut de se reculer, mais bien vite elle se rendit compte que cela n’entamait en rien la progression de l’ignescence. Elle sentit le feu se répandre et eut le désir viscéral d’arracher le moindre vêtement qui couvrait son corps et bientôt ses veines. Une fois que cela atteignit sa poitrine, l’inspiration de l’air, plus froid, créait un choc thermique dans sa bouche, sa gorge et ses poumons et pourtant son corps en requérait davantage pour supporter cette charge irradiante. Bientôt, plus une seule parcelle de son corps n’était épargnée. Maintenant, Rigel brûlait de l’intérieur.

Maintenant, Indre Ild mettait son corps à feu et à sang.

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MessageSujet: Re: Pris au piège   Dim 29 Mar - 21:58


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr

Ce fut fugace, presque indécelable, d'ailleurs, je me demandais si j'avais bien vu ou si je ne sur-interprétais pas la situation, mais j'avais cru lire un bref instant le soulagement dans le regard du Professeur quand je maintins ma position sur le fait qu'il n'y avait pas de moyen – connu- pour retrouver Lord Voldemort. Il avait beau dire être conscient des conséquences néfaste des actions de mon "maître", c'était tout de même la volonté de le faire renaitre qui faisait que nous étions en ce moment en train de discuter, cette raison pour laquelle il avait forcé les barrières de mon esprit, ou encore qu'il m'avait brisé la jambe. J'avais du mal à croire qu'il ne faisait pas ça sans être un tant soit peu volontaire dans cette cause. Non, j'avais dû être abusée par ce que je voulais voir, mon esprit troublé devait chercher à se créer des repères rassurants, repères dont j'avais, honnêtement, grand besoin. Cet homme représentait une véritable énigme dont chaque paroles semblaient être vouée à me déstabiliser un peu plus sur ce que je savais de lui. Je détestais réellement être dans une telle indécision, la plupart des gens, je savais les cerner assez facilement, j'étais une intuitive, d'instinct je sentais quand je pouvais me fier à quelqu'un ou non, bien souvent les faits venaient appuyer mes intuitions. Mais lui, c'était presque fascinant de voir à quel point j'étais incapable de savoir à quoi m'en tenir face à lui.

Par ailleurs, il semblait très proche de mon oncle. Assez, en tout cas, pour être en mesure de m'assurer qu'il saurait m'écouter, bien que je doute encore de ce point. Je restais intimement persuadée que Rodolphus ne me laisserait jamais m'en tirer ainsi, avec juste l'assurance de ma bonne volonté. Non, il s'assurerait de ma destruction et cette terreur sourde était toujours là malgré le sort qui nous projetais ici et tout l'apaisement qui l'accompagnait. Si, j'avais une unique certitude en ce qui concernait Birgerjarl : c'était quelqu'un d'extrêmement dangereux. Personne ne pouvait ainsi être proche de Rodolphus et avoir gagné son respect sans avoir prouvé sa valeur destructrice, j'en savais quelque chose…  Une part de moi savait que j'étais face à quelqu'un dont je devais absolument me méfier, mais une part de moi était pourtant en confiance, cela se manifesta par mon chat. Si ma méfiance avait pris le dessus, nul doute qu'à son approche, Samy lui aurait au moins feulé dessus avant d'aller se cacher sous un meuble en grondant, comme il le faisait systématiquement quand une personne qu'il n'aimait pas se trouvait dans les environs. Là, projection de moi-même et de cette confiance qu'il avait réussi à provoquer en me protégeant, le chat ronronna paisiblement au contact du sorcier.

Mais sa sérénité – et la mienne – ne dura pas. Stigandr annonça qu'il allait devoir mettre fin au sort et… les persuader qu'il me forçait la main ? Samy releva la tête et pointa sur lui un regard offusqué, puis effrayé avant de se barrer à toute allure dans un virevoltèrent de fourrure. Comme je l'avais prédit, il alla trouver refuge sous un meuble. J'aurais aimé faire de même mais je me contentai de rester figée là, refusant d'admettre ce qu'il voulait insinuer. "Pardon ?" Rétorquais-je, soudain de nouveau sur la défensive. Je savais qu'il avait raison à nouveau, d'ailleurs, encore une fois, je restais septique quant à la facilité de convaincre Rodolphus. Si j'avais eu une solution à proposer pour retrouver Voldemort, il m'aurait suffi de la livrer, il aurait alors juste eu à prétendre l'avoir arraché de mon esprit, mais la solution, je ne l'avais pas. Et si ce n'était pas lui, ce serait un autre qui veillerait à être certain que je ne cachais rien. J'allais être torturée, je réalisais ce fait et blêmis, terrifiée, l'écoutant me décrire le sort qu'il comptait utiliser… Il avait dû, lors de sa promenade dans mon esprit, vu à quel point les brûlures me faisaient horreur. "Est-ce réellement nécessaire ?" Voulus-je protester d'une voix faible. Il ne pouvait pas utiliser n'importe quel autre sort à la place ? Même le Doloris ? Non… A la réflexion, pas le Doloris. N'importe quel autre sort sauf ces deux là ? Je savais bien que non, l'idée était de s'assurer que mon oncle et ses charmants compagnons soient certains que je cédais complètement. Quoi de mieux qu'un sort qui semblait être fait pour me porter au comble de l'horreur, moi, personnellement… Je fermais mes paupières de toutes mes forces, le fait de reconnaitre que ce devait être fait n'atténuait en rien le fait que je ne voulais pas que ça arrive. Non, je n'en avais pas la force, qu'on arrête de me croire forte à la fin ! Je ne voulais pas souffrir ! C'était surréaliste de devoir volontairement me soumettre à ce traitement ! J'aurais presque préféré qu'il ne l'annonce pas en détail et qu'il ne me laisse pas, ainsi, le temps de considérer pleinement l'horreur de ce qui m'attendait.

