Nox Aeterna

La guerre est enfin finie. Harry Potter et Lord Voldemort y ont néanmoins laissé la vie. Tout semble être rentré dans l'ordre. Mais est-ce vraiment le cas...?
 

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 [FINI] Hasard ou coïncidences

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MessageSujet: [FINI] Hasard ou coïncidences   Lun 31 Mar - 0:11

Bravo, vous m'avez trouvé ♫
Que faire de moi ?

Indice :
"Au dela du forum, amis, leur atrium."
La librairie Fleury & Bott pouvait se révéler être une véritable mine emplis de trésors anciens lorsqu’on savait chercher correctement, sans pour autant devoir passer par l’Allée des Embrumes pour se procurer certains ouvrages que de mauvaises langues qualifieraient « Occultes ». La bibliothèque personnelle d’Hécate regorgeait de grimoires de ce genre, certains obtenus de manière quelque peu illégales et sous le manteau grâce à une certaine forme de persuasion. Travailler dans le service des empoisonnements et autres réjouissances avait, parfois, de très bonnes utilités quand à la confection de potions pour obtenir ce que l’on désirait avoir.

Enfin, passons.

La guérisseuse s’était accordée quelques jours de répits, loin de l’agitation perpétuelle de l’hôpital. Certes, depuis la mort du puissant Lord Noir et de son Némésis survivant, les couloirs de Ste. Mangouste n’étaient plus aussi agités et combles qu’à une époque. Cependant, c’était à croire que certains sorciers avaient en tête de révolutionner le monde la magie par quelques sortilèges aléatoires et potions étranges.

Son choix s’était porté sur le Chemin de Traverse. Un endroit qu’elle n’avait pas eu le plaisir de visiter depuis quelques temps. Plus précisément, elle se rendit chez les libraires Fleury & Bott afin d’y dénicher quelques précieuses raretés qui auraient pu manquer à sa collection. Rajustant correctement le col de son manteau pour se protéger de la neige, elle entra dans la boutique.

Poliment, la demoiselle salua le libraire d’un signe de tête avant de l’interroger sur ses dernières acquisitions, aussi bien concernant les potions que les sortilèges. L’homme sembla réfléchir un instant avant de l’entraîner vers le fond de la boutique, là où se trouvaient certains ouvrages qu’il ne fallait guère mettre entre toutes les mains, surtout des plus jeunes. Sourire à l’appuie, Hécate le remercia avant d’entreprendre de dénicher la perle rare. Recherches qui se trouvèrent avortées lorsque la jeune femme sortie de ses pensées en reconnaissant une silhouette à quelques mètres plus loin, perdue dans un autre rayon.

Silhouette dont elle s’approcha non sans toutefois balayer d‘un regard clair les rayons au cas où un ouvrage l’interpellerait.

— Certaines personnes prêtent beaucoup de crédit au hasard lors des rencontres ; je parlerai plutôt de coïncidences dans le cas actuel : ravie de vous revoir, monsieur Birgerjarl.

Hécate se garda bien de faire la moindre remarque sur le pourquoi de la présence de l’enseignant ni sur l’ouvrage qu’il avait entre les mains. Du moins, guère pour le moment. Cela étant, ce détail ne lui avait pas échappé.


Dernière édition par Hécate Morwënn le Dim 26 Oct - 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FINI] Hasard ou coïncidences   Mar 1 Avr - 21:50

Le professeur sortit sa montre à gousset de sa poche pour observer l’heure avant de l’y ranger de nouveau. Il avait bien devant lui quelques heures avant son prochain cours avec les sixièmes années et pouvait donc aller flâner chez Fleury & Bott. Les librairies sont des lieux qu’il apprécie particulièrement. Ce sont des endroits relativement calmes –sauf pendant la rentrée cela va de soi- au parfum particulier et à l’ambiance caractéristique. Il avait toujours l’impression d’entrer dans le cœur de la connaissance et d’être seul au monde. C’était un sentiment grisant et effrayant à la fois.

Stigandr tournait les pages. Il aimait sentir le contact bruissant du papier granuleux sous la pulpe de ses doigts. De tous, il préférait les livres d’occasion. Ils avaient tant de choses à dire, bien plus qu’une œuvre fraichement extirpée de l’imprimerie magique de Londres. Une légère odeur, les pages cornées, des éraflures sur la couverture usée, une tâche sur la préface et l’objet sans vie se dot soudain d’une âme. Lorsqu’il entrait chez Fleury & Bott, monsieur Birgerjarl n’accordait que peu d’attention aux livres neufs, sauf si cela s’avérait utile pour les cours qu’il prodiguait à Poudlard. Ce jour-là ne dérogeait pas à la règle et c’est un vieux bouquin bien malmené par l’existence qu’il feuilletait entre deux étagères, dans le fond de la boutique, bien loin des palabres.

Aujourd’hui, il ne venait pas pour satisfaire sa boulimie quotidienne de lecture mais plutôt pour trouver un présent pour un être spécial… très spécial… Certes, au début de sa pérégrination, il recherchait une œuvre unique et passionnante… c’est ce sur quoi il tomba mais hélas, le sujet en question était plus susceptible de lui plaire à lui qu’à son ami. Se promettant de ne jeter qu’un bref coup d’œil, il se laissa cependant assez distraire pour qu’on le surprenne tout absorbé par le vocable enjôleur et excentrique d’un sombre prospecteur de sortilèges du XVème siècle portant le nom de Valsus Breatle, mort dans d’étranges circonstances.

