Nox Aeterna

La guerre est enfin finie. Harry Potter et Lord Voldemort y ont néanmoins laissé la vie. Tout semble être rentré dans l'ordre. Mais est-ce vraiment le cas...?
 

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 Par les tentacules de Férola ! pv Rigel

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MessageSujet: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Sam 18 Avr - 21:34


Par les tentacules de Férola !
Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel

Des mois. Ca faisait bien des mois que cette situation ne lui était plus arrivée. La main ensanglantée, il arpentait les longs couloirs sinueux de l’école de magie. L’entaille profonde commençait sérieusement à le lanciner et Pedro se maudissait d’avoir été aussi peu attentif à ce qu’il était en train de faire. La direction de l’infirmerie n’était pas une marche habituelle. A vrai dire, il n’y avait encore jamais mis les pieds. Seule une légende urbaine sillonnait dans les corridors du château, tel un spectre affamé, qu’une folle dingue du nom de Angelica Jones administrait des sédatifs ultra puissants aux élèves et qu’elle avait pour don de les traumatiser à vie. Bien sûr, il ne s’agissait que de simples rumeurs, mais Pedro n’avait jamais aimé les médicaments, les pansements ou même l’odeur grossière d’antidotes ou de potions de guérison. Malgré ses connaissances en botanique, il aurait pu se lancer dans la majestueuse carrière de Médicomage. Mais la vue du sang le dérangeait trop et la proximité avec les malades et les gens en général l’insupportait.

Non, Pedro était bien plus tranquille isolé bien au chaud dans sa serre de botanique. Au moins les plantes ne décevaient pas. Elles pouvaient se montrer récalcitrantes à certains remèdes ou certaines expériences. Elles pouvaient se montrer farouches ou cruelles, mais ça, le professeur de Botanique le savait. Il connaissait le caractère de chaque plante et ne pouvait jamais être surpris par l’attitude désinvolte de l’une de ses compères. Seuls les humains étaient capables de décevoir, de changer de nature du jour au lendemain. Il en avait fait l’amère expérience et regrettait encore sa naïveté d’autrefois.

Malgré les précautions qu’il avait prises, Pedro ne s’y était pas attendu. Il était plutôt doué dans son domaine et son nom avait fait plusieurs fois les gros titres dans les magazines scientifiques pour jeunes herbologistes. Il avait de la bouteille dans son métier et il était rare qu’un tel incident se produise. Etait-ce la vieillesse ? Ou alors la tourmente qui dominait son esprit étourdit ? Non, c’était bien plus que cela, mais le sorcier refusait de l’admettre, ni même d’en parler. Il préférait se mentir à lui-même, se voiler la face et laisser les jours s’égrainer sans qu’il ne puisse rien y faire. Après tout, la vie avait don de nous échapper.

Il humait les fragrances des fleurs nouvelles du printemps. Les violettes qui pointaient docilement le bout de leur nez. Les pousses légères qui sortaient timidement et naïvement leur tête d’une terre trop riche en nutriments. Il observait ce monde minuscule et dont les vestiges passés, si grandioses soient-ils, furent détruit par l’hiver rude de l’Ecosse Nordique. Il contemplait ces corps végétaux malingres s’ériger vers le haut, dont il leur incombait une énergie fulgurante à peine visible. Il s’émouvait presque devant la délicatesse des rainures, devant la beauté et la faiblesse de ces tiges presque translucides, dont il imaginait déjà la rudesse et la puissance futur, leur permettant ainsi de prendre des courbes et des formes magiques, dont la naissance d’une fleur ou d’un fruit agrémenterait l’œil du genre humain.

Bref, subjugué, il ne voyait pas derrière lui se former un amas de ronces dont l’écorce noire aurait effrayé plus d’une pousse de géranium dentu. Il ne voyait pas la Férola Butiflorus prendre tout l’espace pour préparer ses lianes afin de frapper son maitre en plein cœur. Mais alors que ses branches noueuses claquaient tels des fouets dans l’air moite de la serre, Pedro fit volte face tout en dégainant sa baguette magique afin de stopper son agresseur. Malheureusement, il faut trop lent par rapport à son adversaire tentaculaire. Une épine de la taille d’un bras s’enfonça dans la paume de sa main, si profondément que celle-ci en resta planté. Pedro avait eu juste le temps d’immobiliser la Férola Butiflorus et d’enlever l’épine pour éviter une trop grande propagation de venin dans son organisme.

C’est donc fébrilement qu’il arriva à l’infirmerie. Son visage était blême, aussi pâle qu’un linge tout juste sorti de l’essoreuse. Sa main et ses vêtements étaient couverts de sang. Il avait fait un pansement de fortune à l’aide d’un vieux chiffon sale pour stopper l’hémorragie. Mais à peine eu-t-il franchi le seuil de la porte, qu’il s’écroula par terre. Puis plus rien …
Trou noir.

A son réveil, une douleur vive le prenait au creux de sa main droite. Une jeune femme dont le visage ne lui disait rien se tenait à ses côtés. Elle lui soignait sa blessure, nettoyant l’affreuse plaie à l’aide d’une éponge propre, qui s’imbibait rapidement de sang. Des veines apparentes, d’un violet inquiétant se profilaient un peu partout comme diverses autoroutes tout autour de son entaille profonde. Pedro grinça des dents. Ce n’était pas bon signe. Il dévisagea la belle et douce inconnue, visiblement une nouvelle infirmière au château. Impossible qu’il puisse s’agir de la vieille harpie de Jones.

- C’est mauvais signe ? demanda-t-il tout en gémissant légèrement à chaque fois qu’elle passait sur la plaie encore vive.

Pedro bandait tous ses muscles comme un arc. Il voulait rester digne, mais par Merlin, ça faisait un mal de chien ! Autant lui amputer la main, ça reviendrait au même.
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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Lun 20 Avr - 20:03


Par les tentacules de Férola !
Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel

Un flot de jurons s'échappa de la bouche de Rigel en constatant que le drap comptait désormais une dizaine de nœuds. Elle rangea sa baguette et entrepris de dénouer à la main les multiples témoins de sa maladresse en matière de sorts ménagers. Depuis le début de la journée, elle n'avait encore fait que trois lits, essayant désespérément de maitriser ce type de sorts dont elle n'avait jamais eu besoin. Pourtant, veiller à la propreté des lieux, y compris à des lits propres et soignés, c'était aussi le travail du personnel de l'infirmerie. Rigel, de naissance Black et donc noble, n'avait pour ainsi dire jamais eu à faire de lit, la vaisselle ou nettoyer le sol, elle avait toujours eu des elfes de maison pour ça. Elle pouvait être très talentueuse en magie de combat, respectable en enchantements et en métamorphose, très méticuleuse en potions et avec des connaissances diverses dont elle n'avait pas à rougir, le nettoyage était une arcane à laquelle elle était particulièrement hermétique. Elle termina de dénouer le linge et acheva de faire le lit comme il se devait, renonçant à utiliser la magie, trop aléatoire dans sa situation.

Elle fit quelques pas en arrière, appréciant son travail : tout était en ordre et le sol était rutilant, même si elle avait failli provoquer une tornade avec son sort de balayage. L'ensemble semblait parfaitement satisfaisant. La jeune medicomage fit le tour de l'infirmerie déserte pour vérifier qu'il n'y avait plus rien à faire : si ce n'était pas irréprochable, elle en connaissait une qui ne manquerait pas de le lui faire remarquer. Et pas un poil de chat non plus, sinon Angelica saurait que Rigel avait fait entrer Samy en douce quelques instants dans la matinée. Le pauvre animal avait miaulé pendant près d'une heure devant la porte de l'infirmerie avant que sa maitresse ne cède et lui ouvre pour lui offrir l'attention qu'il quémandait. Certaines personnes disaient que les chats étaient si indépendant qu'ils n'avaient aucune affection, c'était sans connaitre le chat de Rigel : incapable de passer une journée loin de sa présence. Elle sourit à cette pensée et se hâta d'aller chercher sa cape, il était bientôt l'heure de sa pause déjeuner et elle avait hâte de retrouver son félin qui était vraisemblablement en train de dormir derrière la porte de l'infirmerie.

Elle n'avait pas atteint le porte-manteau que la porte s'ouvrit brusquement. Rigel se retourna, la main encore tendue vers sa cape, pour découvrir le professeur de botanique, le teins livide, tremblant et ensanglanté, qui fit un pas avant de tomber au sol, inconscient. Dès l'instant où elle avait vu son état, elle s'était avancée vers lui, mais pas assez vite pour le rattraper avant sa chute. Elle s'agenouilla à côté de lui pour l'examiner rapidement, et Angelica qui n'était pas là ! Et ne serait pas de retour avant quelques heures. D'un sort, elle releva le professeur pour l'étendre sur un lit, puis examina sa main. C'était très laid à voir, elle avait été transpercée par quelque chose d'assez massif et tranchant, pire, à en juger par son allure, c'était empoisonné. "Et, bien sûr, il perd connaissance avant de me dire ce qui a fait ça…" Pensa-elle à haute voix. Normalement elle n'était pas censée s'occuper seule de blessures aussi grave, elle envoya son patronus informer aussitôt l'infirmière de Poudlard, mais elle risquait de ne pas être là avant un certain temps. Son second reflexe fut d'évaluer la vitesse de propagation du poison, qui lui apprit qu'il s'immisçait assez lentement pour lui donner le temps de s'occuper de l'hémorragie avant que le poison n'aille trop loin. Un point positif… Elle usa d'un sort de révélation pour identifier le poison en question, très probablement végétal, tout en préparant de quoi nettoyer la blessure.