Pourtant, je ne cherchais pas à fuir, ça n'aurait servi à rien, et, comme déconnectée de ma volonté, je sentis ma tête faire un signe d'acquiescement avant d'inspirer profondément, cherchant en moi un courage que je n'avais pas et me surprenant à penser que je devrais tenir un minimum pour que cela semble vraisemblable. A défaut de courage, je trouvais la fierté, celle de ne pas m'avouer vaincu aux yeux de Rodolphus et Jugson. Rien que pour ne pas leur donner la satisfaction de me voir céder trop vite, je jouerais le jeu.

La réalité revint progressivement, ma jambe brisée retrouvant toute la puissance de ses élancements, me rendant consciente du froid de l'endroit, du sol de bois vermoulu et humide, de Rodolphus qui m'observait avec attention, les doigts croisés devant sa bouche, de Jugson, furibond et, enfin, de la baguette de Stigandr pointée vers moi. Je pris alors conscience d'une douleur bien différente dans mes jambes que j'avais mis, dans un premier temps, sur le compte de ma blessure. Comme si mes pieds avaient été trop près d'un puissant feu, j'eus un mouvement de recul, mais l'information reflexe n'eut pas le temps de faire son chemin que la douleur devenait telle qu'elle me faucha avant que je ne puisse m'en extirper. Mon souffle se fit précipité, saccadé et mon corps se tétanisa, comme si cela pourrait empêcher la combustion, au moins la ralentir. Le calme ne me sauverait pas, tenter de contrôler ma respiration non plus, réprimer mes gémissements qui se muaient en cris, encore moins.

Mes forces m'abandonnèrent et je m'affalais sur le sol, me recroquevillant, les bras essayant vainement de protéger le haut de mon corps, puis mon visage dont la mâchoire crispée tentait en vain de retenir mes plaintes. Je cherchais désespérément mon souffle mais chaque inspiration semblait alimenter ce feu intérieur qui me dévorait, je devais résister, mais résister me mettait au supplice, semant un grand trouble dans mon esprit. Ce dernier luttait de toutes ses forces, se focalisant sur les dernières instructions de mon tourmenteur : éviter de me blesser.  Ma volonté me fit défaut et un violent sursaut me secoua, je ramenais mes bras contre mon torse, me resserrant encore plus sur moi-même, mes ongles entamant ma peau au travers du tissus. Mes mains se crispèrent, entaillant mes bras et, si, sur le coup, j'eus l'extraordinaire sensation d'un furtif et infime apaisement, ce ne fut que brûler d'avantage l'instant d'après, m'arrachant un hurlement prolongé, me faisant plonger un instant dans l'oubli le plus total pour ne garder à mon esprit fragilisé qu'un monde de souffrance. Si j'avais pu le choisir, j'aurais sans aucun doute choisi de me laisser aller à la démence, mais je tins bon et parvint même à récupérer assez de lucidité pour me rappeler pourquoi je subissais tout ça. C'était sans forcer que je tenais mon rôle à a perfection. Est-ce qu'ils seraient convaincus ? Oui, sans doute. Est-ce que je leurs céderais ? La réponse s'imposa d'elle-même : si j'étais encore en mesure de me poser la question, c'est que je pouvais encore résister… malheureusement.

Un mangemort entra dans la pièce d'un pas pressé, ignorant l'interrogatoire et les cris de la victime qui se faisant de plus en plus déchirants, pour s'approcher de Rodolphus. "Rodolphus, les aurors ont retrouvés notre trace. Ils risquent d'être ici sous peu, quelques minutes tout au plus." Lui souffla-il. "Tant pis, on l'amène avec nous, elle finira bien par…" Mais la voix brisée de la jeune fille l'empêcha de finir sa phrase. Si elle avait eu l'ombre d'un espoir de sauvetage, peut-être n'aurait-elle pas cédé. Mais les fait est qu'elle était arrivée au terme de ses résistances et, à présent, demandait plaintivement à ce que cela cesse.

