Nox Aeterna

La guerre est enfin finie. Harry Potter et Lord Voldemort y ont néanmoins laissé la vie. Tout semble être rentré dans l'ordre. Mais est-ce vraiment le cas...?
 

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 L'appartement

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MessageSujet: L'appartement   Mar 5 Mai - 10:49

Vendredi soir.

Sixtine Jones, ébranlée par sa rencontre avec Liam Whyte et le duel sanglant qui avait suivi, avait quitté Poudlard. Pour quelques jours seulement. Son prochain cours de divination n'aurait en effet pas lieu avant mercredi, et elle avait obtenu de Minerva McGonagall et de Kingsley Shacklebolt la permission de quitter l'établissement. Robert Owens était après tout là pour assurer la sécurité des élèves et, en cas de problème, elle serait bien vite de retour à Poudlard.

La jeune femme avait transplané dans la banlieue londonienne puis avait préféré prendre le métro, qui l'avait conduite jusqu'à l'appartement qu'elle louait encore, dans le quartier de Whitechapel. Elle emprunta les escaliers qui la menèrent hors de la station de métro puis prit la première rue à droite. Elle marcha quelques mètres encore et s'arrêta devant une porte, dont la peinture bleue s'écaillait un peu plus chaque jour. Elle sortit ses clés, en enfonça une dans la serrure puis rejoignit son appartement, situé au quatrième étage de l'immeuble. Il était petit, défraîchi et poussiéreux mais néanmoins chaleureux et accueillant.

La jeune femme grimpa la vieille échelle qui menait à la mezzanine où se trouvait sa chambre, équipée seulement d'un simple mais grand matelas posé à même le sol et d'une antique armoire devant laquelle Sixtine se trouvait à présent. Elle se déshabilla, prit de nouveaux vêtements et redescendit. Après une douche rapide, elle enfila un jeans noir, un t-shirt à l'effigie du chanteur des Doors et ses éternelles Doc Martens. L'instant d'après la sonnette retentit et une voix familière, que Sixtine avait eu le plaisir d'entendre quelques heures auparavant, se fit entendre.

Sean Alden, un des seuls amis que Sixtine s'était fait dans le monde des moldus, ne tarda guère à faire son entrée. Grand, blond, les yeux clairs, Sixtine l'avait rencontré à la bibliothèque où Sean travaillait et, très vite, ils s'étaient liées d'amitié. Avec bien sûr ce qu'il faut d'ambiguité pour qu'ils n'aient pas eu envie de se perdre de vue.

Visiblement ravis de se revoir, ils se saluèrent chaleureusement puis Sean sortit de son sac une bouteille de vin blanc. Sixtine le remercia, lui fit signe de s'asseoir, se dirigea vers la cuisine et sortit de l'un des placards deux verres propres dans lequel elle versa le vin après avoir débouché la bouteille. Elle revint ensuite dans le salon, tendit le verre à Sean et prit place à son tour sur le vieux canapé élimé.

Canapé sur lequel, Sixtine songea, Liam s'était endormi un jour, au retour d'une mission particulièrement éprouvante qui avait duré pas moins de quatre jours. Tâchant de chasser de son esprit ces souvenirs, elle se tourna vers Sean et lui dit :

-  J'suis contente de te voir, Sean. Tu m'as manqué. Je suis désolée de ne pas t'avoir appelé plus tôt, c'est un peu compliqué, avec le boulot.
- J'ai essayé de t'appeler plusieurs fois mais tu n'as jamais répondu, je tombais directement sur ta messagerie. Je me suis même demandé si tu n'avais pas changé de numéro sans prévenir.
- Non, c'est juste qu'il n'y a pas beaucoup de réseau là où je travaille, et mon téléphone doit rester éteint quand je donne cours.
- J'imagine en effet que ça ferait mauvais genre, particulièrement dans une école privée écossaise. Ne t'inquiète pas pour ça, je comprends. Toi, prof.. Je n'en reviens pas ! Tu ne m'as pas dit ce que tu enseignais...
- Ne parlons pas boulot ce soir, dis-moi plutôt comment tu vas.
- Et comme d'habitude, tu changes de sujet à la moindre question... Moi, ça va, la routine. Rien de bien passionnant. Bon, puisque visiblement tu ne veux parler boulot, dis-moi au moins ce que tu deviens. Mariée, 3 gamins, un labrador ?
- Pas vraiment, non. C'est loin d'être une priorité, j'ai d'autres choses en tête pour le moment. Je suis très bien toute seule et je ne me sens pas encore prête pour avoir un labrador.


Sean sourit et ajouta :

- J'avais oublié à quel point tu avais un humour de merde... Tu disais déjà cela il y a quelques années, ceci dit.
- Ne t'inquiète pas pour moi, je t'assure que je vais très bien.
- Tu ne m'as parlé d'un homme qu'une fois, mais tu avais vraiment beaucoup bu. Comment s'appelait-il, déjà ? Lionel ? Lewis ?
- Liam. Il s'appelait Liam.
- Liam, voilà, c'est ça. Et ?
- Laissons tomber, tu veux ? C'est une vieille histoire, elle ne vaut pas le coup d'être racontée, crois-moi.


Sixtine attrapa la télécommande qui traînait sur la table basse, appuya sur un bouton en direction de la chaîne hi-fi et, quelques secondes plus tard, de la musique retentit. Des morceaux rock ou électro s'enchaînèrent et la soirée se poursuivit. Sixtine et Sean burent et parlèrent encore, se rappelant le passé, les bons moments qu'ils avaient vécus ensemble, les personnes qu'ils avaient croisées. Sixtine se sentait bien, enfin, en compagnie de Sean qui la faisait rire, merveilleusement sain, délicieusement normal. Les derniers éclats de rire s'estompèrent, laissant place à un silence étrange, intime, presque indélicat. Ils se rapprochèrent légèrement puis Sixtine, quelque peu gênée, se leva et dit :  

- La bouteille est vide. Je crois qu'il y a des bières dans le frigo, je vais aller chercher ça.

Mais Sean s'était levé également. De son mètre 85 il toisa Sixtine puis fit un pas vers elle et lui prit la main.

- Six...


Dernière édition par Sixtine "Six" Jones le Dim 10 Mai - 20:32, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: L'appartement   Mar 5 Mai - 11:27

Londres, une nuit sans lune. Sans étoiles, sans espoirs. Une ombre vacillante parcourait les vieilles ruelles de Whitechapel, en proie à de sanglantes pulsions. Les pieds frappèrent une canette de bière ce qui effraya un chat de gouttière, dont la maigre silhouette s’effaça au coin d’une rue dans un miaulement rauque. Les mains se serraient, ainsi que la mâchoire.  Les veines saillantes des bras nus luisaient aux lueurs faiblardes des rares lampadaires. Les yeux, si l’on avait pu les apercevoir, n’auraient exprimé rien d’autre que le vide le plus complet. Liam Whyte n’avait plus rien de l’homme en quête de repentir qui avait refait apparition en Angleterre, un mois seulement avant cette nuit. Il avait abandonné son commerce d’objets magiques douteux, et ne désirait à présent que le sang. Il n’avait que faire d’être arrêté ou même exécuté. Il n’avait plus rien à perdre.

Le Gherkin, au milieu des hauts buildings plus récemment construits, apparaissait au loin, alors que l’Irlandais avançait d’un pas chancelant au milieu des vieux immeubles crasseux. Il avait beaucoup trop bu ce soir-là, comme à son habitude depuis plusieurs semaines. L’alcool était un remède plutôt efficace, qui le plongeait dans un demi-sommeil, sans rêves et surtout sans cauchemars. Car les cauchemars l’avaient hanté, depuis cette nuit où il avait recouvré la mémoire. Les souvenirs l’avaient assailli, torturé, achevé. Il n’était plus que l’ombre de lui-même à présent, en proie à de bien folles idées. Mais Liam était trop lâche pour s’infliger toute la colère et la violence qui s’étaient emparées de lui, trop lâche pour mettre fin à son calvaire. Alors, il fallait trouver d’autres victimes. Et sa quête était sans fin. Chaque nuit, il lui fallait blesser, déchirer, abattre, afin d’évacuer toute la bile qu’il avait en lui. Mais c’était peine perdue.

Au milieu de la soirée, fraîche et nuageuse, Liam avait trouvé de bon goût d’aller chasser sur les terres du meurtrier le plus légendaire de Londres. Manque de chance, le quartier était à présent absolument désert, abandonné par les vendeurs de tissu pakistanais et les nombreux businessmen qui occupaient d’ordinaire les lieux. Et puis, il était à présent bien trop aviné pour espérer chasser autre chose que les cadavres de bières qui jonchaient les pavés. L’Irlandais s’appuya contre un mur, recracha quelques vapeurs d’alcool et s’alluma une cigarette, tâchant tant bien que mal d’échafauder un plan qui lui permettrait de satisfaire ses pulsions sanglantes. Il regarda sa montre. Vingt-trois heures. Il lui restait bien du temps avant que le jour se lève et, se sentant vaciller, il se dit que la meilleure solution était d’attendre que l’ivresse le quitte avant de chercher une victime potentielle. Il se souvint alors de ce bar sorcier, à quelques rues de là où il se trouvait. Le Dirty Goblin. Il se rappela des quelques soirées qu’il avait passées là-bas, avec Greyback, encore couvert du sang de leurs victimes.

Un sourire, triste, qui disparut bien vite, alors que ses pieds prenaient la direction du pub. Au bout de quelques minutes, Liam se retrouva face à une devanture crasseuse, chapeautée de la statue sombre d’une créature qui était censée être un gobelin mais qui ressemblait davantage à un leprechaun au chapeau composé de fientes de pigeon. Il poussa la porte qui abandonna un grincement peiné, et alla s’installer sur une banquette à côté du comptoir. Le tissu, noirci des bières renversées par les ivrognes comme lui, recracha un nuage de poussière en l’accueillant. Liam souffla, ravi de ne pas encore avoir vomi tout l’alcool qu’il avait ingurgité, et commanda une Bièraubeurre.

Une demie heure passa. Le bar était plus désert encore que les Trois Balais, cet autre soir, lorsqu’il avait retrouvé Sixtine. Lorsqu’il avait recouvré la mémoire, aussi. Sixtine, qui lui avait révélé d’autres vérités qui contribuaient à son état psychologique très instable du moment. Sixtine, avec qui il avait pu arpenter les rues de Whitechapel à de nombreuses reprises, et dont l’appartement, il y songea soudain, n’était pas très loin. L’avait-elle conservé, maintenant qu’elle travaillait et vivait à Poudlard ? Il n’en saurait probablement jamais rien, car il ne la recroiserait certainement jamais. Il devait aussi porter son deuil, ainsi que celui d’une relation qu’il avait étouffée dans l’œuf.

Liam Whyte se leva d’un bond, trouvant l’air du Dirty Goblin subitement irrespirable. Il était temps de sortir, et de mettre ses plans à exécution. La porte grinça à nouveau alors que Liam sentait avec soulagement l’air frais sur son visage. Coup d’œil à gauche, à droite. Toujours personne. Alors Liam se dirigea vers la station de métro la plus proche, Aldgate East, espérant croiser quelque voyageur nocturne. Old Castle Street n’était pas loin… C’était la rue de l’appartement de Sixtine. Sans savoir vraiment pourquoi, Liam décida d’éviter le métro et de se diriger plutôt vers ladite rue, dans laquelle il trouva une jeune femme, assise devant un vieil immeuble aux briques noircies, datant du XIXe siècle. Celui de Sixtine.

La fille, qui ne devait avoir que 17 ou 18 ans, semblait perdue, les yeux rivés sur son téléphone portable. Lorsqu’elle entendit Liam, elle leva les yeux, et le héla, avec un fort accent de l’est londonien.

« Hey toi ! Tu chercherais pas de quoi pimenter ta soirée ? J’ai tout ce que tu veux. Coke, Héro, MD ? Si t’as de quoi payer bien sûr ! »

L’Irlandais s’approcha. Une junkie, seule dans la rue en pleine nuit. Personne d’autre à l’horizon. C’était presque trop parfait. Surtout qu’hormis les cernes bleuâtres qui soulignaient ses yeux et les marques qui ornaient ses avant-bras, preuves d’un mode de vie douteux, elle était plutôt jolie.

Liam se contenta d’acquiescer et sortit son portefeuille, rendu plus lourd que la moyenne par les quelques gallions qu’il contenait. La fille se leva et lui tourna le dos pour composer le code qui permettait d’accéder au hall de l’immeuble.

« C’est calme. Mais les flics tournent pas mal dans le coin. Ici ce sera mieux. Viens. »

Et Liam de lui emboîter le pas, pensant que c’était décidément bien trop facile et ne songeant pas une seule seconde que Sixtine se trouvait alors quelques étages au dessus de lui.