C'est à ce moment-là, pendant que Rigel nettoyait la blessure d'une main, parcourant un guide des plantes venimeuses de l'autre, que le professeur repris conscience. Elle venait de mettre en relation le poison avec une plante appelée Férola Butiflorus et constatait qu'ils n'avaient pas d'antidote en réserve… Un gémissement la surpris alors qu'elle épongeait la plaie pour y voir plus clair et la débarrasser des saletés laissées par le linge d'une saleté notable qui avait servi de bandage de fortune.

"Disons que ce n'est pas la meilleure chose qui puisse arriver." Dit-elle avec douceur, en réponse à son interrogation. "Tachez de rester calme et bougez le moins possible. C'est bien un Férola Butiflorus qui vous a blessé ?"

La blessure était nettoyée et le sort qu'elle avait lancé au préalable pour bloquer la circulation sanguine semblait efficace, le sang ne coulait plus à flot mais juste un fin filet qu'elle stoppa en posant une compresse. Voilà qui devrait lui éviter de finir exsangue avant qu'elle n'ait pu s'occuper de l'empoisonnement, rapidement, elle évalua son état à elle : elle était parfaitement calme, malgré la situation délicate qu'elle devait gérer seule, son cœur battait un peu vite mais elle gardait la tête froide.

"Mme Jones ne tardera pas à être prévenue. Je ne me suis pas présentée, je suis Rigel Black, son assistante." Dit-elle tout en s'éloignant pour prendre une fiole qu'elle dilua dans un récipient d'eau qu'elle chauffa assez pour être à température du corps. "Mais en attendant, vous allez tremper la main dedans : ça achèvera de nettoyer et limitera la propagation du poison. Ça ne sera pas agréable au début, mais ça passe vite." Dit-elle d'un ton apaisant. Elle ôta la compresse, déjà bien imbibée de sang, et immergea la main du professeur de botanique dans la solution. Au cas où, elle se tint prête à l'y maintenir, elle avait déjà utilisé ce soin sur elle-même et savait très bien la réaction que cela pouvait susciter, mais une fois que cela serait passé, elle disposerait d'assez de temps pour s'occuper de l'anti-poison au calme. Si ça se trouve, elle l'aurait peut-être même complétement soigné avant qu'Angelica n'arrive. "Dites-moi…" Demanda-elle, également pour l'occuper. "Comment ça vous est arrivé ?"

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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Mar 21 Avr - 9:49


Par les tentacules de Férola !
Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel


Les effets du venin de la Férola Bustiflorus était très peu connus. Pedro avait reçu cette fabuleuse plante durant l’un de ses nombreux périples en Inde. Elle n’était encore qu’une jeune pousse lorsqu’il l’avait embarqué dans sa besace pour son retour en Europe. Bien sûr, cette plante avait grandi sous son épaule, avait été choyée et bichonnée comme un grand Botaniste de renom l’aurait fait. La curiosité avait poussé le sorcier à en savoir plus, mais la Férola restait un bien grand mystère. Elle grandissait, prenait plus d’ampleur et semblait même de plus en plus agressive. Pourtant, jamais elle n’avait osé s’en prendre à Pedro. Du moins, pas jusqu’à ce jour. Pedro était encore sous le choc, ne comprenant qu’à moitié la situation. Mais s’il s’agissait bien d’une épine de Férola qui était à l’origine de cette affreuse entaille, alors il avait de quoi s’inquiéter. Bien sûr, il se savait entre bonnes mains. Après tout, si la blessure se trouvait être trop pénible à guérir, Miss Jones l’enverrait à Ste Mangouste au service des blessures rares et magiques. Il était convaincu de s’en sortir.

Il esquissa son légendaire sourire de chien battu et Rigel Black lui plongea la main dans une eau bouillante. La douleur se réveilla brusquement, si bien que le premier réflexe du professeur de Botanique, fut d’essayer de retirer sa main. Heureusement, l’infirmière tenait fermement son poignet, l’empêchant de faire l’idiot ou tout simplement de gâcher son travail. Homme viril qu’il était, Pedro s’efforça de contracter compulsivement la mâchoire afin de ne laisser passer aucun cri de douleur, pas le moindre son. Son poing gauche se crispait d’avantage, si bien que ses phalanges blanchirent en quelques secondes sous les effets de la contraction. La douleur était insupportable et lui insufflait de cracher toute une tirade d’injures aussi inventives que pouvait l’être Shae Viridian. Mais Pedro se contenta de considérer le visage angélique de la demoiselle, lui permettant d’oublier pendant quelques secondes la désagréable sensation de venin qui lui rongeait les veines.

« Oh et bien … je n’ai pas fait attention, tout simplement. » dit il d’un ton laconique. « Rigel Black … humm … comme la fameuse famille Black descendante de Sirius Black ? Ou plutôt le côté Sang pur droit dans ses baskets ? Ou ça n’a rien à voir ? » Demanda-t-il sur un ton hasardeux.

Il n’avait jamais prêté attention à cette histoire autour des Black. En fait, il avait juste suivi l’affaire de Sirius quelques années auparavant, sur laquelle on pouvait lire dans les grands journaux, Sirius Black le meurtrier, l’assassin. Bref, le scandale du siècle si on peut dire. Non pas qu’il se fichait de la réponse attendue, mais qu’elle lui dise qu’elle était la petite fille cachée d’un meurtrier ou qu’elle faisait juste partie d’un arbre généalogique trop vaste pour en conter l’histoire, Pedro n’en garderait pas son air surpris. Il était simplement soulagé de ne pas avoir affaire à la légendaire Miss Jones. Cette femme dont il avait tant entendu d’allégations à son égard. Il s’était forgé une image dans sa tête peu flatteuse de Miss Jones. En fait, il l’imaginait en McGonagall version Harpie furieuse. Chose qu’il n’était pas encore prêt à affronter.

Sa main commençait à doubler de volume. Les veines de son bras droit ressortaient de façon peu habituelle. Peut-être était-ce normal ? Pedro n’était pas médecin malheureusement. Il savait juste que le poison pouvait lui paralyser un membre ou un organe. Et si le venin remontait jusqu’au cœur, il doutait fortement qu’il passe son chemin tranquillement. Ce genre de truc s’attaque généralement aux organes les plus importants… Son regard sombre se plongea dans celui de l’infirmière. Il n’était pas en panique, mais espérait fortement qu’elle puisse l’aider, qu’elle soit compétente dans son domaine surtout.

« Je vais m’en sortir n’est-ce pas ? J’suis peut-être blasé par la vie, comme ça, d’apparence, mais j’ai encore plein de choses à vivre. Donc si vous ne pensez pas être capable de me soigner, autant m’envoyer directement à Ste Mangouste, hein ! »

Il agrippa le bras de Rigel. Une sueur froide sillonnait son visage mal rasé.

« Vous me promettez que si vos traitements ne fonctionnent pas, vous m’envoyez à Ste Mangouste ?! »

Délirait-il pour insister sur le fait d’aller séjourner dans un tel endroit ? Peut-être qu’il s’agissait là de la fièvre. Après tout, les effets du venin de la Férola étaient inconnus, à moins de bien parler l’Indou.
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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Mar 21 Avr - 18:36


Par les tentacules de Férola !
Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel

Attentive à la réaction du produit et de la blessure, elle le garda immobile avec fermeté. Cette solution faisait partie de son matériel indispensable depuis qu'elle en avait appris l'existence, elle qui travaillait beaucoup avec les potions et poisons en général. Elle en gardait toujours une fiole concentrée à portée de main, aujourd'hui, elle profitait des bénéfices de sa prévoyance. Cette solution avait pour particularité d'identifier des corps étrangers et les bloquer sur place, ainsi, le sang et autre éléments qui appartenaient bien au corps ouvraient continuer leur cycle mais tout poison ou, admettons, dard, écharde ou morceau de verre ne bougeraient plus, ne pouvait plus faire de dégâts. Là, dans la situation, cela empêcherait le venin d'aller plus loin que la main, cela ne le neutraliserait pas, mais tant que la main resterait dedans, les jours de son possesseurs ne seraient pas en danger. Elle constata avec une certaine satisfaction que la main du professeur réagissait, certes, le gonflement était impressionnant, mais c'était signe que, non seulement c'était efficace, mais en plus qu'elle avait bien fait de ne pas tarder : la réaction était déjà assez violente pour montrer que le poison s'était bien installé. Le principal problème de ce traitement était qu'il avait tendance à amplifier les sensations au moment où il agissait, si la solution était trop froide, le patient risquait un choc thermique, si trop chaud… Rigel retins une grimace, la première fois qu'elle l'avait utilisé, c'était sur elle-même et, dans le doute, elle avait préféré bien chauffer. Elle avait su se débarrasser du poison, mais la brulure avait été terrible. Ici, l'eau était tout juste tiède mais devait déjà sembler brulante, heureusement, c'était temporaire et ne le blesserait pas.