C’est une voix qui le tira de sa lecture et si elle n’était pas de celles qu’il connaissait le mieux, elle était sans conteste des plus agréables. Ses mains se refermèrent sur l’ouvrage qui portait le titre peu parlant de « Codex des sortilèges inapplicables et dont la pratique est très fortement déconseillée ». Il leva ses yeux sur la silhouette qui s’approchait, sans pour le moins donner l’impression de la détailler et afficha un léger sourire sur ses lèvres fines. « D’autres pensent que tout ce qui existe est le fruit de la coïncidence et de la nécessité. En ce cas cette rencontre est plus qu’éloquente. » Vêtu d’un costume sur une chemise sobre à la teinte exclusivement noire, il gardait une élégance certaine dans sa simplicité.

L’ancien patient de la jeune femme lança une œillade sur la légion de bouquins qui les cernait avant de poser de nouveau son regard en amande sur elle et bien qu’il ne fût pas inquisiteur, il n’en était pas moins perçant. « Venez-vous chercher d’obscurs manuels de médecine ? J’en ai aperçu quelques-uns sur l’étagère du fond. J’ai eu beau tenter de m’y intéresser, j’ai bien peur d’être largement dépassé en ce domaine. » A peine eut-il terminé sa phrase que le libraire vint déposer une pile de livre sur une petite table près des deux protagonistes, perturbant ainsi leur intimité. Il replaça ses lunettes sur son nez avant de se tourner vers Stigandr, en toute sympathie. « Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez au fait monsieur ? » Le professeur afficha un léger sourire et pourtant il n’apprécia pas cette bruyante interférence, même si le bonhomme se voulait montrer serviable. Il agita brièvement le livre qu’il avait en main avant de laisser tomber son bras le long de son corps. « C’est parfait je vous en remercie. » Une fois qu’ils furent tous deux seuls à nouveau, Stigandr poussa un léger soupire contrarié. « J’ai bien peur d’avoir menti… Par tout hasard, vous ne sauriez pas où se trouve un livre traitant des plantes rares, et tout particulièrement du Platycérium Mortifère ? » C’était plus une question rhétorique qu’autre chose car il ne s’attendait pas à avoir de réponse…
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MessageSujet: Re: [FINI] Hasard ou coïncidences   Mer 2 Avr - 19:07

Un sourire aérien ourla délicatement les lèvres de la jeune femme à la mention de la coïncidence et de la nécessité. Ce genre de conversation aurait ravi plus d’une de ses collègues un peu trop versé dans tout ce qui était divination et autres sornettes d’horoscope. Le genre à n’avoir de cesse de répéter que tout ce qui arrive est déjà écrit, personne ne pouvant s’y soustraire d’une manière ou d’une autre. Hécate était plus pragmatique à ce sujet : un homme se retrouvait à Ste. Mangouste pour cause de brûlures, un sortilège ou une potion avait mal tourné. C’était tout. Les tenants et les aboutissants du « pourquoi avait-il réalisé ce sortilège ou concocté cette potion ? » ne la regardaient nullement.

À la mention concernant les obscurs manuels de médecine, une lueur amusée passa dans ses iris saphir alors qu’elle secouait légèrement sa tête de droite à gauche.

— Je crains fort en posséder bien plus que ce que cette librairie, aussi fournie soit-elle, pourrait m’offrir. Non, je cherche autre chose.

Elle s’interrompit lors de l’irruption polie du libraire avec sa pile d’ouvrages qu’il déposa ensuite. Hécate écouta plus qu’elle n’observa réellement la brève conversation entre les deux êtres. Silencieuse, elle attendit simplement que le vieil homme retourne à ses occupations, en particulier quelques clients plus curieux et sachant déjà ce qu’ils pouvaient rechercher.

La Guérisseuse ne put s’empêcher d’arquer légèrement un sourcil à l’aveu de son interlocuteur.

— Bien sûr, répondit-elle simplement comme si son vis-à-vis venait de lui demander la couleur du ciel ou si elle avait toujours sa baguette à portée de mains.

Hécate s’éloigna ainsi vers les nombreux rayons en une invitation silencieuse à la suivre. Elle délaissa le rayon relatif aux sortilèges où ils se trouvaient pour se glisser comme une ombre vers celui de botanique. Ses yeux clairs balayaient les grimoires entassés et poussiéreux avant qu’elle ne s’arrête. Usant de sa baguette magique, elle fit venir un livre à la couverture de cuir plaqué de bois et… plus que poussiéreux. Si bien qu’en soufflant dessus pour laisser entrevoir le titre, il demeura encore une légère couche de poussière.

Plantes et raretés botaniques, murmura-t-elle plus pour elle-même que pour Stigandr. Votre Platycérium Mortifère devrait y être mentionné là-dedans. Cela étant…

Elle s’interrompit un moment, semblant réfléchir.