Tout d'abord de manière confuse, puis parfaitement clairement dans un cri du cœur, j'avais fini par lâcher le "Arrêtez !" marquant ma reddition. Cette fois, je n'en pouvais plus, mon corps était brisé depuis un moment déjà, mais si je persistais, ce serait mon esprit qui le subirait directement. Je repris mon souffle, entrecoupé de sanglots étouffés pendant que les insoutenables brulures refluaient pour laisser place à une douleur latente, soutenue mais devenant supportable. "Je vous le jure… Je ne connais aucun moyen d'obtenir ce que vous voulez… " J'ouvris laborieusement les yeux pour poser un regard brisé vers mon oncle. "Mais… Je pourrais trouver… Je pense…" Chaque mot était un effort supplémentaire. Un effort que je ne pouvais plus faire, je ne parvenais plus à en continuer et plaider ma cause. A présent, je n'avais plus le choix, je devais m'en remettre à Birgerjarl pour réellement convaincre Rodolphus.

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MessageSujet: Re: Pris au piège   Mer 24 Juin - 17:39


Pris au piège
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Le chant de la voix de sa victime se brisait comme se brise la note d'un piano mal accordé. Plus rien n'existait. Il n'y avait plus qu'eux trois. Rigel Black, dont le corps au supplice se tordait, tentant d'exorciser une douleur qui ne sortait pas, sa baguette, instrument du bourreau et lui, qui avait ordonné à la magie d'attaquer cette chair. Et cette douleur, il pouvait la ressentir. Cela pouvait-il en être autrement ? Un bon mage est celui qui connaît par cœur la magie dont il use et ses cris le ramena à de sombres pensées qu'il n'avait jamais pu oublier...
Son cœur était dévoré par une honte dont il aurait dès lors du mal à se défaire. Il ne s'agissait pas tant de ce qu'il était en train de faire que de ce qu'il lui avait promis. « … je ferai tout pour la rendre plus supportable. » Ces mots l'avaient-elle rassurés ? Le vivait-elle mieux grâce à cela ? Il l'espérait... parce qu'il avait menti... Rodolphus connaissait bien ce sortilège, il connaissait ses effets, il connaissait ses limites... et savait lorsqu'il était lancé avec conviction.
Le leader des Semper n'en avait rien dit et pourtant, il doutait de la motivation de Stig à tirer des informations à la jeune femme. C'était après tout un homme rationnel à l'esprit affûté et son ami n'avait malheureusement que peu de secrets pour lui. Il devait donc détruire ses doutes pour sauver ce qui pouvait encore l'être : Rigel et... lui-même.

Alors il avait fermé un instant les yeux, puis avait imaginé frapper ce qu'il exécrait le plus en ce monde. Perdu dans la folie d'un instant, il avait savouré ses hurlements et ses soubresauts déchirants, la vue même de sa peau tendre cisaillée par ses propres ongles lui offrant un frisson de plaisir cruel. Combien de temps cela dura-t-il ? Lorsqu'il s'éveilla de nouveau s'était pour entendre la voit d'un sbire qui revenait vers son maître pour lui apporter une nouvelle. Enfin lui-même, le remord noua ses entrailles et une seconde après, Black céda, sauva sa vie. Stigandr pouvait briser le sort.

Maintenant elle pouvait respirer, libérée de cette emprise insoutenable. Malgré qu'elle fut moins forte, la douleur était toujours cuisante, littéralement et une lueur rubiconde illuminait les traces de griffures sur sa peau. Le professeur baissa son bras et poussa un léger souffle. D'un pas lent, il se tourna vers son mortel ami, sans un mot. Leur regard se croisa sans qu'un seul mot ne fut échangé. Le mangemort baissa ses yeux avant de faire quelques pas vers Rigel, posant ses prunelles sur la pauvre créature avant de s'accroupir près d'elle une nouvelle fois. Là, il leva la main pour la pauser sur sa joue avec une étrange douceur, feignant la complaisance. « Je sais  ce que tu viens de vivre. Je ne le voulait pas, vraiment. Je n'ai pas eu le choix. Je suis heureux que tu reviennes parmi nous. Stigandr va veiller sur toi maintenant. » Puis il sourit en se relevant, retournant d'un pas décidé vers le danois. Une fois à sa hauteur, il s'arrêta et posa sa main sur sa nuque d'un geste fraternel. « Je vois que tu n'as pas perdu la main. » Dit-il d'un murmure accompagné d'un sourire. « Je suis convaincu. Elle vivra. » Déclama-t-il en s'éloignant. « Et tu seras responsable d'elle. » Le danois redressa le menton et Rod lui lança un regard acéré. « Cela te pose-t-il problème ? » « Cela m'en poserait même plusieurs si je doutais de mon travail. » Cette réponse sembla lui plaire car il afficha un sourire amusé.