Elle n'en apprit pas beaucoup plus sur l'agression qui l'avait mené ici. Elle avait le nom de la plante mais le peu d'informations qu'elle avait à son sujet ne lui avait rien appris sur un antidote existant. En revanche, elle fut surprise par ses questions sur son nom. Elle avait l'habitude de ce type de questions, mais pas dans ces circonstances. "Cette même famille oui. La noble et ancienne famille Black, toujours pur." Dit-elle en prononçant les derniers mots en français, sur un ton ironique. Si elle avait de l'admiration pour l'histoire de sa famille, leurs armoiries et principes étaient définitivement d'un autre temps. "À vrai dire, Sirius Black est mon oncle direct." Acheva-elle, une note de tristesse dans la voix. Sirius était quelqu'un qu'elle aurait aimé connaitre plus, le seul qui s'était réellement opposé aux principes ancestraux de leur famille. C'était néanmoins amusant, après son procès, Rigel avait été persuadée que, bien qu'acquittée, l'ensemble du monde sorcier la montrerais du doigt, connaissant son nom en tant que mangemort, mais il s'avérait qu'au final, peu de gens faisaient le lien. On en revenait souvent au nom de Sirius et, pour les procès, à celui de Malefoy. En dehors de ceux qui l'avaient connu à Poudlard et les quelques sorciers qui s'étaient réellement intéressés aux détails des procès des mangemorts, peu de gens la voyaient spontanément comme une ex-mangemort. Ce qui était une bonne chose pour elle qui ne voulait pas que cela l'empêche d'avancer et construire sa vie, maintenant la guerre finie. Au final, le pire restait cette marque qui ne voulait pas partir de son bras… et les cauchemars.

Voyant son patient s'agiter, elle posa une main fraiche sur son front, sans surprise elle constata qu'il était fiévreux. Toujours sans montrer le moindre signe d'inquiétude, elle s'assura que le poison ne s'était pas rependu avant qu'elle n'ait pu le contenir. D'ailleurs, il s'inquiéta de son sort, même s'il parvenait à rester calme. Elle fit quelques vérifications supplémentaires avec des sorts différents avant de pouvoir affirmer : "Sans problèmes. Tant que vous gardez votre main la dedans, le venin ne pourra pas aller plus loin. Vous êtes un peu fiévreux mais c'est dû à la blessure elle-même et l'état de choc." Elle eut une expression surprise quand il lui saisit le bras, insistant pour être envoyé à Sainte Mangouste si elle ne pouvait pas le soigner. Elle posa sa main sur celle qui l'agrippait, cherchant à l'apaiser, il fallait qu'il garde son calme. "Bien évidement. Nous avons une liaison directe avec eux en cas de besoin, au moindre signe de perte de contrôle, vous y serez immédiatement transféré. Mais, si je puis dire, vous avez de la chance : les poisons et potions en général, c'est ma spécialité." Elle vérifia que la concentration de la solution restait correcte et replongea dans ses livres. "Que savez-vous du venin de cette plante ? Je n'ai pas grand-chose à son sujet et une analyse en partant de rien pourrait être assez longue. Cela me ferait gagner du temps si j'avais plus de précisions à son sujet." Elle n'ajouta pas que, de toute façon, Sainte Mangouste ne pourrait pas faire beaucoup plus : les registres des plantes et venin était le même ici que là-bas, c’était les manuels officiels. S'il n'y avait pas d'antidote connu référencés là-dedans, c'était qu'il n'existait pas encore en Grande Bretagne, et donc qu'ici comme à Sainte Mangouste, il faudrait créer un antidote ciblé. Rigel quitta le livre des yeux pour surveiller la blessure. Cela restait assez peu apetissant et le contenu de la bassine se teintait lentement de rouge, cependant, la main avait dégonflé et les stries violacées provoqués par le venin n'avaient plus gagnées de terrain depuis que la main trempait. Lui tournant le dos, elle récupéra du sang infecté sur l'éponge qui avait servi à nettoyer et en déposa quelques gouttes sur un parchemin orné de divers symboles. A peine le sang fut en contact avec la matière qu'elle l'absorba et certains symboles commencèrent à réagir. Elle le déposa et retourna à son patient.  "La douleur devrait s'être en partie calmée maintenant, c'est le cas ? Je suis désolée, on a bien quelques antidouleurs ici, mais tous ceux en stock ont tendance à accélérer la circulation du sang, j'imagine ne pas avoir à vous faire un dessin pour expliquer que ça ne serait pas très indiqué." Reprenant le parchemin, elle put voir que certains symboles étaient maintenant clairement en évidence. Elle fronça les sourcils, plus sous le coup de la réflexion que par signe de contrariété. "Hum… Ah… Et merde !" Elle haussa le sourcil avant de lancer un regard désolé à son patient, à nouveau elle posa sa main sur la sienne, plantant son regard dans le sien d'un air grave. "Le poison est trop incrusté, il va falloir vous débarrasser de votre main…" Dit-elle d'un ton dépité. Elle soutint ainsi le regard du pauvre professeur quelques instants avant de perdre son air sérieux et d'éclater de rire. "Je suis désolée, vraiment désolée, il fallait que je la fasse ! Je plaisante, tout va bien ! Ces résultats sont rassurants. Entre autre, ça m'indique que même si cela se diffusait, la quantité présente n'est pas suffisante à provoquer des dommages irréversibles." Elle sourit malicieusement. "Blasé de la vie ou pas, je crains qu'il faudra vous y faire, vous allez devoir la poursuivre. Vous êtes assez confortablement installé ? Je devrais pouvoir mettre au point un antidote mais ça peut être long."

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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Lun 18 Mai - 8:33


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Gloups ! Voilà la première réaction qu'il avait eu en voyant les grands yeux ronds de Rigel. Etait-elle aussi compétente que rassurante ? Il espérait vraiment. La propagation du venin semblait se calmer doucement. Du moins, sa main ne ressemblait plus à une vulgaire patte desséchée. Comment devait il prendre cette blague ? Il n'en savait trop rien. Alors, le professeur se contenta de sourire nerveusement, comme si l’amputation d'une main ne lui signifiait rien. De toute façon, il préférait ça, à perdre la vie. Enfin, quoique ... sa main lui était très utile, alors se retrouver manchot ne l'enchantait guère.

Il contempla sa main avec ce regard triste qui lui collait si bien à la peau. C'était comme si des adieux involontaires étaient en train de prendre forme. Pourtant, Rigel avait juré que tout allait pour le mieux, alors pourquoi ce moment mélodramatique ? Qu'importe, Pedro avait besoin de penser à autre chose, le temps que sa main guérisse. Il releva son visage en direction de l'infirmière et lui adressa un sourire faible, mais pourtant réel.

- Dites moi, pendant que vous faites votre antidote ... parlez moi un peu de vous, Rigel Black. Je veux dire, vous êtes la nouvelle infirmière, vous avez peut-être été étudiante à Poudlard non ? Ou vous avez peut-être une belle histoire qui vous a mené jusqu'ici ?

Il était toujours curieux de comprendre comment quelqu'un pouvait songer à vouloir soigner des adolescents boutonneux. Pedro lui même se remettait constamment en question sur sa volonté d'enseigner. Il avait accepté le poste par pur confort de vie. Retrouver du travail à Londres ne l'enchantait guère et Minvera avait fait l'éloge de cette école, si bien qu'il avait saisi l'occasion sans vraiment y réfléchir. Maintenant, il se rendait bien compte que la motivation des élèves n'était que très peu présente dans ses cours. Alors soit la botanique était une branche qui n'intéressait plus les sorciers, soit il ne savait pas enseigner. Mais quelque chose n'allait pas et ne lui convenait pas.

Il hasarda sa main pendant quelques secondes et reprit la parole avant même que Rigel ne puisse lui répondre.

- Moi par exemple, je me demande s'il ne serait pas plus sage de reprendre la route et l'exploration. Les recherches en botanique me manque et je sais qu'il existe encore beaucoup d'espèces non répertorié. Tant de choses à voir et me voilà enfermé dans ce château à enseigner aux sorciers les moins intéressés du monde. On m'avait pourtant décrit cette école comme l'excellence britannique ! Enfin, voilà où ça me mène de rester enfermé dans une serre la majeur partie de mon temps.

Peut-être qu'en se confiant lui, il arriverait à mettre Rigel à l'aise pour qu'elle à son tour lui avoue quelques brides de son passé. Il était curieux de la connaitre, même si elle possédait un parcourt des plus classiques. Mais une Black était forcément intéressante. Il n'en doutait pas là dessus.
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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Mar 9 Juin - 18:52


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Sa petite plaisanterie avait eu l'effet escompté et elle ne put garder son sérieux en voyant le professeur pendre un air dépité, puis résigné. Cependant, même quand elle lui annonça que c'était pour plaisanter, il restait tout abattu, comme s'il n'avait pas réalisé qu'il ne se ferait pas découper cette fois. C'était presque adorable, elle aurait presque regretté cette blague. Presque, mais il coupa toute idée de regret en la prenant de court à son tour en lui demandant de parler d'elle. Elle s'immobilisa un court instant, son regard se ferma brièvement avant de se tourner vers son patient.

"Sur moi ?"

Evidemment, la jeune medicomage n'aimait pas trop aborder son passé. Non pas qu'elle en ait honte, mais elle savait le changement de regard que cela produisait chez ceux qu'elle rencontrait. Par ailleurs, objectivement, si elle se mettait à sa place, elle aurait une réaction assez virulente en apprenant que la personne qui se chargeait de le soigner et accessoirement sauver sa vie était une ancienne mangemort.

"Je comprends ce que vous voulez dire. Poudlard est un lieu unique qui a de grands avantages, mais rien ne vaut la découverte directe et tous les élèves ne sont pas aussi studieux qu'ils le devraient. Moi-même, je ne travaille ici qu'à titre temporaire, comme stage, en quelque sorte. Le reste de mon apprentissage, je le fais avec un medicomage indépendant avec qui je voyage beaucoup, mais le cursus impose de pratiquer aussi un temps dans des structures officielles comme ici ou Sainte Mangouste. Je suis ravie de revenir ici, mais il me tarde de repartir avec mon mentor. Du reste… Eh bien, ce n'est jamais que l'histoire que l'on attendrait de la part de la dernière du nom des Black. Je crains que ce ne soit pas vraiment une belle histoire."