— Je ne crois pas que son cas soit très développé dans cet ouvrage-ci. Si vous cherchez un chapitre entier, il y sera très certainement mentionné en détail dans les livres concernant les potions. Tout dépend de ce que vous désirez trouver, ajouta-t-elle en tendant le lourd grimoire ancien à son vis-à-vis.
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MessageSujet: Re: [FINI] Hasard ou coïncidences   Mer 21 Mai - 21:09

La Dame devait être une cliente régulière car elle mit moins d’une poignée de secondes à lui trouver un livre traitant du sujet qu’il recherchait. Il saisit l’ouvrage tendu par la médicomage et inspecta l’objet. La couverture devait être usée mais pas trop. Son odeur devait être authentique et pas pestilentielle. Les pages devaient expirer quelque chose proche d’une âme. Monsieur MacLaod était difficile à satisfaire et plus encore à surprendre alors lorsqu’il s’agissait de lui faire des présents pour son anniversaire, la tâche devenait soudain plus ardue que jamais.

En tous les cas, cette œuvre avait un bon potentiel et Stig décida qu’elle valait la peine qu’on dépense pour elle quelques menus galions. « Merci pour votre aide Mademoiselle Morwënn. A défaut d’être certain que ce présent sera reçu à sa juste valeur, il possède tous les critères requis et ce grâce à vous. »

Deux secondes s’écoulèrent avant qu’un son qui lui était familier ne résonne. Cela venait de la poche intérieure de son veston. Il y plongea sa main sans empressement démesuré et en extirpa une montre à gousset, faite d’argent. Au premier contact de ses doigts sur le métal froid, le tintinnabulement cessa. Un coup d’œil lui suffit avant qu’il ne range l’objet, refermant le clapet d’un mouvement de l’index.
Le professeur releva la tête en direction de la Dame et esquissa un léger sourire contrit. « Ne m’en tenez pas rigueur mais je donne un cours à Poudlard dans moins d’une heure. »

Puis se dressant, il salua Hécate d’un lent mouvement de tête. « Encore merci pour votre aide. Vous revoir fut pour moi un plaisir. Je vous souhaite une excellente journée. »

Puis il tourna les talons, prenant congé. L’obscure stature traversa les allées poussiéreuses avant de disparaître dans l’avant salle de la librairie. Il n’y avait pas grand monde aujourd’hui. A l’étage, deux enfants se chamaillaient pour un livre que chacun semblait vouloir plus que sa vie. Un véritable ramdam juste pour un caprice. La mère, visiblement habituée, ne réagissait pas, continuant sa lecture. Le quarantenaire fronça subrepticement ses sourcils. S’ils avaient été ses propres enfants cet esclandre n’aurait pas duré et la punition aurait été exemplaire – vous avez dit traumatisante ?

Lorsqu’il se délesta de quelques pièces, il salua le libraire pour se diriger vers la sortie, le regard assombrit par les cris des deux trublions. Dire que le bruit de voix aigües l’indisposait était en deçà de la vérité. « Monsieur Birgerjarl ! »

Sa main allait effleurer la poignée de la porte lorsque la voix du libraire le fit se retourner. «  J’ai oublié de vous rendre votre monnaie. »

L’homme se dirigea vers lui, tout sourire. Stigandr, étonné par sa propre étourderie, revint sur ses pas. Une poignée de secondes plus tard, il se retrouva au sol, ses oreilles poussant un long et monocorde sifflement. Tout autour de lui semblait avoir été soufflé par une explosion. Une explosion ? Ici ? Il savait que rien n’était impossible, tout cela était juste improbable. Le libraire était assis par terre, adossé au comptoir, hébété. Son visage était parsemé d’écorchures dues aux bris de la devanture qui explosa un instant plus tôt.

Il devait reprendre ses esprits. Stig se redressa en passant sa main sur son visage. Il sentait rouler d’infimes morceaux de verre sous la pulpe de ses doigts, puis sur les écorchures d’où s’échappaient quelques goûtes cinabres d’un sang épais. Il en débarrassa ses mains en les secouant avec nonchalance. Les éclats de verre et de bois tombaient de sa veste et de ses cheveux tandis qu’il se relevait, baguette déjà en main. On n’abandonne pas ses réflexes.

Un coup d’œil lui suffit pour voir les deux enfants à l’étage recroquevillés, en larmes dans les bras de leur mère… L’explosion avait en cela quelque chose de bénéfique : il ne les entendait pas brayer.

Quelques pas mal assurés le guidèrent jusqu’à l’entrée éclatée de la boutique, lui se tenant au mur. C’est à ce moment-là qu’il put distinguer l’origine de l’incident. La petite boutique d’ouvrages sorciers en elle-même n’était pas la source, celle-ci en subissant uniquement le souffle. Il en était bien autrement de celle qui lui faisait face. Obscurus Book, une maison d’édition, était détruite du toit aux fondations. La ligne serrée des bâtiments de la rue était ainsi éventrée. Des passants gisaient au sol, soit sonnés, soit blessés ou pire. D’autres couraient pour échapper à une éventuelle réplique et certains demeuraient immobiles, incapables de bouger ne serait-ce qu’un membre.

Il ferma les yeux une seconde. Il avait un mal de crâne carabiné… un moindre mal. Si le bouquiniste ne l’avait pas rappelé, il serait peut-être mort à l’heure qu’il était. Ses oreilles bourdonnaient encore mais il entendit un bruissement. Peu à peu, il parvenait à déceler qu’il s’agissait d’une voix. Il se retourna et croisa le regard d’Hécate. Il tendit le bras vers le propriétaire de la boutique, toujours sous le choc. «  Je crois qu’il a besoin de soin. »
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MessageSujet: Re: [FINI] Hasard ou coïncidences   Jeu 22 Mai - 0:37

Parfois, de simples rencontres anodines pouvaient prendre une tournure pour le moins des plus inattendues sans crier gare. C’était là toute la subtilité de l’ironie du sort, n’est-ce pas ? Frapper lorsqu’on s’y attend le moins. Hécate aurait volontiers fait fi de ce genre « d’ironie » particulière.