Soudain, un garde qui regardait près de la fenêtre poussa un cris. « Aurors !! » Une seconde après les sorts fusaient entre les mangemorts aux fenêtres de la maison et les Aurors qui la canardaient de l'extérieur. Cela dit, les hommes du Ministère semblaient ne pas vouloir faire de réels dégâts. Ils savaient qu'il y avait là des otages et bien entendu, ils voulaient à tous prix leur sauver la vie. Lestrange pesta en tirant sa baguette d'un coup sec en la pointant sur Stig et Rigel. « Rendons votre évasion crédible ! » Le professeur compris immédiatement ce qu'il avait en tête et se jeta sur la Serdaigle en l'étreignant contre lui, son autre main lançant un sortilège de protection qui para en partie le puissant Diffindo de Rodolphus. Le mur de vielles pierre derrière eux sembla voler en éclat tandis que les deux corps étaient projetés en dehors. L'ancien Auror n'avait pas lâché la Black. Son contact fut d'ailleurs pour elle une nouvelle source de souffrance car les blessures se ravivèrent en une seconde.

Les Aurors se ruèrent sur les deux échappés pour les protéger tandis que dans des éclats bruyants et colorés, les Mangemorts faussèrent enfin compagnie à leur poursuivants. II était incroyable que la bâtisse tint le coup malgré tout ce qu'il venait de s'y passer mais bien qu'il lui manquait des bouts, ce fut pourtant ce qui arriva. Le silence retomba soudain et Stigandr libéra sa victime de son étreinte, se reculant d'elle comme pour s'assurer qu'il ne pouvait plus la blesser de quelque façon que ce fut... Le son de l'explosion du mur et du choc des deux sortilèges l'avait presque sonné et rendu brièvement un peu sourd. Aux visages penchés sur lui, il comprenait tout de même que l'on s'inquiétait de son état. « Je vais bien, occupez-vous d'elle. » Répondait-il d'une voix morne en détournant son regard de la jeune femme.

Il leur fallu peu de temps pour les emmener à Sainte Mangouste dans le but de les soigner. Stig détestait les hôpitaux et n'était pas d'humeur à ce qu'on le tripote ou même que l'on exerce une quelconque magie sur lui, fut-elle réparatrice. Il congédia poliment tous les médicomages et dût même se montrer plus ferme -tout en faisant preuve de diplomatie cela dit... il suffit que vous montriez un ou deux signes d'hystérie pour vous retrouver sous anesthésie à baver en regardant le plafond bêtement... Décidément, ce n'était pas non plus envisageable. « Je vais me rendre à Poudlard. Une collègue à vous, Angelica Jones est tout-à-fit qualifiée pour exécuter les soins dont j'ai besoin... » Puis il entendit la voix d'un médicomage s'élever non loin de lui. « Vos blessures nécessitent notre intervention mademoiselle Black je suis désolé mais... tenez-vous tranquille ou nous allons devoir vous immobiliser ! » Le professeur se leva pour rejoindre les cris. Il découvrit une Rigel à fleur de peau -cela se pouvait comprendre- qui refusait de demeurer ici plus longtemps. Il la comprenait parfaitement mais ses blessures étaient tout de même plus sérieuses que les siennes.

Mais ne lui devait-il pas cela au moins ? Il parvint à parler avec le chef du service et après un débat qui dura bien trop longtemps pour le professeur, le médicomage accepta, seulement s'ils repartaient accompagnés. On lui laissa bien ce détail de bonne grâce. Après tout, il s'en fichait royalement, tant que cet « accompagnant » ne lui adressait pas la parole.

Ainsi, annonça-t-on qu'on laisserait mademoiselle Black sortir -après avoir donner à sa jambe les premiers soins, cela va de soi. Birgerjarl se tint devant elle, un silence pesant s'installant soudain. Il ne croisa pas son regard, même lorsqu'il présenta sa main pour l'aider à descendre de son lit.

Lorsqu'il arrivèrent à Poudlard, le ciel était encore plus morne que d'habitude. Un plafond de coussins grisâtres et rebondit avait élu domicile au-dessus du ciel écossait et rien semblait ne pouvoir l'en déloger.

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MessageSujet: Re: Pris au piège   Jeu 20 Aoû - 23:51


Pris au piège
Le 26 février | Avec Rigel & Stigandr

Le regard fixe, je ne parvenais pas à me concentrer sur un quelconque repère, un voile sombre était tombé sur ma vue et je n'avais plus à l'esprit que le tambourinement sourd et anarchique de mon cœur, la respiration laborieuse et saccadée, les bruits indistincts autour de moi. Je clignais des yeux, ils semblaient comme desséchés, brûlants en tout cas, ma vue était floue et je mis quelques instants à comprendre que c'était le sang qui me brouillait la vue : je m'étais frottée le visage et, à force d'insistance, mon regard se stabilisa sur mes mains ensanglantées. Mon sang ? Vraisemblablement, et ma peau sous les ongles également… Génial, juste, génial. Je ne préférais pas imaginer mon état, comme si j'en étais capable. Avec la confusion qui régnait dans mon esprit, je ne parvenais même pas à garder le fil de mes pensées.

