Nox Aeterna

La guerre est enfin finie. Harry Potter et Lord Voldemort y ont néanmoins laissé la vie. Tout semble être rentré dans l'ordre. Mais est-ce vraiment le cas...?
 

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 L'apprenti sorcier

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MessageSujet: L'apprenti sorcier   Mar 10 Fév - 21:29

Le soleil était à son zénith. Le vent encore froid, trahissait la présence de l'hiver en ce début de mois de mars. Malgré les premières pousses qui pointaient difficilement le bout de leur nez, malgré le retour de certains oiseaux printanier, malgré les rayons du soleil qui réchauffaient sa peau, Lucas grelottait. Il détestait l'hiver et le trouvait bien trop long. Même s'il était agréable de s'emmitoufler dans un gros pull, une cape hivernale lourde et une longue écharpe en laine aux effigies de la maison Serdaigle, il n'arrivait pas à apprécier ce vent froid et mordant. Toute cette humidité semblait coller à sa peau et ne plus vouloir le quitter. C'était comme avancer dans un blizzard sans but. Sauf que lui, aujourd'hui, ne souhaitait pas errer sur ce chemin couvert de nids de poules, sans atteindre son objectif.

Il avait parlé de ce sortilège à Ambrose et Shae, mais ses deux amis lui avaient clairement dit qu'il ne trouverait rien sur le sujet. Du moins, à Poudlard. Il avait du se résigner et abandonner ses investigations. Mais Lucas était têtu et n'avait pas appris à baisser les bras aussi vite. Ce n'est pas parce qu'on ne trouve pas un grimoire dans la sainte bibliothèque de Poudlard, que ce grimoire n'existe pas. Il avait ouï dire qu'il existait une librairie à Pré-Au-Lard. Elle n'était pas aussi connue que Fleury & Bott, mais se défendait bien par sa qualité d'ouvrages en tout genre. Il avait entendu par Céleste que cette librairie était tenue par une femme distinguée, presque trop belle pour être réelle et qui avait le pouvoir de vous pétrifier sur place par un simple regard. Cette description avait enchanté l'imagination du Serdaigle.

C'est en puisant dans sa motivation la plus profonde que Lucas Garcia avait quitté les Trois Balais où siégeait ses amis de toujours (Ambrose et Shae). Traverser la rue, la tête en avant, les oreilles congelées, l'écharpe remontée jusqu'au niveau de ses yeux et chercher l'enseigne de cette maudite librairie devenait presque un calvaire. Finalement, c'est entre deux petites boutiques insignifiantes qu'il aperçu une lueur agréable et singulière. Sans plus tarder, le jeune homme passa le seuil de la porte. L'atmosphère y était presque suffocante par rapport au froid mordant du dehors.

La librairie était chargée de livres, parchemins et grimoires anciens. Des mètres et des mètres de bibliothèques s'étalaient sous ses yeux curieux. Le plafond était bas, donnant une impression de compression. Tous les vides paraissaient disparaitre sous les volumes impressionnants de bouquins. Certaines piles de livres se levaient, provoquant un amas de poussière, pour laisser place à de plus gros volumes. On avait l'impression que tout ce papier vivait par lui même. Lucas avançait doucement, méfiant, comme s'il s'attendait à une attaque soudaine de grimoires, ou qu'une étagère s'écroule sur son passage, tant la masse d’exemplaires en tout genre était impressionnante.

Plus il s'engouffrait dans le dédale de la librairie, plus son regard se perdait. Elle avait l'air si petite de l'extérieur et se montrait de plus en plus grande. L'allée exiguë de l'entrée s'élargissait au fur et à mesure de son avancée. L'allée principale paraissait ne jamais prendre fin. De nombreuses étagères se dressaient perpendiculairement à cette allée. Sur chaque étagère était gravé une grande lettre dorée allant de A à Q. Enfin, Lucas se retrouva devant une vieille porte en bois sombre. Il approcha sa main de la poignée avec hésitation, mais celle-ci s'ouvrit de son propre chef. Il sursauta faiblement et ouvrit grand la bouche lorsqu'il découvrit ce qui s'y cachait derrière.

Une immense salle circulaire se dessinait devant lui. Une imposante cheminée dominait la pièce, dont crépitait dans l'antre un feu accueillant. Les murs étaient couverts d'étagères impressionnantes qui grimpaient à s'en perdre dans la pénombre. Lucas tourna sur lui même pour mieux contempler cette incroyable pièce, où les manuscrits, les ouvrages et de nombreux rouleaux de parchemins volaient silencieusement de manière gravitationnelle de part et d'autre de la pièce. Il était si absorbé par ce spectacle, qu'il n'avait même pas remarqué le bureau en bois d'acajou situé à quelques pas de la cheminée.

Une grosse chouette d'un âge avancée, pour ne pas dire vieille, dormait à moitié jusqu'à l'arrivée du jeune homme. Visiblement, Lucas avait perturbé son sommeil. La chouette en question s'envola dans sa direction et asséna le Serdaigle de quelques coups de bec volontaires.

- AIEUH ! Barre toi sale bête ! vociféra-t-il.

Il dégaina sa baguette magique, quand soudain la silhouette d'une femme se dessina dans l'ombre. Fine, affreusement révoltante et sensuelle, Lucas déglutit péniblement. Visiblement, ses hormones ne filaient pas droit. La chouette délaissa l'adolescent pour se caler de manière boudeuse sur son perchoir. Lucas qui n'appréciait pas du tout les chouettes. Il n'avait jamais compris d'ailleurs, pourquoi les sorciers utilisaient ces bestioles débiles pour la livraison du courrier. Enfin, il plongea sa baguette magique dans la poche arrière de son jeans, puis avança de quelques pas pour mieux distinguer le visage de cette femme. Peut-être la libraire ? Mais même en plissant d'avantage les yeux, il n'arrivait pas à la voir.

- Heu désolé ... il s'agit peut-être de votre chouette ? Elle m'a agressé alors que je ne lui ai rien fait. Vous connaissez peut-être la libraire qui tient cette boutique ?

Silence. Il déglutit.

-... merveilleuse soit dit en passant.

Avait-il rajouté dans un murmure presque inaudible. Maintenant, Lucas était convaincu qu'il trouverait ce qu'il était venu chercher.


Dernière édition par Lucas Garcia le Jeu 12 Fév - 20:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Mar 10 Fév - 22:46


L 'apprenti Sorcier
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* Mais ce n'est pas possible un froid pareil... On est quand même en mars mince ! *
Je sortais de chez moi en enfilant ma cape épaisse en cachemire. Soupirant devant ce froid, que je considérais personnellement comme polaire, je m'avançais en dehors du manoir Greengrass. Mes talons claquant sur les quelques plaques givrées de la route, je regardais le Soleil levant en serrant mon écharpe contre mon cou.

Cela s'annonçait comme une belle journée, tant mieux, mais enfermée au fond de ma boutique je n'en verrais peut-être pas grand chose, ce qui était bien dommage alors que l'humidité de ces derniers temps m'avait bien pourri la motivation. Mais tant pis, j'avais trop de travail aujourd'hui pour m'abandonner à une petite sortie au Soleil. Avançant un peu plus loin, je transplanais discrètement jusqu'au Pré-Au-Lard où je devais récupérer une commande de livres. J'avais encore trouvé quelques petits bijoux assez exceptionnels et, je devais bien avouer, que je m'étais un peu lâchée devant de telles merveilles.
Avançant rapidement dans la rue, j'entrais par une petite porte peu connue des non-initiés. Arrivant jusque devant un petit comptoir, je fis tinter la sonnette et le vieux monsieur qui tenait cette caverne aux trésors m'accueillit gentiment. Il me donna mes livres, je payais la belle somme que je lui devais avant de repartir aussi sec, n'ayant pas trop le temps de m'attarder ici. Il fallait que j'ouvre ma boutique pour qu'elle puisse tourner correctement.

Après ce petit périple, je pus enfin ouvrir mon magasin une dizaine de minutes plus tard.
Posant mes petits bijoux au fond du magasin, sur mon bureau d'acajou, j'enlevais alors ma cape et mon écharpe. Remettant correctement ma jupe tube taille haute de couleur noire, j'attachais rapidement mes cheveux avant de m'atteler à faire un peu de ménage et de rangement. Et comme il n'y avait pas foule, je pus être tranquille tout le long. Évidemment, douée comme je suis, je dus changer de haut à cause d'une cire de bougie qui était venue s'étaler avec plaisir sur mon haut tout propre. Lâchant un soupir désespéré, je me redirigeais vers le fond de la boutique pour me changer, attrapant un haut off-the-shoulders vert émeraude que je fis rentrer dans ma jupe.
Maintenant que ma boutique était un peu plus correcte, je troquais mes bottines pour des escarpins noirs parfaitement cirés. Il fallait être correct et présentable, surtout devant sa clientèle.
Après tout, on n'est pas des animaux ici, du moins pas dans ma boutique et je faisais tout pour que cela le reste. Mettant mes cheveux en un chignon, dont seulement quelques mèches dépassaient, je pus enfin commencer la lecture de ces petits bijoux de livres que j'avais achetés pour compléter le choix proposé dans mon magasin. Évidemment, je me faisais toujours un petit plaisir de les lire avant... À quoi cela sert de vendre des livres si on ne les connaît même pas ? Je ne vous laisse même pas y réfléchir, tout le monde sait bien qu'un illettré ne peut pas être vendeur et encore moins patron, d'un magasin dans ce genre.

Lorsque j'eus fini mon premier livre, je fis une pause, m'attelant à faire les comptes, qui était certainement la chose que je détestais le plus faire en ce monde. Je rangeais, avant cela, mon livre à coups de baguette. Puis, je me plongeais dans les chiffres pour n'en ressortir que deux heures plus tard. Voyant l'heure, je décidais de fermer la boutique quelques minutes pour prendre un petit quelque chose à manger.

Je revins vingt minutes plus tard, avec en prime Hipa, la chouette de la commerçante d'à côté, qui devait s'absenter cet après-midi. La chouette avait horreur qu'on l'enlève au confort de son fond de boutique, presque rien que pour elle. Elle était plus que chouchouter avec sa maîtresse. Alors, autant vous dire qu'elle faisait la tête à être enfermée dans mon fond de magasin. Néanmoins, j'avais de la chance, elle m'aimait bien et ne m'attaquait pas, comme elle le faisait la plupart du temps avec les autres individus qui l'approchait.

Posant son perchoir à côté de mon bureau, je lui donnais un peu de Miamhibou pour la consoler. La petite bête, qui avait maintenant un certain âge, d'où, certainement son air grognon et rabougris, se goinfra, il n'y avait pas d'autres mots, de ces petites friandises.
Laissant l'animal hors de ma vue quelques instants pour aller préparer une commande d'un client qui passerait ce soir, j'entendis une voix s'élever dans la boutique, visiblement pas très contente :

« AIEUH ! Barre toi sale bête ! »

Revenant alors précipitamment, je vis un jeune homme, que Hipa avait du très certainement agresser. Il semblait alors que l'homme m’aperçus dans l'ombre où j'étais encore. Celui-ci reprit visiblement gêné :

« Heu désolé ... il s'agit peut-être de votre chouette ? Elle m'a agressé alors que je ne lui ai rien fait. Vous connaissez peut-être la libraire qui tient cette boutique ? »

Souriant légèrement, ce qu'il ne dut sans doute pas voir. J'allais lui répondre quand il reprit, mon silence et ma réflexion sur sa dégaine d'étudiant de Poudlard ayant certainement duré plus longtemps que prévu.

« ... merveilleuse soit dit en passant. »

Continuant de sourire, je fis alors quelques pas pour sortir de l'ombre. La lumière diffusait sa lumière apaisante dans la pièce, tout à fait ce que j'aimais.

« Bonjour ! Je suis désolé pour Hipa... Ce n'est pas ma chouette, je la garde pour quelqu'un et disons qu'elle n'aime pas trop les inconnus. Encore toutes mes excuses pour ce petit incident. » dis-je d'une voix douce, ponctuant ma phrase d'un beau sourire, espérant qu'il ne se plaindrait pas après ça.

C'était étrange, mon don me fit part d'une sorte de malaise naissant en lui. Je ne saurais pas dire pourquoi, ni comment, mais il était là. Poussant la chouette et son perchoir derrière mon bureau, je m'asseyais sur un angle de ce dernier avant de reprendre d'une voix calme et douce :

« Après toutes ces mésaventures, que puis-je faire pour vous ? Vous recherchez quelque chose en particulier ? »


Dernière édition par Astoria Greengrass le Dim 22 Fév - 12:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Mer 11 Fév - 10:21

Elle s’affichait clairement dans la lueur rougeoyante des flammes. Une femme, svelte, stricte et dont la grâce n’avait aucun nom, le considéra pendant un moment. Lucas essayait de se cacher benoitement derrière sa lourde écharpe, espérant vainement que la libraire ne puisse déceler la gêne qui l’empourprait. Des piles de livres flottaient au-dessus de leurs têtes, se rangeant comme par enchantement dans les étagères qui leur étaient destinées. Lucas avait toujours eu du mal à voir des objets sans vie s’animer de leur propre chef. Même si sa mère avait tout d’une sorcière, son père, moldu pure souche, s’était toujours farouchement opposé à toute forme de magie exubérante à la maison. Ainsi, pour Lucas il n’était pas forcément évident de voir des objets s’animer ou même encore voir des espaces restreints s’agrandir à vue d’œil.

Cette femme possédait une classe sans égale. On aurait cru qu’elle sortait tout droit d’un vieux film des années 40. Son rouge à lèvres carmin, ses hanches féminines et sa taille de guêpe, lui donnait un air presque trop sensuel. Elle dégageait à elle seule quelque chose de très attirant, mais également quelque chose de foncièrement flippant. Comme s’il s’agissait d’une réincarnation divine et qu’au moindre croisement de regards, elle pouvait vous pétrifier sur place. Un peu comme la Méduse de cette mythologie Grecque. Il se contenta alors de détourner le regard, observa avec toute la curiosité du monde l’étalage des volumes qui s’offrait à lui. Des mètres et des mètres d’ouvrages s’élançaient vers l’infini et l’au-delà. Un balai qui se tenait sur le marbre de la cheminée permettait certainement de monter dans les différents étages afin de récupérer les manuscrits les plus perchés.

Lucas était convaincu que son bonheur se trouvait ici. Cette librairie avait une importance bien plus considérable que la bibliothèque de Poudlard. Mais il était également sûr de ne pas pouvoir trouver son bouquin tout seul. Parler de magie noire avec un inconnu n’était pas quelque chose de facile, surtout après la guerre et le terrassement de Voldemort. De nombreux sorciers s’étaient ravisé vers la lumière, et bon nombres d’ouvrages faisant appel aux ténèbres furent tout simplement brûlé ou proscrit de la vente. Mais Lucas savait qu’il existait encore et toujours des sorciers en mal de puissance et de pouvoir. Il savait qu’au fond, on ne pouvait pas interdire la vente de ces produits, bien qu’ils en répandent le mal comme une trainée de poudre.