— Je vous en prie.

C’était la simple phrase qu’elle avait prononcé à l’égard de l’enseignant et qui concluait leur bref mais plaisant échange. Chacun reprenait à présent sa route. Du moins, chacun l’aurait repris s’il n’y avait pas eu un soudain revirement de la grande roue du Destin à quelque chose visant approximativement les cent quatre vingt degrés.

La jeune femme était retournée à son exploration et sa quête du précieux Saint Graal. Ses pensées vagabondaient au gré d’une mélodie dont elle seule en connaissait la moindre harmonie alors que ses doigts effleuraient quelques couvertures de grimoires usés d’être trop longtemps restés à la même place en attendant leurs futurs propriétaires. Sa route s’arrêta vers un ouvrage à la couverture d’émeraude sombre qu’elle attrapa et…

Il y eut un bruit sourd. Ce fut tout.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, Hécate mit quelques secondes à reconnaître l’endroit où elle se trouvait. Ses oreilles bourdonnaient et sifflaient, comme si quelqu’un venait de lui hurler violemment dans les oreilles. Une minute. Non, ce n’était pas qu’une impression. Elle se souvenait parfaitement avoir entendu un soudain fracas semblable à une déflagration. Alors qu’elle s’extirpait de la poussière et des pages de grimoires qui lui étaient tombés dessus, elle put avoir un aperçu plus clair de la situation.

Le souffle de l’explosion avait fait basculer une étagère qui en avait entraîné une autre et, malheureusement pour elle, la Médicomage s’était trouvée prise entre les deux. Sa tête avait certainement dû cogner contre le bois au vu de la douleur qu’elle percevait au niveau de sa tempe ainsi que le mince filet de sang qu’elle recueillit sur ses doigts en effleurant l’endroit. Une blessure plus que superficielle, fort heureusement. Hécate avait eu de la chance de ne pas subir d’éclats de verre. À propos d’éclat de verre…

La jeune femme sortit du champ de batailles de parchemins et autres livres en époussetant sa robe afin d’évaluer les dégâts ambiants. Son regard se porta un instant vers la mère et ses deux enfants. Plus de peur que de mal, de ce qu’elle en déduisit. Ils avaient eu de la chance de ne pas se trouver près de la devanture de verre. D’ailleurs, à ce sujet, Hécate se pencha par-dessus la balustrade de l’étage pour voir quels autres clients se trouvaient là et, surtout, le résultat d’une telle déflagration. Tout en descendant pour retourner au rez-de-chaussée, elle ne put s’empêcher d’arquer un sourcil en constatant la présence de Stigandr qu’elle pensait assez loin depuis quelques temps. Du moins, suffisamment pour ne pas s’être retrouvé dans cette situation. Apparemment, non. Quand on disait que l’ironie du sort était subtile, n’est-ce pas ?

Elle s’approcha de lui, claquant ses doigts pour attirer son attention et, par la même occasion, jauger l’état de surdité qui s’évaporait peu à peu. Ne voyant aucune réaction, elle finit par l’appeler. Une fois. Deux fois. Ce ne fut qu’au bout de la troisième fois qu’elle eut une réaction.

— Vous aussi en avez besoin, si je ne m’abuse, souligna-t-elle. Vous donnez l’impression d’avoir subi un cri lacérant de Banshee en plein visage. Au sens propre du terme.

Toutefois, elle alla d’abord s’occuper du propriétaire de l’endroit.

Hécate mit un genou à terre et posa sa main sur le bras de l’homme pour le rassurer. Homme qui ne semblait pas réagir, regardant d’un air égaré le carnage extérieur. À nouveau, elle fit claquer ses doigts et ce, devant les yeux de l’individu pour le ramener à la réalité. Le regard perdu se tourna vers elle. L’homme cligna plusieurs fois des paupières. La Médicomage lui parla doucement tout en l’examinant, observant ses pupilles et prenant son pouls puis jugeant l’état général de son corps.

Finalement, elle se redressa.

— Il est en état de choc. Rien de très grave : un peu de repos et ça ira mieux.

Hécate observa ensuite les dégâts de la boutique. Ou plutôt… les dégâts du bâtiment d’en face qui avait été quasiment soufflé.

Le noir du charbon avait entièrement remplacé la couleur ordinaire des briques sans compter les quelques flammes qui léchaient encore ce qui restaient de l’endroit. Ses yeux clairs vagabondèrent ensuite sur les victimes. Nombreuses. Quiconque avait attaqué cet endroit l’avait fait en toute connaissance de cause : un lieu public, des nombreuses victimes… l’endroit idéal, en somme. Du moins, l’idée était séduisante. Même si Hécate préférait la subtilité. Le raffinement. Et cette explosion ainsi que ces dégâts manquaient cruellement des deux.

La jeune femme porta son attention sur l’enseignant.