Elle le dit avec une certaine légèreté. Elle tenait à le garder au calme et aussi rassuré que possible, le problème est que son histoire n'avait pas grand-chose de rassurant et que changer de sujet ne rendrait la chose que plus inquiétante.

"Je ne suis pas certaine que vous en dire plus sur moi soit bon pour mon image, pour une fois que je tombe sur quelqu'un qui n'en sait pas déjà assez long sur moi."

Quel intérêt aurait-elle à mentir ? Il suffisait au professeur d'ouvrir un journal datant d'il y a quelques mois pour tomber avec une marge d'erreur assez faible sur un article mettant son nom en relation avec le terme "mangemort". Et à plus court terme encore, pour préparer ses potions, elle remonterait ses manches, même si c'était un geste qu'elle préférait éviter, un coup d'œil suffirait pour remarquer une partie de la marque sombre qui restait visible sur son bras. Enfin, plusieurs années à côtoyer Voldemort était suffisant pour faire passer toute idée de mentir à une question directe, non pas qu'elle ait peur de Pedro, c'était simplement devenue une habitude que de faire preuve d'une sincérité parfois presque gênante.

"Sérieusement, je ne sais pas comment vous répondre sans devenir flippante ! Ou sans chercher d'amblé à me justifier, ce que je vais très probablement faire, de toute façon. Specialis revelio."

Elle marqua une pause le temps de noter les résultats du révélasort de Scarpin indiquant la composition du venin. La plupart des éléments lui étaient inconnus. Elle se leva pour aller chercher un autre volume sur les molécules magiques rares, avant de revenir vers son patient tout en potassant le manuel poussiéreux à la recherche des éléments inconnus.

"J'ai effectivement étudié ici, j'étais chez Serdaigle. En somme, j'ai eu la chance de ne pas être quelqu'un de stupide, sans quoi je serais peut être restée bloquée sur les idées communément admise dans ma famille… Mais quel besoin ils avaient de faire des formules aussi alambiquées pour évoquer un blocage du système nerveux ! C'est un registre de biomagie, pas une pièce de Shakespeare par Merlin ! Hum, excusez-moi, ce bouquin semble dater du siècle dernier, c'est une horreur. Je disais donc, ah oui, élève à Serdaigle. Quand le Seigneur des Ténèbres a refait surface, je n'ai pas eu beaucoup d'alternatives, c'était où disparaitre, où m'y opposer – et mourir – ou profiter des pistes dont je disposais sur ses faiblesses pour essayer de les exploiter. Et mourir."

Elle eut un rire involontaire en ajoutant ces derniers mots, parfaitement consciente que normalement elle n'était pas censée rire à l'idée de sa propre mort. "Je n'avais pas vraiment imaginé m'en sortir vivante quand j'ai décidé de le rejoindre, je le faisais dans le but de pouvoir le détruire, cela réduisais grandement mon espérance de vie. Le fait que je sois encore là reste un grand mystère pour moi." Expliqua-elle avec une certaine légèreté. "Bon, j'ai identifié le mode d'action du venin. Honnêtement, je vous recommanderais de faire preuve de la plus extrême vigilance avec cette plante, surtout si elle devient agressive. Cette attaque aurait pu vous tuer." Dit-elle d'un air plus grave. "Vous avez eu de la chance d'avoir été touché à la main, ailleurs qu'à une extrémité du corps et vous auriez été intégralement paralysé avant d'avoir pu sortir de la serre." Oui, définitivement, elle avait eu un bon réflexe en commençant par bloquer la propagation. Elle évita d'ajouter qu'il serait sans doute mort à l'heure qu'il est et que ses élèves l'auraient probablement découvert inerte en se rendant en cours. Inutile de détailler le tableau, tout ce qu'elle espérait, c'était qu'il se débarrasserait au plus vite de cette plante. Après, bien évidemment, qu'elle ait pu récupérer un peu de son venin pur pour de plus amples études.

De manière assez pragmatique, elle constata des similitudes entre ce venin et le poison qu'elle avait dû un jour préparer et utiliser. Même mode d'action qui provoquait en premier lieu un blocage des membres, empêchant la victime de fuir, se débattre ou même d'appeler à l'aide, avant de stopper les fonctions vitales, au moins, c'était indolore. Mais le meilleur dans l'histoire, c'est que, du coup, elle connaissait un antidote qui pourrait contrer ce venin. Au moins une chose positive qu'elle en tirait –tardivement – de cette triste expérience.

"Sinon pour terminer, ma dernière année comme étudiante, je l'ai passée à jouer le rôle d'une mangemort irréprochable et essayer de rattraper un peu les choses en coulisses : je soignais les victimes des Carrows, informait clandestinement la rébellion, j'ai évité quelques catastrophes dans la foulée. Je crois que j'ai sauvé la vie de McGonagall un moment donné aussi, d'ailleurs c'est probablement pour ça qu'elle m'a laissée ma chance de travailler ici. Pour finir, j'ai bien faillis finir assassinée par ma propre tante pendant la bataille, j'ai fait un passage prolongé par Sainte Mangouste et j'ai commencé ma formation de medicomage auprès de celui qui s'était occupé de moi après ce petit… incident familial. C'était la palpitante histoire de Rigel Black."

De nouveau debout, elle avait terminé son récit tout en regroupant les ingrédients dont elle avait besoin, elle s'arrêta pour exécuter un salut théâtral, non sans ironie. C'était ainsi qu'elle voyait bien souvent son histoire : une pièce dont elle était actrice mais dont le rôle ne dépendait pas de sa plume, au mieux, une pièce d'improvisation où elle devait composer avec un contexte particulièrement tordu qui ne laissait que peu de place aux choix personnel. Aujourd'hui encore, elle pouvait sembler libre de ses choix mais chacune de ses décisions devait se faire au regard d'une multitude de critères sur lesquels elle n'avait aucune emprise.

Elle s'installa dans un coin de la pièce, à son bureau surmonté d'un petit chaudron. Bien que l'idéal aurait été de préparer dans la pièce d'à côté, elle ne pouvait pas laisser un patient seul sans pouvoir garder un œil sur lui.

"Et vous, alors ? Quelle histoire vous a mené jusqu'ici ? J'ai cru comprendre que vous n'avez pas étudié ici ?" Demanda-elle tout en commençant sa préparation.


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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Ven 3 Juil - 22:42


Par les tentacules de Férola !
Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel


Pedro ne pipa mot tandis que Rigel contait son incroyable histoire. Il buvait les paroles de la jeune infirmière, tout en analysant scrupuleusement ses faits et ses gestes. Non pas qu’il n’accordait pas facilement sa confiance au corps médical, mais le botaniste n’aimait pas spécialement qu’on puisse le manipuler de manière distraite. Mais Rigel maitrisait la situation, du moins c’est ce qu’elle laissait paraitre. Bigre alors, elle avait eu une sacrée vie. Avait-il encore raison de se plaindre ?

Concrètement ? Non. Il se ravisa de geindre ou quoique ce fût d’autre face à la panoplie complète du grand malheur de la jeune Black. Comment pouvait-elle encore se tenir debout après tout ce qu’elle avait traversé ? Certaines personnes ressortent de ces épreuves plus fortes, d’autres complètement détruites. Pedro fait partie de la deuxième catégorie. Il se contenta de ravaler sa douleur et de sourire en coin lorsque Rigel porta ses doigts à sa main.

Cette Tentacula Petrula n’avait pas lésiné sur son coup. Sa main était gonflée et semblait doucement virer au violet. Une couleur plutôt inquiétante, surtout que Pedro ne semblait même plus être capable de bouger le bout de ses doigts. Non pas qu’il s’inquiétait quant à l’état de sa main droite, mais tout de même … Elle avait beau le rassurer, le professeur de Botanique n’arrivait pas vraiment à savoir si il s’agissait d’une vérité ou simplement de paroles qu’elle balançait à tous ses patients histoire qu’ils restent calmes. Le regard de Pedro était désormais fixé sur sa main plongée dans une bassine d’eau chaude et il constata avec une certaine inquiétude que les veines de son avant-bras avaient doublée de volume.

Il déglutit péniblement, puis redressa la tête vers la jeune femme qui paraissait pourtant sereine et maitre de la situation.

« Moi ? Oui je ne viens pas d’ici. J’ai fait mes études en Autriche et ensuite je suis parti pour l’université d’Oxford. Ils formaient d’excellents botanistes là-bas et c’était une université pour sorciers exceptionnels ! J’y ai appris un tas de trucs, mais bon, c’est surtout sur le terrain qu’on cerne le plus de choses. Parfois ça me manque … »

Oui. L’aventure lui manquait cruellement. Se retrouver enfermé dans les serres de botanique à enseigner une matière qui semblait ennuyer les trois quart des élèves commençait sérieusement à le peser lourd. Mais Pedro ne désespérait pas. Du moins, il avait signé un contrat pour continuer ce piètre boulot jusqu’à la fin de l’année, et il s’exécuterait. Il n’était pas professeur de formation, mais il avait toujours eu beaucoup de respect pour ces illustres personnages.

« Je n’ai pas eu une vie aussi dramatique que la vôtre et ça me fait réfléchir sur ma condition. Je n’ai pas vraiment à me plaindre au final. Mais j’ai été très marqué durant la période sombre de Voldemort. Le cœur de ma vie m’a trahi … Et ça m’a brisé pendant des années. J’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre et encore maintenant, je sais que je suis encore affecté. Mais bon, je sais également qu’au fond ces émotions néfastes finiront par disparaitre, avec le temps. »

Un sourire triste se dessina dans sa barbe, quand soudain quelque chose le frappa comme un courant électrique désagréable le long de son bras. Pedro se raidit subitement et attrapa son bras droit à l’aide de sa main valide. Il ne put s’empêcher de pousser un cri, tant la douleur était insupportable. De nombreuses gouttes de sueur perlaient le long de son front.