Dernière édition par Liam Whyte le Mar 5 Mai - 21:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'appartement   Mar 5 Mai - 19:20

Arresto Momentum. Pourtant personne n'avait jeté ce sort, une toute autre forme de magie était à l'oeuvre en cette jolie soirée. L'espace d'un instant seulement, Sixtine se crut capable de prendre la main de Sean et de ne jamais la lâcher. Mais cette impression, aussi soudaine qu'éphémère, disparut bientôt tout à fait. Il lui était impossible de nouer le moindre lien, fût-il trop dur à défaire. Et tout cela était bien trop compliqué. Sean, après tout, ignorait tout du monde des sorciers. Que passerait-il si Sixtine, sûre de ses sentiments, apprenait à Sean la vérité, et que celui la refusait obstinément ? Peut-être la prendrait-il pour une menteuse ou pour une folle... Il était fort peu avisé d'ainsi se révéler, c'était après tout prendre le risque de voir rejeter sa propre nature.

Ou peut-être devait-elle quitter à jamais le monde magique, celui qui s'était un jour soulevé et n'avait pas voulu d'elle. Vivre parmi les moldus, comme tant d'êtres humains sur terre, qui pour certains semblaient heureux. Mais elle savait au fond d'elle que c'était impossible, d'une manière ou d'une autre la magie trouverait son chemin, comme elle l'avait toujours fait. Et quand bien même Sean aurait accepté la vérité, Sixtine ne pouvait prendre le risque de s'attacher.

Le Mal, un jour, reviendrait.

Insidieusement, d'abord, pour un jour se répandre comme une traînée de poudre et incendier bien des vies. Comment, dès lors, pourrait-elle se battre, le moment venu ? Elle n'avait rien à perdre et c'était là sa force, aimer signifiait devenir vulnérable. Tout un tas de trucs cons que l'amour vous fait faire, comme passer à l'ennemi pour protéger les siens. Sixtine le ferait-elle ? Elle n'en savait rien, c'était une question dont bien souvent personne ne souhaitait connaître la réponse, qui ne se manifestait qu'une fois au pied du mur. Elle était  une Auror, à présent, si une nouvelle guerre éclatait Sixtine serait en première ligne...

Mais elle était avant tout un être humain, faite d'espoir et de rêve, de l'un ou l'autre fragment de bonheur auquel elle aspirait. Une part d'elle-même savait d'ailleurs que Sean, passé le choc de l'annonce, accueillerait avec enthousiasme cette révélation. Elle pourrait alors cesser de lui mentir, lui raconter son histoire, les dangers et les déceptions qu'elle avait affrontés. Pendant quelques secondes, elle les imagina, elle et lui, se promenant main dans la main à Pré-au-Lard ou sur le Chemin de Traverse par une journée ensoleillée... Et lui raconter Poudlard et ses portraits, Poudlard et ses fantômes, Poudlard et ses escaliers, Poudlard et ses élèves... Poudlard et sa bataille. Poudlard et ses morts. Sixtine lâcha la main de Sean et s'éloigna de quelques pas.

- Je suis désolée, Sean. Je ne peux pas...

Sean la considéra gravement de son regard océan, si différent de celui de Liam, qui vous transperçait le corps. Il resta silencieux quelques instants puis, dit :

- Je ne comprends pas, Six. Toi et moi, c'était... Il y avait quelque chose, non ? Si pas, je ne serais pas là. Tu me dois au moins une explication.
- Je ne peux pas, d'accord ? Je n'ai pas envie de te mentir, merde.
- Mais c'est quoi ton problème ? T'es en cavale ? T'as fait de la taule ? T'es le témoin d'un meurtre ? T'as trahi le parrain de la mafia sicilienne ? Je ne suis même pas sûr que tu es vraiment prof.
- Je SUIS prof.
- Ah ouais ? Et prof de quoi ?!


Sixtine ne répondit pas. Le silence ne sembla guère contenter Sean.

- Voilà, tu recommences ! Tu as disparu du jour au lendemain, j'ai du me contenter d'un SMS me disant que tu mettais les voiles en Ecosse, donner cours dans une école où soi-disant y'a pas de réseau ! Faudrait quand même pas trop se foutre de ma gueule, Six, c'est insultant, ces conneries que tu racontes ! Puis tu reviens, du jour au lendemain, sans prévenir, tu m'appelles et j'accours comme un con, avec le même baratin et pas la moindre explication ! Tu fais chier, putain, ça pourrait marcher, Six,  tout ce que t'as à faire c'est de me faire confiance ! Qu'est-ce que tu peux avoir fait de si inavouable, bordel ?
- Je n'ai rien fait, d'accord ? Ne commence pas à t'imaginer tout un tas de trucs, je n'ai rien fait. J'ai pas fait de taule et je n'ai tué personne, tout cela n'a aucun rapport avec la justice.. C'est juste... mon métier et... qui je suis.
- T'es agent secret ? Tu bosses pour la CIA ? T'es un martien undercover venu pour détruire la Terre ? Merde, Six, je veux des réponses.
- Ecoute... J'aime passer du temps avec toi, vraiment. Avant que je parte pour l'Ecosse, tout était différent... C'est pas aussi simple, Sean.
- Ok. Alors explique-moi, j'ai tout le temps.


Mais Sixtine ne broncha pas, laissant Unintented de Muse répondre pour elle. Sean fit un mouvement vers elle, lui laissant penser qu'il allait l'embrasser mais ce ne fut pas le cas. Au lieu de ça, il prit sa veste dans un mouvement furieux et se dirigea sans mot dire vers la porte d'entrée, qu'il ouvrit avec colère. Il se rua dans l'escalier et Sixtine, tout d'abord immobile, finit par lui emboîter le pas. Il avait descendu la première volée de marche quand la jeune femme, debout sur le palier, lui cria :

- Sean, attends ! Reste. S'il te plaît.

L'homme sembla hésiter, descendit encore quelques marches puis s'arrêta, soupira et fit volte-face. Remontant les marches une à une, il leva les yeux vers Sixtine et lui dit :

- T'es chiante, Jones.

Ils rentrèrent et la porte se referma derrière eux.


Dernière édition par Sixtine "Six" Jones le Dim 10 Mai - 20:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'appartement   Mar 5 Mai - 20:40

Liam suivait la fille, l’esprit ailleurs. Etrangement, revenir ici calmait pour le moment sa soif de sang. Il aurait pu simplement attendre que la porte se referme derrière lui pour lui sauter dessus, utiliser sa baguette et ses poings, et faire couler le sang sur les dalles de granit. Au lieu de cela, ses yeux abandonnaient sa victime pour s’attarder sur les moulures aux murs, rendues presque difformes par le temps et le manque d’entretien, puis sur les noms des boîtes aux lettres. Il se souvint alors que Sixtine n’avait jamais voulu y mettre son nom, disant préférer rester discrète.

La fille lui intima d’avancer rapidement dans l’arrière-cour, afin de ne pas croiser un potentiel habitant de l’immeuble. Toujours aussi pensif et alangui par la grosse quantité d’alcool qu’il avait ingurgitée, l’Irlandais pressa légèrement le pas et la laissa l’attirer à l’abri des regards. Il se frotta les yeux, subitement accablé de fatigue, et songea qu’il aurait tout donné pour abandonner là la pauvre gamine qui voulait lui revendre sa merde. Et puis, monter les escaliers jusqu’au quatrième étage, y retrouver Sixtine et se lover tout contre elle, dans le lit qu’il avait hésité à rejoindre la dernière fois où il était venu.

Trop absorbé par les regrets, Liam avait baissé sa garde. Il se trouvait à présent dans la cour avec la jeune femme qui lui présentait fièrement sa marchandise, éclairés simplement par la lueur vacillante de la minuterie.

« Alors, tu veux quoi ? On va pas y passer trois heures. »

Sans savoir vraiment pourquoi, Liam, toujours aussi silencieux, lui montra un des sachets de cocaïne, son portefeuille toujours au creux de sa main.

« Ok. Je te le fais à 25. Sauf si t’en veux plusieurs. Tu m’as l’air d’en avoir besoin, mec. »

Et puis, un bruit derrière lui. L’acier glacé d’une lame contre sa gorge. Derrière lui, la voix d’un homme, apparu de nulle part.

« Bien joué Pixie. Ce gars a l’air blindé aux as. »

Le menaçant toujours de son poignard, l’homme s’était saisi de son portefeuille et vérifiait à présent son contenu. Quelques secondes de silence, Liam remarqua un sourire mutin sur les lèvres de la dénommée Pixie. Et puis, Liam sentit la lame appuyer de manière plus pressante contre la chair de son cou.

« C’est quoi ça mec ? De l’or ? Sérieusement ? »

Liam se douta alors que l’homme avait mis le doigt sur l’un de ses gallions.

« Réponds. C’est quoi ? J’ai jamais vu un truc pareil. Pixie, à part ces pièces, ce mec a pas une thune. »

C’était le moment. Pixie s’était approchée de lui et attrapé au vol le portefeuille que l’homme lui avait balancé. Profitant de cet instant de flottement, Liam asséna un coup de coude violent dans les côtes de l’homme qui laissa échapper un grognement sourd et laissa tomber son poignard au sol.

Et tout alla très vite, comme toujours. Liam se saisit prestement de sa baguette magique et infligea aux deux complices un sortilège de mutisme. La soif de sang, et de vengeance, à nouveau. Et plus rien d’autre.

Les deux voyous commencèrent à paniquer en remarquant que plus aucun son ne sortait d’entre leurs lèvres. L’homme prit la main de la jeune femme et l’attira en courant vers la porte qui menait au hall d’entrée. Un coup de baguette magique, et la porte refusa de s’ouvrir. L’homme regarda Liam, terrifié, tirant tant bien que mal sur la poignée qui continuait de lui résister.

Amusé par la situation, Liam finit par s’allumer une cigarette, étrangement calme bien que remarquant soudainement que la lame du poignard avait laissé une empreinte dans sa peau lorsqu’il s’était libéré de son emprise. La blessure était peu profonde mais laissait échapper un fin filet de sang qui descendait jusque sur son torse, laissant une empreinte sombre sur son tee-shirt blanc. L’Irlandais passa sa main sur sa gorge et regarda le sang sur ses doigts, qu’il s’empressa de sucer.

- Tu n’as vraiment pas attaqué le bon « mec », mec.

Il tira une seconde fois sur sa cigarette qu’il envoya voler à côté des poubelles. Il pointa sa baguette sur l’homme, qui continuait à parler dans le vide et qui, plein de colère, avait retroussé ses manches et s’approchait maintenant de lui, bien décidé à l’attaquer. Liam se mit à rire en secouant la tête.

- Penses-tu vraiment que tu es de taille ? Impero !

L’homme fit quelques pas, robotique, et ramassa son poignard. Alors, Liam posa les yeux sur la jeune femme qui était à présent recroquevillée dans un coin, paniquée, son maquillage coulant sur ses joues. La minuterie s’arrêta soudainement, et les ténèbres les entourèrent. Liam se dirigea vers l’interrupteur et la lumière réapparut. L’homme, qui était auparavant à quelques mètres de la jeune femme, se trouvait à présent tout proche d’elle et lui faisait face, le regard vitreux, sans aucune expression sur le visage. La lame brillait au creux de sa main. Liam, observant la scène avec le même amusement qu’un spectateur de film muet, et sentit la peur de la jeune femme, qui semblait supplier son ami de l’épargner. Nouvelle cigarette, qu’il allait fumer entièrement cette fois-ci, tout en savourant le spectacle qu’il allait mettre en scène.

L’homme, véritable pantin, restait immobile devant la jeune femme, attendant que son marionnettiste tire les ficelles. Une bouffée de fumée, un gracieux geste du poignet.

Alors que la fille pleurait toutes les larmes de son corps, l’homme leva subitement le bras et porta la lame à son propre cou. Et puis, il ne fallut qu’une dixième de secondes pour que le sang inonde Pixie, sortant en jets de la profonde entaille que l’homme avait creusée au fond de sa gorge. Il fallut peu de temps avant qu’il ne s’écroule sur le sol.

La jeune femme se mit à crier,  sans qu’aucun son ne sorte de sa bouche. La seule voix que Liam entendit alors fut celle de Sixtine, à travers une fenêtre restée entrouverte.

Sa baguette faillit glisser d'entre ses doigts. Rêvait-il ? Non, il n'avait pas rêvé. Sixtine était là, tout près de lui. Ne faisant plus cas de la fille qui restait tremblante et sanglotante dans un coin de la cour, Liam se dit alors que ce n'était pas un hasard, qu'il devait monter la rejoindre, comme il en avait eu envie quelques minutes plus tôt. Il regarda autour de lui et prit conscience de la gravité de la situation.