— Je crois que votre cours à Poudlard va être légèrement compromis.
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MessageSujet: Re: [FINI] Hasard ou coïncidences   Ven 30 Mai - 12:25

Il ferma les yeux un instant et pinça du bout des doigts l’arête de son nez. Sans doute était-il blessé à cet endroit car la douleur se fit plus vivace encore. De façon générale, elle semblait vouloir ne pas se déloger de sa boite crânienne. Grand bien lui fasse ! Qu’elle en profite. Il finirait par l’ignorer, comme il l’avait toujours fait.

Bientôt, il parvint à oublier le marteau qui cognait dans sa tête et le pieu qu’on enfonçait entre ses deux yeux. La voix d’Hécate n’était toujours pas redevenue normale dans ses oreilles, mais suffisamment pour entendre ses réflexions, dont la première fut d’ailleurs sur sa forme ! Un cri lacérant de Banshee en plein visage ? Elle attisa sa curiosité. Ainsi, le professeur se baissa pour ramasser un morceau de verre assez grand pour obtenir un reflet. Lorsqu’il aperçut son visage sali par la suie, il n’eut pas un soupçon de réaction, observant méthodiquement sa lèvre fendue, sa joue gauche griffée, son nez entaillé… Avec insouciance, sa main laissa retomber le verre qui rencontra le sol dans un son tintinnabulant. « Voilà qui ne risque pas d’arranger ma cote de popularité… » Dit-il d’un ton monocorde pour lui-même. Il avait connu pire comme blessure mais de cela il se serait tout de même bien passé.

Stigandr gardait sa baguette en main. Dans ce genre de situation, même si le pire était passé, une autre menace pouvait toujours survenir à n’importe quel instant. Il approcha d’Hécate et de son premier patient de la journée. Ce dernier n’avait rien de grave visiblement et était juste en état de choc. Il aurait certainement besoin d’un soutien psychologique avant de reprendre le travail. Il en avait croisé des cas similaires, où la victime, physiquement indemne, était handicapée à vie ou presque par la peur de revive la même expérience traumatisante.

La dernière réflexion de la jeune femme lui arracha l’aube d’un sourire. Son cours à Poudlard allait être irrémédiablement annulé. Cela ne lui arrivait, d’ordinaire, jamais. Il n’était jamais en retard, jamais absent, jamais malade, jamais en déplacement et ses élèves étaient certains que Monsieur Birgerjarl serait le dernier debout dans sa salle de classe à prodiguer ses cours même si la fin du monde était pour demain. Son absence à l’un de ses cours allait sans doute soulever bien des interrogations ou au moins de l’enthousiasme. « Ce sera sans doute leur unique raison de ne pas me maudire une fois dans l’année. »

Il fit quelques pas. A chacun d’entre eux, il devait s’assurer de ne pas glisser en balayant les débris et les livres éventrés qui gisaient, encore fumant pour certains d’entre eux, dans la librairie. Une fois qu’il fut près d’Hécate, il inclina légèrement sa tête sur le côté en fronçant furtivement son regard. « Vous devriez vous asseoir. » Il sembla chercher quelque chose dans sa poche intérieure. Il évita de grimacer. Chaque mouvement semblait lui déchirer un muscle. Après moins d’une poignée de seconde, il extirpa de sa veste un petit mouchoir blanc de soie, parfaitement plié en carré. « Vous êtes blessée. » Loin d’être brusque, son geste fut assez doux pour éviter que son amie ne soit trop surprise. Il tendit ainsi sa main jusque sur la tempe de la médicomage pour appliquer le morceau de tissu.

Un son le tira pourtant de sa contigüité avec elle. L’une des victimes à l’extérieur se mit à bouger et à gémir. « Elle est encore en vie.. ? » Sans perdre de temps, il traversa la boutique, passa le pas de la porte –qui n’existait plus d’ailleurs- et approcha de la victime qui gisait sur les pavés, à moins d’un mètre de Fleury & Bott. C’était une femme d’une soixantaine d’année. Son tailleur en laine bouillie, déchiré, était entièrement recouvert de poussière et brûlé à de maints endroits mais on devinait que la couleur d’origine tirait vers le vert. Stig s’accroupit vers elle, toujours baguette tirée. Une foule commençait à s’amasser autours du carnage. « Mademoiselle Morwenn ! » La femme, mourante, avait le pied droit déchiqueté et de multiples contusions. Dans sa main crispée, il y avait sa baguette. Elle ne portait pas de manteaux et était habillée comme une secrétaire. Il y avait des chances pour qu’elle ait été éjectée du bâtiment pendant l’explosion. Comment aurait-elle pu survivre à cela ? Le souffle aurait dû la tuer sur le coup. Visiblement, elle avait eu le temps de sortir sa baguette et de se protéger grâce à un sort lancé au dernier moment. Qui qu’elle fut, même simple secrétaire, elle n’était certainement pas dénuée de talent.

L’ancien Auror se pencha vers elle. « Ne vous inquiétez pas, nous allons vous soigner. » Il ignorait si elle l’entendait et il était clair qu’il mentait mais un mourant n’avait pas toujours besoin d’entendre la vérité. Il leva un regard sinistre sur Hécate lorsqu’il entendit la femme gémir davantage. Ses oreilles n’avaient pas encore récupéré mais il percevait quelque chose de sa bouche… elle tentait de prononcer quelque chose. « Ign… Igna… I…. Ignacius… Mac..P… » Ce fut son dernier souffle, son ultime témoignage. Stigandr observa le vide tandis qu’il posait sa main sur le front de la femme pour fermer ses yeux dès lors dénués de vie. « Ignacius MacPears » Répéta-t-il dans un murmure, plongé dans ses souvenirs. Il connaissait ce nom mais d’où ?