« Par le caleçon de Merlin ! Ca fait un mal de chien ! Qu’est-ce qui se passe ? »

La paume de sa main était couverte d’une écaille noire épaisse, tandis que ses doigts ne ressemblaient plus qu’à de vulgaires bouts sombres sans vie. Le circuit sanguin se lisait clairement sur la peau blême de son avant-bras et on pouvait constater aisément que le venin circulait doucement de la main jusqu’à l’épaule. Pedro braqua son regard plus qu’inquiet vers Rigel.
« Je ne sens plus ma main ! Je ne la sens plus ! »
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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Lun 31 Aoû - 1:09


Par les tentacules de Férola !
Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel

Il minimisait mais Rigel savait bien que, même sans avoir été directement impliqué, bien des gens avaient été sérieusement affectés par cette guerre. Si elle avait été aux premières loges et avait bien faillit le payer très cher, elle se refusait de prétendre que cela devait faire relativiser les autres, bien au contraire. Elle considérait souvent qu'elle avait eu la "chance" de baigner dedans depuis toujours, elle y avait été préparée, elle ne le ressentait pas comme un drame, juste des blessures profondes mais prévisibles. A chacun ses fantômes. "Elles disparaîtront, sans aucun doute." Dit-elle avec douceur. "Puis vous n'êtes pas seul ici, si vous avez besoin d'être entouré. Enfin par des humains, de temps en temps, pour varier des plantes belliqueuses." La jeune medicomage regrettait que leur première rencontre se fasse dans de telles circonstances, quelque chose chez le professeur attisait sa curiosité. Peut-être est-ce cet air vulnérable qui lui donnait envie de le protéger ? Ou au moins de s'y intéresser de plus près ? Qu'importait. Elle ramena son attention à la main de son patient. Elle venait de tenter un nouveau sort de détection, s'inquiétant de voir la blessure toujours ouverte mais dont le saignement semblait s'être tari. Aussitôt, elle regretta de ne pas avoir utilité ce sort avant : méconnu mais efficace, il ciblait les corps étrangers.  

Le timming voulu que ce soit à ce moment précis que la poche de poison, formée à son insu et tout juste révélée par le sort, céda, brisa les barrières magiques qui protégeaient le bras du Professeur Mortimez. Rigel le vit, mais ce dernier le ressentit de plein fouet et sa réaction fut aussi surprenante pour lui que pour la novice qui inspira profondément pour ne pas céder à la panique. "On part à Sainte Mangouste." Décida-elle d'un ton sans appel. Ce dernier rebondissement était trop imprévisible et dangereux pour qu'elle prenne le moindre risque. Jusque-là, rien n'avait présenté de réel danger pour la vie du blessé, jusqu'à cette poche. Jurant mentalement une fois de plus contre sa responsable qui n'était pas là, elle se dépêcha d'activer le passage d'urgence vers Sainte Mangouste. Un portail immatériel apparu dans le bureau et, bien vite, des medicomage apparurent pour se charger de Pedro, Rigel les suivant de près.

Sur place, elle fut presque aussitôt mise à l'écart tandis qu'elle rapportait tout ce qu'elle savait sur la blessure et précisais les soins déjà effectués. Peu écoutée, la frustration fit place à l'inquiétude, puis à l'irritation : la moindre des choses aurait été de lui permettre de continuer à s'occuper du blessé, au moins rester à ses côtés. Plus inquiétant, ils ne semblaient pas mesurer le danger de ce poison inconnu, agissant envers Rigel comme avec une simple débutante et non pas quelqu'un qui avait composé son premier antipoison inédit à l'âge de quinze ans. Désœuvrée mais refusant de s'en retourner ainsi à Poudlard, Rigel fit alors usage de toutes ces capacités de discrétion pour se rapprocher et surveiller les opérations. Elle avait acquis un véritable talent pour se faire oublier, une technique liée à l'occlumencie qui effaçait pour ainsi dire sa présence des esprits alentours, ils la voyaient toujours, seulement, personne n'y prêtait attention. Elle put constater qu'ils semblaient démunis devant le cas de Pedro, pas plus efficace qu'elle n'avait pu l'être. Cependant, ce qui l'alerta, ce fut un guérisseur qui arrivait avec une potion qu'elle reconnut immédiatement. "Vous ne comptez pas lui donner ça ?" Dit-elle, abandonnant toute idée de rester discrète et s'interposant entre lui et le professeur. "Si, bien sûr que si. Miss Black, nous avons la situation bien en main, ne vous inquiétez pas." "Ecoutez…" Dit-elle en s'efforçant de rester calme, mais surtout courtoise. "C'est de la potion de sommeil sans rêve, n'est-ce pas ? Le poison est paralysant et n'est pas loin d'atteindre son système nerveux. Il lutte, mais ça ne durera que s'il reste conscient. Si vous lui donnez ça… Par Merlin mais écoutez-moi à la fin ! Vous savez ce qu'il risque !"

Elle n'était pas loin de devoir l'arrêter physiquement et le ton montait, ce qui aurait bien pu dégénérer sans l'apparition d'un félin vaporeux et argenté dans la pièce : un patronus sous la forme d'une panthère noire. Celui d'Angelica Jones. La voix de l'infirmière de Poudlard commença par prier – avec autorité – les guérisseurs de laisser Rigel s'occuper du Professeur. Puis, dans un second temps, elle s'adressa à son apprentie qui l'avait appelée à l'aide, peu de temps avant. La jeune femme blêmis en écoutant les instructions, c'était bien plus complexe et drastique que tout ce qu'elle avait eu à faire jusque-là. Elle revint auprès de Pedro, examinant son bras, il était sérieusement mal en point. Si attendre davantage n'avait pas représenté un risque certain pour sa vie, elle aurait peut-être eu encore l'espoir de mettre au point l'antidote. Mais le temps leurs manquait terriblement, même avec ses talents de potioniste. "J'y penserais à deux fois avant de refaire des blagues… J'imagine que vous avez entendu ce qu'Angelica préconise. J'aimerais dire qu'il y a une possibilité de l'éviter…" Dire que quelques minutes plus tôt elle lui faisait croire qu'il faudrait lui couper la main. Si elle avait su, elle et son humour douteux. Cependant, Angelica le disait, aucun medicomage présent ne semblait vouloir contredire ses instructions et, voyant l'état du bras et la souffrance évidente du professeur, Rigel devait bien reconnaitre que c'était l'unique moyen de lui sauver la vie. "Bien, j'aurais besoin du matériel que Mrs Jones a indiqué. Dr Conwell, je vais avoir besoin d'aide. Je vous jure de ne pas essayer de vous mordre aujourd'hui." Elle ferma brièvement les yeux, se remémorant les paroles du patronus. Il faudra d'abord lui administrer une dose de potion de liquéfaction sanguine, pour que le poison soit évacué par la coupure. Par système de perfusion, Rigel ne savait même pas que c'était possible avec des potions. C'était bien la première fois qu'elle devait installer une perfusion, en situation réelle en tout cas. Elwyn qui se portait volontaire pour servir de cobaye à son apprentie, ça n'avait rien à voir. Alors que la potion commençait à se diffuser, elle fit appel à quelques runes et un baume de protection autour de la blessure, qui devait également diriger le sang dans le bon sens. "Une potion anesthésiante risquerais de mal tourner avec celle-ci." Précisa le medicomage. "Je sais, il nous faudrait un hypnotiseur au plus vite." Elle s'immobilisa en voyant le regard confus du guérisseur. "Rigel, si nous disposions d'un hypnotiseur, tu n'aurais pas eu à passer deux mois ici même l'an dernier."

Un lourd silence tomba entre eux, la jeune femme n'osant même pas croiser le regard de son patient. Un instant, elle envisagea de refuser de prendre cette responsabilité. Elle avait assez vu de souffrances pour toute une vie, pour rien au monde elle ne voulait de nouveau avoir à en infliger à quelqu'un, et surtout pas un infortuné collègue. Voyant son hésitation évidente, Conwell lui retourna un regard dur, exprimant clairement qu'ils n'avaient pas le temps de se payer le luxe d'hésiter. Elle reprit ses esprits et souleva avec douceur la main blessée. Le fluide agissait et la blessure saignait abondamment, le sang était bien trop sombre pour que cela soit naturel, le poison s'évacuait comme prévu. "Il faudra faire des analyses au moins toutes les quinze secondes, pour vérifier s'il reste encore du poison." Avait expliqué Angelica. "Et quand tu estimeras que le poison aura été évacué, tu devras alors lui injecter directement dans le cœur une dose généreuse de potion de régénération sanguine." Rigel ignorait jusque-là qu'une telle mesure était seulement possible.