Et si Sixtine l'avait-elle aussi entendu ? Et si elle débarquait et découvrait ce carnage ? Encore une fois, Liam réfléchit très rapidement. Il pointa sa baguette sur le cadavre et murmura :

- Avifors !

L'homme disparut soudainement, remplacé par quelques pigeons qui s'envolèrent hors de la cour. Il nettoya le sang sur le sol d'un geste sec, réserva un sortilège d'Amnésie à la jeune femme, déverrouilla finalement la porte et rangea sa baguette. La jeune femme, bien que toujours couverte de sang, s'engouffra calmement dans le hall et sortit dans la rue, d'un pas traînant.

Liam le regarda disparaître et monta les marches quatre à quatre, s'arrêtant devant la porte de Sixtine. Devait-il frapper ? Il tendit l'oreille et perçut une voix masculine. Toute hésitation s'évanouit alors, et trois coups secs résonnèrent.


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MessageSujet: Re: L'appartement   Mar 5 Mai - 21:55

L'appartement de Sixtine était particulièrement isolé du reste de l'immeuble, elle ne perçut donc rien de l'horreur qui s'était déroulée sur le pas de sa porte. La musique, d'ailleurs allait fort, couvrant le bruit que fit un étrange objet qui s'était mis à tourner sur lui-même en émettant un sifflement. Un Scrutoscope, sensé vous avertir entre autres de la présence d'individus louches. Les yeux de Sean, amusés, se posèrent sur le drôle d'objet puis il interrogea Sixtine à son sujet. Ce n'était rien, lui répondit-elle, rien qu'un stupide gadget trouvé dans une brocante. Elle ne s'inquiète pas outre mesure de le voir se mettre en marche, il était assez vieux et, régulièrement, il se mettait en marche sans l'ombre d'une raison valable. Gênée, elle sourit et se dirigea vers la cuisine, flanqua le Scrutoscope dans la poubelle, prétextant qu'il était temps qu'elle le jette, qu'il faisait parfois du bruit la nuit et que cela la dérangeait. Elle se dirigea ensuite vers le frigo, qui ne contenait rien d'autre qu'un pack de canettes de bière. Sixtine en sortit deux puis retourna dans le salon et s'assit à côté de Sean qui avait reprit place dans le vieux canapé. Elle ouvrit sa bière, but une longue gorgée puis prit une cigarette du paquet qui traînait sur la table basse. Elle l'alluma, aspira toute la fumée qu'elle put puis la recracha. Déchirée entre son sens du devoir et les sentiments qu'elle ressentait pour Sean, elle n'était néanmoins pas prête à le laisser partir. Peut-être se posait-elle trop de questions, peut-être devait-elle se contenter de profiter du moment présent, sans se soucier de l'avenir. Aussi mit-elle sa main dans la sienne. Elle accrocha son regard et, après quelques instants, lui dit :

- Je suis bien avec toi, Sean. Vraiment. J'ai une vie compliquée et je ne t'en parle pas parce que je ne te fais pas confiance, mais parce que j'essaye de te protéger. De nous protéger. S'il te plaît, ne parlons plus de tout ça ce soir, et laissons le temps faire les choses. Je suis un peu compliquée, c'est vrai, et je n'ai pas vécu que des trucs faciles. Il va vraiment te falloir un peu de patience avant d'avoir les réponses à tes questions. Tu crois que tu peux faire ça pour moi ?
- C'est bien là mon problème, Sixtine. Je crois qu'il n'y a pas grand chose que je ne ferais pas pour toi.


Les paroles de Sean touchèrent Sixtine de plein fouet, qu'il était bon de s'entendre ainsi bercer, de se laisser porter par de si belles émotions. Peu à peu Liam disparaissait, il l'avait trahie et jamais elle ne le pardonnerait. Un être aussi solaire que Sean ne pouvait être que le remède à la longue nuit de Liam Whyte... La musique résonnait encore, succéda aux accords de Muse Massive Attack et ses rythmes sensuels, entêtants, inquiétants, parfois. Sixtine oublia tout et devint soudainement légère, pour une raison qui lui échappa elle éclata de rire, se débarrassa de ses chaussures et grimpa sur Sean. Elle entoura son visage de ses mains, caressa sa peau, ses cheveux et, abandonnant sa mélancolie et son malaise, lui dit :

- T'es qu'un con, Alden. Tu n'as pas la moindre idée de dans quoi tu t'embarques. Si cela part en couilles, ce sera entièrement ta faute, tu m'entends ?
- T'as pas tort, ma grande, je suis complètement perdu. Mais ça a l'air mieux que toutes les fois où j'ai cru savoir où j'allais, alors je vais continuer tout droit et puis on verra bien, qu'est-ce que t'en penses ?


Sixtine sourit une nouvelle fois, rapprocha son visage de celui de Sean, ferma les yeux et...

On frappa à la porte. Sixtine s'interrompit et Sean, de bonne humeur, dit :

- C'est un complot. Ou alors je suis maudit.

Voyant que Sixtine demeurait immobile, les yeux rivés sur la porte, il ajouta :

- Tu ne vas pas ouvrir ?

Quelque chose ne tournait pas rond. Il était après tout relativement tard et Sixtine n'attendait plus personne. Elle se ressaisit néanmoins bien vite, ce n'était probablement que la voisine du dessous, qui venait leur demander de baisser la musique. Sixtine songea furtivement à sa baguette magique, restée dans la salle de bain mais se dirigea malgré tout vers la porte, qu'elle fixa encore quelques instants et qu'elle finit par ouvrir, presque mécaniquement.

Liam-Fucking-Whyte. Mais qu'est-ce qu'il foutait là ?

Incapable de dire un mot, Sixtine ne répondit pas au joyeux "C'est qui ?", lancé par Sean, furieuse et atterrée de voir que Liam s'était permis de venir jusque chez elle. Elle resta silencieuse, interdite, sans avoir conscience de l'état d'esprit dans lequel se trouvait l'Irlandais. Revenant à elle, elle ferma les yeux et, douloureusement, dit :

- Sean. Je suis désolée, mais il va falloir que tu t'en ailles.

It's showtime.


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MessageSujet: Re: L'appartement   Mar 5 Mai - 22:39

Le temps que Sixtine prit à lui ouvrir la porte lui parut une éternité. A qui appartenait cette seconde voix ? Avec qui passait-elle donc la soirée ? Les secondes s’égrenaient lentement, mais Liam attendait patiemment, planté au milieu du couloir. Une douleur au cou. Il en avait presque oublié ce qui venait pourtant tout juste d’avoir lieu dans l’arrière-cour, et sa blessure à la gorge, qui se mit soudain à le lancer. Il grimaça, baissa les yeux et remarqua que son tee-shirt blanc était rougi d’un sang qui peinait à sécher. Il profita de ces longues secondes d’attente pour refermer sa veste en cuir et cacher la trace de son combat, espérant que son col Mao dissimule par la même occasion cette entaille qui se mettait tout juste à le faire souffrir.

Mais les traces de sang sur sa gorge n'étaient pas le seul signe de la déchéance de Liam. l'Irlandais n'avait pas fière allure. Cela faisait à présent un mois qu'il se laissait aller et que l'alcool était devenu sa seule nourriture. Il avait donc perdu beaucoup de poids et ses joues s'étaient creusées, mais une barbe devenue hirsute recouvrait sa maigreur.

La porte, qui fort heureusement avait camouflé les avances de Sean, la réponse de Sixtine, et surtout le baiser qu’ils avaient failli échanger, finit enfin par s’ouvrir. Dans l’encadrure, outrageusement belle, apparut Sixtine Jones. Elle n’était pourtant vêtue que très simplement, mais son tee-shirt soulignait parfaitement ses jolies formes. Liam ne put s’empêcher de laisser traîner ses yeux hors de son visage, pendant un court moment. Et puis, il les riva sur les siens, demeurant désespérément silencieux, ne sachant quoi lui dire. Ce fut elle qui brisa ce silence de courte durée.

« Sean. Je suis désolée, mais il va falloir que tu t'en ailles. »

Sean, c’était donc son nom. Liam fronça les sourcils, entendant des bruits de pas dans leur direction. Un grand blond apparut finalement, et s’arrêta net juste à côté de Sixtine. Liam ne prit d’abord pas la peine de détailler des yeux, préférant garder ses yeux fixés sur elle. Il plissa le nez de dégoût, sentant la colère s’emparer de lui à nouveau et réveiller en lui des pulsions qu’il avait pourtant assouvies quelques minutes auparavant. Liam cessa enfin de regarder Sixtine, écœuré par la situation, et se mit à fixer les yeux clairs du dénommé Sean, plein de défiance. Il finit par ouvrir la bouche, défiant Sean du regard, et déclara d’un ton cassant :

- Oui Sean, il va falloir que tu t’en ailles.

Sixtine savait que Sean risquait gros, s’il restait dans les parages. Car personne n’était en sécurité en présence de Liam Whyte. Elle-même en avait fait les frais, la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Et pourtant, il n’avait jamais voulu lui causer du tort. Par contre, il risquait fort d’en causer à un concurrent potentiel.

Sixtine le savait fort bien, mais Liam jugea bon de lui donner un nouvel indice de sa détermination, plongeant, l’air de rien, sa main dans la poche arrière de son jean, là où il gardait habituellement sa baguette magique. L’esquisse d’un sourire, plein de malice. Elle comprendrait.


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MessageSujet: Re: L'appartement   Mar 5 Mai - 23:39

Merde. Etait-ce dont là tout ce à quoi elle avait droit ? Quelques secondes de bonheur à peine ? Mais ce n'était guère le moment de se soucier de ce très mauvais timing, la priorité était avant tout de protéger Sean. Et pour cela, il n'y avait qu'une seule solution : il fallait qu'il parte, vite. Sixtine retiendrait Liam assez longtemps pour ne pas qu'il puisse suivre Sean, s'en débarrasserait et rappellerait Sean pour tout lui expliquer une fois le visiteur indésirable parti. Et cette fois-ci, elle lui dirait tout, espérant qu'il serait suffisamment intelligent pour lui rétorquer d'aller se faire mettre, de préférence par un autre que lui. Sixtine entendit Sean approcher et bientôt, les deux hommes se firent face, aussi différents l'un de l'autre que le jour et la nuit. Si il ignorait tout de Liam, il n'avait aucun mal à ressentir la sensation de malaise dans laquelle son arrivée avait plongé Sixtine. Sean regarda la jeune femme, interloqué, fit mine d'ouvrir la bouche mais fut coupé dans son élan par Liam, visiblement furieux.

Sean n'était pas du genre violent, Sixtine ne souvint pas qu'il ait un jour été impliqué dans une bagarre mais elle ne savait pas très bien jusqu'où il pourrait aller pour la défendre. La défendre, elle, alors que c'est lui, plutôt, qui avait besoin de sa protection. Poings et pieds, armes dérisoires lorsque le camp d'en face pratique la magie. Le temps s'écoulait avec une très désagréable lenteur, Sixtine attendait avec angoisse la réaction de Sean. Si elle n'avait pas eu à ce point peur pour sa vie, elle lui en aurait voulu de la laisser seule avec un homme visiblement de très mauvaise humeur. Non pas qu'elle avait besoin de Sean, mais elle l'aurait vu comme une marque de lâcheté, défaut qui parmi tous était celui qu'elle exécrait le plus. Mais là, tout était différent, il fallait qu'il parte, vite et qu'il la laisse régler ce problème. Qu'il comprenne qu'il ne pouvait rien pour elle.

Et bien évidemment, ce n'est pas du tout ce qu'il fit.

- Six, je peux savoir ce qui se passe ? Qui c'est, lui ?

Il se tourna ensuite vers Liam et, d'un ton très calme, lui dit :

- Je ne sais pas qui tu es mais visiblement tu as trop bu. Je n'ai pas la moindre envie de te laisser seul avec elle.

Un sueur glaciale dégoulinait à présent dans le dos de Sixtine, qui vit la main de Liam disparaître dans sa poche arrière. Sean, lui, ne comprenait pas le danger dans lequel il se trouvait désormais. Subtilement, Sixtine prétexta se rapprocher de Liam pour protéger Sean de son corps. Elle jeta à Liam un regard suppliant et, ne lâchant pas l'Irlandais des yeux, dit à Sean :

- Sean, je te le répète, je suis désolée, mais il va falloir que tu t'en ailles. Je te présente Liam.