Une minute plus tard, des hommes de la Brigade du Ministère apparurent. Très vite, ils installèrent un périmètre de sécurité. C’est alors que sous les décombres, quelque chose se mit à bouger.
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MessageSujet: Re: [FINI] Hasard ou coïncidences   Sam 7 Juin - 16:11

Le Chaos. Quelque part, tout cela avait une forme de poésie. Une poésie diabolique, c’était un fait. Bousculer l’ordre régulier des choses pour y semer un chaos comme celui-ci, le genre humain savait où frapper pour attirer l’attention. Il suffisait de donner un léger coup de pied dans une fourmilière pour voir ses habitantes toutes sortir et s’affaire à redresser ce chaos engendré. Ici-même, il suffisait de voir les nombreux passants s’approcher du carnage, les fenêtres s’ouvrir sur des têtes curieuses pour tous ceux qui ne s’étaient pas trouvés à proximité.

La curiosité morbide de l’humain était tout simplement… fascinante.

S’asseoir ? Ramener à la réalité par son aîné, la demoiselle fronça légèrement sourcils à cette remarque. Son regard saphir capta le geste que fit l’enseignant qui sortit de sa veste un mouchoir. Pour quelles raisons est-ce que… Oh.

En percevant le tissus fin sur sa tempe et à l’explication de son interlocuteur, Hécate se rappela de sa propre blessure. Rien de grave comparé à ce que d’autres avaient pu subir, cela dit. Elle pouvait remercier les volumineuses étagères en bois d’avoir servi de bouclier de protection à son égard. Moins les nombreux livres et ouvrages en tout genre qui lui étaient tombés dessus lors du choc.

Alors que Stigandr s’éloignait vers la ruelle, la jeune femme observa les deux enfants traumatisés qui venaient de descendre, cramponnés comme à une bouée de sauvetage à la robe de leur mère. Nul casse. Simplement une peur immense similaire à ces cauchemars nocturnes qu’elle lisait dans leurs regards. Même leur génitrice n’en menait pas large et conservait un bras protecteur autour de sa progéniture, demeurant dans un coin de la librairie comme craignant une nouvelle attaque. Elle délaissa ce spectacle pour s’approcher rapidement de l’enseignant qui venait de l’appeler.

Hécate se laissa tomber à genoux près de la victime, se fichant bien de la cendre ou des nombreux débris. Peut-être fusse la vue d’une autre personne féminine qui eut cet effet, mais la femme agrippa le bras de la Médicomage de sa main libre. Bras qu’elle serra avec force de sa main maculée de sang, comme animée par une ultime énergie. Hécate la laissa faire. Un simple coup d’œil aux dégâts suffit à déterminer qu’elle n’avait plus que quelques secondes, voire quelques minutes à vivre. Lorsque Sitgandr leva la tête vers elle, un simple hochement négatif suffit à offrir une réponse. Non, elle ne s’en sortirait pas. Oui, elle allait bientôt mourir. De manière assez horrible. Lui rompre le cou comme on le fait avec un animal aurait été faire preuve de compassion, l’empêcher de souffrir inutilement.

D’autant qu’elle était en train de s’étouffer avec son propre sang à tenter de parler de la sorte. Un simple nom, incomplet, fut la seule compensation qu’ils eurent pour avoir été au chevet d’une morte. La main d’Hécate qui s’était approchée vers le cou de la femme, comme si elle avait voulu la soutenir et l’empêcher de se noyer dans son propre sang, se retira tandis qu’elle laissait l’enseignant fermer les yeux de la morte.

Requescat in pace, murmura-t-elle en une phrase rituelle.

Elle retira la main de la femme encore accrochée à son bras sous la force des muscles qui l’avait habitée en ces ultimes instants et la rigidité cadavérique. Main qu’elle laissa reposer le long du corps avant de se redresser, époussetant ses vêtements tout en répétant le nom murmuré par Stigandr. Ignacius MacPears. Cela ne lui disait vraiment rien.

La Brigade commençait à se déployer, faisant reculer les curieux qui s’étaient approchés. Les survivants de ce désastre allaient être interrogés un à un. Grand Dieu… elle aurait donné n’importe quoi pour ne pas avoir à subir cet interrogatoire. Même à simuler un malaise. Cela étant, elle n’en eut pas besoin. L’attention de tous se tourna aussitôt vers les décombres qui bougeaient. Illusion ? Non, le bois bougea encore. La massive poutre en chêne tremblait, menaçait de s’écrouler à tout moment sur les membres de la Brigade qui s’étaient aussitôt approchés, baguettes levées et… ne semblaient pas le moins du monde avoir conscience du danger qui venait d’en haut et qui pesait sans doute plus de cinquante kilos. Suffisant pour broyer une cage thoracique.

Par réflexe, Hécate tira sa baguette et s’approcha. Être Médicomage impliquait soigner les blessures mais aussi les prévenir. Un des hommes se mit sur son chemin mais elle l’écarta d’un geste, l’envoyant rejoindre la cendre et la suie du sol.

Destructum, murmura-t-elle en visant la massive poutre qui venait de basculer pour tomber vers les hommes de la Brigade.