La moindre impulsion dans mes muscles était une torture, je renonçais très vite à me redresser, je restais même inerte quand Rodolphus vint fanfaronner auprès de moi. Qu'il savoure sa victoire sans avoir à subir mes réponses impertinente, je ne gardais comme mince consolation que la conviction d'avoir pris ma décision délibérée, et que tout ceci, aussi pénible soit-il, n'était qu'un acte d'une mise en scène dont il n'avait aucune idée. Dans le rôle du bourreau, mon complice et tourmenteur acheva, j'imagine, admirablement cette scène, juste avant le dernier rebondissement précédent le tomber de rideau. Les aurors arrivaient. Pas trop tôt.

Mes yeux se fermèrent, un instant je me laissais aller à une douce folie, m'imaginant que ce n'était qu'un rêve déplaisant, que j'allais me réveiller dans mon appartement à Londres, tirée du sommeil par la sonnerie de mon réveil magique et de la langue râpeuse de Samy sur ma joue. Que j'allais me lever, la douche emportant les dernières bribes de cet énième mauvais rêve, lire un chapitre d'un ouvrage de medicomagie au hasard en prenant mon thé pendant que Betsy insisterait pour que je mange un peu plus qu'un demi pamplemousse, puis que je filerais à Sainte Mangouste établir les dernières démarches pour mon apprentissage à Poudlard.

Mais je savais faire la différence entre le rêve et le réel, sans cela, j'aurais fait une bien piètre occlumens.

Mon oreille capta le mot "évasion" et je rouvris les yeux. Ils n'allaient tout de même pas exiger de moi que je me mette à courir ? J'arrivais tout juste à rester consciente. Non, Rodolphus avait d'autres plans et fit exploser un pan du mur. J'esquissais un geste instinctif pour me protéger des débris mais, non seulement mon corps n'eut absolument aucune réaction à l'ordre mental, mais en plus Birgerjarl s'en chargea en faisant office de bouclier, m'attrapant sans grand ménagement et m'aurais sans doute arraché un nouveau cri de douleur si j'en avais été encore capable. Un voile noir passa a nouveau devant ma vue et je me sentis perdre connaissance, j'accueillis ce court moment d'inconscience comme un réel et délicieux répit.

Mais la perte de connaissance a d'ingrat le fait que l'on est, par définition, inconscient. Je ne profitais pas du temps où je demeurais inconsciente et, quand le voile se dissipa, alors que je m'attendais à être toujours au même endroit, c'est perdue que je reconnu le décor familier d'une salle de soin de Sainte Mangouste. Et le medicomage qui s'occupait de moi. En pleine confusion, je le repoussais avec irritation et me redressais lentement. "C'est bon Conwell, laissez-moi. Je ne pense pas que vous puissez vous occuper de ça." Protestais-je, mon collègue me regarda avec un air si peu convaincu qu'il parvint à m'inquiéter : "Je suis si amochée que ça ?" Acquiescement, je soupirais. "Ce n'est pas un sort que vous… Mais ça suffit ! Eloignez cette baguette !" Mes protestation n'avaient que peu d'impact vu le peu de volume sonore que j'étais capable d'offrir. J'aurais pu tempêter autant que je voulais, ce n'était pas plus menaçant qu'un miaulement de chaton. Un miaulement particulièrement enroué. "Vos blessures nécessitent notre intervention mademoiselle Black je suis désolé mais... tenez-vous tranquille ou nous allons devoir vous immobiliser !" "Essayez donc qu'on rigole !" Je repoussais sa baguette, la douleur me rendait très peu conciliante : je connaissais assez les medicomages locaux pour savoir à quelle point leurs connaissances en magie noire était limité. Conwell, aussi bon guerrisseur qu'il soit, n'était pas en mesure de me prendre en charge comme il le fallait. Je ne connaissais que peu de personnes qui le puissent. L'un d'eux était mon maître et quelque peu en vadrouille, du côté du Népal si je me rappelais bien de son plan de route. L'autre était à Poudlard. Pire qu'être inopérant, il risquait surtout d'aggraver mon cas. "Vous voulez que je guérisse ? Alors transférez-moi à Poudlard, Mrs Jones saura quoi faire. " Je tentais un ton sans réplique, qui, dans mon état, ressemblait désespérément à une supplique. Il tenta de me rallonger, ses mains sur mes épaules. "Vous êtes très bien ici… Vous… venez d'essayer de me mordre ?" "Je vous avait prévenu…" Grognais-je, appréciant tout de même la surprise dans son regard quand il retira ses mains qui avaient bien faillit être la proie de mes dents. Je profitais de cet instant pour me redresser douloureusement et tentait de me lever.

De nouveau, ce fut Birgerjarl qui vola à mon secours. Fort heureusement, sans recours à la magie contre ma personne, cette fois. De toute façon, posant le pied au sol, je compris que malgré toute ma volonté je n'aurais pas été bien loin. J'ignore pourquoi il prit de nouveau ma défense, ni comment il parvint à convaincre le personnel de Sainte Mangouste, mais bientôt on m'annonça que nous allions être ramenés à Poudlard, si je voulais bien qu'on me soigne la jambe. Je m'y résignais et dû faire appel à toute ma mauvaise foi pour ne pas montrer combien la guérison de ma fracture me soulagea. Cependant, mon courage fut mis à rude épreuve quand le Professeur me tendit la main pour m'aider à me lever. Ce qui s'était passé, je ne devais pas le laisser deviner, on pouvait mettre mes tremblements sur le compte de l'état de choc, mais il ne fallait pas laisser penser qu'il puisse en être la cause. J'acceptais son appuis tout en faisant de mon mieux pour ne témoigner d'aucune terreur envers celui qui, moins d'une heure avant, était la source de mes souffrances.