Il n’avait pas l’intention d’utiliser le pouvoir de ce livre à des fins personnelles. Il ne souhaitait pas non plus faire usage de magie noire avant la majorité. Non, il était simplement curieux et sa soif de savoir l’avait poussé jusqu’ici. Mais la libraire n’en savait rien. Elle allait certainement le remballer, ou même le dissuader de consulter un tel ouvrage. Peut-être que malgré les millions de bouquins qu’elle possédait, elle ne trouverait aucun livre de magie noire parlant des Runes de Sang.
Mais Lucas se lança quand même. Il n’avait pas l’intention de rester planté là, hypnotisé par la grâce et la beauté de cette femme. La chaleur commençait à l’étouffer et le jeune homme se débarrassa de sa cape hivernale et de sa lourde écharpe, qu’il enroula sur son bras.

- Je viens pour un livre un peu spécial. Je ne sais pas si vous avez ça dans votre boutique, mais des amis m’ont dit qu’on pouvait tout trouver ici. Je cherche le grimoire des Runes de Sang.

Un silence gênant s’installa. Elle le considérait avec un air grave, sans rien dire, les bras croisés. Lucas se sentait tout simplement idiot. Il avait balancé ça sans réfléchir, sans même se demander si elle était plus du côté lumière ou du côté ombre. Dans tous les cas, la situation était vraiment flippante. Il se sentait pris au piège dans ce fond de magasin. Seule la lumière de la cheminée était présente. Aucune sortie possible, hormis la lourde de porte en bois qui s’était refermée derrière lui. Il déglutit péniblement, avant de reprendre.

- C’est un grimoire de magie noire. Je ne compte pas en pratiquer, c’est pas simple curiosité. J’ai entendu qu’avec les Runes de Sang on pouvait protéger un objet de valeur. Mais je ne suis pas bien sûr des conséquences que cela peut apporter, ni même s’il faut utiliser un sortilège, un rituel, ou un sacrifice.

D’ordinaire, en magie noire il était toujours question de pacte avec le diable ou encore de sacrifice humain ou animal. Dans tous les cas ce n’était jamais une partie de plaisir. Les Runes avaient quelque chose de moins grandiose que l’emprisonnement des âmes ou encore que la résurrection d’un corps mort. Mais leur puissance s’inscrivait dans le temps. Les Runes pouvaient se graver dans un objet et le rendre incontrôlable, voire dangereux pour l’éternité.

- J’ai lu quelques petites choses là-dessus … Je suis allé dans l’allée des Embrumes l’année dernière chez barjow et beurk et j’ai découvert un objet fascinant. Pourtant quand je me suis approché, j’ai failli tourner de l’œil et m’évanouir. La seule chose dont je me souviens, c’est que cet objet était gravé par des runes rouges. On m’a parlé des Runes de Sang. Vous savez peut-être quelque chose là-dessus ?

Lucas sentait qu’il en avait trop dit. Beaucoup trop d’ailleurs. Mais à qui pouvait-elle bien répéter ce qu’elle venait d’entendre ? Il n’était pas le premier gamin à s’intéresser à la magie noire après tout. Il voulait simplement savoir ce que cet objet de chez Barjow et Beurk lui avait réellement fait.
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Mer 11 Fév - 15:24


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Je détaillais le jeune homme visiblement troublé par ma présence. Assise sur le bord de mon bureau, je fixais attentivement l'adolescent. Il devait avoir dix-sept ans tout au plus et encore... Son écharpe aux couleurs de la maison Serdaigle cachait le bas de son visage, il portait une cape typique des étudiants sorciers, lourde, longue et très épaisse en coton noir. Rien de bien étonnant jusque-là.
Pourtant, je sentais bien que le trouble régnait en lui et il ne devait pas avoir que mon physique qui devait l'intimider. Les bras croisés sous ma poitrine et après m'être excusée pour l'incident avec Hipa, je lui demandais alors :

« Après toutes ces mésaventures, que puis-je faire pour vous ? Vous recherchez quelque chose en particulier ? »

Je souriais gentiment, alors que le jeune homme regardait tous les livres avec une certaine fascination, perdant ces yeux dans toute la masse d'ouvrages qui nous entourait. Il se dévêtit ensuite, enlevant sa cape et son écharpe avant de répondre à ma question en posant ses affaires sur son bras.

« Je viens pour un livre un peu spécial. Je ne sais pas si vous avez ça dans votre boutique, mais des amis m'ont dit qu'on pouvait tout trouver ici. Je cherche le grimoire des Runes de Sang. »

Je me stoppais net dans mes réflexions. Mon regard se durcit au fur et à mesure que je le décryptais. Pourquoi voulait-il ça ? Ces livres étaient interdits à la vente depuis que la fin de la guerre était arrivée. Et puis même, ce n'était qu'un gamin, la magie noire n'était pas de son ressort, enfin, elle était rarement du ressort de n'importe quel sorcier, aussi grand soit-il.

« C'est un grimoire de magie noire. Je ne compte pas en pratiquer, c'est pas simple curiosité. J'ai entendu qu'avec les Runes de Sang on pouvait protéger un objet de valeur. Mais je ne suis pas bien sûr des conséquences que cela peut apporter, ni même s'il faut utiliser un sortilège, un rituel, ou un sacrifice. »

Je ne bougeais pas d'un millimètre, mon regard se faisant de plus en plus insistant. Mais d'un côté, je ne comprenais pas comment un gamin semblait tellement connaître et s'intéresser à ce livre. C'était devenu plus que tabou d'en parler, alors que lui ne se gênait pas pour me confier sa requête à haute voix. Ce gamin avait du culot, mais surtout des motivations inconnues. C'est ce qui m'inquiétait le plus.

« J'ai lu quelques petites choses là-dessus ... Je suis allé dans l'allée des Embrumes l'année dernière chez barjow et beurk et j'ai découvert un objet fascinant. Pourtant quand je me suis approché, j'ai failli tourner de l'œil et m'évanouir. La seule chose dont je me souviens, c'est que cet objet était gravé par des runes rouges. On m'a parlé des Runes de Sang. Vous savez peut-être quelque chose là-dessus ? »

Barjow et Beurk évidemment... Mais qu'est-ce qu'un gamin va chercher chez eux ? Très sérieusement, ils ne vendent que des objets qui sont reliés à la magie noire, ce qui n'est pas conseillé aux étudiants de Poudlard. Je le sais, car je suis trop souvent allé là-bas pour trouver une porte de sortie pour mon père qui pourrissait, et qui pourrit encore, à Azkaban.

Me redressant un peu, je soupirais en regardant le jeune homme. Il semblait bien frêle face à de tels dangers. Il ne savait certainement pas dans quoi il se lançait. Me mordant l'intérieur de la lèvre inférieure, je lâchais alors :

« Vous savez, vous ne devriez pas vous lancer dans ce genre de choses. La magie noire n'est pas faite pour les étudiants, ni pour qui que ce soit en fait. Je sais que c'est intriguant, même fascinant d'imaginer tout ce que l'on peut faire avec la magie noire, mais les retombées sont bien trop énormes et mortelles pour que l'on puisse prendre de tels risques. »

Soupirant, je passais mes mains sur mon visage avant de me redresser, m'approchant un peu plus du jeune homme qui me dépassait largement. Posant ma main sur son épaule, je lui assurais alors :

« S'il n'y a que cet objet rencontré chez Barjow et Beurk qui vous fascine et que vous aimeriez comprendre, demandez plutôt à un de vos professeurs de vous expliquer pour et en quoi l'utilisation des Runes de Sang sont interdites, en théorie, aujourd'hui. Je sais que vous devez déjà vous en douter, ou même connaître la réponse, mais ne vous mettez pas sur la piste d'un tel livre, ça ne vous apportera rien de bon. »

J'enlevais alors ma main de son épaule avant de replanter mes yeux dans les siens, qui visiblement n'étaient pas convaincu par mon discours et je repris alors :

« Bon, vous n'avez pas l'air de vouloir laissé tomber l'affaire. Je peux peut-être vous aider pour quelques petites choses, mais il faut que vous me juriez sur ce que vous avez de plus cher que jamais vous ne révélerez quoi que ce soit, ni que vous n'utiliserez un des procédés que je vais vous expliquer... Euh, comment vous appellez d'abord ? »

Je faisais certainement une connerie, mais j'avais l'impression que ce gosse avait de réelles capacités et des convictions semblaient pures, du moins c'est ce que je ressentais. Je n'avais pas intérêt à me planter, sinon j'étais foutue. Après tout, je ne le renseignerais que vaguement sur quelques pratiques anciennes, qui n'étaient plus, enseignées à Poudlard. Ce n'était rien d'autre...


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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Jeu 12 Fév - 10:00

Il s’y attendait. Oui, qui voudrait lui vendre un grimoire de magie noire ? Surtout après la période douloureuse que venait de subir le monde des sorciers. Lucas avait bien conscience de ce qu’il faisait. Mais il en avait réellement besoin. Ce n’était pas une question de vie ou de mort, loin de là. Ni même pour sa culture personnelle. Il n’était pas allé chez Barjow et Beurk lors d’une simple ballade champêtre. Jamais il n’aurait mis les pieds dans cette boutique néfaste de son plein gré. Ses investigations l’avaient mené jusqu’à l’allée des Embrumes, jusqu’à cet objet happant la curiosité malsaine et l’ayant déstabilisé au plus grand étonnement de sa petite personne. Lucas était un apprenti sorcier, un novice dans ce vaste monde dont il ne connaissait encore rien. Même Merlin n’avait pas résolu tous les mystères de la magie. Dans quoi s’embarquait-il ? Il n’en savait rien, mais une chose était sûr, s’il pouvait ne serait-ce, simplement consulter le livre des Runes de Sang quelques minutes, ça lui suffirait pour ce qu’il était venu chercher.

Mais la libraire se montrait récalcitrante à l’idée de laisser un adolescent approcher un tel ouvrage. Elle lui expliquait en long, en large et en travers que la magie noire était dangereuse, qu’il était inutile de s’aventurer dans ce domaine et qu’un gamin de son âge avait d’autres chats à fouetter. Mais Lucas était résigné et surtout têtu. Elle avait beau lui conter les pires atrocités, l’horrifier sur les conséquences d’un rituel noir mal prononcé ou des conséquences néfastes que cette branche de la magie pouvait apporter sur un sorcier de sa trempe.

Plus elle le mettait en garde, plus Lucas se braquait. Il croisa les bras, considérant la libraire d’un air « dis ce que tu veux, je ne changerai pas d’opinion ». Enfin, elle céda. Un sourire torve se dessina sur les lèvres du jeune homme. Il n’était pas intrépide et irréfléchi. Lucas savait dans quoi il s’embarquait et s’était documenté un minimum sur les Runes de Sang. La légende racontait qu’un ancien maitre des runes avait pactisé avec le diable afin de protéger un grand trésor convoité par des frères de sang et des hommes de Dieu. Il aurait fait un pacte de sang, gravant des runes anciennes sur chaque pièce d’or et chaque objet précieux que contenait le trésor. Les personnes malintentionnées qui voulaient s’emparer de son butin des années après sa mort, auront le malheur de connaitre un funeste sort. Il était curieux comme quoi l’homme cherchait toujours à protéger les mêmes choses. La magie noire n’avait pas pour seul but de punir, mais également de sauvegarder. Car ce trésor, malgré les années qui passèrent, resta intact.

Lucas n’avait pas pour but de protéger un trésor. Mais il avait vu sur cet objet les runes de sang gravées. Sur cette coupe d’argent, dont les lacets écossais indiquaient clairement son appartenance à un vieux clan d’une famille de sorciers écossais très ancienne. Il n’avait pas bien saisi le lien entre cette coupe et le fils de sa vieille amie. Le Serdaigle savait simplement qu’il devait comprendre cet objet, le récupérer et l’étudier pour savoir où se trouvait le fils de Madame Griselda. Son message ne l’avait pas mené là pour rien.

Alors, quand la libraire lui indiqua qu’elle était prête à faire une exception à l’aider dans sa requête, Lucas tendit le cou, son attention toute éveillée cette fois-ci.

« Je le jure sur … ma vie ! Je ne vois pas à qui j’en parlerai, hormis peut-être Ambrose. Mais il ne sait même pas que je suis ici. Je préfère garder mes recherches pour moi de toute façon, donc n’ayez aucune inquiétude à ce niveau-là. Même s’il m’arrive malheur, je ne pense pas vous accuser. Après tout, c’est ma responsabilité et mon choix. »

Son cœur battait la chamade. Lucas n’était pas bien sûr de savoir dans quoi il s’embarquait cette fois-ci. Mais bon, il s’agissait d’un simple bouquin non ? Les écritures ne pouvaient pas vraiment faire de mal. Enfin, c’est ce qu’il croyait.

« Je m’appelle Lucas Garcia. Je suis étudiant à Poudlard … »

Il préférait le signaler au cas où elle ne l’avait pas remarqué. L’atmosphère était devenue plus lourde tout d’un coup. Comme si les dernières paroles de cette femme avaient eu un impact direct sur tout l’être du jeune sorcier. Il ne voulait pas paraitre prétentieux en voulant se lancer dans des initiatives que mêmes les plus grands de son monde avaient du mal à maitriser. Il était simplement poussé par la curiosité et l’incompréhension. Il avait besoin de savoir en quoi cette coupe qu’il avait touché chez Barjow et Beurk était protégée et pourquoi ? Quels pouvaient être les effets secondaires de sa chute et de ses cauchemars incessants, les nuits précédentes l’incident. Avait-il était maudit ? Il ne le ressentait pas comme tel, mais l’angoisse de ne pas savoir, de ne pas être fixé, l’envahissait d’une peur tentaculaire.

« Vous pouvez vraiment m’aider alors ? »

On décelait dans sa voix, une once d’espoir. Mais peut-être que cette femme devait en savoir plus sur lui, sur ce qui le motivait à venir ici. Pourtant, Lucas ne pipa plus un mot. Il se sentait comme épié de l’intérieur, comme analysé par des regards extérieurs, plaqué entre chaque livre de cette gigantesque bibliothèque qui lui faisait face. Même si elle voulait l’aider, trouverait –elle le bon livre parmi tous ces ouvrages ?
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Jeu 12 Fév - 22:45


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Visiblement, la motivation de ce gamin était inarrêtable. Autant dire que cela me repoussait un peu au départ, mais à bien y penser et repenser, je me dis qu'au fond, il doit bien y avoir une raison. Mais, pour ça, je dois la découvrir et surtout comprendre toute la situation pour réellement pouvoir l'aider sans mettre qui que ce soit en danger.
Personne n'est vraiment conscience de sa puissance, sauf une fois qu'il y a concrètement été exposé. Malheureusement, tout cela n'est pas forcément source d'apprentissage, voir de sagesse. Bien au contraire, beaucoup, en prenant conscience de leur puissance en profitent pour faire plier les autres. Et je ne voulais pas que cela se produise, même si on pouvait plutôt dire se reproduise.

Je savais bien que prendre un tel parti était dangereux... Mais bon, je sentais bien qu'il avait un bon fond et que ces intentions étaient bonnes. Je me giflais intérieurement, car je savais très bien que je faisais certainement une grosse bêtise. Mais j'étais comme ça après tout, alors bon, autant foncer jusqu'au bout.
Et puis, le jeune homme ne semblait pas décider à accepter une réponse négative sans partir directement ensuite. Or, quelque chose m'intriguait là-dedans. C'était presque sûr que le danger m'attirait encore une fois et je ne pouvais m'empêcher d'aller aux devants des problèmes. Tout cela me faisait vivre, j'avais toujours enfreint avec un grand plaisir, sans pour autant causer mort d'homme, et je ne comptais pas m'arrêter là. Alors autant aide, ce jeune Serdaigle.