Plusieurs émotions se succédèrent sur le visage de Sean. De la surprise, d'abord, puis de la colère. Il semblait à deux doigts d'une fois de plus claquer la porte de l'appartement, mais quelque chose chez Sixtine le fit changer d'avis. Il se tourna vers elle, ignorant Liam délibérément puis, dit :

- Je vois. Visiblement vous avez des choses à vous dire. Mais j'ai aucune envie de te laisser elle avec un mec saoul et furieux.
- Il ne me fera aucun mal, je peux te le jurer. Nous devons juste... discuter.
- Ouais, discuter, j'imagine...


Le ton qu'il avait employé fit mal à Sixtine, ne pouvait-il simplement pas la croire, lui faire confiance et déguerpir ? Mais il sembla comprendre qu'il était de trop, enfin. Probablement pas pour les bonnes raisons mais cela n'avait aucune importance, l'essentiel était qu'il quitte au plus vite cet appartement. Il se dirigea vers le fauteuil, attrapa une nouvelle fois sa veste et sortit... puis fit demi-tour. Il passa à côté de Liam à qui il n'adressa pas un regard et, sans crier gare, embrassa fougueusement Sixtine qui ne lutta pas.

- Tu m'appelles, Jones, pigé ? Tu m'appelles. Règle ce que t'as à régler et reviens, parce que je te laisserai plus partir, tu m'entends ?

Il sortit pour de bon cette fois-ci, non sans balancer à Liam un "fais gaffe à elle" bien senti.


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MessageSujet: Re: L'appartement   Mer 6 Mai - 0:28

Sa main serrant toujours sa baguette magique, Liam observait la scène avec ce même sourire énigmatique qu’il venait d’esquisser. La colère qu’il ressentait à l’idée que ce garçon pouvait vivre une histoire avec Sixtine s’effaça légèrement au profit de sentiments moqueurs, qu’il ne prit même pas la peine de cacher, une expression narquoise sur le visage.

« Je ne sais pas qui tu es mais visiblement tu as trop bu. Je n'ai pas la moindre envie de te laisser seul avec elle. »

Mais que faisait-elle avec ce cliché de prince charmant ? Jamais ce genre de types n’avaient eu leur moindre chance avec Six. Il se souvenait d’ailleurs de ce garçon à peine majeur, tout à fait attirant mais bien trop lisse, qui avait tenté de la séduire, un soir dans un bar, et qu’elle avait gentiment envoyé paître. Et Sean lui ressemblait comme deux gouttes d’eau.

Liam les écouta parler sans rien dire, toujours aussi amusé des ridicules manières de chevalier servant du jeune homme, les yeux rivés sur Sixtine. Il la quitta finalement des yeux, juste pour s’assurer que Sean, qui venait de sortir, s’en allait bien. Manque de chance, il fit demi-tour. Et subitement, le sourire qui n’avait plus quitté Liam depuis un instant déjà s’effaça et laissa place à une série d’expressions diverses mais qui ne laissaient plus aucun doute au sujet des sentiments de Liam à l’égard de Sixtine.

La stupeur, d’abord. Il n’en croyait pas ses yeux. Comment osait-il ? S’il savait à qui il avait réellement à faire, il n’aurait jamais osé poser ne serait-ce que les yeux sur elle. Mais à présent ses mains s’étaient saisies de ses hanches, et sa langue venait de se glisser dans sa bouche.

Liam ne put réprimer son dégoût et fronça le nez, détournant les yeux. Lorsqu’il fit l’erreur de regarder à nouveau la scène qui se jouait à une mètre de lui, la colère. Il eut envie de le saisir par la gorge, de fracasser son crâne contre le mur, et d’arracher de ses mains cette langue qui avait osé profaner un sanctuaire inviolable.

La rage montait en lui, ses mâchoires s’étaient crispées et il se retenait tant bien que mal de faire quoi que ce soit qui pourrait annihiler toutes ses chances de réconciliation avec Sixtine.

Heureusement pour lui, Sean avait une certaine présence d’esprit, et ne fit pas durer le calvaire de Liam bien longtemps. Il adressa à Sixtine une énième banalité et entreprit de s’en aller pour de bon.

Et malheureusement pour lui, Liam n’avait pas la même présence d’esprit, bien trop furieux et excité par son début de soirée. Alors, il n’hésita pas à le suivre à pas de loup et à sortir sa baguette magique. Sean, qui avait commencé à descendre les escaliers, trébucha sans raison apparente et se rattrapa tant bien que mal à la rambarde, évitant la chute. Un sort, sans qu’il le remarque, juste pour le mettre en garde. Sean comprit que Liam, qui avait rapidement caché sa baguette et qui le toisait depuis le palier, était responsable de son déséquilibre, sans connaître ni comprendre son stratagème.

L’Irlandais attendait, impassible à présent, et espérait une réaction qui ne vint pas puisque Sean avait finalement continué à descendre après lui avoir lancé un regard perçant.

Liam haussa les épaules, presque déçu, passa à côté de Sixtine sans lui adresser le moindre regard, pénétra dans le salon et alla prendre place, comme si de rien n’était, sur le canapé. Il ouvrit sa veste qu’il balança sur le dossier d’une chaise, découvrant son tee shirt couvert de sang, et se saisit d’une bière déjà ouverte qui trônait sur la table basse. Une gorgée, puis deux ; il devait à tout prix retrouver son calme.
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MessageSujet: Re: L'appartement   Mer 6 Mai - 20:41

Q. Tarantino a écrit:
The Bride: You want to come to the wedding?
Bill: Only if I can sit on the bride's side.
The Bride: You'll find it a bit lonely on my side.
Bill: Your side always was a bit lonely. But I wouldn't sit anywhere else.

Pendant quelques secondes, Sixtine écouta le bruit des pas de Sean dans l'escalier, se demandant si déguerpir et le suivre n'était pas la meilleure des solutions, si pas la seule. Elle était cependant consciente que Liam, dans sa folie, ne tarderait guère la retrouver. Le problème devait être réglé d'une toute autre manière, et devait l'être ce soir. Peut-être même avec sérénité. Mais un sortilège fut lancé et Sean trébucha, ravivant chez Sixtine fureur et mépris. C'était un geste d'une petitesse peu commune, même pour Liam Whyte. Sans vergogne ou invitation, l'homme pénétra dans l'appartement et, comme si il avait été en terrain conquis, se jeta sur le canapé. Le voyant ainsi, Sixtine remarqua enfin à quel point il avait maigri. Et il puait l'alcool, une fois de plus. Il était devenu une véritable épave, à l'intérieur de laquelle du rhum avait été oublié. Enfin, il retira sa veste, dévoilant sa chemise, souillée d'un sang qui plus que probablement n'était pas le sien. Le spectacle n'émut guère Sixtine : du sang, elle en avait vu, le sien, celui des autres, cela ne lui faisait pas peur. La colère l'avait rendue glaciale.

- Je vois que tu as retrouvé du travail, félicitations, Whyte.

Elle l'observa avec dégoût, boire sa bière comme un junkie aurait fumé du crack. Comment avait-il pu tomber si bas ? Il n'avait plus rien d'humain, si ce n'est la chair et le sang, sa raison avait abdiqué, en faveur de ses pulsions et de sa folie. Sixtine avait pourtant la conviction qu'il ne lui ferait jamais de mal, pas à elle... Pas volontairement, du moins. Elle jeta rapidement un oeil à ses chaussures qui traînaient non loin du canapé mais son attention fut détournée par la sonnerie de son téléphone, posé sur la table basse. Comprenant l'importance de rapidement réagir (son téléphone aurait, le cas contraire, probablement finit éclaté contre un mur), elle rejoignit Liam et décrocha rapidement. C'était Sean, bien sûr, qui d'ores et déjà s'inquiétait. Prétextant souhaiter un peu plus de discrétion, elle grimpa l'échelle qui menait à sa chambre, profitant de cet instant de solitude pour prendre sa baguette magique.

- Six, c'est moi. Je suis quand même un peu inquiet, il avait pas l'air commode. C'est vraiment de ce mec là dont tu m'avais parlé ? Tu es sûre que tout va bien ?
- Absolument certaine. Il est ivre, mais il ne me ferait jamais de mal, crois-moi.
- J'ai pas non plus envie qu'il te fasse du bien, entre nous.


Sixtine ne put s'empêcher de rire, malgré la gravité de la situation. Elle se reprit bien vite, néanmoins, puis dit à Sean :

- Je dois te laisser. Tu n'as aucun souci à te faire. Je t'appelle demain, je te le promets.
- Ca marche, ma grande. A demain.


La jeune femme raccrocha puis regarda son téléphone quelques secondes, et, très brièvement, un sourire niais se dessina sur ses lèvres, et ses joues se parèrent d'un rouge dont elle avait bien souvent feint ignorer la teinte...  Le temps n'était pas encore venu pour cela, il fallait d'abord se débarrasser de Liam, avec plus de subtilité que lors de leur dernière rencontre. Téléphone et baguette en poche, elle redescendit, prit place près de Liam, et un long moment de silence suivit. Enfin, Sixtine le brisa et calmement mais froidement, dit :

- Qu'est-ce que tu es venu chercher, ici, Liam ? Qu'est-ce que tu attends de moi ? Que croyais-tu, exactement ? Lequel, précisément, de ces aspects de ton plan foireux t'a laissé penser que c'était une bonne idée ? La dernière fois ne t'a donc pas suffi ?


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MessageSujet: Re: L'appartement   Mer 6 Mai - 22:09

Nonchalamment assis sur le sofa, Liam s’interrogea soudain. Comment allait-il pouvoir se calmer après ce qu’il avait vu ce soir ? Il revoyait encore ce baiser qui aurait dû être le sien, et cette vision n’allait pas cesser de le hanter. Pourquoi d’ailleurs ? Après tout, jusqu’à leur dernière rencontre, il n’avait vu en Six qu’une simple gamine, adorable certes, mais pour qui il n’avait jamais ressenti aucun désir.

Hormis cette nuit-là, qu’il avait passée sur ce canapé. Ils venaient de passer quatre journées et quatre nuits à traquer un mage noir qui, selon leurs informateurs, était allé parlementer avec les géants russes. Quatre jours à marcher, chasser, pister. Quatre nuits dans le froid de la taïga, dans le confort très relatif d’une minuscule toile de tente, pour finalement réussir à mettre la main sur l’individu qu’ils recherchaient. Le combat avait été âpre, éprouvant, surtout pour Liam qui avait bien failli y laisser sa peau, mais Sixtine en avait voulu autrement. La jeune protégée avait élégamment sauvé le maître, bravant le danger aveuglément, ignorant les règles de base de la Brigade Magique, risquant sa peau pour son chef. En s’interposant, elle avait bien failli recevoir le sort que leur ennemi avait réservé à Liam.

Après l’avoir finalement vaincu et emmené jusqu’à Azkaban, ils étaient rentrés harassés à Londres, et Sixtine lui avait proposé de venir prendre un verre ici, chez elle. De nombreux sourires, quelques rires, malgré la fatigue, et quelques silences étranges que Liam avait mis sur le compte de leur épuisement. Et puis, elle avait fini par grimper l’échelle de sa mezzanine, le laissant seul dans le salon. Se glissant sous la couverture qu’elle lui avait balancée par-dessus la rambarde, Liam avait pris un temps anormalement long pour trouver le sommeil. Pendant presque une heure, il avait hésité à la rejoindre, sans un mot, s’imaginant glisser sous les draps, à demi-nu, et parcourir de ses doigts chaque parcelle de sa peau. Cette envie subite avait tourné en boucle dans sa tête. Et puis, il avait fini par s’endormir, et le questionnement avait laissé place au rêve. Le lendemain matin, il avait mis de côté cet égarement, pour finalement l’oublier tout bonnement.

Mais Liam le savait à présent, ce trouble était bien réel, et plus piquant encore à présent. Il n’avait qu’une envie, c’était se lever, s’approcher d’elle et lui montrer tout ce qu’il ressentait. L’embrasser, mais c’était du suicide. Lui parler ? Mais qu’allait-il bien pouvoir lui dire ? Le discours avait été rompu la dernière fois qu’ils s’étaient vus. La preuve, il n’avait pas réussi à lui dire quoique ce soit depuis qu’elle lui avait ouvert sa porte.

Liam soupira, et finit la bière qu’il reposa doucement sur la table. Sa fureur s’adoucissait, maintenant qu’il était ici et que Sean était parti. Il entendit la porte se fermer et les pas de Sixtine qui revenait dans le salon. Etrangement, il n’osa pas croiser à nouveau son regard, bien conscient qu’il avait outrepassé un certain nombre de règles et qu’elle lui en voulait très certainement plus encore qu’avant qu’il ne fasse irruption chez elle.

« Je vois que tu as retrouvé du travail, félicitations, Whyte. »


Bang, bang. You shot me down.

