Nox Aeterna

La guerre est enfin finie. Harry Potter et Lord Voldemort y ont néanmoins laissé la vie. Tout semble être rentré dans l'ordre. Mais est-ce vraiment le cas...?
 

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 Les Mémoires Blessées

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MessageSujet: Les Mémoires Blessées   Mar 15 Sep - 18:24

« Nos raisons renoncent, mais pas nos mémoires. »
Jean-Jacques Goldman


Musique de fond Ici

_____________________________________

Mars 1998

La couleur du monde était ténèbre et plus rien n'existait d'autre que cette douleur persistante, constante, étouffante. Au départ, il y avait eu les larmes, douloureuses, celles qui donnent l'impression de s'étouffer. Puis quand les larmes s'était taries, l'air avait vraiment commencé à lui manquer, et personne n'était là pour lui en insuffler un capable de le maintenir en vie. Aedan avait toussé, pleuré, et toussé de nouveau, fort, comme si ses poumons étaient encore enfumés et tentaient de se frayer un chemin à l'extérieur pour échapper à toute cette peine. Alors il s'était effondré et avait cru, soulagé, qu'il allait mourir lui aussi. Mais il s'était réveillé à Ste Mangouste, le corps réparé par les médicomages mais l'esprit en miettes, le cœur séparé en lancinants morceaux qu'il savait maintenant irrémédiablement détruits. Il avait passé les heures suivantes dans le vague, ou peut-être était-ce la brume ? Le temps s'était écoulé lentement, traînant son cortège de visiteurs venant lui présenter leurs condoléances.
Il restait assis, oscillant dangereusement entre un monde de douleur et un autre d'indifférence la plus totale, quelque part à l'intérieur vaguement honteux de ne rien ressentir de plus stable. Les seuls mots qu'il prononçait étaient alternativement soit des excuses à l'adresse de Kingsley qui le veillait comme un parent couvant son enfant grippé, soit des plaintes sourdes qu'il adressait au ciel en serrant un coussin contre son visage. Étouffer la peine ou s'étouffer, cela importait peu à présent.

Si l'optimisme était une qualité d'Aedan, de l'Aedan d'Avant en tous cas, il n'aurait jamais cru possible qu'un Homme puisse souffrir autant sans se déliter complètement, sans exploser littéralement. Aux heures les plus sombres de la nuit, quand seules les ombres marchent les rues, quand seul le vent murmure à la lune, les yeux grands ouverts, il suppliait un Dieu en qui il n'avait jamais cru.

Il pensa à mourir, très souvent, plus souvent qu'il ne l'avouerai par la suite. Il ne détestait pas le monde, il ne détestait même personne tant il ne ressentait plus rien que sa Douleur. Mais il ne comprenait plus, il ne savait plus ce qu'il devait faire.

C'est sur ces pensées que le matin du quatrième jour se leva et que de timides rayons vinrent caresser sa peau, doucement, semblant s'excuser et lui chuchoter « Lève toi, c'est maintenant. Je suis navré, mais tu dois y aller, allez... ».
Il rejeta la couverture sur son visage. « Laissez moi, laissez moi, je ne veux pas, laissez moi, je ne me lèverai pas, laissez moi. »

De discrets coups tapés sur la porte en bois lui arrachèrent un soupir.

« Aedan, lève toi, il faut te préparer. Je t'attends en bas, je te fais un café.»

Kingsley. Toujours Kingsley, le fidèle ami qui l'avait accueilli et qui attendait qu'il reprenne forme humaine. Savait-il seulement que l'attente durerait des années, des vies entières ?

Il s'arracha à sa tanière et s'assit au bord du lit. Le sol froid sous ses pieds le fit frissonner, l'air mordant lui tira une chair de poule tenace, mais il ne la sentit même pas. Il enfila rapidement un costume qui avait été tiré de sa maison après l'incendie. L'incendie...