Elle poursuivait ses analyses régulières au moment où un guérisseur apporta le matériel nécessaire à la suite de l'intervention. Au bout d'un temps qui sembla interminable, un énième contrôle indiqua que le sang était désormais libéré du poison. Elle donna le feu vert au medicomage qui s'occupa de l'injection, mais, son regard tombant sur le visage tourmenté du patient, elle fut de nouveau en proie à un terrible doute, sa main tremblait trop, refusant de saisir le couteau chirurgical, là aussi, Angelica avait été formelle, surtout pas de sort de découpe. "Je… Vous ne préférez pas que ce soit quelqu'un d'autre qui s'en occupe ? De plus expérimenté…" Demanda-elle avec un espoir mal dissimulé de pouvoir encore laisser cette tâche à un autre. La réponse négative du professeur brisa ce faible espoir, mais lui fit également réaliser que, de manière évidente, il lui faisait confiance malgré tout et tenait à ce que ce soit elle, en dépit de sa faible expérience. Plus question, donc, de se défiler. Elle n'avait pas le souvenir d'avoir déjà ressenti une appréhension si forte. Si, une seule fois. Elle chassa ces sombres pensées de son esprit pour ne se concentrer que sur ce qu'elle avait à faire. "Très bien… Ne bougez surtout pas." Ce n'était plus relatif à sa volonté : deux medicomages venu en renfort venaient de l'encadrer pour l'empêcher de se redresser. Prolonger l'attente aurait été de la cruauté pure. D'un geste ferme, elle fit ce qu'elle devait. Sourde à ce qui se passa ensuite, mais, surtout, se dissociant de sa propre panique, elle effectua un sort de cautérisation mêlé à l'action de plantes actives contre les affections magiques. Elle maintint le sort de toute la force de sa volonté, jusqu'à ce que l'hémorragie ne cesse totalement, puis laissa le medicomage prendre le relais. Enfin, alors que ses sens lui revenaient ainsi qu'une violente sensation de malaise, elle entendit "Il est tiré d'affaire." Elle lâcha sa baguette et se laissa tomber sur une chaise aux côté de Pedro et déclara d'une voix faible "Si vous avez encore… un seul… problème, avec vos plantes… Je vous jure, je fous le feu à la serre."

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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Mar 1 Sep - 19:56


Par les tentacules de Férola !
Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel


Pedro ne comprenait pas tout ce qui se passait. Il entendait de vieux échos résonner dans le fin fond de sa boite crânienne. D’ailleurs, elle commençait à lui faire mal. Il ressentait chaque membre de son corps et commençait à comprendre que cette cage de chair n’était faite que de blessures et de maux à soigner. Il avait grande hâte de voir son âme s’élever vers les cieux et se délecter de cette prison de chair. Ce corps qui ne fait que souffrir depuis trop d’années. Ses yeux ne voyaient que des formes floues, mais il reconnaissait encore les longs cheveux bruns de Rigel et seule sa voix semblait être claire dans ses oreilles. Pourtant, un voile opaque se matérialisait devant ses yeux et rapidement, le professeur de Botanique fut pris d’une cécité qui dura un long moment. Il n’entendait plus qu’un long murmure. Comme une mélodie lointaine, bien trop lointaine pour l’atteindre. De toute façon, son corps était inerte. Son incapacité à bouger le rendait fou et pourtant, il ne pouvait ni gueuler, ni exprimer son malaise. Non, il était à la merci d’on ne sait qui.

Par Merlin, il aurait donné cher pour se lever et quitter cet endroit. D’ailleurs où était-il ? Certainement pas à Poudlard. Non, il n’y croyait pas. On l’avait peut-être emmené à Ste Mangouste ? Sa blessure … il songeait à sa blessure et pourtant, il ne ressentait absolument rien. Il était à peine capable de bouger le petit orteil. Puis soudain, une vive lumière lui apparut. Là, il voyait le décor défiler sous ses yeux. Enfin, le décor … il voyait surtout le plafond et des luminaires défiler à toute vitesse. Sa bougeait de partout et rapidement il prit conscience d’être allongé sur un brancard. Rigel n’était pas là, mais il l’entendait maugréer des propos incompréhensibles contre les soigneurs.

Des hommes et des femmes vêtus de blancs commencèrent à positionner le corps de Pedro sur un lit plus confortable. Mais pourtant, Pedro se sentait au plus mal. Il n’arrivait pas à exprimer son malaise, ni même à donner une définition du mal qui pouvait le ronger. La seule chose dont il était certain, c’était qu’il souhaitait être ailleurs. Son visage n’exprimait rien. Couvert de sueur, pâle comme un linge, les yeux cernés de grandes poches grises, il faisait peur à voir. Pourtant, lui, n’avait pas conscience réelle de son état. Puis, doucement, il jeta un coup d’œil à son bras meurtri. Il voyait qu’on le trifouillait, qu’on ne jouait qu’avec cette partie malade de son corps. Ce bras ne ressemblait plus à rien. Bientôt, Pedro avait conscience, que sa main allait finir dans une petite corbeille en osier et qu’il ne la reverrait plus jamais.

Rigel s’approcha de lui. Ses lèvres fines remuaient sans cesse, mais pourtant il n’arrivait pas à distinguer ce qu’elle voulait bien lui dire. Puis elle commença à poser une perf. On le fit saigner et rapidement, Pedro tomba dans un second coma. Qu’est-ce qu’ils foutaient ? Ils voulaient sa mort ou quoi ? Bordel, s’il avait su, jamais il n’aurait apporté cette fichue plante dans sa serre de botanique. Pedro s’en voulait. Il aurait préféré mourir sur le coup, plutôt que de subir une pareille torture. On lui administra quelque chose de puissant qui le fit revenir à lui subitement. Là, il vit Rigel pointer sa baguette magique sur sa main.

Sérieusement ? Ils l’avaient fait revenir à lui pour finalement opérer ? Il ne comprenait pas cette méthode barbare et ne comprenait pas comment Rigel pouvait se prêter au jeu. Alors qu’elle pointait son sortilège de cautérisation sur la main du professeur, Pedro replongea dans un coma profond tant la douleur était insupportable.

Son corps entier était couvert de sueur. Il pensait bien rendre son dernier souffle, dans une fine lumière refit surface pour l’appeler une dernière fois. Non … NON ! Il ne voulait pas revenir sur cette terre de malheur ! Il avait enfin l’opportunité de la quitter à tout jamais. Il ne souhaitait même plus revoir tous ces visages familiers et replonger dans sa vie morose et dépressive … Il se jurait qu’à son retour sur Terre, sa vie ne serait plus la même. Du moins, il se promettait qu’un retour immédiat, lui permettrait au moins d’être plus chanceux. Il le méritait bien non ?

Son réveil fut douloureux. Déjà la lumière vive du soleil qui baignait la pièce de sa chaleur dorée et reposante, lui brulait les pupilles. Il mit un certain temps avant de prendre conscience qu’il se trouvait dans une vaste salle qui donnait sur une magnifique vue de montagnes inconnues. Il était vêtu d’une chemise blanche qui sentait un parfum de lavande fraiche et sa peau était aussi douce que celle d’un nourrisson. Doucement, il tourna sa tête vers sa table de chevet où se dressait un magnifique bouquet de jonquilles, ses fleurs préférées. Quelques lettres étaient posées là, encore scellées dans leurs enveloppes. Il reconnaissait l’écriture de certaines de ses élèves, notamment Lucas, Shae et Casey.

Un sourire s’étira sur son visage rasé, propre, net et lisse. De sa main gauche, Pedro se passa les doigts sur son menton. Il était si étrange d’être aussi propre et lisse … il avait la vague impression d’être passé dans une machine à laver et d’avoir rajeunit d’une bonne dizaine d’années. Puis, il releva doucement son attention vers sa gauche … Rigel se tenait à son chevet, endormie sur une chaise. Son tablier était couvert de sang. Ses longs cheveux bruns étaient attachés en chignon grotesque et son visage était encore cramoisi. Sa respiration était lente et reposante. La tête baissée, elle dormait secrètement, les mains couvertes de sang séché, sur un épais grimoire. Doucement, le regard de Pedro se posa sur sa main droite. Ou du moins, ce qui fut jadis sa main droite. Il n’avait plus qu’un moignon enveloppé dans une épaisse couche de bandage blanc, propre. Son bras était couvert de perfusions et il lui était encore difficile de le relever à la hauteur des yeux.

Ce qui était drolatique, fut que sa main le lancinait encore. Pourtant, elle n’était plus là. Qu’en avaient-ils fait ? Qu’allait-il devenir maintenant ? Un professeur de Botanique à une main … était-ce envisageable ? McGonagall n’allait certainement pas le garder au sein du corps professoral. Pedro ne savait pas trop quoi faire, puis épuisé, il finit par se rendormir.

5 jours plus tard, sa forme était revenue. Sa chambre était vide, mais Pedro avait pu lire et relire les lettres de ses élèves. Une infirmière était venue remplacer les jonquilles séchées, pour y placer un imposant bouquet de roses rouges, dont les fragrances embaumaient la pièce. Une infirmière du nom de Caroline Chambers lui changea régulièrement son pansement lorsqu’il était réveillé. Curieusement, Pedro espérait que ce soit Rigel. A chaque fois qu’il demandait de ses nouvelles, on lui disait qu’elle était passée dans son sommeil. Pedro soupirait, n’avait-il pas le droit de la voir pour la remercier ?

Une équipe de médicomages entra dans la pièce. Il était midi et Pedro était en train de manger … du moins, il essayait de ne pas se verser le plateau dessus. Manger de la main gauche, ce n’était pas évident. Caroline lui retira le plateau, puis quitta la pièce sans fermer la porte. Un homme vêtu d’une longue cape argentée se tenait devant lui. Il possédait une paire de lunettes rondes, une longue barbe et ses yeux perçants lui donnaient un air de musaraigne. Derrière lui, un homme plus jeune, environ 30 ans, le torse bombé et l’allure fière, émanait l’image du parfait Médicomage détestable. A droite, une femme d’à peine 20 ans, tenait un bloc note. Elle était fraiche et ses longues boucles blondes tombaient en cascade sur ses épaules.