Liam releva la tête et ouvrit la bouche. Il en avait totalement oublié sa blessure et le sang qu’elle avait craché sur le col de son tee-shirt. Il allait lui expliquer qu’il s’était fait attaquer, ce qui était tout à fait juste, mais il allait faire abstraction du sort inhumain qu’il avait fini par réserver à son assaillant, bien entendu. Et peut-être qu’elle s’attendrirait.

- Ce n’est pas ce que…

Son téléphone. Sixtine disparut aussitôt avec l’objet, répondit tout en disparaissant dans sa chambre. Cela eu le don d’énerver Liam qui se doutait de l’identité de son interlocuteur. Il finit par se lever et faire les cent pas dans la minuscule pièce, comme un lion dans sa cage. Il s’arrêta finalement devant la fenêtre et remarqua qu’il avait commencé à pleuvoir. Au même moment, Six réapparaissait et le gratifiait d’une incompréhension glaciale.

Bang, bang. I hit the ground.

Ses paroles l’achevèrent. Elle avait raison. Que cherchait-il ? Qu’espérait-il, après tout ce qui s’était passé à Pré-au-Lard ? Comment pouvait-il songer, ne fût-ce qu’une seconde, qu’il parviendrait à effacer tout le mal qu’il avait pu lui faire ? Mais ce soir, c’était elle qui lui avait fait mal. Et il n’était absolument pas question qu’elle s’en sorte indemne.

Après de longues secondes à chercher ses mots, Liam abandonna sa place près de la fenêtre, frappée par d’épaisses gouttes de pluie, et revint prendre place juste à côté d’elle.

- Mon plan est peut-être foireux. Mais le tien l’est encore plus.

Pause. Il releva la tête et se décida enfin à affronter son regard.

- Je t’ai peut-être déçue. Mais tu t’es bien vengée. Finalement, tu oublies vite Six.

Lui n’avait pas oublié le choc qu’il avait ressenti en voyant la métamorphose de son Patronus. La sensation qui l’avait frappé de plein fouet lorsque ses lèvres avaient effleuré les siennes. Liam ne pouvait se retenir plus longtemps. Il fronça ses épais sourcils noirs et hocha la tête d’un air étrangement triste.

- Et tu m’oublies pour « ça »… Sérieusement ?


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MessageSujet: Re: L'appartement   Ven 8 Mai - 17:40

Sixtine accueillit les reproches que lui adressait désormais Liam presque avec indifférence, mais ces propos vinrent nourrir la colère qui brûlait en elle et qu'elle exprimait pourtant avec calme et froideur. Elle commença tout d'abord par ne rien répondre, haussant les sourcils en signe de désapprobation. Elle se pencha, prit une nouvelle cigarette dans le paquet traînant sur la table basse et l'alluma. Mais de qui se moquait Liam ? La prenait-il vraiment pour une idiote ? Croyait-il vraiment pouvoir faire naître chez Sixtine un quelconque sentiment de culpabilité ? Puis enfin il se tut, sans avoir avant pris soin de proférer des mots qu'un jour, Sixtine lui ferait ravaler. Ne souhaitant pas rester à ses côtés une seconde de plus, elle se leva, et, ne pouvant cette fois-ci contenir sa colère, elle lui dit :

- "Ca" ? "Ca" quoi, Whyte ? Un moldu ? Un être inférieur ? Si un jour on m'avait dit que tu ferais preuve d'un tel racisme primaire... Pour ton information, Liam, "ça" ne traquerait, ne torturerait, n'enfermerait et ne tuerait personne, certainement pas avec pour motif ses origines. "Ca", Liam, ne m'aurait jamais laissée tomber, pauvre con ! Tu te crois supérieur à lui parce que tu as du sang magique, mais il est dix fois l'homme que tu es.

La musique ne s'était pas arrêtée, aussi Sixtine, rageusement, se dirigea vers la chaîne hi-fi et l'éteignit, se demandant quand et comment cette soirée, qui avait pourtant bien commencé, se terminerait. Elle n'était sûre que d'une chose : tout ceci devait se finir ce soir, d'une manière ou d'une autre. Le regard de la jeune femme s'attarda sur Liam et, presque immédiatement, elle eut envie de lui balancer un sort, de le voir déguerpir et ne jamais revenir. Sixtine était pourtant consciente que cela ne suffirait pas : il reviendrait, encore, jusqu'à ce que les mots de celle qui avait un jour été sa protégée l'abattent et le conduisent sur la voie que plus rien n'éclaire. Se faisant violence, elle accepta de livrer ce dernier combat.

- Mon plan ? Plus foireux que le tien ? Il faudra que tu m'expliques, tout ce que je veux, moi c'est m'éloigner de toi. Tu ne m'as pas déçue, Liam, tu m'as trahie. Tu parles de tout ça comme si tu avais tout fait pour obtenir le poste que je rêvais d'avoir, tu n'as absolument pas sur la conscience de la gravité de tes actes ! Et tu me demandes de te pardonner, de faire comme si tout ce que tu as la conscience n'était qu'une erreur de jeunesse ? Regarde les choses en face, Whyte, tu m'as abandonnée bien avant que je ne prenne la fuite, tu l'as fait dès l'instant où tu as embrassé une cause injuste !

Sentant le peu de patience qui lui restait lui échapper complètement elle fit une pause. Elle soupira et, au bout de quelques secondes, ajouta :

- Regarde-toi. Tu n'es plus que l'ombre de toi-même, et tu exiges de moi que cela me suffise ? Ce que tu as fait me répugne, tu comprends ? J'ai envie de vomir lorsque je te regarde, tu me dégoûtes, pire encore tu me fais pitié. Et malgré tout cela tu t'invites chez moi, ivre et couvert de sang, alors que je ne suis pas seule ? J'aimais ce que tu as été, Whyte, ou plutôt ce que tu as fait semblant d'être. Tu me parles de vengeance mais si vraiment la dette avait été payée tu serais six pieds sous terre.

La fureur de Sixtine était à la mesure de la peine qu'elle aussi ressentait, elle imaginait Liam, sanguinaire, bestial, fou, traquer sans relâche ceux de son sang, coupables d'être nés et rien de plus. Qu'elle aurait aimé qu'il lui mente encore, qu'il prétexte avoir été ensorcelé, plutôt que d'assumer les actes terribles qu'il avait commis. Comment avait-il pu ? Il fallait qu'elle sache. Plus calmement, elle lui demande :

- Pourquoi ? Je te le demande encore, Liam, pourquoi ? Qu'as-tu pensé ? Que t'est-il passé par la tête ? A quel moment t'es-tu dit que tu étais capable d'obéir, de faire ce qui t'était demandé ? As-tu seulement des remords ? Penses-tu parfois à tous ces gens ?

Des larmes, à présent, coulaient le long des joues de Sixtine.


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MessageSujet: Re: L'appartement   Sam 9 Mai - 1:33

That awful sound...

La colère transpirait à présent de Sixtine, qui l'achevait, encore et encore. Liam eut d'abord envie de la couper dans cet élan de répliques assassines, mais il finit par capituler, bel et bien vaincu par la terrible justesse de ses mots.

Tout était vrai, hormis la fixation qu'elle avait commencé à faire sur le racisme de Liam. Ses motivations n'avaient jamais eu quoique ce fût d'idéologique. Et le mépris dont il venait de faire preuve à l'égard de Sean ne concernait absolument pas son statut de Moldu, mais plutôt son manque total de charisme. De toute évidence, il n'avait rien à faire avec une femme comme Sixtine, et cela n'avait aucun rapport avec la magie.

Liam la regarda se lever, presque penaud, et éteindre la musique, ce qui les plongea dans un silence affreusement gênant. Mais elle le brisa bien vite, continuant à l'assommer de reproches qu'il prit de plein fouet, acceptant sa piteuse défaite, pour le moment du moins.

L'Irlandais n'était pas orateur pour deux sous, et il avait pour habitude de perdre le combat des mots. Il devait réfléchir longuement avant d'espérer ouvrir la bouche et en faire sortir quelques phrases qui auraient un tant soit peu d'impact.

Sixtine, elle, maniait parfaitement la langue, et parvenait aisément à atteindre Liam, qui, lorsqu'il fut enfin attaqué sur son aspect physique, ne put s'empêcher de se redresser sur le canapé. Il jeta un coup d'oeil à son tee-shirt, qui n'avait décidément pas fière allure. Il soupira. Il était vrai qu'il s'était laissé aller dernièrement, mais son état dépressif lui avait ôté toute envie de prendre soin de son corps, qui reflétait à présent parfaitement le puzzle de ses pensées.

Le calme sembla enfin reprendre possession de Sixtine, qui fit une nouvelle pause. Liam, les yeux baissés, se rendait compte de l'étendue de la fracture, et ne parvenait à digérer tout ce qu'elle venait de lui dire. Il était en colère, cette fois contre lui-même, en colère de lui avoir infligé toute cette souffrance. Lorsqu'il osa enfin leva les yeux, il remarqua ses larmes, et ne se supporta plus. Le dégoût qu'elle ressentait envers lui, il le ressentait lui aussi.

Sean n'avait été qu'une bien piètre diversion. Il lui devait la vérité, il devait lui parler, enfin, maintenant qu'elle lui en offrait l'occasion. Il devait laisser sortir toute la souffrance accumulée, souffrance qui avait fait de lui le monstre qu'il était devenu. Il fallait qu'elle entende, maintenant. Il inspira profondément et commença, d'un voix grave et monocorde :

- Je n'ai rien contre les Moldus. J'ai passé ces trois dernières années avec eux, utilisant leurs outils, leurs machines, mangeant avec eux, riant avec eux. J'ai rencontré des gens dont la culture était diamétralement opposée à la nôtre, en Asie, en Amérique du Sud, dans les îles du Pacifique. J'en ai presque oublié la magie, n'utilisant ma baguette qu'à de rares occasions. Ces gens m'ont accueilli à bras ouverts, parfois dans leur maison, alors que rien ne les y obligeait. Je leur en serai éternellement reconnaissant. Ce sont des gens bien, ce sont mes amis.

Il s'arrêta un instant, presque surpris par tout ce qu'il avait encore à lui dire. Il décida de fermer la parenthèse Sean avant de rentrer dans le vif du sujet : la raison de sa trahison envers elle, envers le monde sorcier, envers l'humanité.

- Je te connais Six. Ce garçon te lassera au bout d'un mois, peut-être moins.

Quelques secondes de silence et il reprit.

- Tu te souviens de Caitlyn, ma soeur ?

Bien sûr qu'elle s'en souvenait. Caitlyn était venue à plusieurs reprises au quartier général, pour rendre visite à son frère. Et elle avait d'ailleurs sympathisé avec Sixtine, avec qui elle partageait de nombreux points communs.

- Tu te souviens de mon silence radio, pendant presque une semaine, juste avant l'attaque des Mangemorts, où je t'ai prétexté je ne me souviens quoi ?


Il n'attendait aucune réponse. Il était allé bien trop loin maintenant, et il devait terminer. Ce fut la gorge nouée et les yeux rivés sur ses bottines qu'il prononça ce qui suivit.

- Ma soeur est morte. Et c'est de ma faute. Et, sans savoir comment, j'ai tout oublié. J'imagine que j'étais en état de choc, mais je ne comprends toujours pas comment cela a pu être possible.

Il fit une pause, fouillant dans la poche de son jean et en sortir une cigarette qu'il alluma et commença à fumer, rageusement. Il reprit rapidement, ayant peur d'être coupé dans son élan.

- Tout cela, c'est toi qui m'en as fait prendre conscience. Jusqu'à notre dernière rencontre, je ne savais rien. Rien de ce qui m'avait poussé à faire ce que j'ai fait. Tu te souviens, je te parlais de visions... C'est grâce à une énième vision, que j'ai eue ce soir-là, que j'ai retrouvé la mémoire.

Et à présent, c'était dans ses yeux que les larmes montaient.

- Je continuais à lui écrire. A croire qu'elle me répondait...

Il leva enfin les yeux, bouleversé.

- Je suis devenu fou, Six. Voilà tout.


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MessageSujet: Re: L'appartement   Sam 9 Mai - 11:02

"Je suis devenu fou, Six."