Se secouant il attrapa la veste de costume et sortit de la chambre. Il entendit Kingsley chantonner dans la cuisine et prit une grande inspiration avant d'en pousser la porte. Ce dernier se retourna vers lui et lui apporta un café. Il s'en était servi une tasse aussi et il s'assit à ses côtés, lisant la Gazette. Il portait un magnifique costume sombre qui, sans le diminuer, adoucissait un peu sa carrure. Il eut la décence de ne pas demander à Aedan comment il allait et ils savourèrent un instant de silence. Loin de ces silences pesants, Kingsley avait le don d'apaiser les esprits par sa seule présence et Aedan, s'il ignorait d'où provenait cette magie, l'appréciait suffisamment pour ne pas la gâcher en d'inutiles mots.
Lorsqu'ils eurent fini, ils se levèrent et dans un craquement sonore, ils tranplanèrent.
La veille au soir, ils s'étaient arrangés pour ne pas arriver trop tôt et ne pas croiser tous ces visages désolés qui auraient enfoncés Aedan plus loin encore dans sa dépression.
Ils étaient arrivés dans un petit salon funéraire donc les bancs étaient occupés par une vingtaine de personne. Les fenêtres autour de la pièce la rendait très lumineuse, presque brillante et au bout de l'allée fleurie de grands lys blancs, un cercueil, blanc lui-aussi était ouvert. Une douce musique s'écoulait par les hauts parleurs et Aedan se sentit un instant apaisé. Avant que Kingsley ne le pousse doucement dans l'allée qu'il devait remonter.
Il avait choisi un salon funéraire moldu, pour éviter que la cérémonie ne soit troublée par des invités indésirables et il s'en félicita rapidement. Cependant, les invités étaient tous des sorciers et des moldus au courant de l'existence de la magie et Aedan avait eu l'autorisation d'ajouter quelques touches sorcières à la circonstance.
Le souffle soudain court, il remonta l'allée jusqu'au cercueil qu'il regarda un trop long moment, pour ne pas poser son regard ailleurs. Sur Elle. Caitlyn. Les médicomages avaient soigné ses vilaines blessures et brûlures afin qu'ils puissent la voir, l'embrasser une dernière fois. Ses longs cheveux bruns reposant à ses côtés, Caitlyn semblait endormie. Ses mains étaient croisées sur sa poitrine et ses joues légèrement rosies lui donnait un air si vivant qu'il s'attendait à ce qu'elle ouvre les yeux et lui adresse ce sourire si cher à son cœur qu'il aurait pu l'emporter à l'autre bout du... Mais elle n'ouvrirai pas les yeux. Plus jamais.

Conscient que dans son dos, les invités s'étaient assis et attendaient un discours, il ravala la boule de chagrin qui tentait de se frayer un chemin vers l'extérieur en d'affreux cris et sanglots, et se tourna. Au premier rang se trouvaient ses parents à lui, pleurant sans oser s'en cacher et sa belle mère, juste à leurs côtés. Assise aussi droite qu'elle le pouvait, les yeux secs, elle le regardait, confiante, attendant l'hommage qu'il savait devoir faire. Il n'avait cependant rien préparé. Il n'en avait pas besoin.

" Bonjour à tous. Merci d'être venus. Merci à nos familles, merci aux collègues du ministère et aux collègues de Caitlyn de Ste Mangouste. Je ne pensais pas avoir un jour à préparer un discours comme ça, et pour tout vous dire, je n'ai rien préparé.
Caitlyn est ma meilleure amie, ma confidente, mon amante, mon amour, la mère de l'enfant que j'aimerais avoir. Oui « est ». Il se passera probablement des années avant que j'arrive à parler d'elle au passé. Cait est, pour citer un artiste moldu, mon vent, mes ailes, ma vie en plus beau, et si elle disait souvent avoir passé ces premières années à me chercher, j'en suis sûr aujourd'hui, moi j'ai passé toutes mes vies à l'attendre. Je ne dirai pas aujourd'hui que je ne vais pas l'oublier, parce qu'elle est de ces personnes qui définissent l'inoubliable, de ces êtres qui marquent l'existence, avec un sourire qui résonne d'autre façon peut-être, mais en tous cas aussi fort que le drame que je, que nous vivons cette semaine."