Arrivés à Poudlard, l'infirmerie était vide et je restais en compagnie du professeur pendant que notre chaperon partait à la recherche d'Angelica Jones. Un silence de plomb tomba quand la porte se ferma derrière lui. Les secondes passèrent, palpable. Je toussotais, la gorge encore rêche et douloureuse, et m'efforçais de me redresser. J'étais épuisée, mais refusais de rester ainsi vulnérable, étendue, faible devant lui, bien qu'une part de moi mourrait d'envie de lui demander un jus de citrouille bien frais. "Elle va voir ce qui s'est passé." Jones était une guérisseuse de talent, lors de notre entrevue, j'avais noté et apprécié ses connaissances dans des magies moins connues. Elle saurait reconnaitre l'origine du sort qui m'affectait. Elle avait su si rapidement voir certaines de mes particularités, je ne doutais pas un instant qu'elle connaissait également bien Birgerjarl, peut-être qu'elle pourrait même voir en lui l'auteur de mes blessures.

Elle risquait de ne pas être dupe non plus quant à notre évasion miracle, et cela nous exposait à des questions qui pourraient être très gênantes. Bien sûr, cela aurait été simple de tout révéler et mettre ainsi l'ex-auror dans une situation compromettante, mais j'avais à présent une sorte de dette envers lui. "On devrait peut-être établir une version officielle…" Dis-je en évitant son regard, comme captivée par le coin du drap que je triturais nerveusement entre mes doigts. Je croyais qu'après la guerre, plus jamais je n'aurais à conspirer avec des gens susceptible de me détruire, pourtant, de nouveau, je me trouvais dans leur camp. Nous serions désormais amenés à travailler ensemble, aussi bien pour Rodolphus, qu'ici, à Poudlard. Garder mon regard sur lui semblait au-dessus de mes forces, je ne pus le faire sans que mes mains ne soient prises de tremblement que je tachais de contenir en serrant les draps, s'imbibant d'ailleurs du sang qui coulait de mes entailles aux bras. Je devais savoir ce qu'il allait advenir de moi, à présent. "Et… Qu'entendait-il par… responsable de moi ?" Achevais-je, sans trop savoir si je voulais en connaitre la réponse.


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MessageSujet: Re: Pris au piège   Sam 12 Sep - 17:16


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr


Il s'était assit sur le bord du lit à côté de celui de la jeune femme. Il était fatigué lui aussi, plus que cela même. Il était mentalement usé. Comment avait débuté cette journée déjà ? Il peinait à s'en souvenir... Il avait rencontré le précepteur de sa fille dans un salon de thé pour sorciers à Londres et cela ne c'était pas très bien terminé. Il repensa à sa fille et poussa un léger soupire. Pourquoi faisait-il face lorsqu'une bataille éclatait devant lui alors qu'il était incapable de faire de même lorsqu'il s'agissait de visiter son propre enfant ? Être un père digne de ce nom n'était pas donné à tous.
Maintenant qu'il n'était plus dans le feu de l'action, la douleur commençait à le harceler. Son bras le lançait, son corps entier était endolori et il commençait à se demander si une côte ne s'était pas brisée lorsqu'il avait été projeté hors de la demeure par le sort de Rodolphus. Mais pouvait-il réellement se plaindre ? Lorsqu'il regardait l'état dans lequel il avait mis Rigel Black, sa culpabilité prenait le dessus sur toute autre chose. Le plus étrange c'est qu'elle ne semblait pas tant lui en tenir rigueur. Il avait après tout agit dans le but de la protéger, non sans l’abîmer. Mais se faisant, ses vieux démons étaient revenus à la charge et alors il avait eu peur... peur d'aimer à nouveau cela, peur de se laisser une nouvelle fois envahir par la douce griserie du pouvoir et être incapable de revenir vers la lumière.