Assailli de toute part,  l'esprit de Sixtine sembla, l'espace d'un instant, capituler. Elle n'était pas plus en mesure d'intégrer que de comprendre tout ce que Liam lui révélait à l'instant. Caitlyn Whyte était décédée, et Liam se blâmait pour cela. Sixtine se souvint alors de la jeune femme, qu'elle avait à plusieurs reprises rencontrée au Ministère. Taquine, malicieuse, Caitlyn Whyte avait, lors d'une de ses visites, demandé à Liam quand est-ce qu'il se rendrait compte que c'était Sixtine la femme qui lui fallait. Elle était enjouée, solaire, il se dégageait d'elle comme de la lumière, elle était tout ce que son frère n'était pas. Et, Sixtine l'avait remarqué, Caitlyn faisait de Liam un être différent, plus léger, peut-être, plus heureux aussi. Ils étaient incroyablement proches, la mort de cette femme avait du détruire Liam, plus encore si il en était responsable. Mais était-ce suffisant pour sombrer dans la folie meurtrière qui avait poussé Liam à commettre tant d'atrocités ? Tellement de gens avaient perdu des êtres chers au cours de cette guerre ou dans d'autres circonstances, peu d'entre eux, pourtant, l'avaient fait payer aux autres, et certainement pas au prix élevé qu'avait exigé Liam Whyte.

"Je suis devenu fou, Six".

Il n'était rien de plus dangereux et de plus effrayant que la folie humaine, un esprit à qui la raison avait échappé n'était ni dénué de force, ni d'intelligence. La mort de la soeur de Liam l'avait-il blessé au point de perdre toute notion du bien et du mal ou y'avait-il eu toujours au fond de son être, une bête tapie attendant patiemment son heure ? Sixtine se rendit alors compte qu'elle n'avait jamais rien su de l'histoire de Liam, de sa famille, de son enfance. Peut-être avait-il vécu un traumatisme dont la jeune femme ne soupçonnait pas l'ampleur ? Ou alors une part d'elle-même avait toujours su que quelque chose chez Liam ne tournait pas rond, et elle l'avait purement et simplement ignoré, avide d'apprendre, de s'élever, fascinée par l'homme hypnotique et charismatique qu'était son mentor et pour qui elle aurait tout sacrifié. Sixtine éprouva une nouvelle fois du dégoût, mais envers elle-même, cette fois-ci. Elle avait fermé les yeux et permis à ce monstre de voir le jour. Quelle hypocrisie.

"Je suis devenu fou, Six".

Quand bien même elle le pardonnerait, serait-elle capable de le sauver ? De faire ce qu'Orphée fit un jour pour Eurydice, de traverser les ténèbres pour espérer un jour le ramener vers la lumière ? N'était-il pas désormais trop tard ? Cette révélation changeait la donne.... et Sixtine, étrangement, en ressentait un certain soulagement. Liam, irresponsable de ses actes, n'avait agi ni par conviction ni par appât du gain. Mais cela était-il suffisant pour pardonner ? Sixtine croyait-elle vraiment en la rédemption ? Elle n'en savait rien. Tremblante, désolée et perdue elle dit :

- Beaucoup me trouveront naïve, Whyte, mais peu d'entre eux te comprennent comme je crois te comprendre. Je te pense incapable de me mentir. Je crois savoir ce que tu veux de moi, je n'ai jamais voulu admettre que jusqu'à peu, je voulais la même chose.

Elle soupira, réfléchit longuement, vint se rasseoir près de Liam et, au prix d'un effort colossal, prit sa main. Après encore quelques instants de silence, elle le regarda dans les yeux, l'air grave, et lui dit :

- Je te pardonnerai, un jour. Mais je ne le ferai que si tu répares ce que tu as cassé. Je nous veux dans le même camp. Je veux que tu aides ce qu'il reste de l'Ordre du Phoenix, Liam.

Oui, c'était là tout ce qu'il y avait à faire.


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MessageSujet: Re: L'appartement   Sam 9 Mai - 18:35

Et voilà, c'était dit. Il n'avait plus moyen de faire machine arrière. Prononcer ces mots n'avaient rendu les choses que plus réelles, plus piquantes pour Liam, qui n'avait jusque là jamais partagé son trouble et sa peine avec personne. Du moins pas par les mots, mais par le sang. Liam en était certain, ses victimes avaient compris sa peine, avant qu'il ne les annihile, doucement, faisant durer leur calvaire comme un chat qui joue avec sa proie avant de finalement lui rompre le cou.

Liam ne savait où poser son regard, n'osant regarder Sixtine, persuadé qu'il décèlerait chez elle un peu plus de colère et de dégoût. Il prit donc le parti de se concentrer sur les braises de sa cigarette qui continuaient de brûler lentement dans le cendrier où il venait de l'écraser. Encore une éternité de silence, qui se conclurait, il en était persuadé, par la révolte de Sixtine, qui lui crierait très certainement qu'il n'avait aucune excuse, et que tout ce qu'il avait fait était tout bonnement impardonnable. Et qu'il devrait partir s'il ne voulait pas subir un sort tout aussi impardonnable.

Mais il en fut autrement. La douceur de sa voix encouragea Liam à relever la tête et à croiser son regard, à nouveau. S'il était bouleversé, elle semblait l'être tout autant. Il eut envie de la serrer contre lui, de ne plus la lâcher, trop heureux d'entendre ce qu'elle lui disait. Mais l'Irlandais n'avait jamais été bien doué avec les démonstrations d'affection. Sixtine avait été tant pour lui : elle avait été une élève exceptionnelle, une coéquipière de choc, et à présent, contre toute attente, elle se muait en confidente compréhensive et pleine de compassion.

Lorsqu'elle prit sa main, Liam ne put réprimer un léger sursaut, surpris par ce contact inattendu. Il semblait enfin avoir trouvé les bons mots, ce qu'il n'avait réussi à faire la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Il la laissa tranquillement finir, soulagé par sa réaction, ne la quittant désormais plus des yeux, plein de gratitude. Elle était la seule à pouvoir le sauver, à pouvoir effacer ses travers, canaliser ses pulsions, panser ses plaies, et sa venue ce soir n'avait été qu'un ultime appel à l'aide auquel elle répondait à présent par l'affirmative.

"Je te pardonnerai, un jour. Mais je ne le ferai que si tu répares ce que tu as cassé. Je nous veux dans le même camp. Je veux que tu aides ce qu'il reste de l'Ordre du Phoenix, Liam."

Ces dernières paroles semblèrent toutefois de trop. Était-il vraiment capable de revenir dans le droit chemin, après tout le mal qu'il avait semé aux quatre coins de l'Angleterre ? Après son meurtre de sang froid du début de soirée ? Il se sentait indigne d'une telle requête, songeant qu'il était bien impossible de faire machine arrière, et que la sérénité dans laquelle le plongeait à présent Sixtine ne suffirait pas à faire taire le monstre qui avait pris possession de lui, depuis le décès de sa soeur.

Il osa enfin lui répondre, avec la même franchise :

- Est-ce vraiment envisageable, Six ? Crois-tu vraiment que l'on va m'accueillir à bras ouverts ? Je suis recherché, sous le coup d'une arrestation. Crois-tu vraiment que la seule expression du repentir suffira à sauver ma tête ? Je ne crois pas.

Les yeux plissés, il s'arrêta là, s'allumant une nouvelle cigarette qu'il posa bien vite sur le bord du cendrier. Il riva à nouveau ses yeux noirs sur ceux de Sixtine, et finit par dire :

- Mais si c'est la seule solution pour que tu me pardonnes, alors qu'il en soit ainsi.


Il demeura immobile, pendant un court instant, puis, ne parvenant plus à réfléchir correctement, libéra sa main de son étreinte, la déposa sur sa joue et déposa ses lèvres sur celles de Sixtine.
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MessageSujet: Re: L'appartement   Sam 9 Mai - 20:16

Durant un instant si bref qu'il ne méritait même pas le titre de seconde, il sembla à Sixtine retrouver l'homme qu'elle avait un jour aimé et admiré. Sa beauté brute, sauvage, ses traits burinés, son regard sombre auquel une éphémère lueur apporta comme comme de l'espoir. Le voyant ainsi, il sembla à Sixtine entendre à nouveau le rire sonore de Liam, qui en de rares occasions avait raisonné dans les couloirs du Ministère... écho d'un passé qui un jour avait été heureux. Sixtine attendit avec appréhension la réponse de Liam, prête à l'affronter à nouveau, à le blesser encore s'il devait refuser la proposition qu'elle lui avait faite. C'était là la seule solution. Whyte et Jones, à nouveau réunis, combattant les forces du Mal. Et cette fois, songea Sixtine, elles ne lui prendraient pas Liam. Son esprit la ramena à un passé qui semblait désormais appartenir à la mémoire d'une jeune femme qui n'était plus elle, au jour où elle avait fait la connaissance de Liam Whyte. Après une très ennuyeuse année passée à rédiger de tres improbables excuses visant à maintenir les Moldus dans la certitude que la magie n'existait pas, elle avait été mutée, promue, enfin, dans le département de Liam. Elle s'était présentée à lui le premier jour de son entrée en fonction. Elle se souvint de lui, assis à son bureau, rédigeant elle-ne-savait-trop-quoi, elle l'avait pourtant salué à voix haute mais il n'avait pas daigné lever la tête. Peu impressionnée par cet accueil glacial, elle avait balancé ses affaires sur le bureau voisin, et le bruit occasionné avait suffi à se faire enfin remarquer de Liam Whyte.

- Jones. Sixtine Jones. C'est mon premier jour ici. Si vous êtes Liam Whyte je suis sous vos ordres.
- Je ne suis pas ici pour jouer à la poupée. Je ne sais pas ce que je suis supposé faire avec toi, mais tu peux commencer par me faire un café.
- Très bien, je vais vous faire ça. Après je peux me mettre nue, qu'en dites-vous ?
- Je te demande pardon ?
- Si vous vous êtes hissé jusqu'à ce poste alors que vous n'êtes même pas capable de vous faire un café tout seul, j'imagine que vous n'avez rien contre la promotion canapé, pas vrai ?


Grande gueule, tête brûlée et insubordonnée, voilà ce que Sixtine Jones était a l'époque. Cela avait bien sûr plu à Liam, et ils étaient devenus inséparables. Ramenée à l'instant présent par la voix de Liam, elle l'écouta exposer ses doutes quant à la requête qu'elle lui avait faite. Déçue, tout d'abord, craignant qu'il ne se réfugie derrière de faux prétextes pour refuser son offre. Elle balaya très vite les craintes de Liam en rétorquant :

- Tu pourrais te livrer à la justice, être déclaré irresponsable... Et tu te ferais soigner... Mais je ne te demande pas cela, je crois que tu pourrais être plus utile. Plus discret, plus subtil. Ton nom ne sera jamais vraiment lavé mais je me fiche de ce que pensent les autres, moi je saurai qui tu es et cela me suffira.

D'une voix presque inaudible, elle rajouta :

- Et je ne laisserai personne te faire du mal. Personne... Sauf moi, si tu ne tiens pas ta promesse.

Liam Whyte avait accepté. Enfin. Tout allait recommencer. L'homme soudainement embrassa Sixtine, qui au contact de ses lèvres fut ramenée à tout ce qu'elle l'avait aimé, voulu, désiré, aux rêves qui l'avaient vue rougir et qu'elle avait si souvent faits... Mais c'était bien trop tôt et elle le repoussa.

- Liam... Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée... Je suis désolée, après ce que tu as fait, je... Pas maintenant, pas comme ça. Tu étais tout pour moi. T'es paumé, Whyte. Je ne suis pas sûre d'être ce que tu souhaites non plus, indépendamment du reste. J'ai dit ce que j'avais à te dire, peut-être vaut-il mieux que tu t'en ailles, maintenant.


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MessageSujet: Re: L'appartement   Dim 10 Mai - 11:52

Liam fut bien vite ramené à la réalité, doucement repoussé par la main que Sixtine venait de poser sur son torse, toujours aussi couvert de sang. Elle avait encore raison, il était bien trop tôt, et puis, songea Liam, son aspect physique n’avait plus rien de d’attirant. Il pouvait donc comprendre qu’elle ne veuille pas de lui comme elle avait bien voulu du bellâtre Sean...

Il soupira donc, malgré tout peiné, car elle invoquait ses doutes à lui alors qu’il n’avait jamais été aussi sûr de lui de toute sa vie. Ses bras étaient son seul refuge, le seul endroit où il voulait être. Dans ses bras reposait sa salvation. Il l’avait compris depuis un moment déjà, mais c’était apparemment trop tard, et trop tôt à la fois.

Liam se leva soudain du canapé et accepta sans broncher sa requête. Il saisit sa veste en cuir qu’il enfila prestement et inspira profondément, ne sachant trop ce qu’il était censé faire à présent car il ne pouvait se résoudre à partir, pas encore. Il décida que, pour une fois, parler était une idée judicieuse, et que cela lui permettrait de prolonger un peu plus ce moment qu’il partageait avec elle.

« Ton nom ne sera jamais vraiment lavé mais je me fiche de ce que pensent les autres, moi je saurai qui tu es et cela me suffira. »

- Alors quoi ? Tu veux que je retourne auprès de mes anciens collègues et que je montre patte blanche, c’est ça ? Tu n’as pas peur que je sombre à nouveau ?