Poutre qui vola en éclat en un craquement sinistre tandis que la jeune femme rangeait sa baguette, faisant prendre conscience aux hommes qu’un sortilège de protection autour d’eux ne serait pas de trop pour empêcher d’autres ruines de leur tomber dessus.

— Je me demande comment ils recrutent des membres de leur Brigade, murmura-t-elle alors qu’elle revenait à hauteur de l’enseignant et qu’elle laissait un desdits hommes de la Brigade qu’elle avait mis au tapis plus tôt superviser les événements et empêcher qu’une autre poutre ne tombe sur ses compagnons.

Poutres qui furent écarter une à une avec précaution, révélant une masse informe de vêtements dont la couleur d’origine était inconnue tant ils étaient noircis par la suie et brûlés à certains endroits. La seule chose que l’on pouvait à peu près déterminer était qu’il s’agissait d’un homme. Qui bougea… et devait sans doute avoir une bonne étoile pour s’en sortir à peu près vivant. Chose des plus étonnantes, d’ailleurs, à en juger par l’état dont la secrétaire s’en était sortie et qui avait tout de même succombé. Vraiment étrange.
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MessageSujet: Re: [FINI] Hasard ou coïncidences   Dim 26 Oct - 12:50

C’est avec attention qu’il avait observé tous les gestes de la médicomage, mais il en avait fait de même avec tous ceux présents sur place. Après tout, on ignorait si le pire était encore à venir et Stig avait toujours une légère tendance à la paranoïa pour ce genre de choses…

La présumée secrétaire rendit son dernier souffle et lorsqu’Hécate ferma les yeux de la défunte, l’enseignant se débarrassa de sa veste pour l’en couvrir le haut du corps jusqu’à la tête. Personne n’avait besoin de voir la façon dont la vie de cette femme s’était tragiquement terminée… les yeux remplis de curiosité morbide devraient dès lors regarder ailleurs.

Le chaos s’organisait peu à peu. Les membres de la brigade magique dessinaient un périmètre de sécurité empêchant les passants de pénétrer la scène du crime, une équipe de médicomage provenant de Sainte Mangouste se déployait, auscultant et prodiguant des soins aux victimes les plus touchées, tentant de sauver ceux qui pouvaient l’être… Un agent imprudent manqua de se faire écraser par une poutre mais alors que Stig s’était redressé pour agir, Hécate l’avait précédé avec une étonnante efficacité. « Monsieur, vous êtes blessé, asseyez-vous s’il vous plait que je vous examine. » Il sentit une main se refermer sur son bras et manqua de s’en dégager avec vivacité mais se retint à la dernière seconde, ne souhaitant pas paraître trop hostile, bien que ce contact l’agaça passablement. « Ça va je n’ai rien. Il y a une femme à l’intérieur avec un enfant. » Ce n’était pas tant par noblesse d’âme que par désir d’être laissé en paix… peut-être par excès d’amour-propre…. malgré le regard fataliste du doc, cela fonctionna –une mère et un enfant blessés ont tendance à plus attirer les St Bernard- étant donné qu’il délaissa sa victime première pour se diriger vers l’intérieur de Fleury & Bott.

Birgerjarl, ferma un instant les yeux. Son ouï n’était toujours pas revenu à la normale, et en plus de cela, un mal de crâne déchirait sa tête de long en large. Il se serait volontiers fracassé la boite crânienne contre un mur si cela signifiait ne plus rien ressentir ; mais à bien y réfléchir, il serait sans doute passé pour un fou et aurait peut-être fini l’année à Sainte Mangouste. On allait éviter ! Il se contenterait de paraître normal jusqu’au moment où on l’autoriserait enfin à rentrer chez lui et il se plaindrait aux murs froids et impassibles de sa sombre demeure.

La remarque d’Hécate l’amusa finalement, même s’il n’en montra rien. « Je me demande si tous les médicomages sont de votre trempe. Si c’est le cas, la brigade a du souci à se faire. » Dit-il en retroussant les manches de sa chemise blanche salie par la suie et le sang. Ce qui était fort dommage pour le maniaque qu’il était. Les travaux de déblaiement commençaient déjà dans le but de découvrir de nouveaux survivants et très vite, un corps fut découvert. Stig garda sur la scène un œil alerte bien qu’il ne se sentait plus concerné, et lorsque l’un des hommes s’écria qu’il y avait un survivant, Stig plissa le front où apparurent quelques rides d’expression. « Il faut le conduire immédiatement à Sainte Mangouste ! » Le professeur se fraya un passage pour observer le miraculé. Cela était devenu très important pour lui. Il parvint presque à son but, devinant alors les jambes, le torse, le cou… lorsqu’il fut arrêté par un membre de la brigade qui lui barrait littéralement le passage. « Circulez s’il vous plait, ne gênez pas les secours. » Il savait très bien comment cela fonctionnait, et l’entêtement du Cerbère l’agaça. « Je veux juste voir son visage. » « Nous maîtrisons la situation. Reculez je vous prie. » L’enseignant n’était pas du genre à renoncer, mais c’était peine perdue. Il se retourna en serrant les dents et s’éloigna. Il se souvenait maintenant qui était Ignacius MacPears. « Monsieur ! » L’interpela soudainement le membre de la brigade, faisant se retourner le danois. « Merci de bien vouloir faire votre déposition à nos services. » Il ne répondit rien, trop irrité par la frustration et la douleur mêlées… Une œillade sur la foule agglutinée le fit tiquer. Il reconnut une silhouette parmi le flot d’inconnus. N’était-ce pas la fille Black ?