« Ha monsieur Mortimez ! Je suis le professeur Adernal, celui qui s’est occupé de votre cas. Voici mon assistant, Léo O’Connel et mon apprentie Svetlana Skasgrad. Nous sommes contents de vous voir en si bonne forme ! Le venin qui s’est propagé dans votre corps vous a terriblement affaibli et nous avons eu peur de vous perdre suite à l’amputation de votre main. Remerciez votre assurance, vous n’avez aucun frais à payer ! Bien, il vous faudra suivre un traitement spécifique que mon équipe a élaboré. Effectivement, nous n’allons pas pouvoir vous garder éternellement dans notre Hôpital et il vous faudra songer à reprendre le travail rapidement. Caroline viendra vous apporter l’antidote à prendre tous les jours pendant un an. Afin que le poison ne refasse plus surface. Votre plaie n’est vraiment pas belle à voir, donc je vous conseille de garder le bandage encore quelques semaines. »

Silence. Lorsque Pedro voulut émettre une suggestion, le professeur Adernal reprit la parole aussitôt, le coupant dans son élan.

« Bien ! Je vous souhaite bon rétablissement ! Et surtout n’hésitez pas à revenir vers moi et mon équipe si jamais il y a le moindre souci. N’oubliez pas monsieur Mortimez … JE vous ai sauvé la vie. Alors faites-moi une faveur … N’hésitez pas à dire qui est votre héros ! » dit-il en éclatant vivement de rire.

Il fit un clin d’œil, claqua des doigts et pivota les talons pour partir aussitôt. Ses deux chiens le suivirent au trot. Dans l’encadrement de la porte, se tenait Rigel, les bras croisés, qui n’avait pas du tout l’air satisfaite des propos qu’elle venait d’entendre. Pedro, lui, se redressa dans ses draps moelleux et adressa un large sourire de bienvenue à l’apprentie infirmière. Il était si heureux de la voir !

« Rigel ! Entre donc ! Ca me fait tellement plaisir de te voir ! On m’a dit que c’est toi qui t’ai occupé de mes bandages ? »

Un sourire sincère était figé sur son visage. Ca faisait bien longtemps, bien des années, que Pedro n’avait plus été si heureux de retrouver un visage familier.
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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Mer 2 Sep - 21:11


Par les tentacules de Férola !
Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel

Estomaquée. Elle était tout simplement estomaquée. Alors qu'elle patientait derrière la porte de la chambre, Rigel avait eu tout le loisir d'entendre les paroles d'Adernal. En l'espace de quelques phrases, elle l'avait déjà mentalement arrosée de tout son répertoire de nom d'oiseau.  Elle connaissait les dents longues des responsables de Sainte Mangouste, non seulement Elwyn l'avait bien souvent mise en garde, mais elle avait déjà eu souvent le loisir de le constater de ses propres yeux. Quand la porte s'ouvrit pour faire sortir les trois pignoufs, ils tombèrent sur le regard acéré d'une Rigel réprobatrice, qui changea subitement de visage et adressa son sourire le plus charmant à l'imposteur. "Oh, je ne doute pas qu'il le dira." Confirma-elle de sa voix la plus douce. Le guérisseur marqua une infime hésitation devant la jeune femme. Elle eut un nouveau sourire, clairement sans joie, cette fois ci, en le ponctuant d'un "Bonne journée." qui, quand on connaissait un peu Rigel, était clairement menaçant.

Son expression redevint parfaitement avenante et agréable quand elle entra et fit face à Pedro. C'est avec satisfaction qu'elle constata qu'il avait bonne mine. Elle avait pu constater son rétablissement au cours des jours qui s'étaient écoulés, mais le voir endormi n'était pas toute à fait la même chose.

Il s'était passé moins d'une semaine depuis l'opération, la première intervention lourde qu'elle avait dû mener, malgré les doutes et une terrible crainte d'échouer, la responsabilité de la vie de son collègue sur ses frêles épaules de novice. Pourtant, elle avait vite surmonté le choc et, alors qu'elle était encore épuisée et couverte de sang, elle s'était chargée de lui jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'il soit bien installé dans une chambre pour sa convalescence, propre et le bras soigneusement bandé. Là, seulement, elle avait cédé à l'épuisement après l'avoir veillé autant qu'il lui avait été possible, tout en commençant à mettre au point un antidote. Elle s'était assoupie sur ses notes, à son réveil, on lui annonça qu'elle devait retourner à Poudlard.

Les jours qui suivirent, il resta au centre de ses préoccupations, elle alterna entre ses taches à Poudlard, les soins d'affection mineures de quelques élèves, de la maintenance de l'infirmerie, divers essais d'antidotes, guidée par Angelica et quelques passages dans les serres pour s'assurer que les plantes survivaient à l'absence du professeur de botanique. Ce furent des journées éprouvantes et des nuits courtes, mais elle trouva encore le temps de passer régulièrement à Sainte Mangouste pour veiller sur Pedro et surtout s'assurer que certains medicomages faisaient leur travail comme il fallait. D'ailleurs, plus d'une fois elle refit le pansement avec un soin méticuleux, pestant en silence contre les techniques trop peu précises de la pauvre Chambers, quand elle ne la reprenait pas, tout haut si elle se trouvait dans la pièce. La malchance voulue que Pedro dormait chaque fois qu'elle put accéder à sa chambre, sans tomber dans la paranoïa, Rigel avait tendance à soupçonner Adernal de ne la laisser rentrer que quand le patient était endormi.

Quoi qu'il en soit, au bout de quelques jours, elle acheva enfin l'antidote qu'elle alla confier au personnel de recherche de Sainte Mangouste, qui l'accueillirent avec joie : ils piétinaient et elle comprit vite que Adernal leur mettait une vivre pression, négligeant l'efficacité au nom du rendement. Dès le lendemain, Conwell la prévenait par cheminée que le traitement semblait efficace. Elle laissa en plan ses nouvelles recherches qui promettaient d'être bien plus longue pour se rendre à l'hôpital.

Visiblement, il était tout aussi ravi de la voir qu'elle de se trouver devant lui. Il s'adressa même à elle d'une façon familière, il avait visiblement décidé d'abandonner le formel vouvoiement, ce qui lui convenait parfaitement. Elle s'installa à sa gauche, sur la chaise qu'elle avait pris l'habitude d'occuper. "Le plaisir est partagé. Tu n'imagines pas à quel point je suis ravie de te voir enfin éveillé." Après une brève hésitation, elle saisit sa main valide dans la sienne. "Allons bon, ils ont tout de même admis que c'était de moi ? C'est un début." Dit-elle avec un petit rire. "J'ai pu m'arranger avec la direction, quand tu rentreras à Poudlard, si tu le veux bien, évidemment, je pourrais m'occuper de ton suivi." Elle baissa d'un ton avec un air de conspiratrice. "Adernal n'est évidemment pas au courant." Elle n'ajouta pas que le guérisseur n'était pas non plus averti que l'antidote au poison du Férola Butiflorus avait été référencé comme découverte de Rigel Black, ni qu'elle avait été chargée d'en étudier les autres effets avec Angelica Jones. Et s'il se montrait trop incisif, elle aurait alors vite fait de lui rappeler qu'elle était sous l'égide d'Elwyn Farrell, qui, en plus de son renom, l'avait bien formée à éviter les pièges des guérisseurs peu scrupuleux qui tenteraient de s'approprier son travail. C'eut été mesquin de s'en vanter devant son patient, après tout, même s'il était envie, il resterait toujours marqué par cet incident. "Comment tu te sens ? Tu as des douleurs fantômes ? Je travaille là-dessus dans le cas où tu aurais le problème. Enfin, on verra ça plus tard. Je t'ai apporté ça." Dit-elle en fouillant dans son sac et posant une boite de Dragées Surprise sur la table de nuit, cela pouvait sembler puéril, mais elle avait mené une enquête très sérieuse pour savoir ce qu'il aimait. "Ils t'ont donné une date de sortie ? Ce n'est pas pour te presser, mais tout est prêt à Poudlard pour que tu y soit dans les meilleures conditions."

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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Sam 5 Sep - 10:03


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Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel


Il était étrange de se trouver dans un lit d’hôpital, loin de tous et de tout. Pedro avait l’habitude de la solitude, mais il espérait vivement rentrer à Poudlard. Jamais il ne se serait douté un jour, que cette école lui manquerait. Il se redressa légèrement sur ses coudes. Aucune douleur apparente visiblement, mais le sorcier se sentait encore trop faible pour se lever du lit. Sa tête tournait légèrement et sa vision n’était pas encore nette. Il esquissa un sourire amical devant la réaction de Rigel. Bien sûr qu’il n’avait pas cru un traitre mot de ce qu’avait pu lui dire le professeur Adernal. Qui pouvait bien croire un personnage aussi imbu de sa personne ?

Pedro ne put s’empêcher de jeter un énième coup d’œil vers sa main fantôme. Il n’espérait pas la retrouver un jour et se maudissait d’avoir été si peu vigilant. Il aurait voulu remonter dans le temps, modifier tout ce qui s’était passé, afin de retrouver la sensation de chaque doigt. Mais il savait que c’était impossible et que modifier le passé, n’apportait que sources de problèmes et de conséquences néfastes. Il lâcha un soupire face aux questions de Rigel. Elle avait raison de s’inquiéter de sa santé. Après tout, s’il avait bien compris la situation, le poison n’était pas totalement parti de son corps. Il lui fallait encore prendre un lourd traitement qui allait probablement l’affaiblir pendant quelques temps.