« Bon, tu n'as pas l'air de vouloir laissé tomber l'affaire. Je peux peut-être t'aider pour quelques petites choses, mais il faut que tu me jures sur ce que tu as de plus cher que jamais tu ne révéleras quoi que ce soit, ni que tu n'utiliseras un des procédés que je vais t'expliquer... Euh, comment tu t'appelles d'abord ? »

Visiblement très heureux et surpris que j'accède à sa requête, il me promit alors, d'un air apparemment encore sous le choc :

« Je le jure sur ... ma vie ! Je ne vois pas à qui j'en parlerai, hormis peut-être Ambrose. Mais il ne sait même pas que je suis ici. Je préfère garder mes recherches pour moi de toute façon, donc n'ayez aucune inquiétude à ce niveau-là. Même s'il m'arrive malheur, je ne pense pas vous accuser. Après tout, c'est ma responsabilité et mon choix. »

Souriant en coin, je commençais déjà à me mettre en tête que nous allions nous mettre en danger dans les minutes qui suivaient. Ce n'était pas faux et le pire, c'est que cela ne me faisait pas peur, bien au contraire. Je me sentais dynamisée par tout ça. Les Runes de Sang n'étaient pas à prendre à la légère et toucher à la magie noire n'était pas tout à fait encore dans mes cordes, mais je n'allais pas tarder à en apprendre encore plus et pouvoir aider cette pauvre âme qui cherchait son chemin au milieu de ces pratiques malveillantes, pour la plupart.

« Je m'appelle Lucas Garcia. Je suis étudiant à Poudlard ... » me dit-il

Hum Lucas... Très bien. Lucas Garcia, Serdaigle donc pas tout à fait rôder à tous les cas possibles. Il allait falloir protéger nos arrières, car s'attaquer à ce genre de choses n'était jamais sans risques ni sans conséquences. Mais je savais très bien quoi faire, ma librairie regorgeait de livres plus ou moins recommandés, tout à fait ce qu'il fallait pour s'attaquer à un « gros morceau » comme celui-là si on pouvait parler ainsi.

« Vous pouvez vraiment m'aider alors ? »

Visiblement, ce certain Lucas avait confiance en moi au point d'en retrouver un peu d'espoir. Lui souriant franchement, je lui répondis aussitôt :

« Oui, je peux très certainement t'aider. Par contre, il va falloir t'accrocher, parce que je ne te promets pas qu'en ouvrant certains livres, nous n'aurons pas quelques soucis. »

Lui lançant un sourire rassurant, je me mis donc à chercher dans mon bureau pour en sortir des feuilles et de quoi écrire. Je fis venir quelques livres dont je savais déjà qu'ils nous seraient très utiles, au moins pour nous protéger des forces de la magie noire.

« Ça ne t'ennuie pas si je te tutoie, ce sera plus simple ! Et puis tu peux en faire de même pour moi, je pense très honnêtement que je pourrais être ta grande sœur ! »

Les livres se posèrent sur mon bureau. Je fis venir un fauteuil en face de mon bureau pour que Lucas puisse s'installer et que nous puissions commencer. Je luis fis signe de s'asseoir avant de continuer :

« Bon, avant que l'on ne commence quoi que ce soit, il va falloir que tu me racontes absolument tout. Que tu me dises les moindres détails de ce qui t'amène ici. Il faut bien que je comprenne toute l'ampleur de la tâche avant que l'on puisse attaquer quoi que ce soit sans avoir de soucis et surtout sans erreur de calcul. Alors pas de fausse pudeur avec moi, je ne suis pas là pour tout savoir de ta vie comme certains journalistes de « La Gazette du Sorcier » et surtout, rien ne sortira d'ici. Tu peux donc tout me dire. »

M'installant un peu mieux dans mon fauteuil, d'un côté du bureau alors que Lucas était dans le sien de l'autre côté, je me préparais à de longues heures de recherches, pas forcément fructueuses et sans risques, sans vraiment m'inquiéter du temps et de l'investissement que cela allait me coûter.
Je n'attendais maintenant que le récit de ce jeune homme.


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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Lun 16 Fév - 9:44

L’histoire était longue à expliquer et Lucas cherchait un moyen de raccourcir les faits pour en venir à l’essentiel. Il trouvait juste cela étrange de déballer ça devait une jeune femme qu’il ne connaissait pas. Dévoiler une partie de sa vie dont il n’en avait jamais évoqué à qui que ce soit était vraiment très étrange. Mais il le fallait. Car depuis qu’il avait posé son regard sur cet objet maléfique chez Barjow & Beurk, le jeune homme savait que sa vie n’était plus la même. Du moins, son corps faiblissait de jour en jour. Il aurait très bien pu en parler à un professeur ou à ses parents, mais Lucas ne voulait affoler personne. Et puis s’il avait dévoilé le pourquoi du comment, il savait que sa quête prendrait fin immédiatement. Griselda ne retrouverait jamais son fils et Lucas lui avait promis son retour. Les promesses il les tenait, il les avait toujours tenues, malgré la distance qui les séparait.

C’est donc en inspirant profondément et en prenant place dans le fauteuil en face de la jeune libraire, que Lucas s’élança dans une longue tirade.

« C’est une histoire compliquée. Lorsque j’étais petit, mon père m’a coupé du monde des sorciers. Il n’acceptait pas le fait que ma mère soit une sorcière et il prohibait tout usage de magie à la maison pour que l’on se rapproche au plus du monde des moldus. Sauf que la femme qui me gardait petit était une sorcière. Elle s’appelait Griselda. Elle était la seule qui me comprenait et je m’y suis rapidement attaché. Elle me racontait l’histoire de son fils, un jeune homme plein d’entrain que je n’ai vu qu’en photo. Il lui envoyait des lettres, chaque mois, alors qu’il parcourait le monde. Mais un beau jour, Griselda a cessé de recevoir des lettres. Elle sait que son fils n’est pas mort, car le Ministère de la Magie serait venu le lui annoncer. Mais elle doute qu’il soit en bonne santé ou qu’il l’ait tout simplement oublié. En lisant les lettres de son fils, j’ai aperçu que celui-ci trainait dans des affaires un peu louches. Il n’explique pas vraiment dans quoi il traine, mais ça ne semble pas bon du tout. Dans chaque lettre est dissimulé un indice, une piste pour que Griselda retrouve son fils. Malheureusement, ma vieille amie est un peu sénile et il lui est impossible de quitter la maison. Alors, comme je lui ai promis que son fils reviendra un jour, j’ai commencé à mener mon enquête. »

Il s’arrêta un instant, hasardant Astoria du regard. Elle semblait boire ses paroles, comme s’il s’agissait d’un vieux conte pour enfant. Lucas était satisfait de l’emprise qu’il avait, mais en même temps, il se sentait gêné de parler de cette affaire à une totale inconnue. Est-ce que Griselda lui en voudrait ? Il passa une main dans ses cheveux bruns, puis détourna son regard bleu profond vers les flammes dansantes de l’âtre de l’imposante cheminée en marbre.

« En suivant les indices qu’il laissait dans ses lettres, j’ai compris que son fils ne se trouvait pas dans un pays étranger. Qu’il était en Ecosse … Une aubaine pour moi qui ne peut pas quitter Poudlard et mon pays en un simple claquement de doigts ! La dernière piste m’a amenée au magasin de Barjow & Beurk durant les vacances de Décembre. J’ai trouvé un objet étrange. Une sorte de coupe sur laquelle étaient gravée des runes de sang. Je n’avais aucune idée de quoi il s’agissait. Mais dès que j’ai touché l’objet, je me suis senti comme … transpercé. Comme si un corps invisible avait pénétré en moi. J’ai perdu connaissance quelques minutes et je me suis réveillé dans la rue pavée, trempé jusqu’aux os. Depuis, je me sens bizarre. Je fais des cauchemars, j’ai du mal à me concentrer et ma mémoire me joue des tours … Alors que j’ai une excellente mémoire normalement. Enfin bref, y’a des jours où je perds l’équilibre, où je n’ai pas faim et parfois en me regardant dans le miroir j’ai l’impression de voir un cadavre en face de moi. »

Non, il n’était pas atteint d’une dépression sévère, mais bien d’un maléfice, ou d’un empoisonnement. Enfin, Lucas était là pour savoir ce que ces runes lui avaient fait. Il avait lu quelques petites choses, comme quoi les runes de sang permettaient de protéger un objet de valeur. Il n’était pas question de transposer un corps ou une âme dans cet objet, mais bien de le protéger. Un peu comme le médaillon qu’avait reçu Katy Bell lors de la sixième année de scolarité de Potter. Lucas se sentait chanceux d’être toujours en vie, mais il voyait bien que les effets secondaires s’accentuaient de plus en plus. Dans quel état se retrouverait-il dans deux mois ? Six mois ? Un an ? Il avait peur de sombrer dans la folie, ou tout simplement que son corps le lâche. Il espérait trouver la réponse ici, dans cette librairie qui reflétait mille et une connaissances.
Il espérait surtout que cette jeune femme puisse le guider, voire même trouver une solution à rompre la malédiction qui le rongeait. Lucas était prêt à tout. Il n’avait pas beaucoup d’argent sur lui, mais il était prêt au chantage, ou même à rendre un service, aussi dur pouvait-il être.

« Je ne sais pas si ces informations sont utiles pour toi ? Si ça t’avance de savoir tout ça ? En tout cas une chose est sûre, mon état empire au fil des mois. Et le fait de ne pas savoir de quoi je suis touché m’angoisse, car je ne peux pas me renseigner, ni même savoir si on peut me guérir. J’ai promis de retrouver le fils de Griselda, et je m’en voudrais de crever avant d’avoir achevé ma mission. »

Et puis même … que deviendraient ses parents sans lui ? Ambrose, Shae, Céleste ou Rhiannon ? Il avait encore envie de vivre de belles aventures et ne souhaitait surtout pas s’arrêter en si bon chemin à cause d’une bête histoire de maléfice protecteur.
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Mar 17 Fév - 23:04


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Alors que Lucas commençait son récit, je ne le quittais pas un seul instant des yeux. Pourquoi je sentais que cela allait s'avérer bien plus compliqué que prévu...
Déjà, l'histoire qu'il me proposait remontait à son enfance, donc forcément, il avait trop d'implications et aucun recul sur la chose s'était évident. Il n'était pas bête, j'en étais certaine, mais rien qu'à la manière dont il rapportait cette première partie des faits : en voulant à son père, adorant d'une certaine manière cette dénommé Griselda, il ne pouvait pas être impartial sur lui-même. J'allais devoir faire la part des choses pour lui.

Son histoire ne venait que de débuter, pourtant, tout semblait déjà joué dans sa tête. Il allait jouer au bon samaritain, c'était déjà mal parti, parce que rien qu'avec ça, il s'était déjà mis dans la mouise. Mais qu'importe, ce qui était fait n'était plus en jeu, il fallait maintenant sauver le futur.
Je continuais d'analyser chacune de ces paroles, mon regard n'ayant certainement jamais autant examiné les moindres traits d'une personne. Je devais être sûr de lui du début jusqu'à la fin. Peu importe si je devais aussi pousser mon don au maximum pour saisir les moindres petits éclats de ces sentiments qui lui échappaient. Certes, je m'y connaissais surtout en puissance, niveau sentiment, mais même si je ne possédais pas la possibilité de « zoomer » sur les sentiments du jeune homme, je ne devais pas laisser se faufiler la moindre information. Je ne doutais pas de lui, mais sur sa tendance à mettre des interprétations avec des actes.

Les inscriptions rougeâtres qu'il avait vues étaient des preuves irréfutables, je ne pouvais pas le contredire, mais un truc me chiffonnait... Pourquoi prétendait-il s'affaiblir suite à cette expérience, je n'avais jamais recensé une quelconque atteinte à la vie d'une personne à la vue d'un objet scellé, dans un de mes livres. Il y avait donc quelque chose qui le reliait à ce bien. Une chose qui devait l'atteindre lui.
Une seule hypothèse me paraissait pensable, mais je ne préférais pas prendre de risques avec des pensées non vérifiées.
Il en vint enfin à m'expliquer qu'il doutait que cela puisse réellement m'aider. Le regardant d'un air pourtant satisfait, je lui dis alors aussitôt :

« Écoute, très sincèrement tout cela m'a beaucoup aidé, contrairement à ce que tu crois. Et... »

Je marquais un temps d'arrêt avant de soupirer, passant mon visage entre mes mains, avant de reprendre ma phrase :

« Désolé de te le dire comme ça, mais je crois que ton histoire est un peu plus compliqué qu'un marquage par les Runes de Sang. »

Me reposant un peu plus dans mon fauteuil, je m'expliquais ensuite un peu plus sur mes dernières paroles en voyant le regard désespéré de mon interlocuteur :

« Tu sais, je ne connais aucun livre qui recense une quelconque faiblesse physique face à un sceau, si ce n'est un affaiblissement momentané. Même si je sais que nous parlons bien de Runes de Sang, je peux presque t'assurer avec certitude que ce n'est pas ce qui cause tes troubles. Je pense que l'objet a été affublé d'une malédiction envers quelques personnes seulement. Donc, cela implique très certainement que certaines personnes, qui n'ont pas intérêt à ce que tu retrouves le fils de Griselda, ont voulu te nuire pour éviter d'avoir des retombées de leur côté. »

Réfléchissant aux effets qu'avait eus cette malédiction sur Lucas, je cherchais intérieurement quel pouvait être le sort utilisé. C'était de la magie noire, c'était certain, mais je ne voyais pas quoi. Croisant mes jambes, je replongeais mon regard dans celui de Lucas. Je ne savais pas par où commencer :

« Bon, très honnêtement, je ne sais pas quel est ce sort qui te ronge, mais ne t'en fais pas, on va trouver. Pour l'instant, il faut que l'on se concentre sur ça avant toute chose. Tant que ta santé ne sera pas redevenue normale, tu ne pourras pas te permettre d'avancer plus loin. Je connais certains remèdes plutôt très efficaces pour le sortir d'un envoûtement, même si je ne sais pas de quel côté il se situe. »

Je fis venir un livre, très épais et aux reliures dorées, sur mon bureau avant de l'ouvrir et de continuer ma phrase :

« Bon, ce qui ne va pas être évident, c'est de te concocter quelque chose qui combattra le mal de la magie noire dont l'envoûtement était fait. Mais on va se débrouiller ne t'en fais pas. J'espère que tu es prêt à certains sacrifices, car je ne te promets pas que ce sera une partie de plaisir. »

La bonne page apparue sous nos yeux alors que je voyais bien que Lucas aurait voulu faire passer le reste avant. Mais c'était hors de question, tant qu'il n'était pas en pleine forme, je ne pourrais pas l'impliquer totalement et de manière un peu plus sûre dans tout cela.