Un voile gris tomba devant ses yeux. Il avait beau les écarquiller, tout ce qu’il voyait était comparable à un écran de télé moldue parasitée par une onde illisible. Il tenta de faire bonne figure, mais c’était bien compliqué lorsqu’on ne voyait plus rien. Une intense envie de vomir lui serra brusquement les tripes. Le professeur reposa son dos contre le mur d’une des boutiques de la ruelle, espérant faire illusion mais cette même voix qu’il avait entendu dans la boutique après l’explosion vint à lui à nouveau. « Birgerjarl ? » Le son lui semblait si lointain. Il risquait de perdre connaissance et le savait. « Mademoiselle Morwënn, rendez-moi service, ne les laissez pas m’emmener à l’hôpital. » Il n’était même pas sûr qu’elle l’entendait, lui-même ne percevant plus que des bribes de son provenant de sa propre bouche. « Pourquoi ? » Perçut-il de la médicomage. Parce que les hôpitaux le mettaient mal à l’aise, parce qu’il ne tenait pas à ce que cet épisode se sache et parce qu’il en était persuadé, ce n’était tout simplement pas nécessaire. Il luttait pour rester éveillé et essuya machinalement son nez duquel provenant une certaine gêne. Il ne se rendit pas même compte que du sang frais en coulait, résultat du traumatisme crânien dû à l’explosion. « Un simple sortilège suffira et un peu de repos. » Il habitait à Westwood, non loin de Bristol, dans une ancienne maison victorienne au bout d’une allée. Ce fut ces derniers mots.

Il ignorait tout ce qui s’était passé par la suite. La seule chose qui comptait, c’était qu’il s’était réveillé chez lui, dans son lit. Son mal de crâne s’en était allé et il constatait que ses blessures avaient été pansées.

Il abhorrait être redevable et pourtant, aujourd’hui, c’était bien le cas.
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MessageSujet: Re: [FINI] Hasard ou coïncidences   Dim 26 Oct - 18:56

Le compliment de la part de l’enseignant lui fit avoir un léger sourire amusé. Sourire qui s’estompa très rapidement au vu de la tournure que prenait la situation.

Lorsque le corps du miraculé fut découvert, Hécate préféra rester en retrait. La Brigade ne la laisserait guère approcher et ils avaient déjà suffisamment à faire avec la foule de curieux qui se massait autour des décombres de l’endroit. Toutefois, son regard suivit le mouvement que fit Stigandr en allant vers le petit groupe de la Brigade qui sortait le survivant de là. Pour quelles raisons ? Peut-être pour voir le visage de cet homme. Comme elle s’y attendait, l’enseignant reçut l’ordre indirect d’aller voir ailleurs. Charmant quand en prenait en compte le fait qu’il y a à peine quelques minutes plus tôt, ces mêmes membres de la Brigade avaient manqué de recevoir une poutre de plus de cinquante kilos sur la tête.

La jeune femme fronça légèrement sourcils lorsqu’elle vit l’homme revenir. Quelque chose n’allait pas. Elle le voyait parfaitement bien. Silencieuse, elle s’approcha tandis que l’enseignant venait de s’appuyer contre le mur le plus proche. A nouveau, elle l’appela. La réponse lui fit arquer un sourcil. Ne pas aller à l’hôpital. Tiens donc. Ses yeux clairs ne perdaient rien de ce qui se passait tandis qu’elle attendait une réponse. Elle vit le sang couler du nez du danois. Le geste machinal que fit ce dernier pour l’essuyer sans le voir.

Hécate leva une main pour claquer deux fois des doigts près du visage de l’enseignant. Aucune réaction. En dehors de celle de glisser évanoui sur le sol de la ruelle, bien sûr. Commotion cérébrale. Le bon sens voudrait qu’elle emmène Stigandr à Ste. Mangouste afin de lui offrir du repos et des soins comme il se doit mais… la Médicomage n’avait guère de bon sens. Du moins, un bon sens différent de celui du commun des mortels. Au moins avait-elle eut une adresse. C’était largement suffisant.

La jeune femme jeta un coup d’œil autour d’elle. Les membres de la Brigade étaient suffisamment occupés avec l’incident. Les quelques Médicomages présents s’occupaient des blessés et traumatisés. L’un d’entre eux s’approcha d’Hécate, la reconnut, et ne chercha pas à discuter lorsqu’elle lui dit qu’elle pouvait s’en occuper. La seule chose qu’elle demanda fut un transport jusqu’à Westwood. Le reste, elle se débrouillerait seul.

Chose qu’elle fit.

Trouver la maison victorienne décrite par l’enseignant ne fut pas bien difficile. Mener ce même enseignant à l’intérieur sans lui faire heurter tous les murs, en revanche, fut une autre paire de manches et elle finit par le porter elle-même en le soutenant.

Le reste fut aisé. Sachant parfaitement ce qu’elle faisait, Hécate concocta elle-même un onguent afin de faire passer les symptômes de cette commotion fort fâcheuse et d’en prévenir les effets pour les prochains jours. Elle pansa ensuite les blessures. Ce n’est qu’une fois Stigandr soigné et dans son lit que la jeune femme quitta la demeure comme elle était venue : comme une ombre.
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[FINI] Hasard ou coïncidences

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