C’était un énorme risque qu’elle prenait. Liam était instable, elle-même venait de le reconnaître, et le pousser à retrouver les rangs des anciens Mangemorts et autres criminels de sang pourrait très bien avoir l’effet inverse que celui qu’elle escomptait.

- Penses-tu vraiment que je sois digne de ta confiance ? La seule solution…

Il fit une pause. Malgré toute la volonté qu’il avait de lui faire plaisir et de retrouver son amitié, sa tendresse, et surtout son amour, Liam ne se pensait pas capable de résister à l’appel du sang s’il venait à travailler dans l’ombre, dans les rangs de ceux qui voulaient ramener la terreur au sein du monde magique malgré la défaite du Seigneur des Ténèbres.

- Le seul moyen que nous aurions d’être sûrs que je ne retombe pas dans mes travers, ce serait le Serment Inviolable. Me fais-tu confiance au point de me laisser partir sans passer de pacte ?

Lui, en tout cas, ne se faisait clairement pas confiance. Il songea au plaisir qu’il avait ressenti en annihilant ce voyou, dans sa cour, une heure auparavant. Il n’était pas certain de pouvoir faire taire cette part sombre de sa personnalité, qu’il n’avait réussi à oublier que lors de son exil. Mais s’il venait à s’introduire chez les fanatiques qui semaient depuis quelques temps le trouble sur Londres et l’Angleterre, la tentation serait immense. Sans compter qu’il serait certainement amené à faire ses preuves, et que, ses pulsions mises de côté, il devrait sans aucun doute prouver sa valeur en donnant des garanties de sa bonne foi. Garanties qui l’amèneraient probablement à faire couler le sang.

Liam secoua la tête, comme pour évacuer ses pensées. Il songea à nouveau à ce baiser qu’elle lui avait refusé, et n’attendit pas qu’elle réponde à ses craintes pour y faire allusion et répondre à ses doutes. « T'es paumé, Whyte. Je ne suis pas sûre d'être ce que tu souhaites non plus, indépendamment du reste, » lui avait-elle dit. Il esquissa un sourire, et plein de conviction, cette fois-ci, lui répondit :

- Tu as raison. Je suis paumé. Sauf en ce qui te concerne. Tu es tout ce que je souhaite.

Et, n’attendant pas qu’elle lui réponde, trop effrayé peut-être par ce qu’elle pourrait lui rétorquer, il lui tourna le dos et se dirigea vers la porte.



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MessageSujet: Re: L'appartement   Dim 10 Mai - 13:04

Liam Whyte n'avait pas la moindre envie de partir et Sixtine en avait pleinement conscience. Il avait certes mis sa veste et s'était dirigé vers la porte, mais il n'y avait là rien de bien convaincant. Preuve en était qu'il continuait à lui parler, qu'il poursuivait la conversation qu'ils avaient engagée. Sixtine se leva à son tour pour lui faire face, absolument incapable de décider si oui ou non elle avait envie qu'il reste. Mais comment pourrait-elle encore laisser ses mains la toucher, la caresser, ces mains qui n'avaient pas encore été lavées de tout le sang qu'elles avaient fait couler ? Mais il y avait chez Liam une vulnérabilité bouleversante qu'elle ne lui avait jamais connu, l'homme qui se tenait en face d'elle était désormais terriblement humain, fait de failles au creux desquelles Sixtine aurait pu passer l'hiver. Elle l'écoutait, le considérant d'un œil nouveau, se sentant pour la première fois de leur drôle d'histoire bien supérieure à lui. Mais elle n'en tirait aucune satisfaction, il avait besoin d'elle. Allait-elle répondre à son appel ? Réfléchissant à ce qu'il lui disait, elle fut forcée d'admettre qu'il avait raison, peut-être était-ce une très mauvaise idée. Mais si elle était prête à lui donner une deuxième chance, elle était également résolue à le perdre à jamais si il la trahissait encore. Aussi lui dit-elle :

- Je ne te demande pas de fuir, Liam. Je te demande de combattre le mal qui te ronge et de le vaincre une fois pour toutes. Surmonter sa peur, ce n'est pas faire en sorte de ne jamais y être confronté. C'est l'accepter, la regarder droit dans les yeux et triompher d'elle. Je veux que tu y retournes, que tu sois tenté et que tu résistes.

Puis il proposa le Serment Inviolable. L'engagement ultime, celui qui jamais ne devait être prêté à la légère. Sixtine était-elle prête à voir mourir Liam si il devait rompre son serment ? Peut-être, vivant il lui briserait cent fois le cœur, mort il ne le ferait qu'une fois. Mais si l'homme qu'elle avait aimé ne tenait pas sa parole, elle pleurerait celui qu'elle avait autrefois connu, pas celui qui aujourd'hui se tenait debout icî, prêt à partir. Elle inspira longuement et lui dit encore :

- Non, Liam. Pas de serment inviolable. Ce serait trop facile. Tu tiendras ta promesse et je te ferai confiance. Tu tiendras ta promesse. Pas parce que ta vie en dépend, pas parce que tu auras peur de me perdre. Tu tiendras ta promesse parce que tu es un homme bon que la souffrance a égaré et a poussé à faire des choses terribles. C'est ce que je me dois de croire, tu comprends ? Maintenant tu as le pouvoir d'aider et de sauver des gens qui pourraient être moi.

Puis ces mots, ces quelques mots à peine : "tu es tout ce que je souhaite". Dumbledore avait un jour dit de l'amour qu'il etait la force la plus puissante qui soit et cela sautait désormais aux yeux de Sixtine. Comment cet amour pouvait-il encore subsister, aprés tout ce que Liam s'était acharné à le faire disparaître ? Comment pouvait-elle encore avoir envie de le protéger, d'elle, de lui-même et du monde après ce qu'il avait fait ? Comment pouvait-elle encore avoir envie de l'apaiser, de le traîner loins des combats des hommes ? N'osant esquisser le moindre geste vers lui, debout, les bras le long du corps, elle lui dit :

- Tu as un endroit où aller ? Où est-ce que tu vis, maintenant ? Tu es sûr que ça va aller ?


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MessageSujet: Re: L'appartement   Dim 10 Mai - 14:54

Liam l’écouta avec attention, heureux qu’elle continue de lui parler, longuement, doucement, repoussant le moment où il devrait la voir disparaître. Il n’avait pas la moindre envie de rentrer chez lui, mais elle ne semblait vraiment pas disposée à la laisser rester, et il ne pouvait pas lui en tenir rigueur.

Qu’allait-il bien pouvoir faire en rentrant ? Retrouver ses mauvaises habitudes très certainement. Laver le sang qui souillait sa gorge et son torse, et se mettre au lit sans parvenir à trouver le sommeil. Alors, il se lèverait chercher une bière qui ne le calmerait absolument pas. Au bout d’une heure ou deux, il perdrait patience et retournerait sillonner les rues de l’est londonien, sans autre but que de faire fuir les fantômes qui le hantaient. Et puis, le jour finirait par se lever et il serait temps de mettre à exécution le plan échafaudé par Sixtine. Il devrait mettre la main sur un ancien compagnon capable de lui faire rejoindre les rangs de ceux qui fomentaient ces troubles qui attisaient de nouveau la peur dans le monde sorcier. Mais qui donc ? Greyback et Scabior avaient été tués lors de la bataille, et il avait anéanti Sutton quelques jours seulement après son arrivée… Mais il y réfléchirait plus tard.

Pour le moment, les paroles de Sixtine tâchaient d’apaiser tous ses doutes. Elle semblait de plus en plus convaincue, ce qui n’était toujours pas le cas de Liam. Mais il acquiesça finalement, silencieux, comme pour se persuader qu’il était effectivement capable de vaincre tous ses démons.

Il finit par appuyer sur la poignée et ouvrir la porte, sortit sur le palier et lui fit face à nouveau. Plus il la regardait, plus il regrettait de n’avoir su prendre conscience de sa beauté plus tôt. Il avait été aveuglé par son égotisme forcené. Sa sœur avait surement eu raison, comme toujours, lorsqu’elle lui avait dit qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. Mais était-ce toujours le cas à présent, après tout ce qu’il avait fait ? Il ne la méritait pas, c’était un fait, lui qui ne voulait pourtant plus qu’elle. Il ne voulait plus que ses mains, et qu’elles se mettent à panser toutes ses plaies, à l’image de ses mots. Elle finit par lui demander s’il avait un toit, ce qui l’extirpa hors de ses pensées. Il acquiesça à nouveau.

- Oui. Je vis dans mon voilier, à Canary Wharf.

Et il lui mentit, pour la première fois de la soirée.

- Ca ira, ne t’inquiète pas.

Il la regarda sans rien dire, pendant quelques longues secondes, encore tiraillé par l’envie qu’il avait de la reconquérir toute entière, et finit par faire le choix de la raison, pour une fois. Il s’approcha d’elle et déposa cette fois-ci un baiser sur sa joue, puis se recula bien vite, comme par peur de se brûler à son contact.

- Merci Six.

Il lui tourna finalement le dos et commença à descendre les marches, rapidement, espérant laisser derrière lui toute sa frustration et tous ses regrets.
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MessageSujet: Re: L'appartement   Dim 10 Mai - 20:05


Ces instants qui semblaient être les derniers s'écoulaient avec une surprenante lenteur, comme si le temps avait été arrêté, comme si les gestes de Liam et Sixtine s'étaient curieusement ralentis. La voix de Lian raisonna sans que Sixtine ne l'entendre vraiment. Les mots parvenaient à son oreille, son cerveau les comprenait, mais ses sens les percevaient comme si Liam avait été à des kilomètres d'elle. Canary Wharf. Sixtine releva la tête lorsque Liam mentionna le nom de l'endroit où mouillait son bateau, et la jeune femme se demanda comment il allait s'y rendre. Certes, il n'était pourtant qu'à 3 ou 4 miles de l'appartement de Sixtine, mais il n'y avait à cette heure-ci plus de métro. Liam pouvait transplaner, évidemment, mais l'état psychologique dans lequel il se trouvait, agrémenté d'alcool et de fatigue, rendait l'exercice périlleux et très susceptible de finir en désartibulation accidentelle. C'était un phénomène qui pouvait être dangereux et extrêmement douloureux, qui arrivait généralement quand l'esprit de la personne qui transplanait n'était pas suffisamment déterminé.

Ce qui devait probablement être le cas de celui de Liam en cette soirée. Une erreur, une seule, et les secours, accompagnés des gens du Ministère, arriveraient sur place et embarqueraient Liam manu militari. Il pourrait certes toujours marcher jusqu'à son voilier, mais une mauvaise rencontre de plus était la dernière chose qu'il lui fallait.

Malgré tout ceci, Sixtine ne dit mot, semblable à une poupée de chiffon. Elle sentit à peine les lèvres de l'homme se poser sur sa joue, silencieuse. Elle le suivit du regard, le regarda quitter son appartement. Puis, enfin, elle lui emboita le pas. Elle l'observa descendre les escaliers, observant sa nuque, son corps, ses mains. Et la vérité lui sauta aux yeux. Si elle décidait de le pardonner, il fallait qu'elle le fasse vraiment, qu'elle fasse table rase du passé et qu'elle cesse d'avoir mal. Qu'elle soit heureuse, et que Liam comprenne que c'était grâce à lui. Elle était sa seule chance de rédemption, sa lumière à elle était la seule que Liam Whyte suivrait. Il fallait qu'elle lui donne une bonne raison de vivre, de lutter.

Il était non seulement cher à Sixtine, mais serait aussi un élément de poids qui pourrait un jour faire pencher la balance du côté des forces du Bien. Et pourtant elle demeura silencieuse, encore, ne sachant toujours pas quoi lui dire.

Liam atteignit le palier lorsque la sonnerie du téléphone de Sixtine, resté dans sa poche, se fit entendre, faisant se retourner l'homme, l'interrompant dans sa fuite. La jeune femme vit sur l'écran apparaître le numéro de Sean, qui évidemment ne dormait pas encore et s'inquiétait plus que probablement. Sixtine observa son téléphone quelques instants, sans décrocher, et son regard passa de celui-ci aux yeux sombres de Liam. La sonnerie s'interrompit, enfin, pour mieux reprendre quelques secondes plus tard. Sixtine, cette fois-ci, appuya sur le bouton rouge de son portable et l'éteignit, apercevant sur le visage de Liam une expression indescriptible. Son choix était fait. Et elle était prête à l'assumer. Enfin libérée de sa torpeur, elle ouvrit la bouche et lui dit :

- Tu n'es pas en état de rentrer chez toi. Reste, prends une douche et repose-toi. Cela te fera du bien.