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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Jeu 19 Fév - 14:32

La déception se lisait sur son visage. Il aurait souhaité que les choses soient plus faciles. Mais la Magie Noire n’engendrait rien de facile, bien au contraire. Elle avait tendance à tout compliquer. Il fut étonné de voir la perspicacité d’Astoria. Pour une libraire, elle raisonnait comme une physicienne. Pleine de bon sens et de théorie. C’était curieux comme les préjugés pouvaient prendre le dessus et l’étonnement de Lucas en fut bien plus agréable. Il se sentait presque en sécurité, malgré le peu qu’il connaissait d’elle. Ce lieu n’avait rien de maléfique à première vue, du moins il était moins pesant et angoissant que la boutique de Barjow&Beurk où il n’avait même pas eu l’occasion de voir le commerçant. Il savait que sa curiosité le pousserait vers des penchants néfastes, mais il ne s’était pas imaginé un seul instant qu’une malédiction lui tomberait dessus à tout juste 17 an.

Alors, si Astoria pouvait trouver un quelconque sortilège de désenvoutement, il lui en serait gré. Mais comment la remercier ? Les quelques gallions qui trainaient dans le fond de sa poche ne l’aiderait pas vraiment. Il chassa cette pensée de sa tête. Après tout, elle n’avait pas parlé de service, ni même de coût. Visiblement, la générosité se trouvait encore dans les abysses de cette jungle humaine. Mais Lucas avait un doute. Un doute sur ce qu’elle venait de lui dire et un doute sur ses compétences de guérisseuse. Ne devait-il pas trouver quelqu’un de plus spécialisé ? Et qui pouvait donc savoir qu’il recherchait le fils de Griselda ? Pourquoi l’en empêcher ? Ca n’avait aucun sens …

Pendant un bref instant, le Serdaigle se demandait vraiment pourquoi il avait voulu jouer les bons samaritains. Peut-être aurait-il dû laisser son amitié pour Griselda de côté. Mais après avoir lu les lettres de son fils disparu, il n’avait pas pu s’empêcher de vouloir le rencontrer. Cet homme était rempli de mystère et sa manière d’écrire le rendait intéressant. C’était surtout une histoire de curiosité mal placée, d’aventures et l’idée de mener une enquête impossible, qui l’avait poussé à poser une promesse. Heureusement pour lui qu’à l’époque il n’avait jamais entendu parler du Serment Inviolable …

Il toisa un bon moment la jeune femme en face de lui, tandis qu’un grimoire épais s’ouvrit sous ses yeux. Astoria parcourut le livre des yeux et s’arrêta sur une page qui semblait lui parler. Lucas ne pipait pas un mot. Son cœur battait fort dans sa poitrine. Il était presque certain d’entendre les paroles d’Ambrose lui répéter « fais pas le con, fais pas le con ». Une sueur froide lui parcourut le dos, lorsque la jeune libraire lui mentionna le mot « sacrifice ». Lucas savait que dans toute forme de magie controversée, une part de sacrifice, qu’elle soit humaine, animal ou sentimentale, était présente. Mais il appréhendait beaucoup le genre de sacrifice qu’elle allait lui demander. Surtout qu’il n’était pas du genre à céder les choses facilement. Enfin, tant qu’il n’avait pas à tuer quelqu’un ou à donner sa vie pour revenir d’entre les morts, ça ne pouvait pas être bien terrible. Si ? Il passa une main rapide dans ses cheveux châtains, considérant Astoria de ses yeux bleus sombres avec un tracas certain qui transformait son visage en vulgaire grimace.

« Heu … de quel sacrifice tu parles ? »

Un instant de silence. Le feu crépitait dans l’antre de la cheminée. On entendait les livres se glisser dans les profondeurs du plafond et la chouette rabougrie roucouler doucement. La respiration de Lucas se faisait presque haletante. Son malaise revenait. Il le sentait pointer le bout de son nez, réveillant la bête maléfique qui somnolait au fin fond de ses entrailles. Il fallait résister, dominer cette présence et ne pas succomber à la faiblesse. Il détestait se sentir posséder, comme habité par un esprit. Il détestait cette sensation de ne pouvoir rien contrôler et de devoir baisser l’échine face à un ennemi certain, mais invisible. Soudain, ses yeux s’écarquillèrent. Lucas savait. Il savait de quoi il était atteint … mais est-ce qu’un simple bouquin pourrait suffire à le guérir de ce mal ? Peut-être pas. Il se leva d’un bond presque surréaliste, plaquant brutalement ses mains sur le bureau. La chouette tressaillit, puis jeta un regard noir vers l’importun qui venait de la déranger dans son sommeil.

« Je crois savoir de quoi je suis malade ! Je … tu vas me prendre pour un fou. Mais je crois que je suis habité par un esprit maléfique. Genre une d’envoutement ? J’sais pas … enfin peut-être qu’il va falloir faire un exorcisme ? »

Perplexe. Il était vraiment perplexe à l’idée de devoir subir un exorcisme et surtout de péter les plombs. Lucas se laissa tomber dans son fauteuil, poussant un long soupire de frustration. L’idée était plausible, mais elle n’était pas non plus réelle. Il pouvait s’agir de tout autre chose. Alors comment Astoria pouvait-elle le guérir si elle ne savait pas de quoi il était atteint ? Comment son livre pouvait l’aider ?

« Peut-être qu’il nous faudrait consulter un bouquin qui nous disent à quoi peuvent servir les runes de sang ? Je n’ai trouvé que de vagues explications dans la réserve de la bibliothèque de Poudlard. Rien de vraiment concret. En gros ils disent qu’elles permettent de protéger un objet, mais également de sceller un pacte par le sang ou encore de maudire une profanation. On utilisait ces runes pour les tombeaux de certains rois, ou chefs de clans de l’ancienne Ecosse. Après, je sais que c’est un peu plus complexe que ça, car les runes de sang sont posées avec tout un rituel et des incantations spécifiques. J’espère simplement qu’ils ne m’ont pas foutu un démon dans le bide … »

Ce n’était qu’un tas d’hypothèses, mais Lucas craignait tellement le pire, qu’il préférait croire qu’il était dominé par un esprit maléfique. Au moins, si Astoria trouvait de quoi il était vraiment maudit, il pourrait souffler de soulagement. Peut-être que le sacrifice en sera moins conséquent.
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Ven 20 Fév - 11:41


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Le jeune homme semblait un peu déstabilisé par ma répartie et surtout par le fait que j'arrive à répondre en partie à ses questions. Certes, je n'étais pour l'instant sûr de rien, mais à vrai dire, il n'y avait qu'en tentant que l'on saurait si c'était bien ce que je pensais.
Mais évidemment quand je m'étais mise à lui parler d'un possible sacrifice, il sembla s'enflammer tout de suite, comme s'il avait peur et qu'il voulait faire demi-tour.

« Heu ... de quel sacrifice tu parles ? » me demanda-t-il

Soupirant légèrement, je n'ajoutais rien de plus. Le silence un instant entre nous, tel un esprit attendrit par la scène. Je ne pouvais pas lui faire entendre raison pour le moment. Il n'avait plus les idées claires et je suis sûre qu'une suite d'images sans fin passait dans sa tête, entrecoupée par des voix lui interdisant de faire ce genre de choses. Malheureusement, il ne voyait pas là où je voulais en venir. Il n'avait plus les idées claires et je suis sûre qu'une suite d'images sans fin passait dans sa tête, entrecoupée par des voix lui interdisant de faire ce genre de choses.
Tout à coup, il sauta de sa chaise, comme propulsée par ces émotions, posant fermement ses mains sur la table avant de me dire :

« Je crois savoir de quoi je suis malade ! Je ... tu vas me prendre pour un fou. Mais je crois que je suis habité par un esprit maléfique. Genre une d'envoutement ? J'sais pas ... enfin peut-être qu'il va falloir faire un exorcisme ? »

Mais qu'est-ce qu'il me racontait là ? Les esprits n'ont pas ce genre de vocations, même lorsqu'ils sont détournés par la magie noire. Ils ne font que vous dévorez de l'intérieur. Or, si ça avait été le cas maintenant, il serait déjà mort depuis longtemps.
Mais, grâce à son intervention, il me fit penser à quelque chose. Alors que j'avais déjà ouvert un livre, j'en fis venir un autre. Cherchant mentalement, je ne vis qu'une seule chose possible. Pour l'instant, je préférais ne rien dire à Lucas, je ne voulais pas qu'il s'affole, mais si j'avais raison, il y avait une manière assez simple mais épuisante, de se débarrasser de tous ces maux.

« Peut-être qu'il nous faudrait consulter un bouquin qui nous disent à quoi peuvent servir les runes de sang ? Je n'ai trouvé que de vagues explications dans la réserve de la bibliothèque de Poudlard. Rien de vraiment concret. En gros ils disent qu'elles permettent de protéger un objet, mais également de sceller un pacte par le sang ou encore de maudire une profanation. On utilisait ces runes pour les tombeaux de certains rois, ou chefs de clans de l'ancienne Ecosse. Après, je sais que c'est un peu plus complexe que ça, car les runes de sang sont posées avec tout un rituel et des incantations spécifiques. J'espère simplement qu'ils ne m'ont pas foutu un démon dans le bide ... » me demanda-t-il alors

Ce gamin n'était pas stupide et visiblement, bien renseigné.
Alors que je regardais à la page que je cherchais, je ne vis que les points exacts de sa souffrance. Il était bien sentant, c'était plutôt perturbant qu'un jeune de son âge arrive déjà à prendre conscience de ce qui l'entoure à ce point.

« Bon... Lucas. Ne t'affole pas, mais cette fois, j'ai vraiment trouvé ce que tu as. Tu n'étais pas totalement sur la mauvaise voie avec tes fantômes. »

Je tournais le livre vers lui et lui indiquai le titre de la page du doigt : Poltergeist. Je repris alors d'une voix calme :

« En fait, c'est plus simple que ça n'y paraissait. Les Poltergeist sont généralement présents pour effrayer les personnes qu'ils hantent en faisant du bruit ou voler des choses, etc. Mais toi, c'est plus compliqué. Je suis certaine qu'on t'a collé un Poltergeist qu'on a lui-même maudit, même si ça paraît assez étrange, pour qu'il te vide de toute vie si on peut le dire comme ça. À vrai dire, il va simplement, par cette malédiction, se venger sur toi de ce qu'il a subi pour faire simple. »

Je remarquais alors quelque chose qui venait appuyer ma théorie, dont j'étais certaine, lorsque je vis l'une des flammes de bougies, tout près de Lucas, tourner sur elle-même de manière inhabituelle. Ce genre de signe ne trompait pas, le vent ou la magie ambiante n'y étaient pour rien.

« Alors voilà ce que l'on va faire. Tu vas te lever et te mettre au milieu de la pièce. Ne garde pas ta baguette sur toi, elle pourrait faire rater toute l'opération. Je vais chercher quelques aides et je reviens. »

Je partis dans le fond de la boutique et revins avec des crochets de serpents, de la belladone, des épines de poisson-diable et du sang de salamandre. Je commençais à préparer la potion, qui ne se faisait qu'à froid, écrasant quelques épines, une moitié de feuille et belladone et un crochet de serpents. Je mélangeais en quantités suffisantes le sang pour en faire quelque chose de buvable. Je rangeais les ingrédients un peu plus loin avant de demander à Lucas :

« Bien maintenant assieds-toi. Je vais réciter l'incantation pendant que tu vas boire ça. Cela permettra de purger ton corps, qui s'est déjà affaiblit, ainsi que de reprendre des forces. »

Prenant une profonde inspiration, je pris ma baguette en main, avant de me préparer à réciter le texte. Ça n'allait pas être de la crème, je le sentais mais c'était le seul moyen.


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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Sam 21 Fév - 9:13

Alors qu'un nouvel ouvrage volait dans leur direction, Lucas se figea sur place lorsqu'Astoria lui assura savoir de quoi il était atteint. Il aurait souhaité lui dire avec la plus grande joie "vraiment ?", mais aucun son ne pu sortir de sa bouche. Il la toisait de ses grands yeux sombres, immobile et curieux de savoir de quel mal il était atteint. Elle tourna le livre dans sa direction, le positionnant juste sous ses yeux. Les lignes s'enchevêtraient, ne lui permettant pas de comprendre le sens de ce rituel ou de cette incantation. Une chose était sûre, le jeune sorcier se sentait au plus mal. Une sensation désagréable naissait au niveau de son bas ventre pour remonter insidieusement vers ses intestin et son estomac. L'envie de vomir lui prenait la gorge, mais il résistait de toute ses forces pour ne pas rendre son repas du midi sur le buste d'Astoria. Quel genre d'homme agirait ainsi ?

- Hein ? Les Polter ... quoi ?

Il n'avait jamais entendu de ces esprits malveillants. Voulait-elle insinuer qu'une sorte de Peeves siégeait en lui ? Non ... c'était bien plus que ça, Lucas le sentait. Cette menace constante qui n'avait qu'une seule envie ; exploser et dominer ce jeune corps, afin de le pourrir jusqu'à la moelle. Mais Astoria semblait convaincu de ce qu'elle avançait et Lucas ne pu se résoudre à y croire. Après tout, il était venu ici pour trouver des réponses et surtout une solution qui lui permettrait de guérir définitivement. Tant qu'il ne risquait rien, il pouvait se lancer non ? Mais alors qu'il s'éloignait d'elle pour gagner le centre de la pièce, le Serdaigle eut un petit doute. N'avait-elle pas parlé de sacrifices quelques secondes plus tôt ? Il pivota sur ses talons, pointant un doigt vers le plafond, mais Astoria avait déjà disparut.

- Okeeey ... bon, bah ... good luck Garcia, se murmura-t-il à lui même.

C'est les bras chargés d'un tas d'ingrédients que la jeune libraire fit son apparition. Lucas ne distinguait pas vraiment ce qu'elle concoctait, mais en analysant bien, il pouvait décrire la présence de crochets de serpents et de belladone. Puis d'un liquide rouge visqueux et d'une odeur si forte, qu'il plaqua instinctivement ses mains devant sa bouche pour ne pas rendre. Alors qu'elle préparait la potion, Lucas perdait totalement la notion du temps. Cette pièce était vraiment étrange. Circulaire, les murs couverts de longues étagères menaçant de craquer sous le poids incroyable des livres, aucune ouverture sur l'extérieur et seul le crépitement du feu comme fond sonore ... l'impression d'être plongé hors du temps était étrange et palpable. Il régnait une sérénité réconfortante, mais inquiétante en même temps. Comme si, tous ces livres présents regorgeaient de magies diverses et variés. Lucas était convaincu qu'il suffisait de poser une question et qu'on y trouvait forcément la réponse dans l'un de ces bouquins volant au rythme d'une mélodie énigmatique et transparente.

Astoria lui demande de s'asseoir, sur le sol ? Lucas regarda autour de lui, comme si une chaise dont il n'avait pas vu la présence venait de prendre place à ses côtés. Mais non. Il prit donc place sur le parquet ciré et desserra le col de sa chemise. Alors qu'elle s'approcha de lui avec un bol où tanguait de droite à gauche une liqueur immonde, le jeune homme déglutit d'aversion.

- Je dois vraiment boire cette horreur ? dit-il en pointant du doigt le bol d'Astoria avec un rictus flagrant de dégoût.

Purger son corps. Cela devait sous entendre quoi ? Qu'il allait vomir jusqu'à ne rendre plus que de la bile ? Lucas redoutait ce moment. Il avait presque envie de prendre ses jambes à son cou, quitter la librairie et ne jamais revenir. Il maudissait vraiment ce jour où sa curiosité l'avait menée dans l'antre de Barjow & Beurk. Alors qu'Astoria lui posait le bol sous le nez, Lucas le repoussa légèrement des deux mains.