« Ca va … je me sens encore faible. Je doute pouvoir tenir debout pour le moment, mais d’ici quelques jours je pense être capable de retourner à Poudlard. Et ne t’inquiètes pas, je n’ai pas cru ce professeur machinchose. Malgré ses grands airs prétentieux, son discours ne tenait pas la route. Je savais que c’était toi. Tu m’as accompagné jusqu’au bout et je ne peux que t’en remercier. »

Il voulait faire quelque chose pour elle. Rigel était si jeune et pourtant, elle avait dû faire face à pas mal d’horreur. Mais avant qu’il n’ait eu le temps de répliquer, l’infirmière novice lui posa un paquet de dragées surprises de Bertiecrochue. Les yeux de Pedro s’illuminèrent comme ceux d’un enfant de dix ans. Il n’avait jamais cessé d’aimer ces petites friandises au goût si surprenant. Alors d’instinct, il porta sa main droite vers le paquet et constata qu’il n’en avait plus. Etrangement, il fut pris d’un éclat de rire nerveux.

« Faudra que je m’y fasse je pense ! » dit-il en essayant d’ouvrir péniblement de sa main gauche le paquet de bonbons.

Qu’allait-il devenir ? Arriverait-il encore à enseigner la botanique à Poudlard ? Il n’était pas forcément obligé d’intervenir dans les TP, mais Pedro était un chercheur avant d’être un professeur. L’idée de ne plus jamais pouvoir manipuler de plantes à l’aide de ses deux mains, l’angoissait terriblement. Mais il se le gardait bien pour lui.

« Ca va Rigel ? Ca n’a pas été trop difficile comme épreuve ? Je veux dire … ce n’est pas le genre de cas que l’on rencontre tous les jours à Poudlard. Je ne pensais moi-même, jamais arrivé à un tel résultat en me procurant une telle plante dans ma serre. »

Un silence s’installa. Pedro était songeur, puis il reprit aussitôt.

« Je devrais peut-être éviter de récupérer des plantes à des visages inconnus. On a beau dire que les temps sont plus calmes, la magie noire rôde toujours. Même s’il n’existe plus de grands meneurs, je pense que nous devons nous montrer vigilants. Cet homme savait très bien ce qu’il me vendait. Il savait qu’un jour la Férola m’attaquerait pour m’empoisonner. »

Pedro n’était pas quelqu’un de paranoïaque, mais il savait que des hommes voulaient sa peau. Il l’avait toujours su depuis le jour où son ex femme l’avait trahi. Le jour où l’on avait tué son collaborateur de sang froid. Ses travaux et ses recherches n’avaient pas forcément plus. Une avancée révolutionnaire dans le monde de la botanique, mais également une arme puissante qui aurait pu aider le Seigneur des Ténèbres. Pedro avait empêché qu’un tel évènement se produise et bien entendu, les Mangemorts avaient pour but d’éliminer celui qui avait empêché l’ascension de leur maitre, en partie.
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MessageSujet: Re: Par les tentacules de Férola ! pv Rigel   Lun 14 Sep - 23:37


Par les tentacules de Férola !
Le 28 mars| Avec Pedro & Rigel

Déformation professionnelle, sans doute, mais Rigel ne pouvait s'empêcher de scruter le moindre élément pouvant lui donner des indices sur l'état de Pedro, aussi bien évident que latent. Mais il semblait reposé, pas dans le meilleur de sa forme, mais ne souffrant visiblement pas. C'était signe que la cicatrisation avançait bien : même sous l'action des potions antalgique, si sa blessure ne se résorbait pas correctement, il aurait eu des traces de fièvre et une faiblesse plus caractéristique. Là il manquait juste d'énergie parce que cette dernière était concentrée sur son rétablissement, à défaut de pouvoir parler de guérison.

La jeune femme ne se sentirait réellement rassurée que quand il serait de retour à Poudlard et sur pieds. Ce qu'elle ne lui dit pas non plus c'était qu'elle avait dû quelque peu court-circuiter la procédure pour son cas : elle voulait personnellement être actrice de son rétablissement, du bon côté de la barrière cette fois. Bien sûr, elle n'avait pas eu le choix quand elle avait dû intervenir et le priver de son bras, mais savoir qu'elle n'avait pas eu d'autre alternative n'enlevait pas sa sensation de culpabilité. Il serait à tout jamais marqué par cet incident, et c'était elle qui avait porté le coup. C'était même surprenant qu'il soit si détendu en sa présence, bien que, à vrai dire, elle n'était pas certaine qu'il ait été très conscient des évènements quand elle était passée à l'action. Elle avait eu peur de le perdre : il semblait alors si loin, il semblait avoir cessé de se battre.

Ses remerciements lui semblèrent même déplacés. Bon sang, elle l'avait estropié ! Certes, oui, sans cela il serait mort, mais elle ne pouvait s'enlever de la tête qu'il y aurait pu avoir d'autres moyens de le sauver. Si seulement ils ne s'étaient pas tant trouvés à court de temps. Fort heureusement, la réaction du professeur quand elle lui tendit son présent chassa instantanément sa morosité, visiblement ses sources étaient bonnes et elle ne put que sourire devant son enthousiasme. Sourire qui fut salvateur quand il tenta de se saisir des friandises avec sa main manquante, et réagit d'un rire nerveux que Rigel ne put s'empêcher de partager.

"Je suis désolée. Tu sais, il existe des solutions pour ça, magique ou juste statiques…" Mais cela, ils auraient le temps de le voir plus tard, il devait déjà accepter la perte avant qu'elle ne puisse envisager de lui soumettre de réelles solutions.

Elle le laissa se débrouiller avec une main. Reflexe d'une personne dotée d'une exaspérante fierté : elle détestait qu'on lui apporte de l'aide quand elle était en situation de faiblesse, refusant de s'y résigner et voulant alors prouver qu'elle restait capable de se débrouiller. Ce ne serait pas l'aider que de faire les choses à sa place, il devrait retrouver son autonomie au plus vite et la dernière chose dont il aurait besoin était que les autres agissent comme s'il ne pouvait plus se débrouiller dans des taches quotidiennes. Des gens s'adaptaient très bien à la perte d'un membre, certains même naissaient sans, Pedro était parfaitement capable, comme n'importe qui, de se débrouiller sans.

La question qu'il lui adressa lui fit perdre l'air neutre et légèrement souriant qu'elle s'était constitué. Il était difficile pour elle d'y répondre, l'épreuve avait été un très gros choc pour elle, pas le pire qu'elle ait eu, mais il était certain qu'elle n'avait pas du tout été préparée à ça en tant que médicomage. Elle baissa le regard, la nervosité faisant place à sa calme assurance. Ses mains commencèrent à triturer le bout de ses manches, ne sachant pas trop comment lui répondre, après tout, la personne pour qui l'épreuve resterait la plus dure, c'était bien lui.

"C'est certain qu'en devenant assistante à Poudlard, je ne m'y attendais pas… Enfin… J'en ai vu et vécu d'autres." Elle eut un tressaillement. Rares étaient les fois où elle évoquait, même suggéré, les épreuves passées. Bien entendu, elle avait refusé toute aide psychologique à Sainte Mangouste, ce qu'elle avait vécu en tant que mangemort, elle ne pourrait le confier à personne, même tenu au secret médical. Elle déglutit difficilement, essayant de faire passer la sensation de brulure qui lui nouait la gorge. "Mais… je suis surtout gênée vis-à-vis de toi. J'ai beau me dire que nous n'avions pas le choix, j'aurais tellement voulu que ça n'arrive pas. Malgré ce qui s'est passé, tu te montres si compréhensif et cordial. Je…"

Elle fut incapable de terminer sa phrase, ayant été sur le point de dire que, même consciente des circonstances, elle avait toujours encore certains gestes de craintes face à Stigandr. Elle ne pouvait lui en vouloir, elle était bien trop raisonnée pour cela, mais elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la crainte. Bien sûr, de cela elle ne pouvait pas non plus parler, pour tout le monde, le professeur de sortilège et elle-même avaient été torturés par leurs kidnappeurs. Elle justifiait ses mouvements de crainte par l'état de choc. L'idée que Pedro aurait pu éprouver ce même sentiment envers elle l'avait rongée durant ces jours d'attente. Elle ne put poursuivre son propos et le silence sembla s'éterniser avant qu'il n'évoque la menace de sa plante. Parfait, un peu de situation concrète. Elle se reprit et fronça les sourcils.

"C'est vrai que c'est assez louche. Même sans te cibler en particulier, certaines personnes pourraient chercher à affaiblir l'école dans son ensemble. Après tout, les premiers phénomènes à Poudlard ont blessés le professeur Gregorian. Et sur le Chemin de Traverses, cela ne semblait pas avoir de sens qu'ils aient embarqués Stigandr également… Et pourtant c'est tombé sur lui." Acheva-elle d'un ton acide. [color=#26619c]"Quoi qu'il en soit, sans céder à la panique, il faut effectivement se méfier. Surtout pour ceux qui, comme toi, ne sembleraient pourtant pas être des cibles évidentes." Elle réfléchit quelques instants. "Ce n'est peut-être pas le meilleur moment, mais tu te rappelles d'éléments sur celui qui t'a donné cette plante ?" Elle se permit de piocher dans le paquet de dragées surprise, sans même s'en rendre compte. Coup de chance, elle retomba sur une dragée saveur pudding. "Au fait ! Il y a d'autres plantes potentiellement mortelles dans les serres ? Parce que, bon, je m'occupe un peu des plantes en ton absence, mais en dehors de ce que j'ai vu quand j'étais élève, je suis loin de savoir reconnaitre une plante dangereuse quand j'en vois une."


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