Un malaise s'installa. Le silence se fit pesant. Il n'était pas un grand bavard et la situation était particulière. Rigel tentait de faire bonne figure mais il sentait -et à juste titre- qu'elle avait été bien plus touchée qu'elle concédait à le montrer. Lors qu'elle prit la parole, c'était pour évoquer Angelica et le fait qu'elle allait voir ce qu'il s'était réellement passé et que les Mangemorts qui étaient poursuivit n'étaient pas les auteurs du méfait. C'était peu dire. Jones connaissait Stigandr, très bien même... trop pour pouvoir passer à côté de cela. Il ne tenterait donc pas de le lui cacher et sans doute lui expliquerait-il la situation en privé, excepté ce qu'elle n'avait pas besoin de savoir. « Vous n'avez pas à vous inquiéter de Mademoiselle Jones. » Il ne semblait pas inquiété par le risque que la jeune Black dévoile tout. Cela aurait été la pire idée qu'elle pouvait avoir. Non seulement en terme de bonne conduite l'ancien Auror était officiellement irréprochable -contrairement à elle- mais en plus de cela Rodolphus aurait tout bonnement mis fin à son existence. Si tant est que l'on parvienne à prouver ses accointances avec les Mangemorts, Stigandr connaissait les rouages de cette administration à la perfection et aurait su en exploiter les failles. Quant à la prison, il l'aurait endurée, son humanité l'aurait définitivement abandonné... et à sa sortie le monde n'en aurait été que plus sinistre.

Stigandr leva son regard perçant sur ses blessures, celles dont il était l'instigateur, puis ses prunelles remontèrent lentement pour s'ancrer dans les yeux de la sang-pur. Il demeura ainsi silencieux pendant un long moment qui parut durer une éternité pourtant seules quelques secondes s'échappèrent. Il se redressa et vint s'asseoir sur le lit à côté d'elle. Là, il saisit doucement la main de Rigel, l'empêchant de triturer les draps, posant sa senestre chaude sur la sienne, froide. Ce geste était parfaitement déstabilisant, voire même dérangeant. Il était rare qu'il entra ainsi en contact avec d'autres personnes. Il observa la plaie en retournant sa main, semblant prendre un soin particulier à ne pas lui faire mal... comme il était étrange d'imaginer que le feu avait coulé dans ses veines il y avait quelques instants à peine. Une trace indélébile qui l'amènerait fatalement à se souvenir de lui de la façon la plus odieuse qui soit. Tandis qu'il regardait la main pâle qu'il gardait dans les siennes, il se décida enfin à parler, d'une voix faible, presque un murmure, mais elle n'en était pas moins troublante et sombre. « Je vais devoir vous protéger et si j'échoue, j'en payerai les conséquences. » La protéger d'elle-même, la protéger du Ministère, la protéger de lui dans le but de préserver l'ordre de Rodolphus, la couverture du professeur -en était-ce d'ailleurs vraiment une?- , de veiller à ce que son redoutable oncle ne commette sur elle d'autres méfaits... Cette situation était infiniment compliquée et entrelacées dans d'autres entrelacs. C'était un beau guêpier dans lequel ils s'étaient fourrés car si Stigandr était parvenu à prendre ses distances avec les Mangemorts tout en restant en vie, cette situation semblait fatalement prendre fin. L'heure du choix approchait à grand pas et il devait se préparer à faire face à la tempête qu'il allait devoir traverser.  « Alors je vais vous protéger. » Acheva-t-il brutalement. Cette phrase sonna comme une sentence, une menace. Dans son murmure on percevait une effroyable résolution, celle d'un être qui ne reculerait devant rien ni devant personne ni devant aucun moyen pour parvenir à ses fins.

« Quant à ce qu'il s'est passé, nous avons été capturés et emmenés dans une vieille maison abandonnée. Là nous attendaient des Mangemorts. Nous avons été torturés et lorsque les Aurors sont arrivés, dans la confusion je suis parvenu à arracher ma baguette des mains d'un Mangemort juste à temps pour nous protéger d'une attaque et c'est là que nous traversons le mur. Il faut toujours faire au plus simple. S'ils vous demandent des détails, dites que c'est tout ce qui vous revient mais que si un souvenir quelconque refait surface, vous ne manquerez pas de les contacter. » On ne comptait plus le nombre de dépositions prises, d'interrogatoires menés... il savait ce qu'il fallait dire et comment il fallait le dire pour que cela passe.

Son pousse caressa la peau diaphane de la demoiselle avant que le chaperon ne revienne, accompagné de l'infirmière de Poudlard. Alors il reposa doucement la main blessée sur les draps rougis, se releva et contourna le lit. Là, il rencontra Angelica qui fronça ses sourcils d'ébène en voyant son état, mais en croisant son regard, elle comprit que son cas pouvait attendre. Elle le laissa s'éloigner avant de venir au chevet de Rigel. Au premier coup d’œil, une ombre passa sur son visage tanné. Une œillade furtive se dirigea vers le professeur qui s'éloignait toujours puis elle reprit son air habituel avant de congédier l'homme du Ministère, le remerciant pour son aide mais affirmant qu'elle pouvait très bien s'en occuper seule à présent. Elle n'omit pas non plus d'insister sur le fait que ses patients n'étaient en aucun cas aptes à procéder à une déposition et qu'il devrait repasser demain. Déçu mais s'étant fait une raison, il accéda à sa demande. Il salua les patients et l'infirmière avant de sortir de la pièce, refermant la porte derrière lui.

Stigandr alla s'allonger sur l'un des lits de l'infirmerie, en en laissant plusieurs entre lui et les deux femmes. Il n'avait plus qu'à attendre à présent. Feignant d'ignorer le regard d'Angelica sur lui, il ferma les yeux...