- Non mais attends attends attends ... t'es sûre qu'il ne m'arrivera rien de dangereux ? T'as parlé de sacrifices avant. C'est quoi ? Enfin j'veux pas dire, mais ça fait flipper quand même, t'as mis des crochets de serpent et ça pue ! Quand tu parles de purger mon corps, tu veux dire qu'il y a un truc qui va me sortir du bide ? Parce que franchement Astoria ... là. dit-il en soulevant sa chemise et en montrant son ventre, y'a un truc qui est en train de se passer et ça fait pas du bien du tout.

Des crampes terribles d'estomac se réveillèrent. Lucas se plia en deux instantanément. Il serrait des dents, sa mâchoire se contractant convulsivement. Une sueur froide perlait sur son front. Enfin, il releva la tête, son regard braqué sur Astoria, les yeux injectés de sang.

- PAR MERLIN J'AI MAL !! ASTORIA !

Des convulsions anormales l'obligeaient à tousser. Tousser si fort qu'il commença à en cracher du sang. Blême comme un linge, Lucas ne pouvait pas s'arrêter. Comme si quelqu'un s'amusait à lui jeter le même maléfice, sans interruption. Les veines saillantes de ses avants bras grossissaient, montrant l'effort de lutte qu'il maintenait. Lucas n'était pas prêt à laisser place à cet esprit. Il n'était pas prêt à lui donner sa vie ...
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Sam 21 Fév - 22:54


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Lucas semblait perdu parmi tout cela. C'est vrai que les Poltergeist n'étaient pas les esprits frappeurs les plus connus. Mais ils étaient redoutables. Surtout que si celui-ci était bien relié à Lucas par une malédiction qu'il infligeait par vengeance au jeune homme, jour après jour, douleur après douleur, alors que celui-ci faiblissait au fur et à mesure... Très honnêtement, je ne donnais pas cher de sa peau, car il ne survivrait pas longtemps, j'en étais certaine.
Mais les sacrifices effrayaient clairement le jeune Serdaigle, ce qu je comprenais tout à fait. Mais pour lui, ça allait plus être l'épreuve du feu face à ce bol assez répugnant que je lui tendais. Je me mettais bien à sa place et, j'avoue, que moi aussi, j'aurais bien du mal à avaler cela. Mais malheureusement, c'était la seule chose qui pouvait l'aider à supporter la douleur qu'allait certainement causer le sortilège de délivrance que j'allais devoir prononcer pour l'aider.

« Je dois vraiment boire cette horreur ? » me dit-il alors qu'une odeur repoussante et presque putride sortait de celui-ci

Soupirant alors que je tenais toujours le bol, je hochais la tête en signe d'affirmation, bien que je m'en voulusse un peu de devoir lui infliger ça. Mais je ne faisais cela que pour son bien. Il devait s'en douter mais à voir son regard totalement perdu et dégoutté par le mélange que je lui présentais, je ne pus m'empêcher de me mordre la lèvre inférieure. Mon cerveau retournait la situation dans tous les sens, je feuilletais de nouveau tous les livres de cette boutique, plus ce que j'avais lu en dehors de cela, mais rien ne me venait en tête. Je ne voyais pas d'autres issues et je voulais absolument aider ce jeune qui, au fond, n'était qu'un pauvre gosse qui n'avait pas vraiment mérité ce qui lui arrivait. Qui n'avait jamais voulu aller chez Barjow&Beurk pour voir, contempler juste une fois tous ces trésors interdits. Malheureusement, maintenant, il était pris dans ce sortilège, ce cercle vicieux qui le tuait petit à petit.

« Non mais attends attends attends ... t'es sûre qu'il ne m'arrivera rien de dangereux ? T'as parlé de sacrifices avant. C'est quoi ? Enfin j'veux pas dire, mais ça fait flipper quand même, t'as mis des crochets de serpent et ça pue ! Quand tu parles de purger mon corps, tu veux dire qu'il y a un truc qui va me sortir du bide ? Parce que franchement Astoria ... là. Y'a un truc qui est en train de se passer et ça fait pas du bien du tout. » conclua-t-il en me montrant son ventre, ayant soulevé sa chemise

Je comprenais bien sa peur : il était tout seul face à l'inconnu qui le rongeait. Je ne l'avais que trop de fois ressenties lorsque j'étais petite, ne maîtrisant pas mon don d'empathie qui me faisait parfois vomir ou tomber dans les pommes tellement ces émotions me rongeaient de l'intérieur. Malheureusement, le monde est injuste et je ne le sais que trop bien...
Et alors que j'allais lui répondre je le vis se tordre de douleur, alors qu'il me hurla presque :

« PAR MERLIN J'AI MAL !! ASTORIA ! »

Je le vis tousser, allant jusqu'à cracher du sang. Son corps commençait à vouloir tout rejeter à l'extérieur de sa chair. Ses veines gonflaient tels des racines sur ces bras. Son visage se tordait de douleur et je sentais son mal entrer en moi. Mon don, bien que je le contrôlais depuis le début, commençait à s'emparer de moi.

*Ce n'est pas le moment de flancher Asti... Il faut que tu l'aides !*

Soufflant pour me calmer et extérioriser sa douleur, dont j'avais l'impression qu'elle perçait ma chair sur chaque millimètre de mon être, je m'agenouillais face à lui et pris ma baguette.
Je le pris alors contre moi, le serrant dans mes bras avec force et douceur. Ma baguette commençait à s'agiter derrière lui alors que je répétais trois fois à voix basse le sortilège de « Vulnera Sanentur ». Même si ce n'était pas de blessures physiques, ce sortilège avait aussi le pouvoir d'apaiser, au moins un minimum, la douleur.

« Ne t'en fais pas, je suis là Lucas, ça va aller, je vais te sortir de là. »

Je ne le quittais pas, la gardant dans mes bras, ne relâchant pas la pression contre lui. Être au plus près de la source de l'esprit aidait souvent à la retenir et à le canaliser le temps que l'incantation soit faite.
Alors que le pauvre Lucas continuait de souffrir le martyr, je récitais alors la formule pour chasser le Poltergeist et sa malédiction :

« Regna terrae, cantate Deo, psallite Cernunnos,
Regna terrae, cantate Dea, psallite Aradia.
Deus caeli, Deus terrae,
Humiliter majestati gloriae tuae supplicamus
Ut ab omni infernalium spirituum potestate,
Laqueo, deceptione et nequitia,
Omnis fallaciae, libera nos, domine.
Exorcizamus te omnis immundus spiritus,
Omnis satanica potestas, omnis incursio,
Infernalis adversarii, omnis legio,
Omnis congregatio et secta diabolica.
Ab insidiis diaboli, libera nos, domine,
Ut coven tuam secura tibi facias libertate servire,
Te rogamus, audi nos !
Ut inimicos sanctae circulae humiliare digneris,
Te rogamus, audi nos !
Terribilis Deus de sanctuario suo,
Cernunnos ipse truderit virtutem plebi suae,
Aradia ipse fortitudinem plebi suae.
Benedictus Deus, gloria Patri,
Benedictus Dea, gloria Matri ! »


Il y eut un grand coup de vent et un cri, comme sorti des abysses de l'Enfer avant que le silence ne revienne. Respirant fortement, je levais la tête, remerciant tous les sorciers présents et passés que nous soyons encore en vie. Prenant Lucas par les épaules, je l'éloignais légèrement de moi avant de lui demander :

« Comment tu te sens ? Tu sens tout ton corps ? »

Je m'inquiétais réellement pour ce gosse. C'est bête, mais je commençais à vraiment m'attacher à lui. Il avait une force et une fragilité encore bien vivantes. Je n'étais, au fond, moi aussi qu'une enfant. Mais lui, encore un peu plus que moi et en ça, je ne voulais vraiment pas qui lui arrive malheur. Il était plein de bonnes volontés et d'espoir, ça se sentait, ça se voyait.
Mais pour l'instant, le plus préoccupant, c'était sa santé.


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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Dim 22 Fév - 9:36

Ses muscles perclus de crampes et d’ankylose, de la mâchoire jusqu’aux orteils, il n’était plus qu’un soufflet de forge aspirant l’air à grand bruit. Il espérait que la colère infuserait dans ses veines quelques gouttes d’adrénaline supplémentaires, juste de quoi lui permettre de lutter encore un peu plus contre ce démon. Une déchirure intense l’obligeait à courber l’échine et à fixer le sol. Ses doigts se crispaient sur son ventre, ne lui donnant la possibilité de pousser pour seul son, un râle agonisant. Devant un tel spectacle, Astoria aurait pu perdre ses moyens, quitter la pièce d’un air affolé, mais elle n’en faisait rien. Humaine et compatissante, elle restait à ses côtés, prête à aller jusqu’au bout de la purge. Sans attendre l’approbation du malade, la jeune femme le serra contre elle, véhiculant une chaleur douce et réconfortante. Lucas se sentait mieux, même si la douleur persistait. Les mots qu’elle prononçait ne semblaient avoir aucun sens. Tout se mélangeait dans sa tête, tandis que l’écho de sa voix pourtant si féminine et agréable, lui martelait les tympans.

Lucas s’agitait dans tous les sens, levant la tête vers le plafond infini, la gueule grande ouverte. Pris d’une cécité pendant quelques instants, il lui semblait avoir atteint le point de non-retour. La mort avait un goût indescriptible et l’envie de pleurer lui bloquait à présent les cordes vocales. Il hoquetait péniblement, pris de convulsion, ses veines ressortaient aussi grosses que des racines. Puis soudain, un cri, un souffle et des éclats de verre dans ses poumons, l’immobilisèrent. Un silence de plomb tomba dans la salle et Astoria se détacha de Lucas, inquiète pour sa santé. Il entendait sa voix, comme le murmure d’une douce mélodie, trop lointaine pour qu’il puisse entendre avec distinction son chant. Il avait beau tendre l’oreille, il n’arrivait pas à discerner ses paroles. Comme si entre elle et lui, un épais brouillard l’empêchait de communiquer. Elle était à quelques centimètres de son visage seulement. Il aurait pu se pencher et sentir les fragrances de son parfum. Il aurait pu toucher sa peau délicate, se laisser envouter par la douceur de ses yeux ou encore effleurer les mèches rebelles de son chinon décomposé.

Mais Lucas ne bronchait pas. Son regard était rivé vers ses mains immaculées de sang qui tremblaient nerveusement. Sa peau était couverte d’une sueur moite, sa chemise était débraillée et toute trempée. Tout son être frémissait comme s’il était atteint d’une fièvre sévère, mais pourtant il ne bougeait pas. Il avait comme l’impression d’être extérieur à ce corps, comme si sa propre chair lui était dorénavant étrangère. Lucas luttait de toutes ses forces pour reprendre possession de son esprit, pour ne lever qu’un doigt afin de signaler à Astoria qu’elle avait réussi. Mais malgré tous les efforts qu’il fournissait, rien ne se produisait. Il avait beau hurler de toutes ses forces, le silence écrasant avait pris place et régnait en maitre.

Soudain, Lucas releva doucement la tête. Son regard vide, injecté de sang, ne présentait rien d’humain. Un sourire mesquin entaillait largement son visage creux. Il persiflait comme un serpent, puis se releva, raide, ne laissant paraitre aucune trace d’humanité dans sa gestuel. Les dernières lueurs furtives de son regard se dissipèrent pour laisser place à un iris complètement noir. Il tendit brusquement la main et sa baguette vrilla quelques secondes sur elle-même pour se retrouver instantanément logée entre ses doigts.

Son sourire se transformait en grimace acrimonieuse et il repoussa prestement Astoria à l’autre bout de la salle, dans un souffle de glace mélangé à une forte odeur d’épices. Aussi raide qu’un piquet, il avançait de plusieurs pas, craquant les os de son cou et shootant par la même occasion dans le bol vide où gisait encore un peu de sang de salamandre.

« Que crois tu avoir fait pauvre folle ! Ce corps m’appartient. Tu as tout simplement tué ce pauvre abrutit avec tes incantations débiles ! Quand on ne sait pas ce que l’on fait, on s’abstient ! »

Son rire strident semblait retentir dans toute la pièce et effrayer les bouquins qui cessèrent immédiatement tout mouvement. Le spectre s’arrêta brusquement et frôla de ses doigts la baguette de saule de manière presque sensuelle. Astoria se relevait péniblement.

« Que vais-je bien pouvoir faire de toi ? A tous les coups tu voudras récupérer ce demeuré qui braille dans ma tête. Mais sache qu’il n’y a pas de place pour deux dans un corps ! Il DOIT mourir ! Et donc toi par la même occasion … Et oui, ne fais pas cette tête-là très chère ! En utilisant ton sors, tu as libéré une partie de mon être et pour que je puisse la récupérer, je dois … humm, tuer, celle qui la détient. » dit-il simplement sur un ton perfide et presque trop joyeux pour être vrai.

Le spectre pivota sur ses talons, puis joua de sa baguette un instant, observant avec curiosité tous les ouvrages étalés sur les étagères.

« C’est tellement dommage qu’une si jolie jeune fille comme toi doive mourir dans un si bel endroit humm ? D’ailleurs, pour une libraire tu n’es pas très bavarde, mais je vais me charger de ton cas. »

Il pivota subitement sur lui-même et pointa sa baguette magique sur la jeune sorcière.

« ENDOLORIS ! »
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Dim 22 Fév - 12:02


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Le silence se faisait brut, presque agressif après ce son sorti des abîmes d'un monde que personne n'aimerait connaître. Du moins, c'est ce que je pensais. Je calmais mon être qui avait bien eu peur après tout cela. Ce pauvre Lucas ne méritait pas ça, personnellement, je ne le souhaiterais même pas à mon pire ennemi.
Attrapant les épaules de Lucas, je le reculais un peu de moi avant de lui demander :

« Comment tu te sens ? Tu sens tout ton corps ? »

Mais je n'eus aucune réponse de sa part. Sa tête s'était baissée vers ces mains, légèrement recouvertes de sang par sa toux de tout à l'heure. Pourquoi j'avais l'impression que son âme avait quittée son être ? Je ne disais rien, caressant doucement ces épaules, comme pour lui laisser le temps de reprendre ces esprits, même si je ne sentais plus cette force d'émotions qui l'habitait il y a encore quelques minutes.
Je commençais réellement à avoir peur pour lui. Il était impossible que je l'aie fait sortir de son corps, cette formule ne permettait pas d'arracher une âme à son corps d'origine. Alors qu'est-ce qui clochait ? J'eus un moment d'arrêt avant que Lucas ne relève la tête, ses pupilles et iris étant devenus noires, le blanc de son œil se teintait d'un rouge presque carmin. Ce sourire si malsain, si prétentieux et avide qu'il affichait me faisait prendre conscience de ce que j'avais craint pendant quelques secondes.
Il y avait toujours une partie du Poltergeist en lui... Mais comment avait-il fait pour fracturer son âme en plusieurs morceaux ? Je ne saisissais plus trop ce qu'il se passait, mais une chose était sûre, il fallait que je sorte Lucas de là.

Alors que ce corps se relevait, l'être maléfique me repoussa en arrière avec force. J'allais m'écraser au fond de la salle. Je le regardais avec une once d'incompréhension et de peur dans le regard. Malgré tout, je savais qu'il ne fallait pas que je lâche. Pour Lucas, je devais le faire pour lui !
Me relevant aussitôt, je le vis saisir sa baguette et j'en fis autant pour être sûr de pouvoir me défendre, au moins un minimum, face à cette chose dont je ne connaissais pas la force.