Une larme s'échappa, qu'il ne prit pas la peine d'essuyer, car un sourire timide se ficha aussitôt sur ses lèvres. Il se tourna vers Caitlyn, vers ce cercueil blanc si grand, qu'elle paraissait minuscule dedans. Il reprit.

" - C'est amusant, parce que quand je l'imagine à côté de moi maintenant.. Je sais qu'elle n'aurait qu'à me dire « Ca va aller » pour que je la croie et que tout aille déjà mieux. Alors je pense à ça, et j'ai l'impression qu'un moment, un très court moment, ça va. Et puis je me rappelle... J'ai envie de vivre encore pour cette seconde là, ce moment où je me réveille le matin et où tout ça ne s'est pas passé. Dans cette seconde, notre vie ensemble continue, Cait est là, et elle me sourit, me dit qu'elle m'aime. "
Il prit une pause.

« Merci à tous d'être là, et célébrons ensemble. Célébrons la femme la plus douce que je connaisse, la plus généreuse, belle et intelligente qu'il soit. La plus belle des personnes que j'ai pu serrer contre moi. Célébrons la, parce que déjà approche de nous ces jours terribles, où jusqu'au son de sa voix nous échappera. Célébrons la. »

Il se tourna de nouveau vers elle.
« Et toi. Continue d'avancer, loin devant. Je te retrouverai, dans une autre vie comme je l’ai fais dans celle ci. Je t'aime... »

Il déposa un baiser rapide sur les lèvres de sa belle, conscient que le faire durer plus longtemps lui permettrait de se rendre compte du froid de sa peau, et il ne désirait pas vérifier cela. Il ferma les yeux et laissa remonter en lui un souvenir d'été, la peau chauffée par le soleil, son rire, ses cris quand il s'amusait à lui courir après dans les vignes de leur ville natale..

Le souvenir s'éloigna brusquement, comme une bulle qu'on aurait éclaté et le froid chassa la chaleur imaginaire. Des larmes qu'elle ne tentait plus de retenir coulaient sur les joues de la mère de Cait, elle lui adressait un sourire reconnaissant et il fit quelques pas en arrière.

Kingsley lui adressa un signe de la tête depuis le fond de la salle et agita sa baguette en direction du cercueil. Les fleurs présentes autour du cercueil et sur les bancs des invités commencèrent à se mouvoir comme si leur pousse avait été accélérée et que leurs branches cherchaient à se réunir.. Si cela aurait pu sembler effrayant, personne dans la salle ne paru s'inquiéter. Les fines branches rampèrent jusqu'à Caitlyn et commencèrent à en recouvrir le cercueil. Alors que les invités ne pouvaient plus voir d'elle que son visage, le reste de son corps pris dans ce qui semblait être un gigantesque cocon de fleurs blanches, un éclair de lumière aveugla tout le monde.

Aedan, garda les yeux fermés un court instant, alors que des gémissements de surprise retentissaient. Il savait ce qu'il allait voir, mais n'était pas sûr d'être prêt. « Non, je veux voir son visage encore, je vous en supplie, je veux encore de son visage... S'il vous plaît, s'il vous plaît... »

Il finit par ouvrir les yeux.

Au centre de la pièce ne se trouvait plus qu'une table recouverte d'un drap blanc. Un vase d'une vingtaine de centimètre, mélange audacieux d'un cylindre et d'une sphère était posé en son centre.
A l'intérieur, comme un signe de renouveau, et d'une pureté virginale, se trouvait une énorme fleur de lys, qu'il savait, sans pouvoir l'expliquer, éternelle.
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