... puis il inspira...

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MessageSujet: Re: Pris au piège   Ven 9 Oct - 23:40


Pris au piège
Le 26 février  | Avec Rigel & Stigandr

Je regrettais d'avoir ainsi lancé l'échange avec mon tortionnaire. Bien sur, il le fallait, nous devions nous accorder au plus vite sur ce que l'on dirait, afin de ne pas nous contredire. Je ne comptais pas le compromettre, non seulement parce que je n'y aurais eu aucun intérêt, ni stratégique ni de revanche, mais aussi parce qu'il aurait eu la possibilité magique et relationnelle de me réduire à néant. Ce visage que je découvrais d'un si grand auror était proprement terrifiant, mais, bénéficiant également de quelques bribes restantes d’adrénaline, je ne pouvais m’empêcher de penser que jamais je n'avais eu autant envie d'en savoir plus sur lui. Quelle puissance cachait-il ? Il m'avait attaqué dans le cadre d'un simulacre, je n'étais pas certaine qu'il ai effectivement fait en sorte de rendre les choses "plus supportable", cependant je ne doutais pas que ce sort qui m'avait menée aux limites de la folie n'était pas même le pire qu'il eut en réserve. A cette pensée, un frisson glacé me parcouru. Même après ces mois hors de la guerre, en m'étant jurée de ne plus toucher de près ou de loin aux arts sombres, il suffisait que ma route croise un sorcier d'une puissance conséquente pour que mon désir intense d'en savoir toujours plus ne me reprenne. Je pensais avoir tourné la page de cette aspect de moi-même au moment où j'avais jeté au sol mon masque de mangemort.

Je n'eut pas à résister longtemps à ces pensées, principalement parce que les paroles de Stigandr coupèrent net le fil de mes réflexions en prenant ma main et déclarant qu'il me protégerais. Si mon attention avait eu jusque là des errances involontaire, je braquais mon regard le plus attentif et surpris sur lui, réprimant mon réflexe premier de fuir le contact physique. Me protéger ? Personne ne me protégerait. Je protégeais les autres, mais jamais personne n'avait ainsi explicité un projet de... me protéger. Même mes parents, j'avais sortit mon père des limbes, j'avais toujours œuvré pour protéger ma mère, déjà toute petite. J'avais fait en sorte de veiller sur Drago, j'étais même intervenue pour empêcher McGonagall de se faire agresser par la grosse Carrow. Alors, il répéta une nouvelle fois sa décision de me protéger, me laissant sans voix, profondément vulnérable, bouleversée et désemparée. De tous les sorciers que j'avais côtoyé, fallait-il que ce soit lui qui s'impose à ce rôle ? Lui qui s'y était retrouvé mêlé sans que je ne sache trop comment, et qui m'avait tirée provisoirement des griffes de Rodolphus ? Lui qui me terrifiait autant qu'il me fascinait, je devais m'en remettre à sa décision, accepter ce qui s'était imposé à l'un et à l'autre, comme lui-même venait de l'accepter.

Une chape d'épuisement tomba alors sur moi, mon organisme profitant de l'instant pour se débarrasser des derniers vestiges d’adrénaline généré par les combats, les épreuves, pour ne laisser qu'une frêle jeune fille blessée et bien trop éprouvée. Malgré la sensation de brûlure pourtant omniprésente, je fus traversée par une vague de froid et la nausée caractéristique de l'état de choc. Cette sensation, je ne l'avais que trop souvent vécue, bien trop pour une gamine de dix-neuf ans en vérité. Le poids des vieux souvenir s'ajoutant au traumatisme récent, je mettais à présent toute mon énergie restante pour ne pas céder face à lui. Qu'important que le hasard ou le destin nous ait ainsi liés de force, je ne voulais pas me dévoiler dans toute ma fragilité et acquiesçai sans un mot, jouant parfaitement la comédie, rien de mon apparence ne laissait entrevoir mon état réel. Bien que, je le réalisais indistinctement, il restait un legilimens et mes barrières d'occlumencie étaient à présent inexistante, il ne serait sans doute pas dupe de mon jeu d'actrice dans le rôle de la complice calme et attentive.

Mrs Jones fit son entrée et Stigandr relâcha ma main avant de s'éloigner, je réalisais combien j'étais glacée et proche de l'inconscience. Angelica me fit face et je fus incapable de soutenir son regard à la fois inquisiteur mais bienveillant. J'étais épuisée et cessais de résister pour laisser ma tête retomber sur les oreiller dans un bruit sourd mais dont le choc, pourtant infime, me fit venir les larmes aux yeux. Tout cela était bien trop pour moi, je devrais lutter, encore et toujours, mais pour le moment, alors que le rideau entourant mon lit se ferma pour me laisser un peu d'intimité, je luttais une dernière fois pour établir une ultime barrière entre moi et le reste du monde. Je m'enfermais dans le mutisme face aux questions que je n'entendais de toute façon plus, puis fermais les yeux et inspira.

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