« Que crois tu avoir fait pauvre folle ! Ce corps m'appartient. Tu as tout simplement tué ce pauvre abrutit avec tes incantations débiles ! Quand on ne sait pas ce que l'on fait, on s'abstient ! »

Non Lucas n'était pas mort, ce n'était pas possible. Cette chose devait simplement avoir pris le dessus. Je n'espérais qu'une chose : que Lucas ait encore un peu de force pour se battre, parce qu'à ce rythme-là, il allait se faire bouffer. Ce n'était pas le but...

*Mais quelle idiote ! Je lui ai fait perdre de la puissance face à cette chose, je suis vraiment qu'une bonne à rien ! Il faut absolument que je rattrape mon erreur, il est hors de question qu'il y passe. Encore mourir plutôt que ça* me hurlais-je dans ma tête

« Que vais-je bien pouvoir faire de toi ? À tous les coups tu voudras récupérer ce demeuré qui braille dans ma tête. Mais sache qu'il n'y a pas de place pour deux dans un corps ! Il DOIT mourir ! Et donc toi par la même occasion ... Et oui, ne fais pas cette tête-là très chère ! En utilisant ton sors, tu as libéré une partie de mon être et pour que je puisse la récupérer, je dois ... humm, tuer, celle qui la détient. »

Il voulait jouer à ça, très bien, il n'allait pas être déçu, je ne comptais pas me laisser faire ! Mais ce qu'il fallait que je garde en tête, c'est que je devais rester vivante pour sortir Lucas de là, donc que je devais par la même occasion ne pas trop endommager son enveloppe corporelle.

« C'est tellement dommage qu'une si jolie jeune fille comme toi doive mourir dans un si bel endroit humm ? D'ailleurs, pour une libraire tu n'es pas très bavarde, mais je vais me charger de ton cas. »

Et le pire, c'est qu'il semblait s'amuser réellement de la situation. Cette horrible chose allait périr, coûte que coûte ! Je n'allais pas lui laisser l'honneur de mettre fin à la vie de deux personnes. Et puis de toute manière, lorsque la haine envahit une personne en chair et os, on ne peut rien.
Alors pour cette chose, c'était la fin...

« ENDOLORIS ! »

Je reçus le coup comme une immense décharge électrique dans tout le corps. Je tombais à genoux, haletant et tremblant, mais ne perdant pas ma motivation. Ce truc ne ferait pas long feu. Je me relevais, plantant mon regard déterminé et enragé dans le sien, me tenant encore le ventre.

« N'espères pas t'en sortir comme ça espèce de truc sans importance. Tu vas crever dans la pire des souffrances crois-moi... »

Reprenant ma baguette, je lançais alors :

« EXPELLIARMUS »

Sa baguette vola loin derrière. Je m'étais donc déjà débarrassé d'une contrainte, c'était mieux que rien. Bon maintenant, il me fallait un peu de temps pour trouver, comment faire sortir la deuxième partie de cette âme hors du corps de Lucas. Donc, j'allais avoir besoin d'un peu de temps. Le seul truc qui me permettrait de prendre un peu de temps pour moi...

« PETRIFICUS TOTALUS »

Voilà, donc ça s'était fait.
Je remis ma baguette dans son fourreau et m'assurant de rester à une distance raisonnable du corps de Lucas, je dis alors :

« Lucas, si tu m'entends réponds-moi. Ne te laisse pas faire d'accord ?! Je vais te sortir de là, je te le promets ! »

Ouvrant un autre livre sur la possession, je cherchais, avec rapidité, un moyen de faire évacuer l'autre partie du Poltergeist du corps de Lucas. Je le gardais d'ailleurs toujours à l'œil, m'assurant de ne pas me faire avoir par-derrière.
Mes yeux s'affolaient sur les pages, mon âme cherchait à prendre contact avec Lucas, mais rien ne se passait et je commençais fort à douter que la vie l'habite encore. Ses traits creusés, son teint de mort, ces yeux rougeoyants, tout son être respirait la mort.

Je tombais tout à coup sur une page qui me semblait être la bonne. Je notais alors ces quelques lignes : « Signa autem obsidentis daemonis sunt : ignota ligna loqui pluribus verbis, vel loquentem intelligere ; distantia et occulta patefacere ; vires supra aetatis seu conditionis naturam ostendere et alia id genus, quae cum plurima occurrunt, majora sunt indicia ».
Alors que je me retournais le papier à la main, je sentis que tout allait encore se compliquer. Mais j'avais peut-être la bonne solution entre les mains.


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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Lun 23 Fév - 8:06

Impossible. Elle se relevait péniblement suite au choc, la main sur le ventre, les membres tremblant comme les feuilles d’un arbre mort. La rage de vaincre se lisait avec clarté sur les traits de son visage. Astoria n’était pas prête à laisser ce spectre prendre le contrôle de la situation et quitte à se blesser, elle prendrait le risque. Une belle preuve de solidarité et d’humanisme. Mais le spectre n’en avait cure. Il se moquait éperdument du courage qui habitait la libraire, ainsi que de ses menaces infantiles. Croyait-elle vraiment pouvoir lui faire face ? Lui, esprit millénaire qui fut emprisonné par des mages noirs bien plus puissants que deux pauvres gamins réuni ? Elle avait encore du chemin à parcourir dans le monde de la magie, pour comprendre les dangers auxquels elle faisait face. Il ne pipait mot, mais son simple regard empli de haine, symbolisait aisément la souffrance et les actes innommables qu’il s’apprêtait à commettre.

Pourtant, Astoria eut le bon sens d’envoyer la baguette de saule valdinguer à l’autre bout de la pièce. Ne s’y attendant pas, le spectre pivota sur ses talons, contractant la mâchoire et s’élança à la poursuite de l’arme magique. Il sentait ses pouvoirs s’amenuiser, car malgré ses efforts de télékinésie, sa baguette continuait à rouler sur elle-même, pour se perdre sous une lourde armoire en bois d’ébène. Le spectre plongea pour récupérer la baguette, mais en vain. Le bras de Lucas était trop court. Il maugréa dans sa barbe, puis se retourna. Qu’importe, il avait assez de puissance pour utiliser ses pouvoirs de spectre. La magie du jeune sorcier ne lui serait d’aucune utilité face à une apprentie sorcière.

Il s’approchait vigoureusement, prêt à serrer ses griffes contre la gorge de la jeune femme. Mais Astoria eut l’ingéniosité de le pétrifier au bon moment. Lucas, prisonnier et bien loin de ce combat pour sa vie, donnait tout espoir à Astoria. Il ne la connaissait pas, il ne connaissait rien de sa vie et pourtant, il la portait déjà dans son cœur. Toute cette énergie pour le libérer de ce mal, l’emplissait d’une joie qu’il n’avait jamais connu jusqu’à ce jour. Il la voyait lui prononcer des paroles, mais son esprit se situait dans une dimension bien trop éloignée pour pouvoir interagir avec son corps et n’exprimer le moindre signe de sa présence. Elle parlait à un corps semblable à celui d’un inferi. Lucas lui-même aurait eu du mal à se reconnaitre. Son corps était aussi chétif que celui d’un homme atteint d’anorexie aigue. Ses yeux étaient noir comme le charbon, son visage était si creusé, que les traits anguleux lui déformaient toutes ses expressions. Les minutes s’égrainaient et le corps de Lucas se transformait peu à peu en quelque chose d’inhumain.

Astoria se retourna vers un livre qu’elle feuilleta énergiquement puis, d’une voix rapide et distincte, lu une autre incantation. Cependant … cependant le spectre lui porta une main griffue sur l’épaule droite, la secouant brutalement pour la propulser en arrière. Sa force était grandissante. Il beugla comme une bête féroce, respirant à grands coups tel un taureau près à foncer sur la première victime vêtue de rouge qui se dandinait gracieusement devant lui.

« Sale petite peste ! Tu es plus coriace que tu en as l’air. Mais saurais-tu résister à ça ? » cracha t-il d’un ton féroce.

Une bourrasque de vent glaciale tourbillonna autour de lui. Il écarta les bras et leva la tête vers le plafond infini. Les livres volaient dans tous les sens, des parchemins claquaient dans l’air, s’écrasant contre les murs et s’entrechoquant contre de gros manuels. La vieille chouette fut propulsée contre une étagère et les flammes chatoyantes de la cheminée s’évaporèrent subitement. Le corps décharné de Lucas lévitait à plusieurs mètres au-dessus du parquet ciré. Le tourbillon de vent de plus en plus virulent commençait à dévaster entièrement la pièce. Les livres, grimoires et manuscrits parfaitement rangés dans les étagères infinies, se vidèrent pour tomber lourdement, telle une avalanche, sur le sol. Astoria luttait pour se relever, plaquant ses mains devant son visage pour ne recevoir aucun projectile nuisible.

Le spectre ne s’en rendait pas compte, mais l’incantation prononcée par Astoria prenait effet. Les cheveux de Lucas prenaient peu à peu plus de vigueur, plus d’éclat. La peau même de son corps semblait reprendre une couleur chair, comme si la circulation sanguine avait repris son court. Le spectre frappa des mains et envoya une bourrasque de vent violente vers Astoria, la projetant brusquement contre une étagère, lui cognant sévèrement la tête. Il s’approcha d’elle à grande vitesse, plaquant cette fois-ci ses deux mains contre sa gorge, resserrant l’étreinte afin d’étouffer toute forme de vie qui pourrait perdurer dans le profond de ses yeux.

Alors qu’il serrait d’avantage, soulevant Astoria de quelques centimètres du sol, le corps de Lucas reprenait peu à peu ses formes d’origines. Ses épaules s’élargissaient, ses veines gonflaient sous la contraction de ses muscles et les traits de son visage revenaient, redessinant clairement son expression toute particulière, qui ne définissait que lui. Lucas Garcia était en train de revenir d’entre les morts.

« Tu auras voulu sauver la vie d’un morveux et finalement c’est la tienne que tu vas y laisser. Pathétique comme toujours. Humains vous êtes … »

A présent, il sentait. Il sentait l’esprit de Lucas reprendre le dessus. La lutte commençait. L’étreinte des mains contre le cou d’Astoria se faisait moins pressante, mais toujours d’actualité. Les yeux de Lucas reprenaient de leur vigueur, tandis qu’il contractait convulsivement la mâchoire, signe de combat intérieur féroce. Enfin ce combat prit fin, assez tôt pour que Lucas relâche instantanément ses mains d’Astoria, l’observant s’écrouler au sol. Pendant quelques secondes à peine, le Serdaigle se senti affreusement mal. Il considéra ses mains, les retournant plusieurs fois, se palpa le visage et le corps, pour avoir la certitude réelle qu’il était bien de retour. Lucas se précipita vers Astoria, l’aidant à se relever.

« Astoria ! Qu’est-ce que je t’ai fait … » dit-il d’une voix étouffée.

Il avait envie de pleurer toutes les larmes de son corps, mais quelque chose l’en empêchait. Le spectre était encore en lui, très affaiblie, mais toujours présent. Quelque chose devait se terminer, mais seul Lucas pouvait en décider. Il tourna la tête vers le bouquin, et s’y précipita pour lire une seconde fois la formule à haute et intelligible voix.

« Signa autem obsidentis daemonis sunt : ignota ligna loqui pluribus verbis, vel loquentem intelligere ; distantia et occulta patefacere ; vires supra aetatis seu conditionis naturam ostendere et alia id genus, quae cum plurima occurrunt, majora sunt indicia ».


Un frisson désagréable lui parcourut le dos et un vent chaud l’enveloppa suivit d’un cri strident. Lucas bomba le torse et une sorte de vapeur crémeuse sortie de ses entrailles. Son démon, son spectre, son mal … il était là, face à lui, sous la forme la plus vulnérable au monde. Lucas, trop faible pour agir, s’écroula sur le sol. Le sort était entre les mains d’Astoria.
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Mar 24 Fév - 12:20


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Le dos à moitié tourné, ne voyant le spectre que du coin de l'œil, je continuais de chercher la formule qui pourrait enfin séparer cet esprit de Lucas. Je m'affolais un peu en voyant les pages tourner, mais sans rien trouver.
Quand, enfin, je crus trouver la page avec la bonne incantation, j'eus juste le temps de la noter sur un bout de papier, la récitant en même temps pour ne pas perdre les précieuses secondes que j'avais. Ensuite, la main décharnée de Lucas, enfin plutôt de ce qu'il en restait, vint se poser sur mon épaule avant de me faire valdinguer avec violence. J'allais m'écraser dans le fond de la pièce, mon dos se brisant douloureusement contre l'imposante bibliothèque. À genoux, les mains au sol, je relevais la tête, en serrant les dos pour oublier à quel point mon dos n'avait pas encaissé le choc.
Le monstre s'adressa alors à moi, hurlant avec venimosité :

« Sale petite peste ! Tu es plus coriace que tu en as l'air. Mais saurais-tu résister à ça ? »

Le vent se mit à tourbillonner autour de lui, projetant les livres qui suivaient leur course habituelle, n'ayant pas été troublé un seul instant par ce combat, contre les paris de la pièce. J'évitais alors les projectiles, mettant mes bras devant mon visage, pour me défendre et continuer d'y voir à peu près clair malgré ce vent dévastateur. Les bougies s'éteignirent, le feu perdit vie et la pauvre chouette Hipa fut expulsée de son perchoir. En regardant ce corps, volant au-dessus du sol, je ne reconnus plus rien du jeune homme que j'avais accueilli dans ma boutique tout à l'heure. Cet être respirait le mal et l'horreur, pas comme le jeune homme perdu et attendrissant qui était il y a encore quelques minutes face à moi.
Respirant assez mal à cause de cette bourrasque agressive, je sentis ma tête tourner légèrement. J'essayais de reprendre le contrôle de moi-même quand, tout à coup, le spectre me lança un coup de vent encore plus violent que le tourbillon d'avant, me faisant de nouveau percuter la bibliothèque. Ma tête heurta brutalement le bois massif de l'étagère. J'eus comme une seconde d'inconscience, mes yeux tournant rapidement dans leurs orbites, me laissant sentir le malaise venant. Mais le sol me réveilla une nouvelle fois, me permettant de prendre conscience, quand je retombais à genoux, qu'il fallait encore se battre.
Je tendis ma main vers ma baguette, qui se trouvait à quelques centimètres de moi, mais n'eut pas le temps de l'attraper que le monstre m'empoigna avec force à la gorge. Me plaquant contre le mur, mes pieds ne touchant plus le sol, je sentis l'air me manquer. Essayant de me débattre en voulant écarter ses poignes de fer de ma gorge, je ne fis que renfoncer la pression contre mon cou.
Je n'allais pas tenir longtemps ainsi. J'avais l'impression que la vie commençait à quitter mon corps.

« Tu auras voulu sauver la vie d'un morveux et finalement c'est la tienne que tu vas y laisser. Pathétique comme toujours. Humains vous êtes ... »

Ce n'était pas pathétique, je faisais ça pour l'aider...
Je voulus articuler quelques mots, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Ma gorge était sèche, mes yeux commençaient à pleurer de douleur et mes forces continuaient de s'envoler.