La jolie brune fit volte-face et rejoignit à nouveau son appartement, laissant derrière elle la porte ouverte. Puis elle se dirigea vers la salle de bain, ouvrit une armoire et en sortit une serviette qu'elle déposa à proximité de la douche. Elle revint ensuite dans le salon, se demandant si Liam allait partir ou rester, alluma à nouveau la chaîne hi-fi et mit de la musique.

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MessageSujet: Re: L'appartement   Dim 10 Mai - 21:11

L’escalier n’en terminait pas, les marches se succédaient sans fin. Inéluctablement, Liam descendait du nuage sur lequel il s’était élevé, en compagnie de Sixtine. Et maintenant qu’il la quittait, il avait l’impression de descendre tout droit aux Enfers. Il appréhendait déjà l’heure de marche qui l’attendait, car il ne pouvait transplaner dans l’état où il se trouvait. Il pleuvait encore dehors, Liam vit la pluie ruisseler sur les fenêtres de la cage d’escalier. Mais ce n’était pas la pluie qui l’inquiétait. Il savait qu’il allait se remémorer toute cette soirée, en analyser chaque seconde, et qu’il finirait par s’en vouloir. Il regretterait de ne pas lui en avoir dit assez, ou bien d’en avoir dit trop. Il regretterait de l’avoir embrassé. Il se souviendrait du baiser qu’elle avait échangé avec Sean et cela finirait par le faire rentrer dans une rage sans précédent. Et puis, il finirait par retenir la douceur de sa peau, la beauté froide de son regard, de ses lèvres, et s’en voudrait encore et encore d’en être indigne. Non, il ne voulait pas rentrer.

La sonnerie du téléphone de Sixtine, qui l’avait suivi sans qu’il s’en aperçoive, retentit dans son dos. Il se retourna, surpris, se demandant d’abord pourquoi elle l’accompagnait, et posa les yeux sur le téléphone qu’elle avait dans la main. Il se douta de l’identité de l’appelant. Elle allait lui répondre, c’était une évidence. Liam attendit, la main sur la rambarde, une réaction de la part de Sixtine, réaction qui peinait à venir. La sonnerie s’arrêta, retentit à nouveau. Et cette fois-ci, ce fut la jeune femme qui y mit un terme. L’Irlandais ne put cacher sa stupeur, et l’interrogea du regard. Qu’est-ce que cela pouvait vouloir dire ? La réponse ne tarda pas. Elle l’invita à regagner son appartement, et, n’attendant pas sa réponse, remonta jusqu’au quatrième étage.

Liam, interloqué, resta planter au milieu de l’escalier, se demandant ce qui l’avait fait changer d’avis. Au bout de presque une minute, il se décida enfin et se mit à grimper les marches, rapidement. Il trouva la porte entrouverte et pénétra à nouveau dans son entrée. Il referma la porte derrière lui et trouva Sixtine assise dans le canapé, alors que la chaîne hifi jouait du IAMX.

“If I have to switch the lights off, I wanna switch them off with you.”

Toujours aussi mutique, il lui adressa un regard plein de gratitude et prit la direction de la salle de bain. Il se défit rapidement de ses vêtements et rentra dans la douche, laissant couler l’eau de longues minutes avant d’en ressortir. Il observa son reflet dans le miroir et se rendit compte qu’il se trouvait vraiment dans un état déplorable. Dès demain, il allait devoir raser cette barbe. La coupure qu’il avait au cou, elle, était finalement plus profonde que ce qu’il pensait, et, au contact de l’eau chaude, elle s’était remise à saigner. Liam fronça les sourcils, et entreprit de chercher des pansements. Sans succès. Il se saisit finalement de la serviette qu’elle avait mise à sa disposition, la noua autour de sa taille, et ouvrit la porte.

Sixtine n’avait pas bougé. Elle tourna la tête vers lui alors qu’il lui lui disait :

- Mmh. J’ai un souci.

Quelque peu gêné, il lui montra sa gorge, rayée de filets de sang. Il finit par sourire, se trouvant absolument ridicule, planté là, à attendre son aide. C'était un sourire plein de joie, rayonnant, car malgré le burlesque de la situation, il était simplement heureux d'être là.
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MessageSujet: Re: L'appartement   Dim 10 Mai - 22:12

Sixtine avait en effet regagné le fauteuil et s'était allumée une nouvelle cigarette, se concentrant sur la musique afin d'éviter de trop penser à Liam, en ce moment nu dans la douche. Il avait choisi de rester, et la jeune femme espérait que cela signifiait qu'il avait l'intention de tenir la promesse qu'il lui avait faite. Elle se sentait étrangement plus légère, comme si son indéfectible foi en l'humanité avait repris le dessus.
Elle était douée, comme l'avait autrefois été Dumbledore, de cette capacité à croire que les êtres capables du pire le sont aussi du meilleur, que les personnes malfaisantes avaient avant tout un jour été extrêmement malheureuses.

Le bruit de l'eau qui coulait s'estompa et la porte de la salle de bain s'ouvrit. Liam en sortit, vêtu en tout et pour tout d'une serviette de bain. Sixtine ne put s'empêcher de le regarder et, pendant un bref moment, sembla troublée par la vision de son torse et de ses bras nus, massifs et recouverts de tatouage. Très vite, cependant, elle se reprit, à la vue du sang qui lui dégoulinait le long du corps. Et il souriait, l'imbécile, il riait même, comme il le faisait à l'époque lorsqu'il était blessé et que Sixtine, inquiète, s'affairait à trouver de quoi le soigner.

Tout en songeant que si lui avait à l'époque fait le coup, elle aurait rougi et n'aurait su où regarder, elle se leva,  affichant très clairement un air de dédain qui signifiait qu'elle n'était pas impressionnée. Elle secoua la tête de gauche à droite pour marquer son indifférence, haussa les sourcils puis se dirigea vers son sac à dos qui traînait non loin et en sorti un petit flacon estampillé "essence de dictame". Celle-ci était non diluée, il y avait donc de fortes chances qu'elle engendre une forte et désagréable sensation de picotements, mais cela la rendait bien plus efficace. Elle aurait vite fait de refermer la plaie, rendant inutile le moindre pansement.

Sixtine se dirigea vers Liam d'un pas assuré et s'arrêta une fois en face de lui, suffisamment près pour qu'il comprenne qu'elle ne le considérait pas le moins du monde comme une tentation. Puis elle lui fourra dans les mains le petit flacon. Si il s'attendait à ce qu'elle joue les infirmières, il délirait carrément. Du ton sec qu'elle employait habituellement pour parler à Liam, elle lui dit :

- Essence de dictame. 10 gouttes sur la blessure et on n'en parle plus. Et si ça ne suffit pas, le sortilège Vulnera Sanentur devrait faire l'affaire, Whyte.

Son regard suivit alors le mince filet du sang, qui parcourut le torse de Liam, descendit le long de son ventre, colora de rouge la serviette et finit sa course sur le tapis. Haussant un sourcil un peu plus haut encore, Sixtine, toujours sur le même ton, poursuivit.

- Tergeo te sera utile pour me nettoyer tout ça. Tu pourrais saigner un peu plus proprement, merde.

Liam connaissait suffisamment bien Sixtine pour savoir ce que cachait ce ton qu'elle employait, "qui aime bien châtie bien" était depuis toujours la devise du duo. Sixtine, comme ramenée à ces joyeux souvenirs, semblait peu à peu oublier la peine qui avait été la sienne, la dureté des moments qu'ils venaient tous les deux de vivre.C'était impossible, bien sûr, mais Sixtine n'avait plus le coeur à regarder la réalité en face. Peu lui importait désormais de quoi demain serait fait, elle profiterait de cet instant de bonheur, fut-il le dernier, bien à l'abri derrière ses oeillères. Elle finit par sourire à Liam et, tout en se dirigeant vers l'échelle qui menait à sa chambre, lui dit :

- J'ai encore un sac qui traîne avec des affaires à toi, tu l'as oublié la dernière fois que tu es venu.

Elle ouvrit sa garde-robe, en sortit un sac de sport en toile de couleur beige qui s'écrasa mollement un étage plus bas lorsqu'elle le balança par dessus la rambarde. Redescendant, elle s'adressa une nouvelle fois à Liam, rapprochant le sac de lui d'un coup de pied :

- Habille toi, Whyte, la voisine d'en face est insomniaque et constamment à sa fenêtre. Si elle te voit torse-nu elle va faire une attaque, tu n'as probablement pas besoin d'un mort en plus sur la conscience.
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MessageSujet: Re: L'appartement   Dim 10 Mai - 23:25

Liam baissa les yeux, regardant avec amusement le sang glisser le long de son torse et buter sur les lignes de ses muscles, toujours bien présents malgré sa minceur inhabituelle. Il ne remarqua pas la confusion qui venait de troubler le regard de Sixtine. Elle eut le temps de se reprendre ; quand il releva les yeux, elle venait vers lui d’un pas décidé et le regardait d’un air désapprobateur. Elle lui donna, sans douceur aucune, une fiole d’essence de dictame, et lui dit comment l'utiliser.

Si Liam Whyte était incontestablement un sorcier de grand pouvoir, il n’avait qu’une connaissance très limitée des sortilèges à usage domestique, et elle le savait fort bien. Lors d’une de leurs missions, qui les avaient amenés dans un petit cottage au sud d’Edimburgh, elle s’était longuement moquée de lui à ce sujet. Elle l’avait vu prendre une éponge pour venir à bout de la pile de vaisselle sale qu’ils avaient savamment construite depuis plus de deux semaines, et avait éclaté de rire devant son incompréhension. Il lui avait suffi d’un geste du poignet pour que l’éponge se mette à tout laver toute seule. Liam l’avait regardée avec un air ahuri, découvrant tout bonnement l’existence de ce sort. En effet, pour lui, la magie était au service du combat, et c’était là presque tout.

Sixtine l’abandonna là, après quelques piques bien senties dont elle seule avait le secret, et disparut à nouveau sur la mezzanine. Il en profita pour ouvrir le flacon d’essence de dictame et pour l’appliquer sur sa blessure. La douleur qu’elle fit naître le fit grimacer.

« J'ai encore un sac qui traîne avec des affaires à toi, tu l'as oublié la dernière fois que tu es venu. »

Le sac vola par-dessus la rambarde et faillit atterrir sur lui. Il l’évita tant bien que mal, essayant de ne pas renverser le flacon qu’il avait encore dans la main. Il le referma et le posa sur la table, et prit place sur le canapé alors que Sixtine redescendait. Elle poussa le sac du pied dans sa direction. Il s’en saisit, le posa sur ses genoux, et l’ouvrit. Il y trouva quelques vêtements de rechange, une antique brosse à dents ainsi qu’un rasoir qui trainaient dans le fond du sac, et un livre. Un énième recueil de poèmes, comme il aimait en lire, fasciné, ne comprenant pas comment les poètes parvenaient si bien à transcender les mots.

Il reposa le livre au fond du sac, sortit un tee-shirt noir qu’il enfila rapidement, puis un caleçon gris qu’il fit glisser sous sa serviette. Enfin il se leva, la serviette à la main, entreprit d’éponger les quelques gouttes de sang qui étaient tombées sur le sol, et rangea le désordre qu’il avait laissé dans la salle de bain. Il revint s’assoir sur le canapé, après s’être saisi de la couverture qu’elle rangeait dans le placard du salon, s’en drapa d’un air théâtral et lui répondit enfin, avec malice :

- Suis-je à votre goût, maintenant ?

Une tâche de lumière au milieu du néant. Plus rien d’autre ne comptait à présent que de réussir à faire rire la jeune femme, comme il l’avait souvent fait, il y avait si longtemps. Elle le regarda, impassible, et finit par sourire en secouant la tête d’un air qu’elle voulut désapprobateur mais qui ne pouvait dissimuler son amusement.

« T’es trop con, Whyte. »

Elle grimpa à nouveau l’échelle et disparut, encore et toujours. Liam s’installa sur le canapé, et il eut une terrible sensation de déjà-vu. Dès lors qu’elle avait quitté son champ de vision, ses angoisses avaient commencé à réapparaître, et il ressentit un besoin impérieux de ne pas rester seul. Dans le même temps, elle lui avait clairement fait comprendre qu’un simple baiser la rebutait. Qu’en serait-il s’il essayait de la rejoindre dans son lit ?

Les minutes passèrent, et les mêmes éternelles questions continuaient de le tarauder. Il finit par conclure qu’il préférait regretter ses actes plutôt que sa passivité. Alors, il finit par se lever, abandonnant la couverture sur le canapé, et grimpa les marches qui menaient jusqu’à la chambre de Sixtine.

[FIN DU SUJET]

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