Mais je sentais, au fur et à mesure que l'étreinte machiavélique du monstre se relâchait. Le regardant dans les yeux, je vis comme renaître le regard plus clair de Lucas. Je souriais légèrement avant que celui-ci ne me relâche. Je me laissais tomber au sol, mon corps sur le côté alors que j'essayais péniblement de me redresser en m'aidant de mon bras gauche. Je tremblais comme jamais, je sentis l'air revenir amèrement dans ma gorge totalement sèche. Ma respiration était presque sifflante quand les mains de Lucas m'aidèrent à me relever.

« Astoria ! Qu'est-ce que je t'ai fait ... » murmura-t-il, visiblement coupable

Je lui souriais, malgré la douleur, comme pour lui dire que ce n'était pas de sa faute.
Mais je savais très bien que mon cou devait porter les traces de mains, certainement encore rouge écarlate, et que mon corps semblait perdre toute force. Mais je tenais debout, c'était le plus important.
Lucas reprit le livre où était inscrite la formule et la récita de nouveau à haute voix :

« Signa autem obsidentis daemonis sunt : ignota ligna loqui pluribus verbis, vel loquentem intelligere ; distantia et occulta patefacere ; vires supra aetatis seu conditionis naturam ostendere et alia id genus, quae cum plurima occurrunt, majora sunt indicia »

Et là, le mal sortit enfin de son être. Le spectre se tenait face à lui, n'ayant plus rien pour se protéger que sa faible âme perdue.
Mais alors que tout était presque gagné, je vis Lucas tombé à terre, visiblement à bout d force. Je me précipitais vers lui, l'éloignant du spectre pour ne pas qu'il puisse profiter de sa faiblesse.

« Protego » lançais-je sur Lucas, pour rien ne puisse plus l'atteindre

Me retournant de nouveau vers le spectre, je pointais ma baguette, que j'avais récupérée lorsque Lucas m'avait aidé à me relever, en direction de sa tête avant de lui dire d'un ton presque machiavélique :

« Maintenant, tout est fini et la petite peste va se faire un plaisir de te renvoyer en Enfer. »

Souriant légèrement, je pris une grande inspiration, ayant rassemblé mes esprits et pouvant ainsi incanter ma malédiction avec précision :

« Imaginem ventris inferi , et submergatur in te. »

Un rayon puissant déferla sur le spectre trop affaibli pour répliquer ou se protéger. Une sorte de porte sembla s'ouvrir dans le sol et aspirant l'âme hurlante qui avait tant fait souffrir Lucas. Tout se referma et le calme revint instantanément. Plus un seul bruit ne planait dans la pièce.
Me retournant, je retournais rapidement aux côtés de Lucas, enlevant le sortilège de protection avant de le prendre dans mes bras, tel un enfant.

« Lucas, tu m'entends ? Reviens à toi s'il te plaît... Tout est fini maintenant.. » le suppliais-je en le secouant doucement, mais fermement.

Je vis, au bout de quelques instants, ces yeux s'ouvrirent légèrement. Souriant, je continuais de lui parler pour ne pas qu'il se perde à nouveau dans l'inconscience.

« Comment tu te sens ? Tu as besoin de quelque chose ? Essaie de me parler un peu... »

Mais je savais que mon corps était, lui aussi plein de faiblesses, après tous les coups que j'avais pris. Alors je continuais de le secouer avec douceur, ne le quittant pas du regard pour être certaine de percevoir à la moindre faiblesse dans ces yeux. Je m'imposais intérieurement de rester à la hauteur, de ne pas faire paraître ma douleur et mon épuisement. Il fallait que je lui vienne en aide avant de me secourir moi-même.
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Ven 27 Fév - 8:00

Alors que le spectre disparaissait, engloutit par un trou noir magique, Lucas revenait difficilement à lui. C'était une sensation très désagréable et très étrange de reprendre possession de tous ses esprits après avoir été complètement contrôle de la tête aux pieds. Il se jurait de ne plus jamais toucher à un objet noir de toute sa vie, ou du moins de lorgner des runes de sang du coin de l'oeil. Un bruit sourd retenti dans ses oreilles, puis plus rien. Il sentait simplement son corps encore trop fragile se soulever légèrement. La première image qui lui apparut fut le visage de sa mère, céda doucement aux traits doux d'Astoria Greengrass, sa sauveuse. Elle le regardait de cet air presque maternel, empli de compassion et d'un sentiment étrange qu'il n'arrivait pas à percevoir. Cette situation, Lucas ne voulait jamais la revivre et ne la souhaitait à personne. Il était difficile d'assumer une connerie pareille et il s'en voulait à mort d'avoir fait subir de telles souffrances à Ambrose et à cette libraire si attachante.

Il hocha de la tête, se redressant légèrement sur ses coudes, ramenant son corps contre une montagne de livres. Toute la pièce était dans un désordre sans nom. Heureusement qu'un simple coup de baguette magique permettait de lui redonner l'éclat qu'elle avait à son arrivée. Le jeune homme inspira profondément une bouffée d'air, reprenant petit à petit ses esprits. Tout le semblait flou, comme s'il sortait tout juste d'un long coma. Une absence, sans vraiment l'être. Sa gorge était sèche, ses lèvres cassantes et ses muscles perclus de crampes et d'ankyloses, comme s'il s'était battu avec une Manticore pendant plusieurs heures.

Son teint encore blafard, il n'en restait pas moins plus agréable à regarder que son corps décharné quelques minutes plus tôt. Ses yeux sombres lorgnaient le visage apaisant d'Astoria. Il remarquait à peine qu'elle aussi avait subit des dommages. Lui dire merci, lui dire pardon, lui dire ce qu'il avait sur le coeur à cet instant précis ... oui, mais pourtant les seuls mots qu'il pu réussir à sortir de sa bouche furent :

- De ... de ... l'eau ... s'il te plait ...

Il tendait une main tremblante vers une carafe d'eau qui par le plus grand des miracles tenait encore debout, sur un buffet intact. Les flammes de la cheminée se rallumèrent comme par enchantement. Lucas n'avait aucune idée de si Astoria s'en était chargée ou pas. Tout était encore trop embrouillé et sa vue ne semblait pas reprendre ses disponibilité de sitôt. Alors qu'elle lui portait l'eau tiède à la bouche, il sentit une once agréable et apaisante lui parcourir le corps. Comme si ce breuvage des plus simple, avait le meilleur goût au monde.
Puis doucement, Lucas plongea dans un profond sommeil.

Il s'écoula pratiquement une heure lorsqu'il rouvrit les yeux. Tout lui revenait en tête. Son arrivée, la boisson horrible à base de sang de salamandre, puis l'esprit le contrôlant, sa transformation et la confrontation directe avec Astoria. Il tourna la tête de droite à gauche. Un feu crépitait joyeusement dans l'antre de l'imposante cheminée de marbre. Tous les grimoires, parchemins et bouquins en tout genre étaient soigneusement rangés dans les étagères infinies. La hauteur du plafond était toujours et inlassablement plongée dans la pénombre. Les ombres dansaient sur les murs couverts d'une tapisserie 18ème. Elles n'avaient rien d'effrayante et leur danse était même plutôt plaisante à regarder. La chouette aigri ronronnait docilement sur son perchoir et une couverture confortable et sécurisante couvrait le corps de Lucas. Astoria se tenait dans un fauteuil à ses côtés, une main posée sur son genoux, un livre dans le creux de ses doigts.

Un large sourire entailla le visage meurtri de Lucas. Il se redressa avec une difficulté certaine sur son fauteuil, sentant avec aisance tous ses membres. Il avait cette vague impression d'être passé sous un rouleau compresseur. Oser regarder l'état de son corps sous la couverture revenait de l'exploit. Il se contenta donc d'une grimace douloureuse, pour finalement laisser sa tête retomber sur le coussin moelleux.

- J'ai raté l'heure du grand ménage j'imagine.

L'humour ... la botte du Serdaigle. Il était enfin de retour, malgré son état pitoyable, il était toujours en vie et ça, grâce à Astoria. Elle l'avait sauvé et il espérait de tout coeur que cette histoire soit enfin terminée. Qu'elle ne lui sorte pas un "l'esprit est parti, mais soit vigilant tout de même, on ne sait jamais ..." Il avait lu assez d'histoires sur les rituels qui tournent mal pour savoir que la magie noire réserve souvent de mauvaises surprises. Mais pour le moment, il ne voulait penser à rien d'autre que son retour et la possession de son corps. Il était enfin maitre de ses émotions, de ses pensées et surtout de ses mouvements. C'était une jouissance que seuls les possédés pouvaient connaitre.

- Je ... je t'ai fait mal ?

Il pointait du regard la blessure à la tête qu'Astoria essayait de dissimuler par quelques mèches sombres qui arboraient son front. On pouvait encore distinguer les traces de doigts de Lucas sur la gorge blanche de la jeune sorcière. Il se sentait coupable, mais au fond, il savait qu'en étant lui même, jamais il ne lui aurait porté la main dessus.

- Je voulais ... te remercier ... pour tout ce que tu as fait ... Tu n'étais pas obligé, et tu m'as quand même sauvé ...

Il lui accorda un large sourire sincère. L'espoir de repartir sur de bonnes bases était à nouveau possible.

- Je t'en serais redevable à vie je crois. Comment est-ce que je peux te remercier ? Je t'ai fait peut-être perdre une bonne dizaine de clients à l'heure qu'il est, non ? dit-il sur un ton presque taquin.

Rire revenait presque de l'exploit. Ses côtes lui faisaient affreusement mal, il se contenta de ricaner avec sobriété et de retourner dans un mutisme simple et léger, ses yeux dévorant le visage pétri de grâce (même si légèrement amoché) de sa sauveuse.
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Sam 28 Fév - 23:42


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Je sentais que mes forces m'auraient rapidement quittée si le combat ne s'était pas vite arrêté. Heureusement, maintenant, c'était compliqué terminé...
Me retournant, je m'activais de rejoindre le pauvre Lucas qui était à terre. J'enlevais le sort de protection avant de le prendre contre moi. Je tentais pendant quelques secondes de le ramener à la réalité, mais le jeune homme semblait avoir du mal. Après tout, ça se comprenait vu ce qu'il venait de lui arriver, surtout qu'il portait ce Poltergeist en lui depuis un bout de temps. Autant dire que son corps était déjà épuisé avant même d'avoir commencé le combat.
Alors qu'il reprenait ces esprits, je lui demandais alors :

« Comment tu te sens ? Tu as besoin de quelque chose ? Essaie de me parler un peu... »

Je le vis tendre son bras en direction de la carafe d'eau qui avait survécu à tout ce tourbillon de magie.

« De ... de ... l'eau ... s'il te plait ... »

Je me levais aussitôt, lui servant un verre, que je portais à ces lèvres. Il but un peu, avant que je ne le vois repartir, mais cette fois dans les bras de Morphée. Je pouvais bien lui accorder ce repos bien mérité. Et puis, moi aussi, j'avais bien besoin de faire une pause... Je le fis léviter jusqu'au siège, que je venais de remettre en place, qui faisait face à la cheminée, avant de déposer le corps endormi de Lucas.

Ce calme me fit tellement de bien que je sentisse moi aussi le sommeil vouloir m'emporter. Mais je me repris, m'activant pour tout remettre en ordre, avec l'aide très précieuse de la magie. Je sortis une couverture du fond de mon magasin et la déposais sur Lucas.
À ce moment précis, la plénitude et le calme avaient envahi son être. La paix qui régnait sur les traits de son visage encore pâle caractérisait bien cet apaisement qui était enfin revenu en lui. Je restais là, assise sur l'accoudoir du siège d'à côté, l'observant paisiblement. Je me remis à sourire en coin. Comme quoi le bonheur était souvent synonyme de combat. Il fallait pouvoir et vouloir se battre pour avoir ou récupérer notre liberté de faire et d'aimer...
Soupirant, j'eus l'image du visage de ma sœur qui me revint en mémoire. Et dire que j'avais arrêté de me battre contre elle, de vouloir lui prouver que je n'étais pas devenue celle qu'elle croyait... À vrai dire, je n'avais plus le courage ni l'espoir que les choses s'améliorent entre nous, ni même entre ma mère et moi. Je n'avais plus de famille depuis quelques temps déjà, j'apprenais à me construire auprès de mes amis même s'ils étaient peu nombreux et souvent les mêmes que ma sœur... Peu importe, je devais continuer sans eux et espérer qu'un jour mon père reviendrait parmi nous, permettant peut-être à notre famille de se réunir encore une fois, plus comme avant, mais au moins pour quelques instants.

Je sortis de mes rêves quand j'entendis Hipa piailler pour son perchoir. Je lui redressais alors, la reposant dessus avant de lui caresser la tête en disant :

« Ma pauvre Hipa... Je t'en fais vivre des aventures, toi qui n'a rien demandé. »

Je partis m'asseoir dans mon fauteuil près de la cheminée, attrapant un livre au hasard. Je tombais sur un roman quelconque. Je me plongeais donc dans ma lecture, le crépitement rassurant de la cheminée apaisant mes pensées.
Les jambes croisées, le livre entre les doigts, je ne remarquais pas que quelques minutes après, Lucas me regardait du coin de l'œil.

« J'ai raté l'heure du grand ménage j'imagine. »

Sortant le nez de mon livre, je tournais la tête vers lui, souriant gentiment.

« Oui.. Il faut croire que tu dormais » rigolais-je

Je vis son regard s'assombrir légèrement alors qu'il me fixait. Je ne comprenais pas ce regard, mais la réponse vint bien plus vite que prévu.

« Je ... je t'ai fait mal ? » me demanda-t-il

Soupirant, je hochais la tête de gauche à droite en levant les yeux au ciel avant de lui rétorquer :

« Tu sais, si j'avais vraiment si mal que ça, je pense que je ne serais pas sagement assise en train de lire. Alors oui, je ne te cache pas que mon dos me fait souffrir et que tu as une sacrée poigne, mais ne t'en fais pas pour moi. Profites plutôt d'avoir récupéré ton corps. »

« Je voulais ... te remercier ... pour tout ce que tu as fait ... Tu n'étais pas obligé, et tu m'as quand même sauvé ... » enchaîna-t-il

Je posais le livre sur mes genoux, tendant la main jusqu'à la sienne avant de lui répondre avec douceur :

« Si personne ne nous aide dans la vie, comment peut-on sen sortir ? Tu sais, tu n'as pas à me remercier, je n'allais pas te laisser comme ça. Et puis, tu es un garçon honnête, profondément gentil et surtout un battant, Lucas, j'en suis certaine. »

Je caressais lentement le dos de sa main que je n'avais pas quitté. Je voulais juste lui montrer qu'il pouvait avoir confiance et que je serais là pour l'aider si un jour, il avait encore besoin de moi.

« Je t'en serais redevable à vie je crois. Comment est-ce que je peux te remercier ? Je t'ai fait peut-être perdre une bonne dizaine de clients à l'heure qu'il est, non ? »

Je rigolais légèrement avant de lui répondre d'un air faussement mesquin :

« Oui, c'est de ta faute ! Non, je rigole. Si personne n'est entré, c'est que personne ne voulait venir tout simplement, alors ne t'inquiète pas pour le magasin. Et surtout, arrête de te sentir redevable. Je serais encore là plus tard si tu as encore besoin d'aide. Je suis là pour ça et puis, je t'aime bien, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai réellement l'impression que tu es quelqu'un de bien ! Alors, ne t'en fais pour rien, occupe-toi déjà de ta petite personne, se sera très bien. Maintenant, il faut que tu reprennes des forces ! »

Je me redressais, lâchant sa main avant de revenir avec des gâteaux de riz. Je lui en tendais un avant de m'exclamer :

« Mange, il faut que tu sois en pleine forme ! »
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Mer 4 Mar - 20:49

Il était tellement étrange et curieux qu'on lui vienne en aide si facilement. Après la guerre et les horreurs qu'il avait connu à Poudlard, Lucas s'était renfermé sur lui même, préférant ne pas donner sa confiance à n'importe qui. Il avait parlé de sa "maladie" à Ambrose, mais le Serpentard lui avait recommandé d'en parler à un professeur, quelqu'un de compétant. Pourquoi ne l'avait-il pas soutenu à aller rendre visite à Astoria Greengrass ? Il se le demandait. Peut-être que cette sorcière, sous ses airs de mère Thérésa, n'était pas aussi sainte qu'elle le laissait paraitre. Mais son regard attendrissant, son visage pétri de grâce et l'aura qu'elle dégageait ne pouvait indéniablement pas renfermer le mal. Après tout, elle avait presque risqué sa vie pour lui sortir un esprit maléfique du corps. Lucas se sentait mal à l'aise. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui prête main forte, même dans les situations les plus délicates.

Maintenant, il espérait surtout retrouver Rhiannon et tout lui expliquer. Le pardon de la jeune Serdaigle était sûrement la chose qu'il appréhendait le plus au monde. Il était convaincu qu'elle resterait sur ses positions, bornée comme elle pouvait l'être. Même Shae ne serait pas apte à aider Lucas. Reconquérir l'amitié plus que branlante de Rhiannon n'était pas une mince affaire. Alors il se contenta de profiter de cet instant, du moment agréable que lui offrait Astoria. Curieusement, il commençait à s'attacher à elle, la trouvant plus que sympathique. Mais n'était-il pas tout simplement redevable pour ce qu'elle avait fait ? Il refusait d'être ce genre de personne, attendrit par les gestes d'une inconnue, prêt à lui faire confiance aveuglément. Il était ainsi, retranché dans ses idées, préférant attendre et faire son analyse, plutôt que foncer tête baisser. Son inadvertance avait failli le tuer une fois, il ne recommencerait pas cette bêtise.

Ces gâteaux de riz avaient un goût extraordinaire. Comme s'il retrouvait ses sens premiers et ne put s'empêcher de lever les yeux aux ciel, exprimant ainsi sa jubilation intérieure. Il mâcha goulûment, profitant de chaque bouchée comme s'il n'avait pas mangé depuis des semaines. Le Poltergeist avait drainé toute son énergie vitale et s'était emparé de son corps dans les moindres détails. Lucas s'était clairement senti partir vers l'au-delà avec le maigre espoir de revenir un jour profiter de sa jeunesse. Il laissa échapper un long soupire d'apaisement, tout en observant avec émerveillement et curiosité tous les bouquins et grimoires qui s'étalaient au dessus de sa tête.

- Merci, ces gâteaux sont succulent ! Depuis la disparition des Elfes, je crois que je trouverais n'importe quoi de meilleur que les soupes qu'on nous sert à Poudlard !

Il se redressa légèrement sur son fauteuil, feintant la grimace, ses côtes lui faisaient horriblement mal. Mais l'idée de séjourner à l'infirmerie sous le gourou d'Angelica la folle dingue, lui rappela rapidement que son mal n'était que primaire face aux tortures mentales qu'il allait certainement subir. Mieux valait-il pour lui de rentrer en pleine forme. Et de toute manière, il n'était pas prêt à subir l'interrogatoire du professeur McGonagall sur son état et sur ce qui avait pu le pousser à se retrouver ainsi. Mieux valait que personne ne sache.

- Dis moi ... tu connais tous ces bouquins ? Si je t'en demande un en particulier, tu saurais me le retrouver ?

Lui parler de magie noire après ce qu'il avait subi n'était peut-être pas la chose à faire. Et Lucas n'allait pas presser le pas vers cette pente glissante. Mais à défaut de ne pas pouvoir assister aux cours de Runes vu ses résultats de BUSEs, il songeait vivement à s'y remettre de son plein gré.

- Parce que je pense sérieusement à me remettre à l'étude des runes après ce qui m'est arrivé. Le tracés des runes ou même si tu as quelque chose sur les esprits et les runes. Je ne sais pas trop, je m'y connais vraiment mal dans ce domaine. Je sais juste qu'elles peuvent avoir des effets plus ou moins bénéfiques selon la façon dont on les utilise. Peut-être qu'en gravant ma baguette de runes, je pourrais renforcer ma protection à l'intrusion des esprits ?

Devenait-il parano ? Non, juste curieux de savoir ce que pouvaient faire des runes. Peut-être était il temps pour lui de revoir son professeur de Runes et de songer à intégrer sa classe malgré ses notes limitées. Avec une bonne motivation, il ne dirait pas non. Mais si Astoria s'y connaissait, ils pourraient essayer de combler les lacunes du Serdaigle ensemble. Du moins, c'est ce qu'il espérait.
Il interrompit la sorcière dans son élan, lui posant une question totalement décalée.

- Et au fait ... cette librairie t'appartient ? Tu as l'air un peu jeune pour gérer un commerce comme ça à toi toute seule. Enfin, je ne te juge pas hein ! C'est juste que ça m'intrigue. Tu m'as sauvé et du coup j'aimerai en connaitre d'avantage sur toi.

Il lui accorda son plus beau sourire, prêt à écouter son histoire.
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Sam 7 Mar - 17:05


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Venant de me rasseoir dans le fauteuil face à la cheminée, je dégustais mon gâteau de riz, bien heureuse de faire une petite pause dans cette éprouvante journée. Mes muscles se détendaient peu à peu et je sentais le bien-être revenir en moi.
Lucas semblait apprécier les gâteaux que je lui avais donnés. Après tout, rien de mieux qu'un bon réconfort à la suite de péripéties comme celles-ci.

« Merci, ces gâteaux sont succulent ! Depuis la disparition des Elfes, je crois que je trouverais n'importe quoi de meilleur que les soupes qu'on nous sert à Poudlard ! » m'assura-t-il

Je souriais, ravie de l'entendre puisque j'avais, on pouvait sincèrement le dire, galéré à les faire. C'était toujours agréable d'entendre des compliments sur sa cuisine, surtout depuis que les Elfes de maison avaient disparu, il fallait se débrouiller soi-même. D'un côté, cela apprenait un peu aux nombreux empotés, que la Terre portait, à se débrouiller. Et franchement, ce ne pouvait être que bénéfique.

« Dis moi ... tu connais tous ces bouquins ? Si je t'en demande un en particulier, tu saurais me le retrouver ? »

Je tournais la tête un peu plus, avant de lui répondre très franchement :

« Tu sais, j'ai lu, ou au moins survolé, tous les livres qui sont dans cette boutique, alors oui, tu peux me demander. »

Il enchaîna donc naturellement :

« Parce que je pense sérieusement à me remettre à l'étude des runes après ce qui m'est arrivé. Le tracés des runes ou même si tu as quelque chose sur les esprits et les runes. Je ne sais pas trop, je m'y connais vraiment mal dans ce domaine. Je sais juste qu'elles peuvent avoir des effets plus ou moins bénéfiques selon la façon dont on les utilise. Peut-être qu'en gravant ma baguette de runes, je pourrais renforcer ma protection à l'intrusion des esprits ? »

Réfléchissant, je parcourais dans ma mémoire tous les livres qui pourraient l'aider, ou au moins l'intéresser, sur ce sujet.

« Honnêtement, j'ai certains livres qui pourraient t'intéresser. Mais après, sache que les runes ne sont pas forcément la solution. La seule chose que je peux te dire, c'est qu'il vaut mieux que tu te protèges, toi, en apprenant à stabiliser l'afflux magique de ta baguette, car sans ça, les runes ne seront pas aussi efficaces face aux attaques. »

Je marquais une pause, me demandant s'il y avait un moyen de poser une sorte de sceau protecteur pour éviter un nouveau maléfice.

« Par contre, en ce qui concerne les esprits, je ne pense pas que ta baguette puisse parer à quoi que ce soit. Je pense que s'il y avait quelque chose à faire, ce serait sur toi. Mais là par contre, je serais incapable de te dire s'il est possible de faire ou mettre en place un sort efficace. Au niveau de la maie blanche, en tout cas, je ne vois pas. Mais bon... Vu les ravages qu'on fait la magie noire, cela m'étonnerait énormément qu'il soit utile et censé de chercher de ce côté. »

Bien calée au fond de mon siège, je ne voyais pas grand chose sur lequel je pourrais l'éclairer. À vrai dire, les runes n'étaient vraiment mon domaine. Je n'avais jamais vraiment aimé cela. Même si, dans le cas présent, cela m'aurait été utile.

« Et au fait ... cette librairie t'appartient ? Tu as l'air un peu jeune pour gérer un commerce comme ça à toi toute seule. Enfin, je ne te juge pas hein ! C'est juste que ça m'intrigue. Tu m'as sauvé et du coup j'aimerai en connaitre d'avantage sur toi. » me demanda-t-il, changeant totalement de sujet.

Soupirant, j'avais l'impression d'entendre une nouvelle fois les paroles de certains commerçants voisins, ou de ma « famille » lorsque je m'étais installée ici.

« Tu sais, ce n'est pas l'âge, mais la motivation qui compte. » lui lançais-je sincèrement

Je me tournais uns peu plus vers lui, mon coude prenant lus appui sur l'accoudoir pour soutenir mon buste.

« Oui, cette librairie est à moi et j'espère qu'elle le restera longtemps. Je comprends que tu sois un peut-être un peu... Étonné, mais c'est pourtant la vérité. » dis-je en souriant

Croisant mes jambes, je repris ensuite la parole.

« Bon, bin autant continuer sur ma lancée puisqu'on est parti à discuter. Je suis sortie de Poudlard en fin d'année dernière, j'ai tout de suite lancé ma boutique ensuite. J'étais chez les Serpentards, d'ailleurs, je crois que j'ai encore l'écharpe. » rigolais-je avant de continuer, « Ensuite... Euh... Bin je suis la petite dernière des Greengrass, mais ça, on s'en fiche un peu et j'ai quelques amis, mais sans plus. En avoir peu mais de bons et fidèles, c'est mieux, alors je limite. Et puis, tout le monde à toujours préféré ma sœur parce qu'elle, au moins, elle est comme les coutumes Sang-Purs le veulent. Et pas moi, mais je ne m'en porte pas plus mal à vrai dire ! » assumais-je avec sincérité.

M'étirant un peu, je me demandais alors à Lucas :

« Et toi, dis-moi en un plus sur toi aussi, ça m'intéresse de savoir qui se cache derrière le Serdaigle que tu es ! » lançais-je en plaisantant gentiment
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MessageSujet: Re: L'apprenti sorcier   Mar 17 Mar - 17:27

Les runes étaient des entités bien étranges que Lucas avait grand mal à cerner. Chaque sorcier semblait avoir sa vision de la chose. Astoria par exemple, ne convenait pas à dire qu'une rune pouvait protéger un sorcier d'un maléfice ou bien d'un esprit draineur, comme celui du Poltergeist. Pourtant, le jeune Garcia avait lu dans plusieurs ouvrages qu'il existait des cercles runiques permettant de nombreux exploits. Lucas était convaincu que l'usage des Runes était bien plus complexe qu'on ne pouvait se l'imaginer et que très peu de sorciers connaissait l'étendue de leurs pouvoirs. Il était convaincu que malgré les nombreux ouvrages de Poudlard ou de cette librairie, il ne trouverait pas ce qu'il cherchait. Il fallait peut-être songer à s'aventurer dans les terres d'Ecosse ou chercher une vieille sorcière nichée au coeur d'un marécage, pour qu'il puisse y trouver son compte.

Il acquiesça simplement face aux propos d'Astoria. Il n'avait plus la force, ni l'intention de débattre sur le sujet. Si elle n'avait rien pour l'aider, alors soit, il se contenterait des ouvrages de Poudlard pour le moment. De toute façon, il n'avait pas assez d'argent pour acheter le moindre bouquin. Ses parents n'étaient pas du genre à lui laisser le moindre sous pour qu'il puisse s'acheter quoique ce soit en dehors d'affaires scolaires. Il accorda un large sourire (malgré son mal certain), puis se contenta d'écouter la suite. Lucas ne connaissait pas spécialement la famille Greengrass et fut bien surpris de voir que cette dernière était probablement une ancienne famille pro Mangemort. Il se sentait quelque peu mal à l'aise, se remémorant toutes les horreurs que ce genre de personne avaient pu commettre durant la guerre. Mais Astoria n'était visiblement pas ce genre de personne. Bien qu'elle fut placée à Serpentard, elle n'en avait pas la carrure. Du moins, son sourire affable et son envie d'aider les inconnus ne lui prêtait guère les qualités attribuées aux Verts et Argents. Tant mieux.

Lucas écoutait avec attention toute l'histoire, tout en mordant amoureusement dans ces délicieuses galettes de riz. La faim commençait à revenir et son corps reprenait peu à peu de vigueur. Il avait grand hâte de rentrer à Poudlard et de raconter toute cette mésaventure à Ambrose, Shae et Rhiannon. Enfin, Astoria lui demanda d'en savoir un peu plus sur son compte. Lucas arqua un sourcil, puis se redressa doucement sur ses coudes.

- Heu ... y'a pas grand chose à savoir sur moi. Je suis né à Madrid, mon père est moldu et chef d'orchestre. Ma mère est sorcière, une ancienne Poufsouffle qui travaille à Ste Mangouste. C'est une féru des plantes et du soin. J'ai une petite soeur, Naila, qui a 13 ans et qui est à Serdaigle également. Que te dire sur moi ? Ma famille n'a pas une histoire extraordinaire, elle est plutôt banale à vrai dire. J'attire peut-être un peu trop les ennuis avec ma curiosité mal placée ? Enfin ... j'ai un besoin d'existence et je trouve que la vie ne doit pas se résumer à suivre un chemin tout tracé.

Il leva les yeux au plafond, comme pour signifier l'absurdité de certaines valeurs qu'accordent les gens à la société, au monde, à l'évolution de l'humanité.

- Je n'aime pas rentrer dans les cases. C'est peut-être pour ça que j'ai des potes un peu casos, qui me traitent également de casos. Enfin, je les aime bien. Ils sont originaux et puis je sais qu'avec eux je ne me ferais jamais chier !

Son rire le força rapidement à contracter la mâchoire, tant ses côtes lui faisaient mal. Il se recroquevilla sur lui même et leva les yeux en direction d'Astoria avec un rictus déplaisant.

- Ah bordel, j'crois que j'pourrai plus jamais rire ... Ca fait un mal de chien ! Faudrait peut-être que je songe à rentrer à Poudlard. Me faire soigner ...

Il ne savait pas si Astoria avait tout un attirail de potions de soin, mais il doutait que dans une librairie elle puisse avoir de telles choses. Du moins, ça ne lui venait pas vraiment à l'esprit.
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L'apprenti sorcier

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